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CHAP. IV. — NUR-HAGS. - ' 13T

Il cay. Manno , poursuit-il-,* scortato dalla opéré di udristotile de mirabilibus , distinguera quesii ediftzi sardi sol nome di ©»a«i , vais a dire stele di forma coirica , e non d' opéra greca , ne is pan ica , ne libica , ma piuttosto

orientale si prosseguond a leggere le prore che gV in-

dicati monumenti délia Sardegna nonr son romani, ne dei terri pi dei romani , perché vi mancano le consuete. inscrizioni e ornamenti , corne si usava ; non sono d' origine cartaginese , non-meno dé prischi coloni approdati a quelt isola , perché non erano abhaslanza forti, e neppurtr numerosi abbastanza per opéré tali.

11 approuve M. Petit-Radel, qui distingue le6 Nur-hags construits ert polygones à la manière des Grecs, de ceux qui sont bâtis en assises horizontales à la mode des Étrusques, . et il cbmpare le monument d’Atrée à Mycènes (qu’il regarde comme un tombeau) avec les édifices de la Sardaigne ; puis , revenant à ceux-ci , il demande de nouveâu comment les Tyrrhéuiens ou Étrusques ont pu bâtir de semblables tours en Sardaigne, sans en avoir eu de semblables en Étrürie ? Tout en admettant que le tombeau de Porsenna, cité par M. Petit-Radel, a des rapports avec les Nur-hags , Utrouverait que- l’appui de cette comparaison serait encore trop faible pour établir chez les Tyrrhéniens étrusques l’usaged’élevcr en honneur de teurs morts des monuments en forme conique, si une découverte très récente nefùt venue lui révéler l’existènce dé semblables monuments dans la nécropole mérite de Volterra.

Nous ne suivrons pas M. Inghirami dans la description; de ces deux petits monuments coiriques qui se trouvent au-dessus d’un tombeau taillé dans le roc ; nous dirons seulement que nous ne pensons pas que cette découverte soit aussi concluante que le pense l’illustre archéologue; 1*. parce que ces monuments étant eu grande partie déliants, on ne saurait trop se fier à nnè restauration telle

138 'LIVRE I. — MONUMENTS TVF. Cl 1“ PÉRIODE.

qu elle est indiquée dans les gravures; 2°. parce que leurs proportions, qui sont à celles des Nur-hags, les plus simples et de moyenne grandeur, ce que trois sont à quatorze^ ue permettent guère de les appeler du nom des monuments de la Sardaigne; 3°. enfin, parce que ces Nur-hags en miniature sont pleins dans leur intérieur,' senza nessun voto dentro il proprio cono, C. F., ce qui constitue à nos yeux une différence bien notable entre eux et les véritables Nur-hags, dont le caractère essentiel est d’avoir une chambre conique intérieure ; quant à ce qu'ils sont formée de pierres réunies sans ciment, cette circonstance n’est pas, à notre avis, aussi importante que , l’absence d’une cavité intérieure capable de contenir plusieurs personnes. Nous ajouterons aux observations que nous avons faites il y a quelques années, sur le mémoire dé M. Inghirami (1), que, de 6on propre aveu, les objets renfermés dans le tombeau de Voltcrra, au-dessus duquel sont placés ces monuments coniques . paraissent appartenir à un art déjà en décadence en Ètrurie, qu’il croit rapporter au septième ou au huitième siècle de Rome, tandis que nous pensons que 1’architecture des Nur-hags remonte, au contraire, à une époque bien plus lointaine, que nous oserions plutôt nommer époque de l’enfance de [art , qu époque de sa décadence.

Au reste, M. Inghirami dit lui-même : Erano dunque i Toli sudetti non altro che indizi assai vistosi di lutta la necropoli dell’ Etrusca V olterra , corne in Sardegna furono indizi di ciascun sepolcro : lieue alterazione d’un uso che per tante.. circoslanze locali potea ridursi mei due modiche.'lb ritrouiamo pratü'xtli dagti F.truschi in Sardagna ed in Etrurul. • *

fl) HtiUaiin Hc / Institut de cntTétpnndehct' archcnlngiqùe , septembre'•é'ftf labre 1855 ,-pag. ru et suivantes.

