‹ Voyage SardaigneChapitre 72 sur 205 · IDOLES. PL. 'XXVII · texte numérisé non relu

IDOLES. PL. 'XXVII

V boutons, actuellement au nombre de onze; mais il paraît qu’il y en avai,t un douzième, qui a été détmit parl'oxida-

tion. Derrière son do» on voit une espèce de support ou anneau, et plusieurs autres petits boutons rangés d’une manière irrégulière. , - ^

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

Cette curieuse statue nous semble avoir un caractère asiatique très prononcé; elle, rappelle eertaines pagodes des Indous. Son glaire a quelque rapport avec celui qui figure dans les scènes de Mithra.-'- *

D’après ce qne nous avons dit ci-dessus, page 196, nu sujet du n° i3, ■on pourrait reconnaître dans celui-ci deux divinités solaires, ou si l’on veut, pour nous servir des termes propres, de.ux incarnations du (lieu soleil ; si, comme if paraît probable, il y avait un douzième bouton dans le bouclier, ces boutons poupraient- être comparés A ceux des fig. 28 et 29, qne nous regardons comme des images du soleil. M. Guigniaut, auquel nous avons communiqué une copie du dessin de cette statue, inséré dans ses planches sous le n°2M6, 'compare avec raison l’emblème qui occupe le champ du bouclier de cette idole avec un symbole d’une médaille phénicienne de Malle. Mous en donnons ci-dcs- |#us ou dessin. , ' • -

M. Guigniaut croit que la tète humaine. qui sort de dessous la cuirassé peut rappelcr'lc Corgom'um ,-v t il ajoute : « Cette divi- .« JUté , d’un aspect. redoutable , et qui paraît mâle , .n’a pas moins « de quatre jambes (a), sans doute puer exprimer lu rapidité de

•(a) Nous serions teute de croire que le* deux jambon du milieu sohf censées appartenir à uue seconde figure identifiée avec la *<*-

288 LIVRE I. — MONUMENTS DK LA* * l*‘ PÉRIODE.

«sa course. Ce doit être uu dieu Ile la guerre, et probabléméut il « Melkart , l’Hetcule phénicien. » ( Explicat. des planches, P“g- Ul.) . .... ' ’ • .

9>1 Guerrier dont la tète est couverte d’un casque muni de

deux comes de taureau ; il est revêtu d’une courte tunique sur laquelle est posée une cotte de maille avec des espèces d’épaulettes ; sa main droite tient la poignée d’upe javeline ; sa main gauche est armée de trois autres javelines tout-à-fait pareilles , mais entières , et soutient en même temps un pelta rond ayant une pointe conique au centre. Ce bouclier est très bien travaillé; ses jambes sont revêtues d’espèces d'oercœ qui ne lui couvrent guère que les mol-, lels, et qui ont des ouvertures devant et derrière. Ses pieds sont nus ; on voit derrière ses épaules un double anneau tout-à-fait semblable à celui des Jig. 60, 80 et loi., et dans lequel on a fait passer le timon d’un chàriot; niais nous avons de grands motifs pour croire que ce devant de chariot et cette espèce de panier que ce soldat porte actuellement sur sa tète sont des pièces détachées, et fort probablement étrangères à la statue (t). A* cèté de l’anneau en question pendent deux riches lanières garnies de franges. . '

Bronze du Cabinet Kirker, à Rome.*

Cette statue a déjà été figurée et décrite par MM. Wmckel-

tue principale , et dont on voit sortir la «ête du ventre de cette dernière. . • • •

(i j Ayant eu le loisir de bien examiner ce-curjeux monument à Rome , en 1828 , nous avons oru reconnaître que Ja matière dont sont faites ces deux pièces détachées, n’est pas tout-à-fait la même que celle de la statue; le timon et même le papier ne sont* pas placés d’une façoh naturelle. II est fort probable que le double anneau dans lequel on a fiché le timon du petit 'chariot , fut. destiné à. un tout autre usage. . • ' * » *

CHAP. VI. *— IlM)LBS. PI.. XXVII.

mann et Barthéleqiy ; mais comme son origine sarde est incontestable , nous l’avons insérée dons cette collection ; le dessin que nous en donnons , également réduit au quart <du naturel , est tiré de celui même possédé jadis par M. Barthélemy; M. Mionnet a bien voulu le mettre à notre disposition. Mous saisissons cette occasion pour lui en témoigner notre gratitude.

