‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 185 sur 218 · I. CORONATA Gen. Nausithoe · texte numérisé non relu

I. CORONATA Gen. Nausithoe

Nausithoe punctata Koll.

Cette espèce méditerranéenne bien connue, et dont la présence dans la région indo-pacifique a été signalée pour la première

OTTO MAAS

fois par Vanhoffen, est représentée ici par 1 exemplaire mesurant 6ram de diamètre. Elle a été retrouvée dernièrement aux Maldives et citée par Bigelow sous le nom de N. punctata var,. pacifica Àg. et Mayer.

IL DISCOPHORA A. Semæostomata.

Gen. Pelagia.

Pelagia panopyra Pér. et Les.

Les distinctions d’espèces que l’on a voulu établir dans ca genre sont encore très douteuses. Il est donc préférable, pour le moment, de conserver l’ancien nom, plutôt que d'employer celui de phosphora admis par Hæckel. 15 exemplaires de 1 à 2cm, 5 de diamètre.

B. Rhizostomata,

Les représentants de ce groupe, qui figurent dans cette collection, vont nous permettre de faire un essai d’application du système de classification des Rhizostomes que j’ai proposé. Il est commode, surtout lorsqu’il s’agit de jeunes exemplaires chez lesquels la forme caractéristique des bras n’est pas encore complètement développée, d’employer un système basé sur l’examen de plusieurs caractères.

1° Arcadomvaria.

La musculature de la sous-ombrelle est disposée en arceaux (Fiederarcaden). Bras buccaux irrégulièrement frangés. Système vasculaire avec un double canal circulaire, 16 canaux radiaires et des canaux intermédiaires qui forment un réseau interne et externe. Les ouvertures des poches sub génitales sont

MÉDUSES D’AMBOINE

étroites, et conduisent dans 4 cavités séparées. Rhopalies avec des taches pigmentaires et de petites fossettes sensitives.

Fam. Cassiopeidæ.

Vacat.

2° Radiomyaria.

Musculature formée de forts faisceaux radiaires et de faibles faisceaux circulaires. Bras bifurqués. Pas de canal circulaire spécial dans le système vasculaire, mais seulement 8 canaux principaux et de nombreux canaux intermédiaires formant un réseau dont les mailles se resserrent vers la périphérie. Ostioles étroits en forme d’entonnoirs. Poches subgénitales tantôt séparées, tantôt réunies. Rhopalies sans yeux et sans fossettes sensitives externes1.

Fam. Cepheidæ.

Caractères des Radiomyaires.

Gen. Netrostoma L. S. Schultze.

Bras ramifiés dichotomiquement, sans filaments flagelliformes avec de petites vésicules claviformes.

Netrostoma coerulescens Maas (1903).

Je rapporte à cette espèce — que j’ai découverte dans la collection du Siboga et qui a été depuis lors décrite de nouveau par

1 Par suite d’une erreur qui s’est glissée dans P « Allgemeine Uebersicht » des Seyphomeduses du Siboga (p. 88), ce caractère d’absence d’yeux dans les rhopalies a été placé dans la diagnose des Areadomyaria. Il est vrai que ces caractères sont bien décrits dans le reste de l’ouvrage (p. 86), dans la récapitulation des genres (p. 80 à 81), dans la description des espèces et qu’on peut les voir représentés sur la planche XI. Néanmoins, j’ai voulu profiter de cette occasion pour les indiquer de nouveau et sous une forme exacte.

OTTO MAAS

E. F. Browne (1905). — un jeune exemplaire mesurant environ 1 7a cm. de diamètre de l’ombrelle ; les bras étendus dépassent cette longueur.

Cet exemplaire, malgré son jeune âge, présente plusieurs caractères qui permettent de le déterminer. Le système vasculaire a déjà sa forme réticulée caractéristique, avec de nombreux canaux radiaires et sans canal circulaire. Dans les organes des sens, il n’y a pas d’ocelles et l’on ne trouve pas non plus ces fossettes à plissements radiaires qui sont si caractéristiques dans les autres groupes. Tout ce que l’on peut voir de la forme des bras montre également qu’il s’agit bien de ce genre et de cette espèce; on reconnaît que la partie inférieure des bras est bifurquée, présente une courbure accentuée et qu’elle est pennée.

Les gonades commencent à se former. L’exombrelle est couverte de petites verrues disposées régulièrement; il s’agit là, ainsi que je l’ai montré autrefois, d’un stade ontogénétique de formation des grosses papilles. On ne peut malheureusement plus distinguer la couleur de l’animal.

Deux très jeunes spécimens, conservés en même temps que celui-ci et ayant encore la bouche complètement ouverte, appartiennent au genre Cmmbione (voir plus bas), ainsi que le montre leur système vasculaire, etc.

3° Cyclomyaria.

