CBAP. VI IDOLES. PL. XXVIII
peuvent représenter le principe humide ; bous ne saurions rien dire de plus sur ce monument ; qui nous parait un autre çercle magique employé comme Teraphim, ou cercle domestique; il rappelle un peu la fortune avec sa roue.
Autre cercle un peu elliptique , dont le centre est également occupé par une figure humaine analogue à celle du numéro précédent; son sexe paraît également être féminin ; elle a aussi une queue. Au-dessus de sa tête s’élève un demi-cercle fait en forme d’anse , au milieu duquel se trouve une seconde tête barbue coiffée d’un bonnet conique; des deux côtés de cette espèce d’ædicula (qui rappelle «elles des fig. 24-81 , et que nous retrouvons au bas de la même planche n* 123), sortent deux pointes coniques qu’il ne faut pas confondre avec les quatre crochets placés derrière la plaque, et. qui sont recourbés, comme on peut le voir dans le dessin de notre monument vu de profil.'
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Cette composition est analogue aux précédentes ; nous croyons voir dans la figure principale les caractères d’une femme , et dans la tête qui est au dessus, l’indication du caractère viril; nous avons de nouveau la réunion des deux principes, et, si l’on veut , -celle du soleil et de la lune. Les deux pointes qui sortent des deux côtés de la tête humaine, remplacent peut-être les deux branches du sceptre fourchu que nous voyons dans la plupart de ces monuments : remarquons le très petit espace qui sépare le sommet de celte tête du haut de l’anse ; cela nous confirme dans fôdée qu’on y passait une lanière de cuir, et que ces plaques n’étaient pas toujours fixées contre le mur , ou contre une paroi quelconque , mais qu’on les suspendait aussi par le moyen des lanières , (fui fort probablement servaient encore à les faire tourner dans l’occasion , comme il a été dit ci-dessus.
Figure humaine dépourvue de barbe , surmontée d’une autre tête humaine, coiffée d’un bonnet conique. L’atti-
Fig. lai.
Fig. la».
tude de son corps et de ses membres la rapproche des statues des numéros précédents ; nous ne saurions dire si ces fragments de cercles, placés aux extrémités des bras et des jambes de notre personnage, étaient ainsi faits dès l'origine, pu s'ils ne sont pas plutôt, comme il est assez probable, les pièces d’un cercle jadis entier tel que ' celui des autres figures examinées jusqu'ici ; sur ces fragments de cercle se trouvent plusieurs fois répétés des signes ou lettres en forme de croix , ou , si l'on Veut , de Tliau ; le corps de la statue entière est celui d'une femme : elle porte aussi une queue. On voit également par derrière des crochets analogues à ceux des autres monuments de ce genre.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Même signification que le n° précédent.
Fit- 1*3. Espèce d'œdicula formée par une portion de cercle posée sur une base plane et horizontale ; au centre de cet hémicycle s’élève une tête humaine ornée d’un nimbe festonné et même rayonné; des deux côtés de cette même tête sortent deux pointes pyramidales, dix autres pointes semblables s’élancent en guise de rayons du bord extérieur du demi-cercle (1), Sur la face de ce même cercle on voit huit boutons disposés sur les côtés; trois autres boutons sont placés sur la face de la base au-dessous de la tête humaine, et des deux objets coniques qui l’accompagnent de chaque côté ; au - dessus du cercle se trouve une tête d’une exécution extrêmement barbare , mais qui pourrait être celle d’un chien. Cette tête est accompagnée à sa base de deux petites pyramides à quatre faces, placées comme celles qui sont à côté de'
(i) Nous pensons que U pointe qui sc dirige en bas-, dans l’interirur du demi -cercle, n’est qu’un accident de la fonte.
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la tète supérieure de la fig. 121. Les pointes destinées à servir à fixer ce monument ne sont pas placées comme celles des n°* 16 et 18 ; mais elles vont de haut en bas. Bronze du Musée royal de Turin.
