‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 145 sur 218 · L. rosea Chun · texte numérisé non relu

L. rosea Chun

Fig. 1.

J’ai eu une seule fois l’occasion d’observer un exemplaire de

1 Hæckel. Report on the Siphonophoræ collected by H. M. S. Challenger during the years 1873*1876. London, 1888.

2 Loc. cit.

3 Chun. Ueber die cyklische Enticickelung der Siphonophoren II. Dans: Sitzgsber. K. preuss. Akad. Wiss. Berlin, Vol. 26. 1885.

MAURICE BEDOT.

cette espèce, que j’avais rapportée à première vue à la Fraya diphyes de Yogt. Elle en diffère cependant, et surtout par la forme des nectophores d’égale grosseur, de grande taille et de forme conique. Les cavités natatoires sont ouvertes latéralement et pourvues de canaux latéraux sinueux. Elles occupent la plus grande partie des nectophores. Cette disposition, représentée par un croquis à la fig. 1, correspond parfaitement à la description que Chun a donnée (malheureusement sans l’accompagner d’un dessin) de IAlyopsis rosea.

Sous-famille Diphyopsidæ Hæckel.

Gen. Galeolaria Blainville.

G. aurantiaca Yogt.

Celte espèce est abondante à Amboine, et les exemplaires que nous avons observés étaient absolument semblables à ceux de la Méditerranée.

Gen. Diphyes Cuvier.

D. gracilis Ggbr.

Fig. 4 et 8.

En étudiant les Siphonophores du détroit de Messine, Gegenbaur 1 observa une espèce à laquelle il donna le nom de Diphyes gracilis . Mais pendant l’impression de son mémoire, il eut connaissance des recherches de Leuckart 2 et de Kôlliker1 2 3 sur les Siphonophores de la Méditerranée et déclara, dans un post-scriptum, qu’il considérait sa Diphyes gracilis comme

1 Gegenbaur, G. Beitrdge zur nâheren Kenntniss der Sckwimmpolypen ( Si phonophoren) , Dans : Zeitsch. für Wiss. Zool. Yol. 5, 1853.

2 Leuckart, R. Zoologische Untersuchungen. Giessen, 1853.

3 Kolliker, à. Die Schwimmpolypen von Messina. Leipzig, 1853.

SIPHONOPHORES

synonyme de Diphyes Sieboldi Kolliker, et de Diphyes acumi nota Leuckart. Cette synonymie a été adoptée par la plupart des auteurs, à l’exception de Hæckel’, qui considère D. acuminata et D. Sieboldi comme deux espèces distinctes et applique le nom de D. gracilis à une espèce de l’océan Indien, sur laquelle il ne donne, du reste, aucun renseignement.

Si j’ai conservé le nom de Diphyes gracilis, c’est que la forme que l’on rencontre à Amboine me semble concorder avec la description et la figure données par Gegenbaur. En revanche, elle diffère de B. acuminata Leuck. (qui paraît bien être synonyme de D. Sieboldi Kôll) par un caractère assez important.

Il ressort clairement de l’examen des figures données par Leuckart et Kolliker, et des descriptions qui les accompagnent, que l’espèce étudiée par ces auteurs possède un canal hydrœcial qui longe le nectophore inférieur , sur presque toute sa longueur, et dans lequel la tige est renfermée.

Dans l’espèce d’Amboine, ce canal est remplacé par une gouttière formée par les arêtes du nectophore qui, en un point déterminé, prennent un développement considérable et donnent naissance à deux lobes se recouvrant l’un l’autre (fig. 8). De cette façon, il existe en effet un canal hydrœcial, mais seulement dans la région antérieure, qui est encore recouverte par les expansions du nectophore supérieur. Il en résulte un aspect de la colonie très différent de ce que l’on voit chez B. acuminata Leuck, et se rapprochant de la disposition des Galeolaria, où la tige s’élance librement du point de jonction des deux nectophores.