La musculature de la sous-ombrelle est disposée circulairement. Les bras sont terminés par trois branches, ou ont une forme dérivant de celle-ci. Les ostioles sont en forme de fentes ou largement ouverts.

Fam. Lychnorhizidæ.

Bras à trois branches, pas allongés, et pourvus de franges latérales. Ostioles en forme de fentes. Le système vasculaire com-

MÉDUSES d’aMBOINE

prend 8 canaux radiaires se rendant au bord de l’ombrelle et 8 canaux radiaires se rendant à un canal circulaire interne. Les mailles du réseau vasculaire sont plus serrées à l’extérieur du canal circulaire qu’à l’intérieur. Rhopalies avec des taches pigmentaires et des fossettes sensitives à plissements radiaires.

Gen. Crambione Maas (1903).

Bras pourvus de massues et de longs filaments flagelliformes. Les vaisseaux centripètes partant du canal circulaire forment un réseau qui ne communique pas avec les canaux radiaires.

C’est surtout la disposition caractéristique du système vasculaire, qui apparaît de bonne heure, dont on se sert pour distinguer ce genre. Chez LycknorJma , où les bras sont pourvus également de filaments, on ne trouve, du côté interne du canal circulaire, qu'un petit nombre de canaux qui sont larges, àpeine anastomosés et ne forment pas de réseau. De même chez Pseudorhim , on ne trouve que des canaux séparés (mais il y en a 10 dans l’espace séparant 2 canaux radiaires et ils sont étroits). Dans le genre Crambessa , en revanche, on trouve un réseau vasculaire, mais il s’anastomose avec les vaisseaux radiaires, tandis qu’ici, chez Crambione , il en reste séparé. Chez Crambessa , il n’y a pas non plus, aux bras, ces appendices que l’on rencontre déjà ici pendant le développement de l’animal et qui sont si frappants chez les gros exemplaires. Je n’hésite donc pas à admettre que cette Méduse appartient à la même espèce que celle qui a été trouvée par l’Expédition du Siboga dans la même région.

Crambione masiigophora Maas 1903.

Un exemplaire mesurant environ 10 cm. de diamètre, avec les bras buccaux bien développés, est malheureusement en morceaux. Un autre exemplaire, qui mesure 2 cm. de diamètre, montre

OTTO MAAS

déjà la forme caractéristique des bras buccaux; les appendices: sont visibles, mais la bouche elle-même n’est pas complètement fermée.

On doit probablement rapporter à cette espèce 2 exemplaires très jeunes, de 7 à 9mm de diamètre, ne présentant pas de traces de gonades et pourvus d’une bouche complètement ouverte, à lèvres frangées. Le système vasculaire montre 8 canaux principaux et 8 autres canaux radiaires accessoires. On pourrait, il est vrai, croire que cette disposition représente un stade précoce du développement des Cepheides qui sont pourvues de nombreux canaux. Mais, chez celles-ci, les canaux sont de très bonne heure beaucoup plus développés et anastomosés qu’ici où, en outre, on observe déjà le canal circulaire manquant aux Cepheides et qui forme la limite distale des 8 canaux accessoires. Le petit réseau vasculaire proximal est formé seulement de quelques petites mailles.

Une preuve démontrant que ces exemplaires appartiennent bien à ce groupe est fournie par la structure des rhopalies avec leurs grandes fossettes sensitives à plissements radiaires qui sont bien apparentes chez ces jeunes Méduses et manquent chez les Cepheides. Mais c’est surtout la musculature circulaire qui est caractéristique. On pourrait encore penser qu’il s’agit du genre Crambessa, mais, comme cette collection n’en renferme pas de représentants et qu’en revanche, elle contient des Cram~ bione adultes et facilement déterminables, c’est à ce dernier genre que je crois devoir rapporter ces jeunes exemplaires.

Fam. Leptobrachidæ.

Bras très allongés, ostioles en forme de larges fentes transversales. Les 8 canaux radiaires s’étendent jusqu’au bord de l’ombrelle et un grand nombre d’autres canaux radiaires se rendent au canal circulaire. Ils forment un réseau dont les mailles sont

MEDUSES DAMBOINE

serrées, dans la région interne de l’ombrelle, et larges dans la région externe.

Partie inférieure des bras garnie d’une frange (Saugkrause) jusqu’à leur extrémité.

Cette espèce a été très bien décrite par L. S. Schultze (1898) et j’ai présenté moi-même, dans la monographie des Méduses du Siboga, quelques observations sur la forme de ses bras. Il est donc inutile d’en donner ici une nouvelle description.

1 exemplaire mesurant environ 9 cm. de diamètre (15 cm. de longueur des bras).

1 exemplaire mesurant environ 5 cm. de diamètre. Les bras sont en partie coupés. La partie qui reste mesure 9 cm. de long.

Gen. Thysanostoma L. Àg.

