CHAP. VI. — IDOLES. PL. XVIII
exprimés; le signe phallique en fait un dieu générateur, ce que semblent confirmer les deux petites têtes qui sortent du bas de son abdomen. Le fouet que cette statue tient dans sa main, rappelle celui qui est si souvent donné à Osiris soleil , et à Ammou générateur, ou Mcndis , dit également Pan ou Priape,; Etienne de Bysance (a) , en parle en cea termes i « Là existe un grand « simulacre du dieu habens veretrum erectum; il tient dans sa ' main drpitele fouet, pour stimuler la lune ; ou dit que'cétte « image est celle de Pan. » (by * • * .
On voit dans les monnaies de Malte , qui ont des légendes phéniciennes , nne divinité, coiffée d’une mitre conique , armée d’un fouet , ce qui prouve que cet attribut peut avoir été adopté chez les Phéniciens.
Ayant communiqué une réduction du dessin de cette Fig. n. statue à M. Goigniaut, qui l’inséra sous le n° 214,' dans son second Recueil de planches, nous donnerons ici Ht description qu'en a faite ce savant.
« Figure bizarre, dont la tête est formée d'un triangle « surmonté tPun instrument à cinq branches ou d’une « fleur à .cinq pétales, tenant dans sa main droite un o sceptre bifurqué; dans la gauche un instrument, qui « paraît . être un glaive dont la lame est creusée dans « toutesa longueur. Un serpent est fixé sur sa poitrine,
« et son corps porte le signe de la virilité , peut-être même « ceux des deux sexes. » Nous ajouterons que le sexé masculin est aussi douteux que dans les fig. 8 et D, avec lesquelles celles n°‘ 10 et ï 1 ont les plus grands rapports; elles ont , 4’aifleurs, été trouvées ensemble.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
M. Guigniaut croit reconnaître dans cette idole la réunion de^
(a) De Urbibus , au mot n«iôV«M<.
\f>) Champollios, Panthéon e'fyptiin. Am mon générateur, &Jen-
dés, /ig. 4. ,
1 96 LIVRE. 1 MOMJME.NTS RE LA l" PÉRIODE.
*. idées de la dualité , de la trinité, et de la pentade divine. Nous ne saurions rien dire sur l'attribut de la main gauche , qui donne â ce dieu un caractère guerrier, ou du moins celui d'uue divinité terrible ; la tête du serpent qu’on voit sur sa poitrine , porte deux espèces d’oreilles ou nageoires.-
Lu manière dont le serpent est place , et l’indication vague du sexe de cette statue, nous donne lieu de croire que le serpent fajt ici l’oflice de phallus, comme nous en avons d’ailleurs des exemples dans les fig. 66 et 1 18. Ces espèces d’ailes, ou plutôt de nageoires, ou oreilles de poisson , rappellent ces phallus à ouïes de poisson qu’on voit sur plusieurs monuments, et les poissons palamides consacrés à Aphrodite. Le serpent et le poisson semblent jouer ici le même rôle, et remplacer l’attribut que les fig. 8, 10 et 11 portent sur leur tète.
F, g. -i3. Figure humaine; sa tête est ornée de quatre cornes ou
rayons ; deux de ces cornes sont tournées vers le bas , comme dans la fig- 1 1 . Au milieu de sa poitrine se montre Une tête humaine dont le corps est probablement censé être renfermé dans celui de la figure principale qui prend en largeur un développement considérable. Les jambes de ce personnage ainsi caché, sortent de façon que la statue Daraît en avoir quatre; elle tient dans sa main droite un sceptre qui, au lieu de finir en fourche, est ici surmonté d’un disque à face humaine ; l'autre main tient un serpent.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Cette statue est encore suivant nous une divinité solaire, représentant la réunion»«d£s trois soleils , comme, nous croyons la . reconnaître dans les compositions des n" 61 , 62 et 63 ci-après, PL XXIV. Nous nous réservons de développer nos idées sur les trois soleils , lorsque nous proposerons l’cxplicatirtn de ces trois figures remarquables.
Fig. 14. Divinité probablement virile, coiflcc d’ün bonnet conique, tenant dans sa main droite un •petit glaive, et dans la