On peut d’abord comparer la tâte qui remplit le principal rôle dans cette composition , à celle qui se trouve au pied -de la fig. du n° 18, et que nous avons regardée comme une image du soleil ; remarquons que dans le monument dont il s’agit, le disque qui la caractérise est radié. La scène de l’intérieur .nous rappelle la composition de la Perdu lunga , Pl. II ^ fig- 2. Ce sont deux petits obélisques à côté d’une tète portée, par un autre obélisque (a). Les dix rayons qui partent du dehors du cercle ont fort probablement la même signification que les petits obélisques; nous savons que les anciens les envisageaient quelquefois comme les rayons du soleil (b). Ces rayons, réunis aux deux de la base , forment un nombre égal à celui des douze stations du soleil , que nous avons cru reconnaître dans les douze boutons , ou peutêtre dans les douze jeux du bâton des fig. 28 et 29 ; mais des boutons à peu près semblables se trouvent encore dans notre monument; leur nombre pouvant être envisagé de plusieurs manières , nous ne nous arrêterons pas à en chercher l’application.
Tout l’ensemble de la composition nous offre de nouveau la réunion des deux- principes , placés comme dans les numéros précédents, l’on au-dessous de l’autre; mais ici, c’est le principe mâle qui paraît être dessous , tandis que les autres plaques nous ont paru offrir un ordre inverse , dans les deux positions respectives des figures symboliques, représentant ces deux principes. -
Là tête principale , qui parait être indubitablement celle d'un dieu-soleil , peut au reste être comparée â la fameuse tête d’Adonis , dont il a été plusieurs fois question ( P'oj. surtout p. 231 J;
(a) Voyez Pl. XX, fig. 4
(b) Zoîca, de Obetùco-
Pt. XXIX , .A g. 114.
elle rappelle encore ces abominables superstitions dont parle Selden (a) , qui rapporte qu’on coupait une tête humaine, et qu’on la plaçait au milieu de deux chandelles, pour la consulter sur les événements futurs ; le même auteur, en parlant des Teraphim ou oracles domestiques des Chaldéens, s’exprime en ces termes ( loc . . cil., pag. 103) : Aurais faciebant vctiislissimi orientalium Zabii , sive Chaldæi , ex quorum libris plurima rctulil Ji. Moscs Aegjrplius , et ArgerUeas effigies. lias Lunœ , illas Soli dicabant. « Et
adificaverunt palatia et posuerunt in eis Imagines , et dixe-
runt quod splendor potentiarum stellarum diffundcbalur super illas Imagines, et loquebantur cum bominibus , et annunciabant eis ulilia. » II parle encore de la Sphcerula Hccatica et du Rhombus magicus, que nous croyons également reconnaître dans tous les monuments renfermés dans notre PI. XXVIII (b).
Figure humaine dépourvue de barbe , coiffée d’une espèce de capuchon , surmonté d’nn attribut conique qui , vu de face , sc présente comme un disque , et qui finit par derrière en une espèce de queue passée entre deux anneaux. On dirait que cette pièce est placée ainsi pour descendre sur la face et la couvrir et la découvrir à volonté. Son corps est revêtu d’un manteau richement travaillé , par-dessus lequel est placée une étolc avec une frange; elle porte dans sa main un attribut fourchu, ou, si l’on veut, terminé en croissant; ses pieds
(a) Mactabant hominem primogenitum , cujus capul torquendo prœscindebant (unguc sccabant, aut manibus discrcpcbant caput ejus), capul vero abscissum , sale et aromatibus condiebant , scribcbantque super laminam auream noinen spirilus immundi, qua supposit a capiti ejus , ponebant illud in pariete, ineen dentés coram eo candelas, et adorantes coram eo. Atque cum isliusmodi loq uut us fuit Laban.... ( Sr.ldem , De Teraphim syntagma 1 , cap a, pag. 98.
(b) V oyez tout ce qui a été dit sur les Teraphim. Thesaur., Antiq. Sac., tom. XX III, etc.