‹ Voyage SardaigneChapitre 79 sur 205 · CHAP. VI. — IDOLES. PL. XXIX · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — IDOLES. PL. XXIX

ont cliacun un anneau à la cheville, et sont posés sur une espèce de demi-disque.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

L’ensemble de celte figure a du rapport avec celles qu’on trouve gravées dans les monuments babyloniens , surtout par la manière dont elle est habillée ; l’attribut qu’elle porte dans sa main se rencontre sur ces mêmes monuments (a). Nous croyons qu’il a la même valeur que le bâton fourchu ; il peut , au reste, être plutôt un caractère distinctif de la lune , et il rappelle les gâteaux en forme de croissants qu’on offrait à Hécate. Nous serions tenté d’envisager cette statue comme une représentation d’une prêtresse de la lune.

Figure humaine coiffée d’un bonnet conique aplati f‘g- «*& sur le sommet, et rattaché par une tresse de cheveux; son corps est couvert d’une espèce de casaque qui cottvre tout le buste , y compris les bras ; ses cuisses sont renfermées dans une espèce de bracca, qui ne lui arrive pas aux genoux. Un de ses pieds est orné d’un bracelet pareil à ceux de la figure précédente ; la main droite paraît tenir un autre bout de tresse de cheveux : c’est peut-être quelque attribut mutilé; la main gauche est appuyée sur un bâton à trois nœuds ou anneaux. La statue pose sur un piédestal plat.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

M. Monter a déjà décrit cette idole (i) , dans laquelle fi a cru reconnaître un dieu Cabire ; nous-mémc nous l’avpns donnée en tête de la série des costumes sardes de \a PL III de notre seconde édition , et lions en avons fait mention page 214, au sujet de la Afa.ttruca; en effet nous pensons qne ce personnage est réellement revêtu de la mastruca , habillement fort

(a) Voyez la petite vignette fig. i , de la page 180.

( b ) Sendschreiben über einigc Sard. idol. , pag. il , Jifi. 3,

lab. i. . •

commun dans l’île , qui ne parait pas avoir changé depuis le temps de Cicéron. Son bonnet conique se retrouve également dans les costumes actuels des Sardes (a) ; il parait aussi dater d’une antiquité bien reculée , puisque nous le trouvons représenté sur plusieurs monuments , et surtout dans des médailles phéniciennes de l'Espagne , attribuées à Malaca (b). Voy. le dessin ci-dessous.

Les braccac de notre idole sont également celles que portent les Sardes actuels. Tous ces rapprochements ne sont pas sans intérêt ; nous les avons développés dans notre première partie , à laquelle nous renvoyons le lecteur qui désire avoir là-dessus . de plus amples détails. En considérant ici notre idole sous l’aspect d’un monument antique , nous adopterons l’oprnion du savant évêque de Sécland, qui l’a jugée un dieu Cabire. Le bâton qu’elle porte dans sa main peut la faire rartger parmi les dieux Averrunci.

F, 1. 116. Figure humaine dont la tête est couverte d’un bonnet

conique; elle a sur son épaule droite ce même signe lancéolé que nous avons déjà remarqué sur l’épaule du n° 62 ; son corps est revêtu d’une espèce d’habit moderne garni de boutons, et d’un gilet analogue. Ces mêmes boutons se trouvent encore sur les coutures extérieures des manches et sur les cuisses. On lui voit un phallus de forme pyramidale semblable aux deux petites pyramides supérieures de la fi g. 121 ; par-derrière se

(a) V oyez la PI. 111 en question et le texte, pag. 006.

(b) . Flores, Med. de Espan., tab. LVL

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