CHAP. iy. — pUArHAGS. .* • * ï tj»

Nous somme» tenté de croire qtie. les deux petits édi- . ' lices dout parle M. lughirami , si toutefois , dans leur état d’intégrité , ils constituaient réellement doux cônes,» ne peuvent être assimilés- aux’ Nur-hags que quant à •

leur forme ; et nous pensons quej si on vent les rapprocher do quelque -monument de la Sardaigne, On doit plutôt les.toraparer aux colonnes coniques de notre PL 1U, qui accompagnent de •véritables tombeaux , et non pas aux Nur-hags, dont ils diffèrent par des caractères que nous considérons comme essentiels.

. M. l'abbé Arri, également notre confrère à l’académie LâtwArrt. des scieucesde Turin, déjà fort honorablement connu par plusieurs dissertations remarquables, est le dernier auteur, qui se soit occupé des Nur-hags de la Sardaigne. , . Nous avons dit pi-dessus, page 37,quele nom sous lequel nous désignons dans cet ouvrage ces monuments remarquables. est celui quepropose ce jeune et laborieux orientaliste. La première mention qu’il fait de ces édifices se trouve consignée daôs 'sa dissertation sur l’inscription phénicienne de Nora, dont nous lui avions remis un calque exact, et sur , laquelle nous reviendrons ci-après (1).

L’auteur n’y traite .qu’iudireclement la question - de ces • édifices sardes , et il expose les raisons qui lui font adopter le nortt de Nur-hag. A propos du nom de Nom ou Nor, il passe en revue les dénbminations semblables de ■ plusieurs autres lieux de la Sardaigne (2),’ tels que la Narra ou là JA’u/a , Nurri, Nurecci, Nurûgus , Nura- , minis, Nurallao ; il retrouve, dans ces noms une ra-

(Vj Lapide fenicia di Nom in Sàtdegna dichiarata dit Gioaifadnfrtnio Arri, Itlcmôrie delta R. Âccctdemia délie scieme di'torùla, V<ft. XXY1U, pag- 5().. • * .. *

' ip)' Voyez notre petite' carte de la prhvfocc d'fuff, Pi Y^>

cihe commune qui paraît être celle de U ou TiJ iquis , lumen. Voici comment il s’exprime lui-même, page 103 »

• E tacendo di Nura, Nurêci (1), Nnrri , ett. ; dirb soltanto di altri due hioghi appellati dai Hardi 'anche ai giorni no si ri Nuraminis e NuralLao, il primo 'dei quali ait ro non è che Nur-amen (fÛNTJ) fuoco fedelé , di verità, ed il seconda Nur-ulloa (rflSit HJ) fuoco- di Dîq. E corne chè non si passa chiarantente riconoscere la ctimologia délia voce Noraghes,/>ercAè mai rion si pot rebbe pensare venire lei dalle radici HJ e JJfl , la quale, quarttunque in ehraico non sia usata che rtel derivato :*jn, seguendo nullameno l’analogia , si potrebbe con qifeüa congiunta leggere jn-HJ. ( Nur-hagh ) ftioco fervente, ardente, e pet induzione Iriogo dove ardeva , o si cpnser- • vava il fuoco. Qucste vlimologie véngone conjermate ià qualche guisa per un cenno storico datoci du Muttler, il quale , parlando dei IVdraghes deJlaSardegna, soggiungé: Ho detto nella religion^ dei Cartâgirtesi ( pag. îKrv notr 21) di simili costruzioni rrtrovate in Iscozîa ed in Irlanda (2) t'esse tuttavia sono di maggiore àUeâùr dei Noraghes , ed hanno più piani- : Viè non merka atterizioue che torri di siflatta stiutnira siensi pure ritrovatenell’ India; queste erano consecrate àl culto del fuoad (Fenerdierist:). (3) • - i .» *•"

(0 n y a une erreur dans le texte ; il faut lire Ifureci, au ged de hfurci.'. -• * -

fr) notre PI. XIV, fig. 6-7-E. : .