En jetant un coup d’œil sur la figure donnée par Gegenbaur1 2, on voit que la disposition générale est semblable à celle de notre espèce (fig. 4) et que la tige, au lieu de suivre le nectophore

1 Loc. cit.

2 Loc. cit , PI. XVI, fig. 5.

MAURICE BEDOT.

inférieur sur toute sa longueur, s’en sépare après un très court trajet. Les petites différences que l’on pourrait noter entre ces deux espèces sont insignifiantes au point de vue spécifique.

Génération monogastrique

Eudoxia Messanensis Ggbr.

Cette espèce est abondante à Amboine. Je lui ai conservé le nom donné par Gegenbaur, car si l’Eudoxie étudiée à Messine par cet auteur provient de Diphyes gracüis, il est non moins probable que notre espèce est la forme monogastrique de la Diphie dont nous venons de parler et avec laquelle on la rencontre fréquemment. A vrai dire, elle ne se distingue pas de l 'Eudoxia campanula de Leuckart, et si une comparaison plus serrée de J), acuminata et de D. gracüis — surtout en ce qui concerne la disposition du canal hydrœcial — permet, un jour, de réunir les deux espèces, la similitude de leurs formes monogastriques sera une preuve de plus en faveur de cette synonymie. U Eudoxia Messanensis offre, en outre, une ressemblance frappante avec Y Eudoxia Eschscholtm Buscb., qui, d’après Chun, représente la troisième génération de Monophyes primordialis .

Gen. Diphyopsis Hæckel.

D. compressa Hkl., var. picta.

J’ai pu observer plusieurs exemplaires de cette espèce. Ils concordent absolument avec la description que donne Hæckel1. La seule différence est la présence de nombreuses taches de pigment orangé dans le nectopliore supérieur. On en voit généralement trois, placées sur les parois du cæcum tubulaire par-

1 Loc. cit.

SIPHON OPHORES .

tant du sommet du nectosac et auquel Hæckel donne le nom de canal coryphal. D’autres taches sont disséminées en petit nombre (4 ou 5) sur les parois du nectosac et au pourtour de son ouverture. Ce caractère n’a pas une grande importance ; mais, comme il est très visible et n’a pas été signalé par Hæckel, on peut le donner comme caractéristique d’une varietas pida.

Sous-famille Abylidæ L. Agassiz.

Gen. Abyla Quoy et Gaimard.

Génération monogastrique

Amphiroa dispar n. sp.

Fig. 5 et 6.

Je n’ai pu observer qu’un seul exemplaire de cette forme, qui ressemble beaucoup à VA. carina de Hæckel et à VA. an gulata de Huxley ; mais elle diffère cependant de ces deux espèces par un caractère bien tranché. En effet, l’hydrophyllium a une forme irrégulière. Ses deux faces latérales ne sont pas égales (fig, 5). L’une d’elles est pentagonale et tout à fait semblable à ce que l’on observe chez A. carina Hkl ; l’autre est quadrangulaire. Cette disposition donne à la face inférieure une forme triangulaire .

La face antérieure a une disposition analogue à celle que l’on voit chez A. angulata Huxl. Pour les autres détails de Forganisation, A. dispar est semblable à A. carina Hkl.

Il est probable que A. dispar est la forme monogastrique d’une espèce d ’ Abyla, mais il ne m’a pas été possible de vérifier ce fait.

MAURICE BEDOT.

Gen. Bassia Quoy et Gaimard.

B.perforata L. Ag.

On trouve fréquemment cette espèce à Amboine. Elle a été très bien décrite par Gegenbaür 1 sous le nom Abyla perforata, et par Huxley 2 sous le nom d 'Abyla bassensis. L’identité de ces deux espèces a été admise par Chun1 2 3 4, Hæckel*, au contraire, les distingue et admet 4 espèces de Bassia ; B. perf or ata L. Ag. (= Abyla per for ata Ggbr.) ; B. quadnlatera Q. et G. (= Abyla bassensis Hxl.); B. obeliscus Hkl. et B. tetragona Hkl. Cette dernière espèce est seulement dénommée par Hæckel, qui n’en a pas donné de description. En revanche, il a figuré et étudié en détail B. obeliscus , qui, à première vue, ressemble beaucoup à Abyla bassensis Hxly. , mais en diffère cependant par la forme des Sphénoïdes représentant la génération monogastrique. Les différences que l’on remarque entre l’ Abyla perforata de Gegenbaur et V Abyla bassensis de Huxley ne sont pas assez importantes pour que l’on puisse en faire deux espèces distinctes. Ce sont de simples variations individuelles. On observe aussi, très souvent, des différences dans les proportions relatives des deux nectophores, dans l’intimité de leur juxtaposition et surtout dans l’inclinaison du nectophore supérieur. Le somatocyste contient souvent un oléocyste dont la présence, cependant, n’a rien de régulier.

