CHAI*. VII. — INSCRIPTIONS. PL. XXXII
Ce dernier publia. une explication de l'inscription dans les Ephémérides littéraires de Rome, année 1774; mais le dessin, tel que le reçut cet érudit, était extrêmement infidèle, comme on peut le voir dans notre planche même, en- comparant la figure n° 1', qui est une copie de la planche donnée par M. de Rossi , avec celle que nous avons prise nous-même sur l’original avec le plus grand soin.
Nous n’entendons pas jeter de la défaveur sur le travail de l’estimable orientaliste qui, le premier, fit connaître cette antiquité ; mais nous devons dire que son travail ayant été fait sur une copie très inexacte, et dans un temps où les monuments de ce genre étaient encore bien rares , nous ne pouvons pas ajouter une grande confiance à l’interprétation qu'il en propose; nous la donnons cidessous en langue latine.
• Sepulcrum . Sesimi alienigenae . qui . fecit . lentorium in . senectute . pcrfecta ideo . vert obiit . in . fidc Lehman . filius
princeps . alienigena . X déposait ) in . korto . sepulcrali.
Comme nous avions fort à cœur que ce monument remarquable, défiguré dans la copie faite par le P. Hintz, fût mieux connu, nous n’avons rien négligé pour atteindre ce but; c’est pourquoi, soit pendant que la pierre faisait encore partie du mur de Pula, soit depuis qu’elle est placée au Musée de Cagliari , nous avons employé les moyens reconnus tes meilleurs, et à différentes reprises, pour en obtenir des fac-similé exacts, et nous avons la certitude que le calque que nous avons apporté
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nous-mème à Turin dès l’année 1831, oUre toutes les garanties de fidélité qu’on puisse désirer. C’est d’après ce calque , sur lequel nous avons long-temps médité , que notre coofrère, M. l'abbé Arri, entreprit en 1834 une nouvelle interprétation de l’inscription de Nora{ 1). Nous ne suivrons pas le savant philologue dans tous les détails paléographiques auxquels il est forcé de se livrer dans ce travail bien remarquable ; nous nous contenterons d’exposer la version de l’inscription en caractères hébreux , et la traduction qu’il a cru pouvoir en faire.
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In Tarschisch vêla dédit pater -Sardon pins , via tandem fintm attigens • lapidem scribi jussit in Nora, quam Lixo novit advcrsam.
Trois années après cette publication , M. Gesenius ayant réuni dans son excellent ouvrage sur les monuments paléographiques phéniciens (2) toutes les inscriptions de ce genre connues , y inséra , comme de raison , celle de Nora ; dans la persuasion que la pierre sur laquelle
(i) Lapide fenicia di Nora, in Sardegna, dichiarata da Gioann- Antonio Arri. Mém. de l’Acad. Royale des Sciences de Turin , année i834, tom. XXX VIII, pag^âg etsuiv.
(i) Scripturce linguœque Phœniciœ monumenta quotquot supersunt. Leipsiæ , 1837.
CHAP. VU. — INSCRIPTIONS. PL. XXXII.' 3*5 elle est gravée était tumulaire , M. Gesenius proposa de la lire de la manière suivante.
V ÏH 70 Domus capitis. (i. e. dormitorium.) ,
Nilt. "TU Principis qui ( erat ) Pa V : }TW 2 ter Sardorum. Pacit a bv NH cb mans illc , pax ( .
C H2' D contingat rc Tp : Bob gno npstro. Ben- 1S3 p X3 Rosch , Jilius Nagidi 103b Is-ensis.
Après M. Gesenius une nouvelle version de cette même inscription fut faite par M. Benaryus (1), qui la lut ainsi :
Tartessi expulsus hic in Sardis incolumis hic incolumis ingrediatur regnum nostrum, sive pauper sit, sive princeps iussu meo ; ou bien, Tartessi expulsus hic , in Sardis pacificus hic : pax veniat super Malchiten filium Rosch, Jilii Naghid Lafmitenum.
Nous ne pouvons nous dissimuler que les disparités essentielles qui résultent de la comparaison de ces trois interprétations d’un même monument , sont faites pour décourager l’homme le plus studieux ; aussi nous nous déclarons à l’avance juge très incompétent en semblable matière , et nous renvoyons le lecteur que ces questions pourraient intéresser, à la réplique faite par M. Arri à MM. Gesenius et Benaryus , publiée dans les Mémoires de l’Académie royale des Sciences de Turin (2). Nous ne saurions cependant nous empêcher de répéter ce que nous avons déjà eu occasion de dire dans notre aperçu historique (3) , sur l'interprétation de cette pierre par
(1) Jahrbücherf ’wr Wiistnschafolisché Kritik. Juli, 1837.
(2) Année >838, tom. 1 , 2* série, pag. 35 1.
(3) » Quelle que soit la critique que l’ou puisse faire de l’inter-
M. Arri. En-effet , eu nous servant meme de l'alphabet de M. Gesenius , qui est sans contredit le plus complet et le plus raisonné , la lecture des noms Tarsis , Pater-Sardon, et Nor, nous paraît aussi incontestable qu’à notre érudit confrère. M. Gesenius lui-même voit. dans les lettres W W e^x un Tau, un Resch, et deux Schins , ce qui compose le nom de WW (Tarsis, ou Tarschisch); M. Be naevus lit également ce nom ; la réunion des lettres suivantes