(5) ftoqs reproduirons ici le texte X)p gin»] : Jch habe in dur Reli f!,iàn der Karlhaçtv. ii(J. An. m. 21. Kon ahnliçhen (Wbawtlen ut Schntrlnnd f'ospnodien. Audi in Irlaud fui de n sic sich. Sie.sû%/1 aber wc.il hoher fils die JSurachcu, t^nd hnben mehrere. Sljickwerkc. Sthr m^rkw'ürdifz ist os , fias s Thiïnrnt vqn ganz àhnlicher Slructur attch in Indien cntdeckt .und. Qirsc wçttn dent Fcucrdienste

CHAH. IV.. — NU^-HAGS. * Ut

, l'ero è ch? finora rtiente ri seppe di cefto intorno alla maturit é religion e degli akitanti' délia Çardegpa cha précédé ttero le colonie incomminciatmda Satdon; ma cop- Mderando- a tutti (fitei mommpeoti » luetgbi anticlii di que/l isola, nei quali s\ conservé assai manifestamente la radice TU, parrà molto piii probabile che essi debbano lipetere la loro origine non solo dit un uso religioso di quelle piime genti , ma da uno dei pià ragguardeyoli e deipiù praticati , accennato cou que lia radice ,• di quànto ■ ■passa essere verisitnile ohe Norace a tutti lorO àbbia potuto lasciam il sito nome (pag. 1,04).

Le même savant publia, l’aimée. suivante, 1835, une dissertation sur les' monuments dont il s’agit, en. forme de lettre. qu’il nous fit l’honneur de nous adresser (1). Dans ce petit opuseute de seize pages in-8", il reprend la question sur la racine de la parole Nur, et sur l’idéaque les noms cités ci-dessus puissent déceler un ancien culte du feu dans. l’île de. Sardaigné (2); il vient ensuite à l'dpinion que nous lui avions manifestée que les Nur-, hags, .au lieu de finir en dôme sphérique, comme nous l’avions cru d’abord , étaient au contraire tous tronqués, tet terminés en terrasse; il passe de là à la comparaison de œs monuments avec ceux dont il est parlé dans la Bible , et surtout avec deux des Chananéens nommés Bamalh et Chanirnarum, qu’il regarde comme

gi tvvidmel. Mtinter Sendschreiien ubrr 'ertiige Sardiscfie Idole.

Kopeufiagéili 1802, pag. fo, note i’g.

. \i) I.cMcra Gmanii-Antnniô Arrial C. C. Aiberfndclla Marmara interne ai Kur-hag ‘délia Studegna. Torino, 10 luglio i835. Deik Stamperia Rcale. , f . * , •

(1) Koas ferons observer que file de Minorque, où se trouvent, coininoon le verra 1 la fin de Ce volume , uu nombre considérable de monument» semblables aux Aur-hagr, te nommait jadis InsulH Aura. * * :

142 LIVRE f. — HÔNOHENTS DE LA 1" PÉfilODE. les vrais lenjples de la religion dés anciens Phéniciens, en se fixant non-seulement sur la valeur grammaticale

du mot Barnotk, mais encore sur les circonstances 'de lieu, de temps, et de l’emploi de ces monuments chananéens. Il étend sés investigations sur la naturç des verbes avéc lesquels te mot se trouve lié ; enfin , guidé par le parallélisme et l’examen des autres noms avec lesquels ils furent quelquefois échangés par les écrivains sacrés , M. Arri considère les Bfunuth comme des édifices qu’on construisait , qu’on restaurait et- qu’on démolissait , et non comme des montagnes ou collines , ainsi qne le pensèrent quelques personnes : Queste alte jhbbriche munite nelia loro sommité, che lerminava in piano , dcll'ahore dei culto, che meglio chiamoremb oratoiu od al’ti al- ’éari ,■ .era/io i tempii délia Cananea ai quali nriratOi certantente Mosè, quando vjetava alpopolo vicino al postesso di questo paese, di costruirsi ahuri , a cui 'fosse d’ nopq salire per gradi. Leggiamo nelia. scrittufa c'he a questi ahi ah an idolatri sj asc.kkdf.va e- vi si svava ,sppRA ; appuhto perché i allare si trovava soi. piàko in cui terminai a certamente il bama "(excelsum) prOpriamente detto j . •' ' \ •

.* Après avoir parlé des enceintes sabrées (l)qui se trouvaient souvent au tour des édificés en question, et des autels qui les accompagnaient quelquefois, dispersés au pied de la grande tpur, il rappelle la tour principale do. Baahberith, où se réfugièrent Iesi Sichimites, qui y furent étouffés comme dans une tanière de renard ; dans la pi cinq euccinte de.ee temple, dit-il, où fout près de, là, étaient le* habitations des prêtres , et on y gardait le trésor sacré. M. Arri ’ passe ensuite au culte des astres et du feu , pratiqué par le* Juif* , 'à l’imitation des Cliananéens ■; et il cherche à

(j) Temeiio*.

