CHAP. VI. — IDOLES. PL. XXXI
celui de la fig. 91; avec la main gauche elle porte un
objet très difficile à décrire (1). On peut le prendre pour un animal fantastique, ayant deux têtes placées d'une manière inverse l’une de l’autre, et quatre rangs de jambes, dont huit par-dessus, dirigées dans un sens, et huit autres par-dessous, tournées dans le sens contraire; au reste, ces jambes se combinent avec les deux tètes, pour figurer un animal qui se sert de la moitié supérieure de son corps pour marcher dans un sens , et de l’autre pour aller dans le sens contraire.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Nous ne savons trop que dire sur cette bizarre statue , et surtout sur l’attribut qu’elle tient dans sa main gauche. Ce personnage rappelle un peu ceux des n°* 34 et 35 que nous avons cru pouvoir considérer comme l’année symbolisée; cet animal qui ya évidemment en deux sens , aurait-il quelque rapport avec la marche du soleil allant en avant pendant six mois, et s’en retournant pendant les six autres? c’est la seule interprétation que nous serions tenté de proposer de ce singulier attribut.
Nous donnons ci-après le dessin d’une pierre gravée publiée par M. Micali (a); elle représente une figure monstrueuse dont le corps est celui d’un homme , mais dont la tête est formée comme un globe, au centre duquel est un petit disque , ou peut-être un oeil; de ce globe partent trois rayons, placés A égale distance les uns des autres ; la partie inférieure de ce personnage se termine par deux espèces d’animaux , qui ont quelque rapport avec l’attribut porté par notre figure 171 et par la suivante.
(i) 11 est reproduit sans réduction à côté de la statue. Voyet 171’. (a) Micali, toc. cil., PI. CXV1, /îg. 10.
La ligure ci-dessus nous paraît faire allusion au soleil ; elle a une seule mamelle placée au centre de la poitrine ; elle porte en outre d’autres signes sphériques répandus sur son corps , qui rappellent ceux des fig. 28 et 29 ; l’animal que nous comparonsà nos fig. 171 1 et 172', n’a cependant que quatre jambes. Cette pierre gravée a quelque rapport avec celle dont nous avons donné le dessin ci-dessus , page 185; nous pensons qu’elle ne peut être considérée comme un travail étrusque ; il est fort probable que l’une et l’autre viennent de Sardaigne.
Figure humaine, sans indication de sexe, armée de quatre cornes, deux sur le front et deux derrière l’occiput •, celles-ci , peut-être par accident , -sont recourbées sur la tête , et viennent couvrir les youx , qui sont creux et profonds; le corps paraît vêtu ou couvert de signes de tatouage; son sein est cependant à découvert, ou- du moins il n’est pas tatoué ; l’attribut de sa main droite a de l’analogie avec celui de la figure précédente, mais il ressemble davantage à un arc ; l’objet tenu de la main gauche paraît une répétition de celui que nous avons déjà décrit. (1)
Bronze du Musée royal de Cagliari trouvé avec le précédent.
Nous ne pensons pas que les signes épars sur le corps de cette figure puissent avoir quelque signification particulière ; ce sont
(i) Voyez fig. i jx' .
CU AP. VI