CHAP. VI. — IDOLES. PL. XVII
deux fois dans un même attribut , semblent indiquer One double puissance; ils nous conduisent à l’idée de dualisme, mais d’un dualisme supérieur, tel qu’il convient à deux divinités génératrices placées au sommet de l’échelle. La répétition de ce même symbole n’est pas sans exemple ; nous la voyons employée dans une figure d'Isis qui , de chaque maiu , tient un pedum ; cette , figure , tirée d’un vase en argent trouvé Cn Hongrie , et possédée par M. le prince d’Esterazy, est reproduite ci-dessous (a).
Ces deux statues , trouvées ensemble, et que nous ne saurions . séparer pour d’autres raisons, pourraient représenter Gcnos et.
Genea dont parle Eusèbc. * ' f
Figure humaine, dont la tète est ornée de chaque côté Fig. 4. de deux têtes d’animaux. Celle de' droite paraît appartenir à un quadrupède :• elle pourrait appartenir à un agneau ; celle de gauche indique une tête d'oiseau , et peut-être d’un flamant (1). Au sotnmet de la tête hu-
• (a) Voyez Annales de F Institut archéologique , i855, tom. V, pag. 181 , Pl. LVI. B.
(1) Pour faciliter la comparaison nous avons fhit graver, ’s côté de cette figure, le dessin d’un flamant, oiseau très commun dans les étangs de la partie méridionale de la Sardaigne, et un des plqs remarquables par sa taille et par son plumage de feu. Pour cet oiseau chez les anciens , voyez Bochabt, Jlierog. , lib. 1, c. i5 , p. <p ;
-voyez. Pua., Hist. nal-, X, 68; Mastiai., lib. 111, epigr. 58; lib. xiii, epigr. 71.
188 JL1VRE I. — MONUMENTS DE LA i" PÉRIODE, raainc, qui se trouve au milieu, sont deux ailes un peu employées : le corps de cette figure indique le sexe masculin. Sa main droite est armée d'un fragment de bâton que, par analogie avec les bâtons des autres idoles de cette collection , on peut supposer avoir été fourchu ; dans sa main gauche se trouve , comme dans les fig. 1 et 2, un corps sphérique. Ses cuisses, proportionnellement plus larges que les jambes, semblent couvertes (Tune espèce de bracca, caractère presque général dans ces statues sardes. Le dos, moins aplati que celui des idoles précédentes , se termine en une queue, dont il reste un fragment suffisamment reconnaissable. -
Bronze du Musée de Lyon- 1
La réunion des deux tètes, de quadrupède et d’oiseau, à une tète humaine surmontée de deux ailes, semble indiquer le concours des quatre, éléments à la formation de l’oeuf du monde , que notre figure tiendrait dans sa main gauche; la face humaine serait ici une représentation du dieu soleil , du feu générateur et vivifiant, qui réunit les trois autres éléments pour la formation du premier germe et pour sa fécondation. La figure, prise dans son ensemble, paraît constituer le De/niurge , l’artisan, l’organisateur, le vivificateur du mondé, dans lequel domine le principe igné ; c’est à la fois le Prologonos et le premier être matériel créé par la tonte-puissanée divine, duquel sortent toutes les autres créatures viyifianles.
Figure dont le menton paraît manquer; son nez assez long et volumineux prehd jusqu’à un certain point lu forme d’un museau; ses yeux, globuleux comme ceux des figures précédentes, paraissent être des yeux humains. Son corps , qui a les caractères de celui d’un homme , pourrait cependant réunir les deux sexes, si l’on en juge par les mamelles qui sont très sphériques.' Sur sa poitrine, on voit le fragment d’une écharpe, placée de droite à gauche.
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CHAt*. VJ. — IDOLES. H. XVIKVî» 189
avec des caractères (1). Sa tète est ornée d’un bonftet sphérique surmonté d’une espèce de huppe ou de gros hoirton ; sur son épaule gauche se trouve un croissant ; dans sa main droite on voit un globe , et la gauche tient une tète dont les longues oreilles , le museau pointu , et la gueule ouverte, semblent" indiquér ççlle d’un loup ou d’un chien aboyant. La partie, inférieure des cuisses de cétte statue finit en bourrelet comme dans la Jig. 1 ; 4er* rière son dos se trouve un anneau oblong, placé longitudinalement. * , ' .