• chxp. IV. ■«— NOK-HAG». . •*

fléaouUti' que les Chatnmanitn de l’Écriture ne peuvent être que len Pirées des Grecs; il parle ensuite des Nur-gals des Sidoniens, qu'il considère également comme dés temples du feu. (1), Il pense que les monuments epniques de la Sardaigne, terminés en plate-forme , sont les frères gernufint (sic) de ces tumuli élevés, ou tours do pierres terminées en terrasses, qui servaient aux Chananéens d'autels des astres, et au culte du feu, dits (Lins la Bible Ramoth , Chain rnnnim et Nur-gals ; il fait observer, enfin , que dans le culte chananéen les tombeaux indiqués par des cippcs ou par un autre signe, ou titre , se trouvaient placée auprès de ces. tumuli élevés qui servaient d'autel et de temple. Il cite à ce propos Josias , qui fit déterrer les ossements renfermés dans oes tombeaux, et lés fit brûler sur les ruines mêmes de l’autel voisin (2). M. Arri pense que leà JNur-hdgs opt une origine chananéenne (ou pliénicienne), et qulon doit la fixer à peu près au temps de Josué qui , par ses victoires, poussa plusieurs peuples hors de leur pays ; il croit q.ue le nom de' Phéniciens ou plutôt de Pont, date de cette époque, et qu'il dérive de la racine panà(Jugil , discessit), ou plutôt desmôts parti, ' pcni, du parti; il cite à ce propos la fameuse inscription de Procope, qui eit trop connue pour la rappprter ici.

M.* l'abbé Arri traita encore le même sujet dans un

(i ) £ la Sçrittura dice che qpe.rti Cuthei si fçcero Nurgal, o fi'êr-

gal che manifcstamentc sigtii/ica fuoco «tel ttimulo ; cioè alto à! lare q foggia di tuniuln n âi. torre ( corne appunto i Bmnoth ) , dose si ehstodivn venerato il fuoco,- siccome sniibnlo, anzi quale idolo degli astri elle, ecant) le disiàitïi délia Canauea. Queitn rimnetbbe gtà il dotiissirno Selden , <7 qualc scrisse alla once Ner-jgal. ignis forte erat in seplis a Cuthaeis religiosissime pt tenais servatus.

4o) "Ce passage est assez important a signaler iei , .car noos avonî en ‘Sardaigne (Jiisiturs tdmbea^Mt; et*Jurtout Ceux dits des gémis. rangés aq pied’, uq à portée des' .Vvr hrigu B

i*4 LIVRE I. -rr MONOMENTS DE I.AI“ PÉRIODE.

article inséré dans les Annales de philosophie chrétienne,/!) où il développe les questions des Bamoth et dçs Chammanim d'une manière plus étendue qu'il ne Tarait fait dans le travail précédent, dont -ce .dernier % .article est le- développement philologique •, nous ne reviendrons pas sur les mêmes questions, et uqus nous contenterons. dé citer le passage suivant : •

« Or les Bamoth, dont se servaient le Chananéens pour «-pratiquer Ip culte des astres , étaient précisément ,

« comme l’indique leur étymologie, les arts excelsissimœ rt de Vitruve, placées à découvert au milieu d’une enceinte « qui pouvait renfermer encore plusieurs autres autels. * « Ce qui le prouve, c’est que nous lisons que le peuple « hébreu entrait dans le temple de Baal (soleil), c’est-à- « dire dans /enceinte qui entourait l élévation artificielle « dédiée à cette divinité. Quant aut autels., nous savons « qu’il y ep avait plusieurs dans quelques temples de Baal ;

. « comriie il y en avait plusieurs dans celui de Bélus à « Babylone. » . . ‘ . «.

