SPONGIAIRES DE LA BAIE D’AMBOINE
■effet constaté que Gellius angulatus Bowerbank avait été décrit par son auteur d’une façon incomplète.
Gellius toxius a pour type un petit spécimen blanchâtre et peu consistant, en plaque longue de 10 mm., épaisse de 2, sur un polypier. La surface, lisse en apparence, est en réalité très finement hispide. Les pores s’aperçoivent à travers l’ectosome. La charpente est réticulée, unispiculée, à faibles liens de spongine aux entrecroisements des spiculés, nullement comparable en un mot à celle des Toxochalma.
Spiculation. — • I. Mégasclères : 1. Oxes , à pointes acérées, courtes, ne se dessinant qu’à une distance des extrémités égale à un diamètre et demi de la tige; longueur 180 p., épaisseur 9 jjl. Il en existe une assez forte proportion de plus grêles, épars dans la chair et dans l’ectosome.
IL Microsclères : 2. Taxes & courbure douce, arrondie, et à pointes récurvées. Ils sont très nombreux, mais de taille inégale ; en moyenne, ils mesurent 50 {x d’envergure et 2 p. d’épaisseur ; les plus forts atteignent 90 p. de longueur sur 3 p. d’épaisseur au centre.
Gellius Couelii Bowerbank.
PL xxi, fi g. 12.
En comparant ia spiculation de Gellius Gouchi et de G . fïbu- 7 ’atus, on voit que les oxes de la première, un peu plus longs, sont notablement plus épais que ceux de la seconde, et que les sigmates de la seconde sont, en général, plus grands et plus épais que ceux de la première.
Mesures des spiculés relevées sur huit spécimens d’Amboine : oxes, 250 à 270 p. sur 12 à 13; sigmates , 1 6- 18 tx sur 1 p..
Gellius glaberrimus n. sp.
Quatre spécimens blanchâtres, massifs, sessiles, lisses, friables, à squelette réticulé, à oscules rares et assez larges.
E. TOPSENT.
Cteesplus ou moins courbés, s’atténuant en pointes acérées, longs de 330 jt, épais de 16. Sigmates très nombreux, en forme de C, longs de 27 à 30 pu, épais de 2 p..
Cette espèce, voisine de Gellius Couchi , s’en distingue à la fois par son aspect et par les dimensions bien supérieures de ses spiculés.
Gellius hispidulus n. sp.
Nombreux petits fragments, gris, lobés, allongés, assez fermes, cassants. Surface toute couverte de petites pointes correspondant aux terminaisons des lignes primaires du squelette. Charpente réticulée : lignes primaires bispiculées ; lignes secondaires unispiculées, avec liens de spongine à leurs entrecroisements. Pas d’oscules visibles.
Oxes robustes, plus ou moins courbés, à pointes souvent émoussées ou même tronquées, longs de 550 p,, épais de 27.
Sigmates très nombreux, en forme de C, longs de 23 (x, épais de près de 2 p.
Gellius hispidulus est caractérisé par son aspect frisé et par la vigueur de ses oxes. Il s’écarte encore plus que le précédent de Gellius Couchi et ne peut pas être davantage rapproché de G, varius.
Pellina integra n. sp.
Pi. XXII, fi g. 14 et 15.
Éponge blanche, dressée, rameuse, s’organisant au contact de ses supports de telle façon qu’on peut l’en détacher sans la moindre déchirure. Surface glabre et luisante. Consistance ferme, incompressible, due surtout à la nature de l’ectosome. Celui-ci est coriace, résistant, soutenu par un réseau cependant unispiculé mais renforcé par de forts liens de spongine. La base de l’Éponge offre la même constitution que lui et possède la même solidité, ce qui explique qu’on puisse l’obtenir intacte.
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Charpente du choanosome réticulée, assez confuse, les lignes primaires ordinairement bi- ou trispiculées, les lignes secondaires unispiculées, les unes et les autres pauvres en spongine. Le choanosome est bien plus mou que i’ectosome.
L’ectosome est transparent et laisse apercevoir sous lui les pores, comme de petites taches, sombres. Les oscules sont larges et s’ouvrent vers l’extrémité des rameaux.
Spiculation. — Oxes courbés à pointes très acérées assez longues; dimensions: 170 à 180 p. sur 8 à 12.
Trois spécimens ont été recueillis, tous de petite taille, le plus grand n’atteignant pas 30 mm. de hauteur.
Epais et noueux, rétrécis au sommet et percés d’un oscule terminal ou subterminal de 2 mm. de diamètre, leurs rameaux diffèrent complètement des fistules des Oceanapia. Mais l’ectosome se présente avec des caractères tels que ces Eponges paraissent se rattacher au genre Pellina plutôt qu’au genre Reniera .
Reniera fistulosa Bowerbank.