1 Gegenbaur, C. Neue Beitrage sur nàheren Kenntniss der Siphonophoren. Dans : Nova Acta Acad. G. Leop. C., vol. 27, 1860.

2 Loc . cit.

3 Chun . Bericht über eine nach den Ccmarischen Inseln im Winter 1887-88 ausgeführte Beise. Dans: Sitzgsber. k. preuss, Akad. Wiss. Berlin, 1888.

4 Loc. cit.

SIPHON OPHORES .

Génération monogastrique

Sphénoïdes australis Hxly.

Huxley, qui a donné une excellente description de cette espèce, pense qu’elle doit représenter la forme monogastrique de son Abyla bassensïs. Cette supposition a été confirmée par les observations de Ceux1.

Le Sphénoïdes australis se rencontre fréquemment dans la baie d’Amboine.

Cette espèce, très bien décrite par Huxley sous le nom d 'Abyla pentagona, est abondante dans les eaux d’Amboine.

Chun a pu suivre le développement de cette espèce et le détachement des groupes d’Eudoxies de la forme polygastrique précédente. Elle n’est pas rare à Amboine.

Cette Eudoxie provient, comme on le sait, de YAbylopsis pentagona Chun. Je l’ai trouvée très souvent dans la baie d’Amboine, mais je n’ai jamais rencontré la forme polygastrique.

1 Chun. Berieht e te.., 1888,

* Pour se conformer aux règles adoptées par le Congrès international de Zoologie, on doit écrire Eschscholtzi et non Eschschoitzii.

Gen. Abylopsis Chun.

Abylopsis quincunx Chun.

Génération monogastrique

Aglaismoides Eschscholtm 2 Huxl.

Eudoxia cuboïdes Leuck.

MAURICE BEDOT.

Il nous reste à décrire deux Eudoxies nouvelles dont nous n’avons malheureusement pas pu observer la forme polygastrique.

Parasphemides Amboinensis n. sp.

Fig. 2 et 3.

Cette Eudoxie présente une certaine analogie de forme avec le Sphénoïdes australis, mais elle s’en distingue cependant très nettement. Lorsqu’on l’observe dans la position représentée par la fig. 3, on voit que la face dorsale du bouclier est plane et a la forme d’un quadrilatère dont un des angles est placé au sommet de l’Eudoxie, et dont l’angle opposé est prolongé en forme de pyramide. La face antérieure (fig. 2) est pentagonale. Un des angles (a) est placé au sommet du bouclier. Les arêtes qui en partent se rendent à deux angles latéraux ( b et c) et de là se dirigent vers les angles inférieurs (d et e), mais en s’infléchissant brusquement. De la sorte, les deux angles inférieurs {d et e) se trouvent au sommet de deux prolongements aliformes gracieusement incurvés. Ils sont reliés par une arête qui se relève au milieu de son parcours, de manière à agrandir l’ouverture de la cavité du bouclier.

Les trois angles supérieurs ( a , b et c ) de la face antérieure sont reliés directement, par des arêtes, aux angles correspondants de la face postérieure. Les prolongements aliformes (d et e) ont une section triangulaire. Leur arête postérieure se dirige vers le centre de la face postérieure du bouclier.

Le prolongement en forme de pyramide que l’on remarque à la face postérieure du bouclier a une épaisseur très considérable à l’extrémité et, par conséquent, l’arête qui relie les angles (fet g) est beaucoup plus longue qu’on ne peut se le représenter en regardant le dessin. Mais on s’en donnera une idée en examinant la figure représentant le Sphénoïdes australis dans les Oceanic Hydrozoa de Huxley (pl. IV, fig. 4).