• Notre érudit confrère parle ensuite d’un monument antique de la Syrie* qu’ij compare aux Bamoth-, découvert par M. Bomtiald Tecco , secrétaire interprète de S. M. le roi de Sardaigne. à Constantinople , qui observa cette antiquité près du mont Cibàn. « Arrivé à Turin ,

« eomnle je lui communiquais, dit M. Atri , mon opi- « nion sur les Bamoth et les Chammanim de la Bible ,

« il me Ct paYt de tous les détails dont il put -se souvenir » touchant ce monument antique. Ce sont les débris d’unq, « tour faite de grosses pierres; sa copstruction actuelle « est de deux époques ; sa partie supérieure, restaurée dans

. (i) N*, vg, t: XIV, page V].. Essai philosophique et historique

fur tes -Temples du Feu meutionnéf dans la bible . par M. L’abbé Arri , <lc la société asiatique dç-Parin. . , >

, •• CH*P. IV. — NüR-tiTAGS. 145

« des temps plus yoisius de nous, est la plus moderne. Au- « tour sont des restes d’une enceinte, et sur une pierre assez « élevée do la tour on parvient à lire dans une inscription « à demi effacée ces mots fla/Acç rtî? jutyimv &io3, Bomos « [autel] du Dieu très grand-, ce qui prouve que cette tour « antique restaurée par des Grecs était un autel ; le mol « grec fle/tir, dans -ce pays et sur ce monument même, est « surtout à remarquer. La tradition locale fait remonter « la construction de cêtte tour à Salomon, qui l’aurait «fait bâtir par des génies..... En terminant cet article « (ajoute toujours M. Arri), qui peut donner une notion «générale des temples de' l’ancien Sabéisme, j’avertis « qu’il ne faut pas croire quotous les Bamoth, les £ «/■<«/, « les Pirées, les Chammanim , les Nur-galim, les Nur- « kaghirn de l’antiquité, quoique appartenant , à peu de « différence prés, au même principe de superstition , eus- « Sent précisément la mêmeformed’architeCture, la même «situation topographique, fussent construits des mêmes « matières, et renfermassent le même nombre d’autels. t< Prétendre pareille chbse, ce serait ressembler à celui qui « assurait que tous les temples de Jupiter, chez les Grecs « et les Romains, étaient semblables. Tous les /3 <*««’/ dé « l’antiquité que nous connaissons ne sont pas les mêmes; « les Bamoth de la Bible h’avaient pas la même valeur « ni la même situation ; l'architecture des Nun-hags de « Sardaigne varie ; enfin les Teocalli mexicains diffèrent « entré eux.

« Le caractère distinctif de ces temples sabéistes était « une tour, ou une pyramide dont la plate-forme était u destinée à l’exercice du culte : le moyen d’y arriver « était nécessairement un escalier; mais le caractère dis- « tinclif de ces temples n’exigeait pas que cet escalier eut «■ toujours la même forme et la même place. »

-M. Arri cite. à. ce propos l’escalier en dehors des Ta-

P. Angius.

146 LIVRE I. — MONUMENTS UE U l“ PÉRIODE.

la) ois des Iles Baléares, celui eu dedans des Nur-hags.Ae Sardaigne , et celui en bois des monuments mexicains ; ce petit mémoire est accompagné d’une planche -où- se trouvent représentés (assez grossièrement)* la restitution du temple de Belus à Babylone d’après Caylus ; le Nur-hag d etPloaghe (1) , le. Talayàt &' Alujor à Miuorque (2) , et un Teocalli mexicain. . -

Le P. Angius a aussi traité tout récemment la question -, des Nur-hag s dans un des cahiers de la Biblioteca sarda dont il est le principal rédacteur (3) ; nous ne le suivrons pas dans la description générale qu’il fait de ces monuments, ni dans l’énumération des opinions énoncées à leur égard ; nous nous contenterons de dire qu’il paraît* adopter l’idée de M. l’abbé Arri , en les considérant comme des édifices religieux. .

Dopo il grandissime numéro dei Norachi che quasi in lutte le parti deli isola ho veduto » bene osservati, aveado conosciuta la insussistenza delle riferite sentence,’ a que s ta inclinai che fossero edifitii religiosi ; che la religions fosse que lia che Ju agit uomini più antichi verso il solé e gli astri , nei quali a’ioro sensi si ojferivà unes bella immagine deli ente sovràno che adoraPano , corne che forse sia stata una religione particolare. Le P. Angius, en voyant que l’ouverture de la plupart des Nur-hags est tournée vers l’est, (al sol nascente) (4) croit reconnaître

(t) De notre /V. IX .^îg.'u. 1

(a) Voyez notre PI. XIX-

{3} Février i83g, cahier 5, p. 167.. ’ - ••*’’*

«) Non» ne sommes pas d’accord avec le P. Angius sur Yorièntalion de* portes des Nur-hags; la plus grande partie de celles-ci ést tournée ver* le sud-sud-est , tandis que les stèles des tombeaux de géants (que le même auteur regarde comme des monuments religieux) font constamment face à l’est rt> degrés sud. Il en résulte qu’en négligeant les fraction», on peut envisager ces dernières

CBAP. IV.

