‹ Voyage SardaigneChapitre 62 sur 205 · IDOLES. PL. XX11I · texte numérisé non relu

IDOLES. PL. XX11I

monstrueuse qui lui tient lieu de ventre, semblent indiquer une cavité intérieure, cavité dont cette seconde bouche serait l'ouverture principale , celle qui était destinée à l’introduction des victimes. Ces particularités se combinent avec les flammes de sa partie postérieure et rappellent une autre statue de ce dieu Moloch qu’on faisait rougir, et qui recevait dans son corps incandescent les victimes toutes vivantes , qu’on y introduisait par une ouverture pratiquée à cet effet.

On pourrait objecter que la statue creuse de ce dieu avait sept ouvertures , et qu’elle ne peut être comparée à la nôtre : nous répondrons à cela que la statue de cette terrible divinité , telle que nous la dépeignent les rabbins est plus facile à décrire qu’à concevoir. Comment se faire une idée d’un colosse d’airain dont le ventre aurait sept compartiments dans chien n desquels on pourrait introduire une victime vivante ; ici un homme, là un bœuf, ailleprs un mouton, etc., etc.? cette statue devait avoir des proportions colossales qui dépassent toute vraisemblance. En supppsant toutefois qu’elle ait existé , elle aura été ainsi faite à Carthage , mais bien Certainement il y en avait peu de pareilles dans les autres pays et dans les colonies ; et cependant si nous savons que cette coutume barbare d’immoler des victimes humaines toutes vivantes était encore pratiquée ailleurs qu’à Carthage, ne serait-il pas possible que, même dans ce cas, les statues destinées à ce terrible usage n’eussent pas eu toutes les sept compartiments décrits par quelques .écrivains hébreux? Les différentes manières sous lesquelles on nous dépeint plusieurs représentations de Moloch , ne sont-elles pas elles-mêmes une preuve qpe les sept compartiments, ou cavités, ne sont pas indispensables pour Constituer une statue de ce dieu?

Les cornes et le bâton fourchu donnent à ce bronze les caractères d’un Baal. Les deux animaux qu’il tient dans sa main gauche sont peu reconnaissables ; il est difficile de les prendre pour des serpents , car pourquoi l’artiste qui a moulé cette statue n’aurnit-il pas été capable d'exécuter convenablement ces animaux, lorsqu’il a su faire arec assez de perfection les deux serpents qui ornent ses cuisses ? 'Nous ne saurions non plus

saisir le sens allégorique des deux serpents des caisses ; ils rappellent un peu ceux des pieds des Titans.

Les lettres formées par des points en relief qui composent l’inscription % sont pour nous peu intelligibles. •• ,

f,t 53. Figure humaine dépourvue de barbe, avec deux cornes de taureau sur la tête; son sexe paraît masculin. Elle tient , dans sa main droite , une espèce de massue qui paraît se diviser en deux branches; ce sont, peut-être, deux serpents. De sa main gauche elle élève un bâton fourchu, dont le bout inférieur est appuyé sur la hanche. Derrière son dos on voit une inscription de plusieurs lignes. Les caractères en sont, en grande partie, effacés. (1). Cette statue porte une assez longue queue.

Les caractères de cette inscription ne sont pas susceptibles de lecture , étant trop effacés par l’oxidation du métal.

Nous ne saurions proposer, une explication sotisfaisaute de l’attribut que cette idole tient dans la main droite ; on dirait une massue formée par la réuoion de deux serpents ; nous la considérons d’ailleurs comme la statue d’un Baal.

Figure humaine ayant sur sa tête une espèce de crête , ou trois cornes. Son corps n’indique aucun sexe distinct ; ses jambes sont très écartées. Elle tient -dans sa main un sceptre fourchu ; derrière est un anneau longitudinal , plus bas une assez forte queue.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

L'attribut à trois pointes que cette statue porte sur sa tête la rapproche des fg. 19, 41, 43 et 44 que nous avons déjà décrites , 'cl des n”' 57 et 88 que nous verrons ci-après ; au reste , nous ne saurions rien dire de bien positif sur cette composition, que nous nommerons' un Baal avec U terpirt fourchu.

(i) ê'oyer ces caractères de grandeur naturelle , 55'.

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