1866. Isodictya fistulosa, Bowerbauk (1, vol. II, p. 299) .
1879. Reniera fistulosa (Bow.), O. Schmidt (22, p. 76).
Plusieurs fragments, surtout des fistules, sur des Dendrophyllies prises au faubert.
Il s’agit bien de l’espèce si commune sur nos côtes de France. Les fistules ectosomiques, toutes blanches, longues de 1 à 3 centimètres, ont la structure que j’ai décrite en 1887 (26f p. 106), avec, éparses dans le réseau spiculeux, les grosses cellules sphéruleuses ou rosettes qui m’avaient autrefois frappé.
Le choanosome a conservé dans l’alcool sa coloration brun clair.
Les oxes eux-mêmes possèdent leurs dimensions habituelles ; ceux du choanosome atteignent 140^ de longueur sur 6 à 7p d’épaisseur ; ceux des fistules demeurent un peu plus courts et plus faibles, quelques-uns se montrant même linéaires.
E. TOPSENT,
Après avoir recueilli Reniera fistulosa en abondance sur notre littoral de la Manche, j’avais noté sa présence dans la Méditerranée (Banyuls et golfe de Gabès), aux Açores (San Miguel) et dans le golfe du Mexique (banc de Campêche) ; de sorte que je ne fus pas très surpris de la rencontrer dans un lot d’Éponges de provenance aussi lointaine.
Reniera rosea Bowerbank.
Fragments.
Distribution. — Manche; îles Amirantes; îles Kerguelen; Amboine.
Reniera camerata Ridley.
lin joli spécimen en forme de plaque sans support, haute de 40mm., large de 35, épaisse de 10 à 12 sur Fun des bords, s’amincissant vers l’autre jusqu'à ne mesurer pas plus de 1 mm. d’épaisseur.
Cette plaque, ferme mais friable, se replie un peu sur ellemême. Ses deux faces se montrent dissemblables : l’interne, d’aspect spongieux, toute piquetée de pores inhalants ; l’externe, jaune, coriace, dense, glabre, se perce de quelques trous larges qui conduisent dans des chambres spacieuses occupant toute la portion la plus renflée de l’Éponge. Ces chambres se prolongent, d’ailleurs, dans la portion amincie du corps en canaux qui vont aboutir sur son bord tranchant à des oscules de 1 mm. de diamètre.
Les spiculés, oxes légèrement courbés, à pointes assez brèves, sont seulement un peu plus courts que dans les spécimens décrits par Ridley (19, p. 605); ils ont pour dimensions: 150 à 160 [jl au lieu de 180 ^ de longueur, sur 7 p d’épaisseur.
Distribution . — Iles Séchelles; îles Amirantes ; Amboine.
SPONGIAIRES DE LA BAIE d’aMBOINE.
Reniera cribriformis Risley.
Pi. XXI, fig. 10.
Plusieurs spécimens ou fragments, dont le plus beau (fig. 10) mesure quatre centimètres de longueur et porte une quarantaine d’oscules.
Les oxes ont des dimensions un peu plus faibles que ceux du type (19, p. 606), soit 150 à 155 ^ de long, sur 5 à 6 de large. Tout ce qu’a dit Ridley à propos des pointes de ces spiculés s’applique fort bien à eux, mais le nombre des strongyles reste, somme toute, assez restreint.
Ce sont surtout les caractères extérieurs qui témoignent de l’identité spécifique de ces Eponges. Ils sont en effet très curieux.
Tous les spécimens se montrent étendus, minces (0 mm, 5 à 2 mm, 5 d’épaisseur), enroulés en-dessous comme s’ils avaient vécu autour d’un support arrondi, sans y adhérer, sauf, sans doute, par leurs bords et, par suite, sans en garder l’empreinte sur leur face inférieure.
Tous ont une face externe, absolument plane et lisse, semicoriace, percée de nombreux oscules ronds, nullement surélevés, larges de Omm, 3 à 1 mm, 5, presque équidistants ; par endessous, la texture apparaît plus spongieuse et l’on y distingue fort bien, comme de petites taches sombres, par transparence de l’ectosome très mince, les pores, semblables à ceux de Reniera simulans et de tant d’autres Reniera.
La couleur est presque blanche; la consistance est assez souple et fragile.
Distribution. — Iles Séchelles; Amboine.
Reniera pulvinar n. sp.
Eponge grise, revêtante, étendue, mince (1 mm. d’épaisseur), très friable, sans oscules bien nets; surface lisse, parsemée de pores punctiformes.
E. TOPSENT.
Squelette réticulé, unispiculé, à faibles liens de spongiue incolore.
Oxes courbés, robustes, peu pointus, de dimensions assez inégales, variant de 300^ sur 17 à 415 ^ sur 14.
L’unique spécimen forme, sur une grande étendue (50 mm. de longueur sur 20 à 30 de largeur) une croûte uniforme à la surface d’une Hircinia.