KUR-HAGS.

(km s cette particularilé un motif religieux; en second lieu, il observe que pour bâtir ces édifices construits souvent de pierres énormes , il a fallu le concours d’un grand nombre de bras; ne pouvant pas supposer qu’à ccs époques lointaines, où les arts étaient dans l’enfance, les machines fussent bien nOmbreuseé et bien perfectionnées; il en déduit que le Nur-htig ne pouvait pas être tfn ouvrage privé, ni une maison ,' ni un tombeau, mais un édifice public; il pense que la coopération -d’nn grand nombre de personnes qu’il regarde comme nécessaire pour construire ces monuments , et le travail lohg et fatigant qu’ils ont dû 'immanquablement exiger, ne pouvaient avoir lieu que pour un intérêt .commun; ét; cet intérêt commun né peut être selbn lui que celui d’éleÿerun édifice religieux et public. ' *•• : N

. Résumons maintenant en pea-dn qmts les opinions de ces différents auteurs'.

Aristote (ou l’auteur du De Mirabilibus) parle des nombreux édifices sardes, qui fort probablement sont deS Nùr-hags , et il les attribue à Iolas. ’

Diodore de Sicile indique Dédale pour leur constructeur, venu, dit-il, avec Iolas; mais auturt des ces deux auteurs ne parle dè la destination de ces édifices.

Fara les rapporte à Norax. ■*>> • ~ ■'

Vidal en' fait des maisons des géants.

L,e capitaine Borelli n’ose pas émettre un avis à ieuf égard.-

Le P. Madao las regarde comme des tombeaux de peuples antédiluviens. ./*'•'

L’abbé Peyron , les envisageant comme des construe-

eomme exposées A l’orient , et les portes rt e»JVur-/utçs seraient plutôt tournées au sué; cette distinction est, à notre avis, d’une Certaine importance'. '

1 48 LIVRE I. — MONUMENTS DE LA l” PÉRIODE.

• lions très anciennes , les considère comme des tombeaux

, des anciens pasteurs nomades.

M. Mimant les regarde également comme des tombeaux; il adopte l’opinion d’Aristote et de Diodore en lés rapportant à Iolas. • * ..

Le baron Manno les croit aussi des constructions très' anciennes, mais il les attribue aux populations primitives, d’origine probablement orientale -, il les considère comme des tombeaux d’anciennes tribus, pu familles. •’

M. Petit-Radel, adoptant l'opinion qui les fait venir d’iôlas et des Tbespiens , attribue à ceux-ci (ou peutêtre encore à leurs descendants) les Nur-hags bâtis en polygones irréguliers , tandis que ceux dont les pierres sont plus régulièrement taillées , et placées en assises horizontales, peuvent, selon lui, appartenir aux Pélasges Tyrrhénipns; il paraît également les croire des tombeaux.

M. Micali leur assigne une origine phénicienne ou carthaginoise; il ne les considère pas comme -des lom- • ‘ beaux. ’

M. Inghirami au contraire en fait des monuments funéraires, et les attribue aux Tyrrhéniens.

M. l’abbé Arri les croit des édifices phéniciens , destinés au culte du feu : cette- opinion avait déjà-été effleurée par M. Mûnter. (ï)

Enfin le P. Angius paraît penchér pour l’opinion de "M. l’abbé Arri.