Les cornes du casque sont des attributs très propres aux guerriers des anciens temps. Insignis Jlexo galcam per lempora cornu. Siuus Italkxs, lib. i. 415. Ce symbole de la force pouvait très bien être pris pour celui de la valeur. D’après M. Mignot , « les « casques des Phéniciens étaient faits de la peau de quelque ani- •• mal; les princes prenaient ordinairement celle d’un animal « distingué par la force.... ; les Thraces asiatiques (selon Héro- » dote, vu, p. 465) mettaient des cornes de boeuf à leurs cas- » ques (a). » NouS pourrions citer ici une foule d’auteurs qui parlent des cornes de bœuf ainsi placées (6), nous nous contenterons de rappeler cette comédie, dite Comularia , parce qu’on y introduit un soldat coiffé d’un casque avec des cornes : Cornie u lu tnsigncm (c) . Ces soldats se nommaient cornuli (il).

Les ocretr , dont les jambes de notre guerrier sont à peine couvertes, sont très remarquables ; elles annoncent un soldat armé à la légère , ce que confirment , non seulement ses pieds nus , mais encore ses armes offensives que nous allons bientôt examiner. Sa cuirasse annonce un travail soigné; elle était probablement d’airain , comme celle de Goliath , mais elle

(a) Abbé Migkot, Me'm. sur Us Phéniciens ; Acad, des Inscript, cl BelUs-Lctlres , vol. XL, pag. 76-77.

(b) Etiam vero cornuœ simililudo are vel ferro exprimebantur in galets. (Solinas. ad solinnm, pag. 548.) Redeo ad Ammnnem quem ex Diodoro dicebamus , cum Osiridc cornuum ejjingi non quasi cotnua fuerit capiti adjuncta, sed quia pro galets in bello usi cornuta cap/tis bubuli pelle. (intiuD, Vossufs , de Origine et progressa idolâtries, lib. 1., cap. 27, pag. 76. .

(c) Vamo, De Llng. Int , lib. iv.

(d) Cornuli exinde dicti . quod pelle m bubulis cum cornibus pro galea habucrinl. Vossius, lib. 1, cap. 27, pag. 201.

290 LIVRE I. — MONUMENTS DE LA I" HÉHIODE. a l’air «l’une véritable cotte de mailles , ce qui la ferait considérer comme une lorica hamata (a) et non squamata. Rien , ni «lans

cette statue , ni dans celles que comprend la même planche (destinée uniquement aux figures militaires), n’annonce des cuirasses en écailles de poisson. Il est fort probable que les deux espèces d’épaulettes qui accompagnent cette cotte de mailles, étaieut de la même matière et fa«;onnées de même ; les deux lanières qu’on voit par derrière servaient probablement à fixer la cotte de mailles ou la cuirasse ; elles paraissent avoir été assez généralement portées par les guerriers sardes , puisque nous les voyons sur plusieurs autres statues que nous décrivons ci-après.

Les javelines que ce guerrier lient dans sa main gaucheont une espèce de poignée, et on les prendrait pour «les épées, si elles ne se terminaient pas en forme de dard ; celle qu’il avait dans sa main droite était évidemment de même nature, puisque la poignée qui reste ressemble en tout à celle des trois autres. Son bouclier rond parait entrer dans la classe de ceux qu’on nommait /sella, mais U a cela de remarquable , que si on veut l’envisager comme une armure d'origine phénicienne, il ne s’accorde pas avec ce que dit -Hérodote , lorsqu’il remarque que les boucliers «les Phéniciens n'avaient pas de pointe au milieu, ni même de bosse, requi les distinguait deceux des autres nations (é).

Il est d’ailleurs possible qu’Hérodote parle des boucliers des soldats phéniciens destinés au service de mer, qui, devant, pour occuper moins d’espace sur les Idtiments, alors bien petits, être empilés ou placés l’un contre l'autre , étaient faits sans bosse etsans pointe. L’abbé Mignot observe, au sujet du passage d’Hérodote, que les Juifs pouvaient très bien avoir une pointe au centre de leurs boucliers, (c) •

Quoi qu’il en soit , le guerrier représenté par ce bronze est armé à la légère; c’est probablement un prince ou un héros.

