‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 171 sur 218 · Plier etima Picteti n. sp · texte numérisé non relu

Plier etima Picteti n. sp

Un exemplaire de Sumatra (Stabat-Deli).

Notre exemplaire a 150mm de long, pour un diamètre de 5ram; ses segments sont au nombre de 145; sa couleur (dans l’alcool) est jaunâtre, sauf sur la ceinture qui est plus foncée.

Le lobe céphalique est mal conservé.

Les soies forment des anneaux continus; l’interruption sur la ligne médiane, dorsale ou ventrale, étant à peine appréciable, elles sont également espacées sur le dos et sur le ventre ; les deux premières soies ventrales (a-a) ne sont pas plus fortes que les autres. J’ai compté sur le 2e segment 18 soies seulement, sur le 5e, 42, sur le 8e, 50 et sur le 12e, 60.

La ceinture occupe entièrement les anneaux 14, 15 et 16; sur la face ventrale de ce dernier, on voit deux soies.

Les ouvertures çf sont à la hauteur de l’intervalle entre les soies 7 et 8 (comptées sur les anneaux voisins), elles sont éloignées Fune de l’autre d’un tiers de la circonférence. Ces ouvertures sont de très petits pores, au sommet d’une petite papille placée dans une sorte de boutonnière dont les bords sont concentriquement rugueux (l’ensemble a la figure d’un œil). Entre les deux boutonnières on compte, sur le 18e segment, 10 soies.

D. ROSÀ

Dans la cavité de la boutonnière, le long de la moitié ventrale de son bord, on remarque une série de 6 à 8 papilles minuscules.

L’ouverture Q est peu visible.

Les ouvertures des poches copulatrices (spermathèques) sont au nombre de trois paires, entre les anneaux 6-7, 7-8 et 8-9, sur la même ligne que les pores qL Chaque ouverture paraît double; on voit, en effet, l’un à côté de l’autre, deux cercles clairs absolument identiques ; entre les deux cercles on remarque avec difficulté une petite tache blanchâtre.

Les ouvertures en question sont entourées d’une aire un peu plus brune et plus lisse, de figure ovale ou rhomboïdale, prolongée en pointe vers la face ventrale, à peu près comme chez Fh. glandulosa Rosa. L’aire qui entoure les ouvertures de la deuxième paire (anneaux 7-8) est plus étendue que ses voisines et est parcourue par une série de six papilles très petites qui longent le bord antérieur du 8e segment. La plus dorsale de ces papilles se trouve immédiatement en arrière de l’ouverture spermathècale, les autres s’avancent vers le ventre jusqu’à cinq soies de distance de la première.

Le premier pore dorsal s’ouvre entre les anneaux 12e et 13e.

Caractères internes. Les cloisons situées entre les segments 5-6, 6-7, 7-8, de même que celles qui séparent les segments 10-11 et 11-12 sont plus fortes que les autres; les cloisons 8-9, 9-10 font défaut. Des touffes glandulaires revêtent la face antérieure des cloisons 5-6 et 6-7.

Le gésier, en forme de cloche, est précédé par une dilatation stomacale.

Les cæcums de l’intestin se trouvent dans les quatre segments 23-26; ils sont simples et ne présentent pas d’étranglements.

La dernière paire de coeurs se trouve dans le 13e segment. Les prostates occupent les anneaux 17, 18 et 19; ce sont des masses à peu près quadrangulaires formées de digitations ou lobules très déquichetés; leur conduit musculaire décrit simple-

OLIGOCHÈTES 515

ment une boucle de 3/4 de cercle et va, en grossissant graduellement, vers l’ouverture externe, mais il ne se termine pas dans une bourse copulatrice. On ne voit pas de glandes correspondant aux petites papilles signalées extérieurement, près des ouvertures çf.

Les vésicules séminales, qui se trouvent au nombre de deux paires dans les segments 11 et 12, ne sont pas lobées, si l’on fait abstraction d’un petit lobe terminal dont la base est logée dans une échancrure des vésicules. Ce lobe a d’ailleurs la même apparence que le reste de la vésicule séminale.

Il y a quatre capsules séminales dans les segments 10 et 11 ; elles sont imparfaitement séparées les unes des autres.

Les poches copulatrices (spermatheques), au nombre de trois paires dans les segments 7, 8, 9, sont presque fusiformes : leur sac a la forme d’une poire renversée, très allongée, et passe sans transition trop brusque dans un col qui va en se rétrécissant graduellement et dont la longueur est a peu près égale au tiers de la spermathèque toute entière.

Le diverticule delà spermathèque est d’abord droit, puis replié en zigzags serrés et se termine par un petit renflement ; ce n’est que par cette dernière particularité qu’il diffère de celui de Ph. houUeti. La longueur du diverticule, dans son état naturel, égale la moitié de la longueur totale de la spermathèque.

Deux petits cordons blanchâtres s’enfoncent dans la paroi, en même temps que le conduit de la spermathèque. Ils remontent le long de la paroi à laquelle ils sont soudés et se terminent par un petit corps glandulaire piriforme, d’apparence floconneuse; ces corps sont placés sur la même ligne longitudinale que les poches copulatrices, mais dans le segment qui précède la poche à laquelle ils appartiennent et au niveau des cercles sétigères de ce segment.

Cette espèce est plectonéphrique,

La place de cette nouvelle espèce est très près de Ph. houl -

D. RO SA — OLIGOCHÈTES

leti Perrier et de Fh. tobœnsis Midi. ; elle me paraît aussi êtrevoisine de Fh. glanclulosa Rosa, bien que cette dernière n’ait que trois paires de poches copulatrices. Malgré cette affinité, elleine semble être assez nettement caractérisée.

VOYAGE DE MM. M. BEDOT ET C. PICTET DANS L’ARCHIPEL MALAIS

LISSODIADEMA

Nouveau genre de Diadematides.

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