‹ Voyage SardaigneChapitre 42 sur 205 · PI. XIX · texte numérisé non relu

PI. XIX

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r<g . it>. Trois têtes humaines, placées en ligné droite sur un piédestal plat, en forme de règle. Celle du milieu est la plus grande ; toutes les trois , quoique d’une très mauvaise exécution, semblent avoir la barbe. Chaque tête, psraît , couverte d'une espèce de bonnet ou ooiffe plate , dont on voit la couture transversale*, cette coiffe est ornée d'un bord ou frange. La base qui supporte ces trois tètes conserve encore par derrière' les traces de deux pointes qui partaient horizontalement de la partie. postérieure , et qui servaient à fixer l'idole contre un mur ou tout autre corps. (1) •

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

Ces trois tètes , probablement viriles , dont celle du milieu est la plus grande , semblent une reproduction de la partie supérieure de la figure précédente. Feraient-elles allusion aux trois Cabires mâles , ou bien â la triade cabiriquc de Samothrace, Axicriu , Axiokersos , Axiokersa , enfin aux Trilopdtores des anciens? Peut-être pourrait-on encore les envisager comme trois Soleils. Elles rappellent aussi les trois pierres de Perdas-Fitta *

et de Perda-Lunga (a).

j-'tg 17. Figure humaine presque entièrement privée de menton. Son corps paraît celui d’une femme; plusieurs raies tracées transversalement sur sa poitrine , ainsi que sur $es bras et sur ses Cuisses , semblent indiquer bien moins un habillement que des Signes de tatouage. Son nez est très long, ses yeux au contraire sont très petits, et ils ont cela de remarquable, qü’ils /ie sont point formés par un bouton sphérique ou par un simple trou rond , comme la plupart de ceux des autres idoles de cette collection , mais qu’ils sont ciselés. Leur forme est oblongue , et ils sont placés un peu

(1) ffn^ ci égaisment le n° 18.

(a) Poyez ci-dessus, pag. a et 6, et PI 11.

. , ' • CHAp. VI. — IDOLES, H.! XIX. . . - |9&

djagonalemeul. De la place des oreilles qui mauquçnt , ou voit partir dcûx longues cornes recourbées , entre . lesquelles se. trouve une autre tête humaine à larges oreilles, placée de telle manière que les cornes de la figure principale servent également comme telles à la tétè qui est au-dessus; ce que rfous supposonsdevoirêtre deux cornes, * pourrait aussi être deux serpents. Sa main gauche est mutilée à l’avant-bras , mais la droite tient un attributqtii a l’apparence d’une fleur de lotus épanouie. >

Sa partie postérieure est moins plate que celle dès autres statues; oq y voit mieux les formes humaines. Elle a une .queue de médiocre longueur, ;

Bronze du Cabinet royal de Çagliari,

' Les mamelles, et le nombril de cette statue étant visibles, nous ue pensons pas qu’on puisse la croire vêtue, et nous- croyons , par conséquent, devoir envisager les raies transversales tracées sur son corps , comme étant pratiquées sur la peau ; ce qui constitue le tatouage. Il pourrait sq faire, au reste , que cette coutume fût propre aux anciens Sardes , et que les Phéniciens ne la connussent pas, . * ,

Cette statue a quelque analogie avec l'Isis d’Égypte , soit p»r ses cornes recourbées , soit par la flenr qu’elle tient dans sa main; si elle doit représenter une diyinité génératrice, une Aslartc réunissant les deux principes , la' tête supérieure figurerait le principe actif, et tout le reste de là composition ferait allusion au principe passif, qui paraît dominer dans cette représentation. La fleur qu’elle lient à la main est fort probablement une fleur de lotus fraîchement éclose, qui offre , dans le nombre de ses pétales et de ses pistils, les combinaisons de 3 , A et 7. Qui numerus rerum omnium ferç hodus est (a).

Les personnes qui aiment à chercher lès symboles des nombres, trouveront, dans cette figure, les idées de monade, de. dyade , de triade, de tetrade , etc.

„ (a) Ciceiio apifd. Macro b- ln Som. Scip., lib. t, p. 35.

. 200 LIVUE I. — ■*

Fig. 18,

- MONUMENTS BB LA l“ PÉRIODE.

.Nous offrons ci-contre le dessin d’une statue étrusque tirée de 1’ouvmge de M. Mirali (a),. qui la regarde comme une représentation de Vénus ; elle peut , par conséquent , sous certains rapporta , être assimilée à /sis et à Aslarté.

\ oici l’explication qu’en donne M . Micali , loc. cil, (PI. III , pages , 45, 46.)

JV on dubbiamente si vede qui <ot effi— giata V encre, qualc si roncepiva nclla nutologia ctrusca; a Ici stfwa di prose— dere à germi délie pianlc , e di quanto nascc tn natura : ben dunque le compete qucljioredi bcllà e di giovinezza, simbolo comu ne délia dea.

Figure humaine , barbùe , dont les mamelles pleines et le ventre très arrondi annoncent évidemment un corps de leramc (1}. Elle porte sur sa tête une espèce de -coiffe ou de capuchon au-dessus duquel s’élèvent deux cornes de génisse : ses bras élargis se terminent par deux tètes qui lui tiennent lieu de mains ; celle de droite paraît une tète humaine, entourée. d un nimbe ou d’un disque; celle de gauche appartient à un animal ; on la dirait celle d’un chat : ses jambes sont écartées.

Au pied de cette figure s’élèvent de la même base deux autres tetes ; celle de droite est encore une tète humaine arec un nimbe; celle do gauche est .pelle d’up animal également pourvu du nimbe , mais son museau allongé et son ensemble excluent ici l’idée d’une fête de

chat; on la dirait, de préférence, celle d’un chien ou

(a) LÇc. cil. Tavola X.XXJII, „• 5.

(’) V la statue vue de flanc.

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