SIPHQNOPHORES.

Le Parasphenoicles Amboïnensis possède un phyllocyste sphérique — parfois très légèrement ovoïde — qui donne naissance à un canal dorsal droit, se rendant à l’extrémité du prolongement pyramidal.

Au fond de la cavité du bouclier est attaché le gastrozoïde avec son fil pêcheur et la cloche sexuelle prismatique dont les quatre arêtes sont prolongées inférieurement de manière à former quatre pointes.

Le Parasphenoicles Amboïnensis a environ 4niDi de longueur. Sa largeur est à peu près de même dimension.

Enneagonoides Picteti n. sp.

Fig. 7.

Nous donnons ce nom à une Eudoxie dont la forme générale rappelle Y Enneagonoides Quoyi décrite par Huxley 1 , mais qui en diffère cependant et doit être considérée comme une espèce distincte.

Le bouclier, mince et incurvé, présente quatre pointes sur son pourtour : deux à la partie antérieure ( a et b) et deux à la partie postérieure (c et d). Chacune de ces pointes correspond à une arête de la surface du bouclier. Ces arêtes, gracieusement recourbées en forme d’S, viennent aboutir à quatre cornes (e, f, g , h) qui font saillie à la face dorsale de FEudoxie. On peut donc compter, en tout, huit pointes saillantes sur le bouclier.

Dans l’espèce décrite par Huxley, il existe (comme l’indique le nom d Enneagonoides), neuf pointes. La différence provient simplement du fait que chez Y Enneagonoides Quoyi la partie postérieure du bouclier est terminée par une pointe, tandis que chez YE. Picteti , cette région (i) forme seulement un prolongement arrondi. Malgré cela, on peut conserver provisoirement

1 Loc. cit.

MAURICE REDOT.

le nom ÏÏFnneagonoides jusqu’au jour où l’on découvrira les formes polygastriques dont proviennent ces deux espèces.

Les parties latérales du bouclier sont très développées et protègent les parties intérieures comme le feraient les valves d’un Lamellibr anche.

Le ph}dlocyste a une forme et une position différentes de celles que l’on voit chez VE. Quvyi de Huxley. Il est ovoïde et son grand axe se trouve placé dans la direction antero-postérieure, le long de la cavité du bouclier.

A côté du gastrozoïdc est attachée la cloche sexuelle , dont la forme est assez irrégulière. Ses arêtes latérales sont sinueuses et donnent naissance à cinq pointes qui entourent l’ouverture de la cloche.

PHYSONECTAE Hkl.

Toutes les espèces de Physonectes que j’ai trouvées à Amboine (à l’exception de Crystallomia polygonata Dana) sont communes dans la Méditerranée.

En voici la liste :

Crystallomia polygonata Dana.

Halistemma rubrum Huxl.

Cupulita picta Hkl.

Agalmopsis Sarsi Kôll.

Forskalia contorta M. Edw.

Ces espèces sont en général bien connues.

J’ai pu examiner un assez grand nombre de colonies de Crystallomia polygonata Dana, dont Hæckel a donné de bonnes descriptions sous le nom de Crystallodes rigidum et vitrœa. L’identité de ces deux espèces me semble absolument indiscutable.

Les cloches natatoires présentent une particularité qui n’a pas été signalée et qui, du reste, échappe facilement à l’obser-

SIPHONOPHORES

vation. Leurs canaux latéraux donnent naissance, de chaque côté, à un petit cæcum qui se dirige dans la partie de la cloche entourant la tige. Je n’ai pas observé ces cæcums sur toutes les cloches natatoires. Ils étaient visibles surtout sur les individus traités par l’acide osmique.

La forme des boucliers est sujette à varier; mais, cependant, elle est en général telle que l’a représentée Hæckel.

Le fil accessoire ne prend pas naissance sur le corps même du tentacule, comme cela se voit chez Stephanopsis (Agalma) Glausi , mais à son point d’attache sur le pédoncule.

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