Bronze du Cabinet royal de Cagliari. , ‘ • .
Nous ne saurions proposer une explication satisfaisante de cette statue «pli semble avoir quelque rapport avec la lune ; l’attribut qu’elle a dans Sa main, droite est probablement un oeuf;' s'il ' doit figurer l’œuf du monde, ou là naissance du mbnde, on pourrait expliquer lés symboles de cette idole par le moyen dé* croyances égyptienne* ; la tète de chieii aurait rapport à l’ctoile Siriùs, et le croissant indiquerait la nouvelle luue la plus rapprochée du- leéer héliaque de l’étoile du Chien , qui a présidé à la. naissance du monde (a) ; mais toutes cci explications sont bien’ vignes , ’et sont fort probablement de ntdle valeur.
Figure humaine dépourvue de barbe, revécue d'une espèce de corapt qui forme une ‘croix sur la poitrine', et qpi finit par des. anneaux au-dessus de la gorge et à la racine dçs bots. Cet habillement se prolonge tout le long dps cuisses, .sur lesquelles ou Voit encore huit autres anneauy qui -déterminent huit compartiments. Sa tétc est
v (i) Voyez. au-dus*o«5' même P/ancfu,.de grandeur naturelle.
. fa) La nouvelle luné et le lever.de l’étoile du Chien marquaient , aux yeux des Égyptiens, le commencement de la création de l’univer* [anlrè jfj'niphànrrn ,.cap. aj , pag; aa-). L’année- fixe ou agraire commençait ( pour les Égyptiens) à la. nouvelle hrae la plus voisine du lever de,Slrfiis vfers te solstice dVté (Oetes. . vol U , pag. 801 . )
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surmontée <lc deux cornes aplaties; elles pourraient bien être des ailes. Ses yeux ne sont pas proéminents , mais plutôt enfoncés; sa bouche est un peu ouverte. Sa main droite tient un corps sphérique , probablement un fruit avec un fragment de branche, et sur la sommité de cette sphère paraît se tenir un serpent entortillé. La main gauche est appuyée sur la cuisse; la partie postérieure n’offre rien de remarquable. . ; \.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Si le corps sphérique surmonté d’un serpent entortillé , que cette statue tient dans sa main; pouvait ’ être considéré comme
un oeuf, nous aurions dans cet attribut un équivalent ,de celui des .figures précédentes; si au contraire, comme il est plus probable , il doit indiquer ub fruit , une pomme , par exemple , on pourrait le prendre pour une allusion À la pomme des Hespérides , un des attributs d 'Hercule, et probablement aussi de Mejkarl.
, Les cornes très aplaties- qu'on voit sur la tète de ce personnage pourraient être prises pour des ailes; elles le rapprocheraient dans ce. cas de la fig. 51 , dont il sera question ci-après, efque mous envisageons comme une représentation du dieu Moloch ; en regardant, lès compartiments des cnisses comrao n 'étant réellement qu’au . nombre de sept, celte idole rappellerait en 'quelque sorte les sept compartiments dé la statue du même dieu Moloch ', telle qu’elle est décrite par certains rabbins ‘ - >
■ Statue humaine barbtle, annonçant le -sexe masculin, malgré ses mamelles bien arrôndiës. Sa tête cal envelop-’ pée d£one espèce de coiffe ou de. capuchon', dont nous trouVeronsdans la suite d’autres exemples; ce capncKb'n est surmonté de deux dômes droites et divergentes , dq milien desquelles sort uhc petite tète humaine recouverte d’nne coiffe analogue a celle de la grande "figuré*, mais terminée en pointe cbniqud. Deux autres. tètes , exaetcuicnt semblables, s’élèvunt des épaules. , . ■ [
»Une écharpe, placée en Sautoir st»r la- poitrine . Va de
• CHAI’. V». *rr 1DOLBS. PL. XTII. f 1»'| '
iicoite à gMchpq elle porte des. caractères un peu analogues à ceux de la Jig. 5 (1), Sa main droite tient un corps spbénque, la ganche porte presque horizontalement un emblème qu’on a voulu prendre pour une torche, ou bien- pour un double phallus'. Ôn pourrait peàt-ètre' , avec plus de raisori, y voir une massue (2). Cette' curieuse statue porte , ' de chaque côté des fiâmes , deux fragments de cercle qu’on serait bien embarrassé à définir comme des cornes ou comme doux Croissants ; ses jambes sqpt o in ertes, ses cuisses se terminent par dés anneaux ou Itourrelets. La partie postérieure n’offre pas de trace de queue. . « • *
.Bronze du Cabinet royal de Gagliari. .* .
