L. CAL VET
1890. Bugula dentata. Ortmann, Die Japanwche Bryozoenfaum, p. 25,
/ pl. 1, fig. 20.
1890. — Kirkpatrick, Hydroida, and Polyzoa, T or res Straiis,
p. 611 et 614.
(Pour les autres synonymies, antérieures à 1889, voir E.-C. Jelly, A Synonymie Catalogue o / manne Polyzoa, p. 24.)
Cette espèce que Lamouroüx avait caractérisée comme possédant des « rameaux droits ou peu contournés ; deux dents aux côtés externes des cellules ; ouverture dentée » a reçu plus tard la forme tridentata de Krauss (Acamarchis tridentata) et a été nouvellement définie par Busk comme constituée par des « cellules bisériées, oblongues, arrondies à chaque extrémité. Aréa (aperture) ovale; trois épines marginales sur le côté externe et une sur l’interne. Aviculaire latéral, capité. Ovicelle supérieure, cuculliforme (de couleur bleue). » Les figures que donne Busk de la j Bugula dentata complètent avantageusement cette diagnose et indiquent bien la disposition bisériée des zoécies dans les rameaux, ainsi que la forme de F aréa membraneuse frontale et la situation quelque peu spéciale de l’aviculaire. MacGilliyray et Ortmann donnent une description de Bugula dentata identique à celle de Busk, mais aucun de ces deux auteurs n’a observé les ovicelles. Enfin, Kirkpatrick signale une épine bien développée à chaque angle supérieur et deux épines presque rudimentaires sur le bord externe et supérieur.
Sur l’échantillon d’Amboine, les caractères décrits ou figurés par Busk sont bien marqués. Les zoécies bisériées et alternant entre elles possèdent une aréa frontale, membraneuse, occupant un peu plus des deux tiers de la longueur frontale de la zoécie, à bord interne droit, et à bord externe convexe. Le bord supérieur de la zoécie, convexe, porte quatre épines articulées à leur base, une interne et trois externes, dont les dimensions sont variables mais généralement très longues, surtout les deux épines externes et inférieures. Les aviculaires, latéraux, ont la forme
BRYOZOAIRES d’aMBOINE
capitée et brièvement pédonculée, commune au genre Bugula , -et sont insérés latéralement sur la frontale dans le tiers inférieur de la longueur de la zoécie. Quant aux ovicelles, elles sont bien cuculliformes, mais elles présentent par rapport au bord supérieur des zoécies une disposition assez fortement déjetée du •côté interne, de manière à chevaucher à droite et à gauche, alternativement, et à occuper une situation presque axiale par rapport au rameau.
Cette disposition des ovicelles, qui n’avait pas encore été signalée, et qui certainement est insuffisamment indiquée dans les figures deBusK, est constante et très caractéristique. En ce qui concerne la coloration des ovicelles que Busk dit être bleue, comme d’ailleurs en ce qui regarde la coloration générale de la colonie que Lamouroux dit être plombée, ainsi que Mac-Gillivray et Kirkpatrick, notre échantillon n’offre rien de particulier et possède une coloration générale d’un jaune paille ; il est vrai que cet échantillon ayant séjourné plusieurs années dans l’alcool, a pu perdre son pigment normal. Enfin, il est à signaler que bien souvent les deux épines inférieures du groupe externe font défaut dans les zoécies des parties âgées de la colonie, et sont seulement représentées par les bases sur lesquelles elles étaient articulées avant leur chute : ne serait-ce pas ces bases que Kirkpatrick aurait considérées comme des épines rudimentaires?
Distribution géographique. Cette espèce n’a été encore signalée que sur le côtes de l’Afrique du Sud et dans les eaux australiennes, océaniennes et japonaises ; Australie (Lamouroux, Mac-Gillivray, Whitelegge, Kirkpatrick) ; Tasmanie, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud (Busk) ; Japon (Ortmann).