(a) Foyez ci-après la description de la /«g. 100.

(b) Hkbodot., vu, pag. 463. -,

(c) Mcm. de l Acad- des Inscriitl. et Belles-Lettres , tom. XL,

pag. 8'J. • • «

CHAP. VI.. — IDOLES. PL. XX Vil. ' 2»1

Nous ne nous occupons pas de l'explication du polit chariot et -du. panier, pensant que ces pièces ^appartiennent pas à la ' statue ; on peut au reste consulter ce qu’en ont dit Vinckelmaou et Barthélemy (fl).-. ; ’ .

Guerrier coiffé d’un casque avee deux cornes, dont il’ &■ , resté des fragments reconnaissables, et qui s’avançaient horizontalement. Son corps est revêtu d’une longue tunique, serrée par une ceinture; son bras droit tient un glaive ou bien une espèce de massue ; avec son bras gauche il présente un bouclier rond dont le centre est occupé par une pointe conique ; ce bouclier est orné assez différemment de celui de la figure précédente; nous croyons y voir représentée une flèche placée en travers. Scs jambes sont défendues par des ocrées qui lui dépassent le genou ; cette statue pose sur un piédestal plat , supporté lui-même par deux petits corps cylindriques.

Bronze du Cabinet 'es médailles de Paris.

Nous ne pansons |ms qu’il soit nécessaire d’entrer dans de longs détails pour justifier aux yeux du lecteur l’insertion que nous avons cru pouvoir faire de cette statue du Cabinet de Paris dans la collection des idoles sardes ; le guerrier qu'elle représente nous paraît devoir être placé parmi ceux pesamment armé. t.

Sa longue tuniqpc, qui pouvait bien être de peau de mouflon (b), et ses ncrece, qui lui couvrent encore plus que la jambe, ne permettent pas de l’envisager comme étant armé à la légère.

Guerrier dont la tête est couverte d’un casque, avec deux F,s.ÿ>.

longues cornes terminées par deux boutons sphériques; ce casque lui défend également lès oreilles et le bas de la nuque ; une cotte de mailles, bien ajustée à la partie supé-

• (n) ViacxiLMANi», PI. XX, et Basthïlimï, Acad, des Inscript, et BcHes-Lctlrcs , tom. X'XVIlt , HJem pag. 5jg.

(b) njrez ci-après le texte de la fip. 9 g. ' '

rieure de son corps , la couvre tout entière , ainsi que les bras jusqu’auprès des coudes. Cette cotte de 'mailles est placée sur une tunique à plusieurs plis horizontaux ou • espèces de falbalas; ses jambes sont pourvues A'ûcrece, qui è ta vérité dépassent les genoux par devant, mais qui ne lui couvrent réellement que le devant de ta jambe; ses avant-bras sont ornés de fleurons en spirale; dans sa main droite on voit une javeline, qui pose sur l’épaule, et de 1a gauche il soutient un riche bouclier, également garni de spirales et d’autres ornements, parmi lesquels on remarque aussi ta représentation d’une flèche placée en travers (1). A ce même bouclier, et non dans 1a main, sont fixées quatre javelines tout-à-fait semblables à celle que tient 1a main droite; les pieds manquent.

Cette statue , trouvée à Padria (2), nous a appartènu, et nous l’avons donnée au Musée royal de Cagliari.

Ce guerrier, remarquable paries longues cornes, parses ornements, et mémeparsa parfaite conservation, doit représenter, comme le n° 94, un héros sarde ou carthaginois armé à la légère.

nt. <£. Guerrier coiffé d’un casque sans cornes ; son corps est couvert depuis ta ceinture d’une espèce de jupon à plis qui en fait le tour; ses jambes sont défendues par de longues ocreœ plus hautes que le genou , qui arrivent aux chevilles et se croisent par derrière. Sa main gauche tient un corps imparfaitement rond , qui, au premier abord, pourrait être pris pour une pierre, mais qu’up plus mur examen du monument nous a fait reconnaître

(i) Le parallèle qu’on peut établir entre le bouclier de cette statue et celui de la precedente, est tout en faveur de notre opinion, sur l'origine sarde dé cette dernière. ,

(s] M. Petit-Itadel en a donné un dessin dans une des plancires de sa Notice iur les Nuratfhcs. Poyei ci-dessus, page 160.

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