Petrosia dura Nardo.
Un grand échantillon desséché, brun, subcylindrique, long de 35 cent., avec de gros oscules en série sur un côté.
Un fragment de gros échantillon, conservé dans l’alcool.
Ils sont bien reconnaissables à leurs caractères extérieurs (couleur, consistance, distribution des larges oscules) ainsi qu’à leur structure. Je les trouve sous tous rapports identiques aux nombreux spécimens provenant de la Méditerranée que j’ai eu l’occasion d’examiner.
Les oxes atteignent 270 u de longueur sur 22 g d’épaisseur; leurs pointes sont généralement émoussées ; ils passent souvent à l’état de strongyies purs. Il existe, surtout dans les régions superficielles, une forte proportion de microstrongyles courbes, de taille fort réduite, jusqu’à 40^ sur 6.
Distribution. — Méditerranée; Amboine.
Petrosia similis var. compacta Ridley et Dendy.
Trois fragments.
Distribution . — Iles Philippines ; Amboine.
Petrosia sp.
Cette Petrosia est intéressante par sa couleur et sa spiculation; malheureusement, il n’y en a dans la collection qu’un fragment, trop petit pour servir de type à une espèce.
SPONGIAIRES DE LA BAIE d’amBOINE.
Le spécimen, basé sur un polypier, mesure, en effet, seulement 15 mm, sur 10 de largeur et 5 d’épaisseur. 11 est massif, très ferme et lisse ; blanc sale dans la profondeur, il se colore en vert noir à la surface.
Un réseau irrégulier, assez dense, constitue sa charpente squelettique.
Les spiculés, d’une seule sorte, sont des oxes assez grands et forts, légèrement courbés, invariablement transformés en strongyles par perte de leurs pointes, les extrémités arrondies restant simplement un peu plus minces que la portion médiane de la tige. Dimensions: 320 a de longueur sur 18 p, d’épaisseur.
Halichondria panicea Pallas.
Plusieurs spécimens, de configuration diverse, de cette Eponge cosmopolite. Les oxes y sont plus forts que dans la plupart des individus qui vivent sur nos côtes. KiDLEYet Dendy ont montré (30, p. 2) la fréquence de cette variation chez les Halichondria panicea de l’Océan Indien et des côtes d’Australie.
Halichondria cavernosa n. sp.
PL XXII, fig. 16.
Un spécimen paraissant entier et semblant n’avoir pas eu de support.
Forme allongée; longueur 35 mm., largeur 10 mm., hauteur 5 à 7 mm. Surface finement hispide. Consistance assez ferme mais compressible. Couleur violacée, probablement à cause du séjour de l’échantillon dans un bocal d’alcool ayant contenu des lotrochota .
Face inférieure égale, continue, imperforée ; face supérieure anfractueuse donnant accès dans un système de cavités internes à parois minces communiquant entre elles par des pertuis étroits et arrondis.
E. TOPSENT.
Ectosome représenté par une mince pellicule brillante dépourvue de spiculés.
Enchevêtrés sans ordre dans le choanosome, les spiculés sont de grands oxes, fusiformes, acérés, légèrement courbés, détaillé assez inégale, atteignant 1 mm. et plus de longueur et 17 -x d’épaisseur au centre ; souvent leurs pointes s’émoussent ou se froncent et tendent à s’atrophier.
Par ses lacunes et par ses mégasclères, cette Eponge offre une certaine ressemblance avec Y Halickondria sp. ? des îles Philippines dont Ridley et Dendy ont tracé la description (20, p. 8) et qui, comme elle, paraît avoir vécu sans attache,, dans des eaux peu profondes.
Chalinula Montagui Fleming.
1884. Reniera sp. ? Ridley (19, p. .410).
Deux échantillons, mous, fragiles, creux, dressés ; l’un, jaunâtre, comprimé et rameux, grêle, haut de 50mm.; l’autre, plus gris, cylindrique, fistuleux, mesurant 45 mm. de hauteur et 1 0 mm. de diamètre.
Leur mollesse, leurs cellules sphéruleuses en files avec ligament élastique, leurs lignes squelettiques unispiculées, leur oxe& courts et relativement gros, à pointes brèves et acérées, me les font déterminer comme des Chalinula Montagui. Les spiculée sont cependant un peu plus petits que d’ordinaire, 110 tx de longueur sur 6 a d’épaisseur, mais nous savons l’espèce sujette à des variations.
Les oxes se montrent souvent tronqués à l’un des bouts ou aux deux extrémités à la fois, comme cela s’observe si fréquemment sur les spécimens de la Manche et comme cela était de règle dans les individus pour lesquels Bowerbank avait créé l’espèce Isodictya varians.
11 n’est pas douteux pour moi que ces Eponges soient de