Le corps «phérique qne cette statue tient dans sa main , et que 'nous regardons comme uu œuf, la rapproche des. figures précédentes ; fa tête humaine qui s’élève au-dessus de l’autre pourrait indiquer la réunion -des deux principes, comme nous* aurons occasion de |e croire, lorsqne nous proposerons l’explication de quelques figures suivantes (a).
Si cependant cette petite tête supérieure devait jouer le même rôle qne les deux autres qui sortent des épaules t nous aurions un,' sujet analogue & celui de l'a Jig. 21 ci-après , qui paraît représenter la naissance d’one triade d’un ordre inférieur à celui, de la figure principale. L’attribut de la main gauche considéré comme massue est pour nous peu significatif ; {b) envisagé
• f<) V*>y£c ces caractères reproduits ci -dessus, dggrandeur 04t.urellp en 7*^ , ...
(a) (îet emblème est également figure «le grandeur naturelle
en 7*.
(à) Voyez les n“-t8, aï-, a4, 3o, Si, etc. , etc.- ' (b) u La massue était On emblème de Mithras. Dans le Zendartsta « elle est appelée l 'arthe-de l'intelligence ( et l’intelligence ou. la sa- ” 'gé*sr, du la raison, est partout créatrice elle appartient propre- <i mon» »n<témiftrge' »<»titciCupT, Ktl de lant. , tom. 1 , U* partie, pag. 755, notes iiCreuacr. ... • s' %*».t
coin ale double phallus , il peut s'accorder avec le corps sphérique tenu dans la main droite, que non) croyons être un œuf, et uïçc la barbe dont est garni le visage de la figure principale, qui offre par là .les caractères d’une -divinité androgyne génératrice, dans laquelle domine l’essence mâle. • • t • \ * '
y \ . ,, Nous reproduisons-ci^contre le.dessin
/ ' * ’.d’un symbole assez analogue que l’on
J ' ■ remarque dans la maia d’une idole étrua-
J **' . 14 que tiré de l’Atlas de il. Micali ; c’est le
I \ L V # ' attribut de ce gçnrç auquel ixtus pgkAr , puissions comparer la piècequi uous
•Yq t/1 ‘‘ "Ji • occupe et celle de f&ifig- 15. M. Micali ' \ • ] Iæ y voit une représentation de la foudre ;
• \ . j <î|J[ mais celle-ci hous parait figurée d’une
3 I Æ autse manière dans les monuments étrus-
Pfet ] ' ques ; nous pensons que c’est plutôt un
'Q? r ’ signe phallique se terminant en une
espèce de fleur, au milieu dé laquelle v\ , se tHouvè un petit cône; on aurait dans
• \ Y ,'fjjj ‘ ce cas la réunion des deux principes. Il
• *. * pourrait, sc faire que lo gros bout de
notre fig s 7’ voulût représenter une fleur analogue nou encore ouverte. ,
' Figure humaine dont les caractères de virilité ne sont pas bien prononcés [voyez le dessin Vu dé' flanc)*, de chaque côté des teippôs partent comme des espèces de mains à sîx doigts, et sur sa tété 9 'élève tlnè jiiècé conique allongée, qui paraît devoir être prise moins pour un bonnet que pour un signe phallique; elle tient, dans chaque main', un corps sphérique; et contre son épaule droite un ' bâton fourchu. -, ... , • ,* ' . v‘
, Bronze du Cabinet royal 'de Çaghari. ; ' * . •
En compara nt.ccs espèces de mains qu’on voit de chaque côté
dé 1» tète de Cctté statue avec, l’attribut à -peu près. semblable de te Jig. tï, qui est seul, et.qui n’a que. cinq branches , on. doit
P£*vni
[fis- 8-
cbap. Vi. — inoi.ES. î»l: xvm. • 193
penser que le nombre do ces branches est insignifiant ; elles nous semblent devoir être envisagées' comme de simples indications des rayons du soleil. Le cane phallique également place sur la tête, concourt avec les deux corps sphériques tenus dans chacune des mains, pour justifier ce que nous avons dit ci-dessus relativement aux deux globes des figures de la PL XVII-, que nous - ne considérons pas comme des représentations de la terre ; eu effet, pourquoi en aurait-on mis deux , si ces globes eussent dû indiquer notre planètè?
