‹ Voyage SardaigneChapitre 32 sur 205 · CHAP. V. — GROTTES · texte numérisé non relu

CHAP. V. — GROTTES

facilité pour le travail et plusde convenance pour le choix de la position. Bien souvent ces grottes se trouvent à proximité des lYur-hags , et leurs ouvertures tapissent les flancs des collines ou plateaux sur lesquels s’élèvent ces. monuments coniques. On en voit un bel exemple datas les environs de Martis, près de l’église, de Santa Lucin , sur la colline dite Oria-ftlanna ; il y en a également d’autres associées aux Nur-hags , près de Bonoiva, ot dans les environs de Baùladu. Elles y sont désignées par le nom de Domos de Gianas ou Janas (1).

Quant à leur destination , on croit généralement que ce- sont des sépultures ; on en rencontre cependant qui ont des pièces *bien spacieuses , et qui ne sont pas placées sur des précipices. Nous avons choisi pour uu exemple de ces grottes, celle que représente la fig. 2 de notre même PI. XVI. On la nomme dans le pays Spelonca de Nonna (grotte de la Grand’maman)'. Elle se trouve à une petite distance de Guglieri (Gurulis nova) (2), dans un terrain de tuflà volcanique traversé par des veines de calcédoine et de cornaline. On voit d’abord une entrée à ciel ouvert , bordée de cactus; cette entrée a 8 mètres de long sur 3 mètres 60 cent, de large. On arrive ensuite à une porte a quia plus d’un mètre de largeur sur 1 mètre 60 cent, d’élévation. On y entre en montant une marche de 0 mètre 10 cent, de haut; la première chambre b a 3 mètres 30 centj de largeur sur 6 mètres 40 cent, de longueur : elle a la forme d’un hémicycle; son plafond, élevé de 3 mètres au-dessus du sol , dans la partie qui fait

(i) Nous pensons qne cfc nom de gianas ou janas est dérivé de januas (portes); ce sont eu effet les portes, ou plutôt les ouvertures de ces grottes, qui se fout rcuiarquer.de fort loin, lorsqu’elles sont disposées en longues files, comme nous l’avons dit ci-dessus.

(a) Près du château de Monte-Fcrru , représenté dan" b même planche.

Spelonca de Nonna.

pl xv r,

fig. 2 el 2'.

168 LIVRE I. — MONUMENTS DE LA l“ PERIODE.

face à la porte d’entrée , s'abaisse considérablement du côté de celle-ci. Il est orné de plusieurs espèces de rayons , qui ressemblent aux stries concentriques d’un pecten ou de toute autre coquille analogue. La porte qui communique à la seconde chambre est endommagée; ainsi nous ignorons quelle était jadis sa véritable élévation. A peine a-t-on dépassé le seuil do celte porte, que l’on trouve une cavité circulaire c, ou espèce de puits de 0 mètre 40 cent, de diamètre , et dont la profondeur nous a paru être au moins de 0 mètre 60 cent. Il était rempli de terre et de décombres. Immédiatement après ce puits , on en rencontre un second d qui a 0 mètre 74 cent, de longueur sur 0 mètre 50 cent.' de largeur , et autant de profondeur; on dirait qu’ils ont été creusés pour servir d'obstacle à ceux qui voudraient pénétrer dans cette seconde chambre. On voit encore deux autres puits semblables que nous avons indiqués dans la planche par les lettres e et f. La chambre où ils se trouvent est carrée, et forme un paralléiipipèdc : ses deux plus grands côtés ont 6 mètres 50 cent., et ses plus petits 2 mètres 80 cent. Son plafond est élevé de 3 mètres au-dessus du sol ; il ne descend pas vers le sud aussi bas que celui de la chambre précédente. En face de la porte et à la hauteur d’un mètre 80 cent., on voit une petite ouverture carrée de 0 mètre 6Q cent., donnant accès daus une cellule », qui communique à son tour à deux autres pièces de forme elliptique; leur plus grande élévation n'atteint qu'un mètre 25 cent. La longueur de la plus grande A est de 2 métrés 25 cent.; un homme, par conséquent, peut y rester couché. La cellule j est beaucoup plus courte : on voit sur la droite et à la meme hauteur une autre ouverture g, qui communique à deux autres pièces également elliptiques et ti'ès liasses; la dernière a 8 mètres 50 cent, de long.

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