Thysanostoma thysanura Hkl,

OTTO MAAS

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

1865. Agassïz A. North- American Acalephœ. Illustrated Catalogue of the Muséum of Comp. Zool. Cambridge, 1865.

1899. Agassïz, A. aud Mayer, A. -G. Acalephs from the Fiji Islands. Bull.

Mus. Comp. Zool. Vol. 32, pp. 157-189, 17 PL Cambridge, 1899. 4904. Bigelow. H.-B. Medusœ from the Maldive Islands. Bull. Mus. Comp.

Zool. vol. 39, p. 245-269. PI. 1-14. Cambridge, 1904.

1838. Bràndt, J. -Fr. Ausführliche Beschreibung der von C.-H. Mertens atif semer W eltumsegelung beobachteten Schirmquallen. Mém. Acad. St. Pétersb. [VI], vol. 4. Sc. Nat., vol. 2, p. 237-411. PI. 1-31. St. Pétersbourg, 1838.

1904. Browne, E.-T. Hydromedusœ, with a Révision of the Williadœ and Petasidœ. In : Fauna and Geographg of the Maldive and Laccadive Archipelagœs. Vol. II, part3, p. 722-749. PL 54-57. London, 1904. 1905 a. Browne, E.-J. Scyphomedusæ. ibid. suppl. 1, p. 958-971. PL 94. 1905 b. Browne, E.-T. Report on Medusœ. In : Rep. on the Pearl Oyster Fisheries of the Gulf of Manaar . Suppléai. 27, pp. 131-166. 4 pl. London, 1905.

1829. Eschscholtz, Fr. System der Acalephen. Berlin, 1829.

1857. Gegenbaur, C. Versuch eines Systems der Medusen, mit Beschreibung newer und ivenig gekannter Formen. Zeitschr. f. wiss. Zool., vol. 7, p. 202-273. PL 7-10. Leipzig, 1857.

1879. Hæckel, E. Das System der Medusen. Jena, 1879.

1897. Hartlaub, C. Die Hydromedusen Helgolands . Zweiter Bericht.

Wissenseh. Meeresuntersuchungen, n. F., vol. 2, p. 449-516. PL 14-23. Kiel und Leipzig, 1897.

4853. Kolliker, G. Bericht über einige im Herbst 1852 in Messina angestellte Untersuchungen. IL Ueber Quallen. Zeitschr. f. wiss. Zool., vol. 4, p. 315-329. Leipzig, 1853.

1843. Lesson, R.-P. Histoire naturelle des Zoophytes Acaléphes. Paris, 1843.

MÉDUSES d’aMBOINE

1856. Leuckart, R. Beitrage zur Kenntnis der Medusenfauna von Nizza. Arch. f. Naturg., vol. 22, p. 1-40. PL 1-2. Berlin, 1856.

1903. Maas, O. Die Sc yphomedu sen der Siboga-, Expédition. 11 Tafeln.

Leiden, 1903.

1904. — Les Meduses. Camp. Scient. Albert I. Prince de Monaco.

Fasc. 28. Monaco, 1904.

1905 a. — Bemerkungen zum System der Medus en. Révision der Cannotiden Hœckels. Sitzungsber. K. Bayr. Akad.-Wiss.' meth.-phys. Kl.r Bd. 34, p. 421-445. München. 1905.

1905 b. — Die Craspedoten Medusen der Siboga-Expedition, mit 14 Tafeln. Leyden, 1905.

1857. McCrady, A. Gymnophthalmata of Charleston Harbour. ElliotSoc. of Nat. Hist., p. 1-119. PL 1-12. Charleston, 1857.

1810. Përon, F. et Lesueur, C.-A. Tableau des caractères génériques et spécifiques de toutes les espèces de Méduses connues jusqu’à ce jour . Ann. Mus. Hist. nat. vol. 14. Paris, 1810.

1833. Quoy et Gaimard, Voyage de /,' Astrolabe. Zool. IV. Zoophytes. Paris,

1897. Schultze, L.-S. Rhizostomenvon Ternate. Abh. Senckenb. Naturf.

Gesellsch. Frankf. Bd. 24. Frankfurt a. M., 1897.

1898. — Rhizostomen von Ambon. In: Semon, Zool. Forsckungsreis .. Australien. V, pp. 443-466. 2 p!. Denkschr. der Math. Nat. Gesellsch. 8. Jena, 1897.

1902, Vanhoffen, E. Die acraspeden Medusen der deutschen Tiefsee-Expediiion 1898-1899. Ergeb. Deutsche T iefsee-Exp . , Bd . 3 . J ena , 1 9 0 2 . 1902. — Die Craspedoten Medusen der deutschen Tie fsee-Exped ition .

/. Trachy medusen, Ibid. Jena, 1902.

VOYAGE DE MM. M. BEDOT ET C. PICTET DANS L’ARCHIPEL MALAIS

Page 1