Le sexe viril de la figure en question étant un peu doutenx , nous ne serions pas éloigné de voir dans les attributs dont bous venons de parler, lés caractères d’une de ces mutilations si communes dans les religions orientales et qui nous rappellent -celles des Galles. Dans ce cas notre statue pourrait représenter un dieu soleil générateur , dans un état de mutilation , ou , si l’on veut, une divinité androgync'; son bâton fourchu lu. rapproche sous ce rapport du n° 1 .
Figure humaine sans indication de sexe, tenant dans chaque main deux attributs semblables à ceux de la figure précédente. On voit sur sa tète trois prolongements angulaires, qui paraissent tFois cornes-, ou plutôt trois rayons (foyer les fig. 28, 29, 43, 44 et 88 ci-après); et toutprès-de ceux-ci deux espèces de cornes qui retombent de chaque côté; une écharpe, ou peut-être ùn serpent, traverse en sautoir le devant du corps de droite à gauche.
. Bronze du Cabinet royal de Cagliari, trouvé dernièrer ment dans le Sulcis , près de Massocara.
Nous croyons reconnaître une divinité solaire dans cette statue, plus encore que dans la précédente-; les deux rayons qui descendent de chaque côté, font allusion à ceux que 'l’astre bienfaisant et générateur laisse tomber vers la terre : nous les retrouvons, dans' les fi g. 11 et 1 3 de la même planche.
Composition analogue à celle du n° 8. Les deux mains à six dqigts sont remplacées ici par deux cornes qui par-
Fig' 10.
4 9* livre i. — MOxtîsiÉîrrs rte La i*' période.
lient ' Je derrière l’occiput; mais on voit uft troisième corps sphérique placé sur le front de cette statue ; il paraît mémo y en exister deux autres sur chaque joué. Les caractères de virilité sont ici aussi vagues que dans la fig. 8 ; son sein se rapprocherait plutôt de celui d’une femme. Le bâton fourchu est placé contre l’épaule gauche. .
. Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Nom ne saurions rien ajouter à l'interprétation ci-dessus de lu fig. 8 proposée ; le petit corps sphérique placé sur le front pourrait bien être un troisième œil; dans ce cas, cette statue offrirait quelque rapport avec celle du n° 28 , que nous regardons aussi comme un dieu soleil ; ses joues peuvent être comparées à celles du n° 29. ' '/ -
L’igure humaine dont la tète est ornée de six cornes, ou plutôt de six rayons divergents disposés symétriquement , et 'au milieu desquels s'élève un petit corps conique un peu semblable à celui de la figure précédente. Son soxe est indéfini; mais du bas de l’abdomen et de la place qu'occuperaient les parties sexuelles, on voit partir deux têtes qui ont le plus grand rapport avec celles de la fig. 7 , et qui dé|îas9etij les 'deux hanches; ces tètes portent sur feur sommet un signe conique. Le corps et les mains ont quelque chose' d’informe; dans la main droite on voit un bâton fourchu, dont une branche imite le mouvement dé la^ flamme et rapproche cet instrument de celui figuré page 179; la main gauche tient un attribut que npuscroyonsêtre uti fouet, ou bien nn pedutri d’une forme toute nouvelle. On Voit derrière les épaules une quantité de petits crochets, et plus bas une queue.
Bronze du Cabinet -royal de Cagliari. ' 'i -
Représentation analogue anv préeêdetftcs , .dans laquelle nous cf Oyons ■ voir .les caractères d'nn 'dieu soleil plus clairement t