Uaui» antiquité Malgré cette grande disparité d’opinions parmi les

dw Nnr-kagt. « *, ,, .*

auteurs que nous venons de citer* il est une question sur * laquelle ils sont tous d’accord , c’est la haute antiquité

des Nur-hags ; ç’est pourquoi nous pensons qu’il est

fi) Outre le passage de M. Müntcr, cité ci-dessus page 140, voyei Geicsuirr, Religions de l'antiquité' , vol', g , pag. 7 56, note 1 ;

et pag. a48, note 5. ' • ,

• GHAP. IV. — Ntm-UAG*. ' '• ti»

superflu il 'entrer en matière à cet égard ; il nous suffira de rappeler l’expression employée par Aristote, qui les appelle des édifices bâtis à la manière grecque des anciens, ou si l’on veut à la manière des. anciens Grecs , et dè jeter un , coup d’œil sur notre PI. Jig. 2, 2*, 2’, où l’on voit les ruines d’un Nur-hag qui servent de Support à un ancien aqueduc romain. On peut dire encore, que leurs murs sans ciment, et tout l’ensemble de leur construction ne permettent pas de douter qu’ils n’appartiennent à une' époque très reculée. .

Quant à la différence qu’on a cru pouvoir établir entre Caractères «le les Nur-hags bâtis à la manière pélasgique , et ceux d’ori- “r h"’„' “ gine tyrrhénienne , nous devons avouer avec franchise ■ que malgré tout notre attachement à la mémoire du savant respectable qui proposa cette distinction , et qui , dans • les dernières années do sa vie, bous honora d’une affection toute particulière, nous ne pouvons pas être de son avis sur cette question ; il nous suffira de rappeler, quant aux Nur-hags, ce qui a été dit ci-dessus page 82, au sujet ,du Nur-hag Oës, PI. IX, où ftm. voit le cône central formé en pierres assez bien taillées et placées en* assises horizontales, tandis que le corps de devant du même monument est construit en partie à la manière dite cycle- ' pàenne ; nous ne pouvons nous déterminer à reconnaître dans la pièce principale de ce monument un genre de construction plus moderne que celui du mur de la partie qui nous paraît être ici secondaire ; ou, en d’autres termes, nous ne croyons pas que Je cône principal ait été fait par des colons tyrrhéniens ou leurs descendants, et que le .>

reste ait été ajouté depuis par des peuples d’ifne origine différente, pour cela seulement, que le mur extérieur contient quelques pierres polygones , posées à la manière dite c yclepéennc. Nous le répétons , et l’inspection de nos planches le démontre , les constructions vraiment cyclo-

• 150. LIVRE I. -t- MONUMENTS DB LA PÉRIODE.

péetines , telles qu’on les entend maintenant, n'existent en Sardaigne que très rarement et très accidentellement ,-

et nous ne pensons pas qu’on puisse y attacher une grande . importance; les murs de la masse des Nur-hags sont bâtis . en assises horizontales, soit en pierres brutes, soit en

pierres travaillées; ils paraissent se rattacher au genre de construction dit asiatique , et ne peuvent prendre place ' parmi les ouvrages cyclopèens proprement dits. n. Nous ne parlerons pas de l’opinion du P. Stephanini,

,ro’ qui croit que les Nur-hags sont des trophées de victoire ; qu’on se ftgureau moins quatre mille trophées de la sorte dans l’ancienne Sardaigne ! ceci dépasserait tout ée que -certains bulletins des temps modernes nous ont montré quelquefois! *. • >

Kn,;«[,n La question de savoir si ces édifices peuvent être envi-

rom me tk*% for- • « .. •

- tcrcuei. sages comme des lorteresses , ne peut pas soutenir un long examen ; plusieurs de ces monuments sont placés , à la vérité, d’une manière qui fait naître cette idée, pan exemple tous ceux qui. entourent la Giara (voyez notre fig. 5, Pl. VÏII); ceux^jui occupent les angles saillants de la vallée de B auladuk Pauli- lalino (même Pl., fig-.f)i mais un grand nombre d’autres Nur-hags se trouvent dans des conditions opposées; quant à leur structure, nous partageons entièrement l’opinion de M. Pevron, (l) on ne saurait y reconnaître l’idée de- tours de défense ;- on Comme peut en dire autant comme tours de signaux ou de vigies.

Nous en avons observé plusieurs dont la position ne per- > met nullement de les envisager comme tels (2).

. La seule question importante à traiter est, à notre avis,

(i) S'oyez ci-dessus, page iq5. Le mur extérieur du N. Ois , et celui du N. de Borghidu, peuvent, à la vérité, être pris pour des espèces de bastions; mais l’intérieur des cènes ne concorde pas avec l'idée de tours de défense. . * . • •„ -

(i) Voyez Pl. -Vif , fig. 7, les Nur-hags qui sont près duruissean.

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