‹ Voyage SardaigneChapitre 33 sur 205 · CHAT. V. — G BOTTES · texte numérisé non relu

CHAT. V. — G BOTTES

Ces petites cellules ont trop d'analogie avec celles de la fig. 3 , pour que nous séparions la Spelonca de Nonna des grottes décrites ci-dessus. Quoique nous soyons assez disposé à la croire une sépulture , nous ne saurions trop expliquer l’usage de ces espèces de puits c d ef. Il pourrait se faire qu’ils fussent l'ouvrage d’une époque moins ancienne que le reste du monument, et que lorsqu’on se servit de la grotte comme d’un magasin (1), on ait creusé ces fosses pour y déposer du blé et en faire des espèces do silos. On voit , dans les environs de Padria, une grotte à peu près semblable , dont le père Angius a bien voulu nous donner le plan. Nous ne l’avons pas inséré dans nos planches pour éviter une répétition inutile ; on trouve encore des grottes analogues à celles-ci entre Bonorva et Rebeccu. La tradition du pays les désigne comme ayant servi d'habitation et de refuge aux premiers chrétiens.

On rencontre également, dans quelques endroits de l’île, des blocs de pierre isolés où l’on a creusé une ou deux petites cellules dans le genre de celles que nous venons de décrire ; leur porte d’entrée est très étroite : sur la route à'Alà à Bitti, nous avons vu un bloc de granit d'un à 9 mètres de diamètre , qui renferme une petite, cellule , avec une petite porte carrée pareille à l’ouverture qui se trouve à la partie inférieure de la stèle de la Jig. 1 , Pl. IV. Cette ouverture est également pratiquée à la hauteur du sol.

Il existe encore des blocs ainsi creusés dans les environs de Buddusà,e t dans plusieurs autres localités. Nous avons cependant cru reconnaître qu’ils sont plus fréquents dans les contrées granitiques, tandis que les grottes creusées dans le sol abondent de préférence dans les terrains

fi) Ce qui a lieu aujourd’hui.

Cellules creuse* dans des blocs de pierre isolés.

calcaires; la raison en est d’ailleurs assez naturelle, car le massif d’une roche granitique se prête bien plus difficilement à ce genre de travail que les flancs d’un terrain de chaux carbonatée ou sulfatée.

Nous pourrions comparer les grottes et les cellules dont il a été question ci-dessus, avec les grottes de la fameuse vallée d'/spica en Sicile, décrite par Ouel (1) et par plu sieurs autres voyageurs; mais nous nous en abstiendrons, car on en trouve de semblables dans un grand nombre d’autres pays , surtout en Afrique et en Orient ; ces comparaisons nous conduiraient trop loin , sans que nous en pussions espérer Une solution définitive sur la véritable destination des grottes de la Sardaigne. Nous nous contenterons de dire que nous sommes porté à les regarder , non pas comme des demeures de troglodytes, mais comme des tombeaux, et qu’il ne faut pas les confondre avec d’autres grottes également taillées dans le roc qu’on voit en grand nombre autour de Cagliari , de Porto-Torrcs , et dans plusieurs autres endroits de l’île où existaient d’anciennes villes. La présence de quelques inscriptions latines ou grecques, et les columbarii qu’elles contiennent ordinairement, décèlent clairement dans ces dernières une origine romaine. Il sera question de ces grottes dans le ni* livre , chap. 3.

(i) Voyage pittoresque dtuts les Dcux-Siciles, vol. IV, p. 1 1. / , • . . * • ? '

Digitiz.

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