‹ Voyage SardaigneChapitre 7 sur 205 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Pierre *!e Dr urtulli.

PI II Kfig. i.

Vtni.A-lunga.

PI. Il . Jig. ?

quité reculée , qui paraissent se rattacher à l’ancien sabéisme ; nous nous bornerons à faire observer dans ceux dont nous produisons les dessins , PL Il , qu'ils tendent tous plus ou moins à la forme conique.

La Jig. 1 représente une grande colonne que nous donnons d'après un dessin qui jae nous appartient pas, et que nous n’avons pas eu le loisir d’examiner avec le soin convenable; c’est pourquoi nous ne savons trop si elle doit réellement être placée parmi les monuments , ou s'il ne conviendrait pas mieux de la classer dans les phénomènes dus à la décomposition des roches granitiques : l’insertion que nous avons faite du dessin de cette pierre dans notre Pl.,1, prouve cependant que nous penchons en faveur de la première de ces deux opinions. Elle se trouve près du chemin qui conduit de Hcnetutli à la ville de Nuoro ; n’ayant pas eu le temps de la mesurer (1), nous ne pouvons en indiquer l'élévation précise; on peut cependant la supposer en là Comparant au villageois que le dessinateur a placé à .côté d’elle , ce qui la rend tout-à-fait colossale.

Les trois pierres représentées par la Jig. 2 nous paraissent d’une plus grande importance que la précédente ; nous les avons dessinées et mesurées avec le plus grand soin; elles se trouvent dans. la légion montueuse de l'ile , territoire de Mamojada , non loin de l’église do loutre - Dame de Tirette. Lorsque nous les visitâmes , en 1830, celle du milieu, venait d’être abattue depuis quelques mois, les deux latérales étaient encore dé-

fi) Feu M. Comisotti ayant du passer près de cette pierre dans un voyage qu’il fit en i83o, voulut bien, à mon invitation, s'arrêter un instant pour la dessiner; je n'avais jamais trouvé l’occasion dcpouvoirinry.arrèter, depuis que je l’avais vue en passant, plusieurs aunées auparavant. <

CHAF. r. — t’IKHHKS LEVÉES.

bout. La destruction de la pierre du milieu est due à l’avidité d’un ignorant qui l’abattit, pensant qu’elle couvrait un trésor ;-celte barbarie, en ruinant un monument remarquable , nous a cependant procuré la facilité de le mesurer d’une manière très exacte , puisque la colonne se trouvait alors telle qu’elle était demeurée après sa chute ; elle se rompit en deux endroits , mais les trois fragments restèrent à leur place, et fort probablement ils y sont encore.

Ce curieux monolithe est visiblement travaillé au marteau ou au ciseau, quoique un peu grossièrement; la forme de sa circonférence tend plutôt à l’ovale qu’au cercle parfait ; cette circonférence est de 4 mètres 05 cent, dans son plus grand diamètre , et son élévation de 6 mètres 50 cent.; il était flanqüé de deux autres pierres beaucoup moins élevées, mais d’une égâle grosseur à leur base, et non travaillées; ces trois pierres se trouvaient comprises dans une petite aire circulaire payée de' grosses dalles, et déterminée par d’autres pierres plus petites , maintenant éparses sur le sol ; ces pierres formaient autour des trois obélisques une espèce de petit TemenoS.

Les habitants de la contrée connaissent cette antiquité sous le nom de Perdd-lunga , pierre longue , ainsi nommée d’après l’obélisque du milieu ; on trouve non loin de là un Nur-hag, . mais il ést en grande partie détruit, et il ne nous a offert aucune particularité digne d’être citée. Parmi les nombreux monuments auxquels nous pouvons comparer celui-ci et d’autres déjà décrits , nous citerons celui qu’a publié Schœpfin dans son Alsalia Illustrât n , page 330; nous en . reproduisons ci-après le dessin que nous avons réduit nous-méme avec soin.

4 LIVRE I. — MOSUMBKTS DE LA l" • PÉRIODE.

M. Beaulieu, dans ses recherches sur-le comté de Dachsburg (1), nous apprend que le monolithe du milieu est abattu depuis soixante-dix années environ ; on lui donnait le nom de Kunkel( quenouille ) , mais il était à peu près plat , comme les pierres de notre fig. 5, dont nous parlerons ci-après. Sa forme n'était pas arrondie comme cejle de notre l’erda-lunga ; il avait de même que cette dernière environ 7 mètres d’élévation hors de terre- Il est curieux de voir un monument des anciens Triboques nous offrir tant de ressemblance avec celui de la Sardaigne ; au reste , nous aurons occasion de signaler bientôt une autre analogie entre certains tombeaux des deux pays. On a trouvé également dans les Iles Britanniques d’autres monuments tout-à-fait semblables, parmi lesquels nous in-

(i) Recherches archéologiques et lusloriques sur le comté de DachsBurg, aujourd'hui üabo. Paris, i856, chez la veuve Le Normant, page a6t.

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