HY DR AIR ES D AMBOINE
une longueur de 4 millim. On remarque souvent un ou deux nœuds dans le périsarc; parfois la tige forme un angle droit à l’un de ces nœuds, cas qui a déjà été observé chez d’autres espèces de la même famille.
Les tentacules naissent en trois ou quatre verticilles sur la zone médiane de i’hydranthe. Ces verticilles sont situés les uns au-dessus des autres, non alternants et très rapprochés. Lorsque les bourgeons médusoïdes se développent, ils prennent peu à peu la place des tentacules qui disparaissent complètement quand les bourgeons arrivent à maturité. Nous dédions cette nouvelle espèce au Dr M. Bedot, notre compagnon de voyage.
Famille Bougainvillidae.
Bougainviïïea Lesson.
Bougainviïïea ramosa, J. -P. van Beneden.
Eudendrium ramosum, v. Beneden, 1844, Embryogénie des Tabulaires,]). 56, pi. 4, 1866. — Faune littorale de Belgique, p. 112, pi. 6-7.
Eudendrium ramosum Allman. 1871, Gymnoblastic Hydroids, p. 311, pl. 9, fig. o-7.
Bougainvillia sp. Hineks, British Hydroid Zoophytes 1868, p. 112, pl. 19, fig. 3. Bougainvillia , muscus Allman, 1871, Gymnoblastic Hydroids, p. 317, pl. Il), fig. 1-3.
On trouve dans la baie d’Amboine une petite variété de Bougaimillea ramosa qui correspond exactement au type décrit par yax Beneden et par Allman, sauf que ses dimensions sont plus faibles que chez les exemplaires européens, cas qui se présente pour beaucoup d’espèces tropicales. Les exemplaires recueillis ressemblent aussi presque complètement à la Bougainviïïea muscus d’ALLMAN, Cette dernière espèce diffère si peu de la B. ramosa que nous croyons pouvoir la considérer comme une simple variété. En effet, le seul caractère distinctif sur lequel
CAMILLE PICTET
Allman se base est le fait que les colonies de B . muscus sont moins grandes que celles de B. ramosa et que leur tige n’est pas fasciculée. En revanche, soit les hydranthes, soit les méduses, sont absolument identiques. En outre Hincks a décrit (. British Hydroid ZoopMtes, p. 112, pl. 19, fig. 3) une forme intermédiaire entre ces deux espèces, que Allman regarde comme une variété de B. ramosa. Comme les exemplaires récoltés à Atnboine forment un second terme de passage entre la variété de Hincks et la B. muscus Allman, nous nous croyons justifié en réunissant ces espèces en une seule et en les considérant toutes comme des variétés de B. ramosa Bened.
Remarquons encore que plusieurs des échantillons d’Amboine possèdent de longs cnidophores, analogues à ceux qui ont été décrits par van Beneden et par Hincks.
Habit . Mers d’Europe. Amboine.
Famille Pennakidae.
Pennaria Goldfuss.
Pemaria CavoUnü Ehrenberg.
Pi. I, fig. 7-9.
Sertularia pennaria Câvolini, Mem. Poüpi rnarini , 1785, p. 134, pl, 5.
Pennaria Cavolinii Ehrenberg, Corallenthiere. Abhandl. Acad. Berlin. 1832, p. 297.
Pennaria Cavolinii Allman, Gymnoblastic Hydroids, p. 364, fig. 80.
Pennaria australis B:de, Catal. Austral. Hydroid. Zoophites, 1884, p. 45. Pennaria rosea v. Lendenfeld, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, 1884, vol. 9, p. 594, pl. 24. fig. 40-42.
Pennaria adaîtisiaÇ!) v. Lendenfeld, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, 1884, vol. 9, p. 595, pl. 25, fig. 45-48, pl. 26, fig. 49.
Pennaria symmetrica Clarke, Bull. Mus. comp.Z. Harvard college, vol. 5, 1879, p. 240. pl. I, fig. 2-3.
Halocordyle tiarella (?) Ayres, Proc. Boston Soc. N. HisL 1852, vol. 4, p. 193. Halocordyle tiarella (?) Allman, Gymnoblastic Hydroids , 1872. p. 369.
HYDRAIRES d’aMBOINE.
Trophosome. Tige cornée, hante, ramifiée dichotomiquement, légèrement en zigzag d’une branche à l’autre et légèrement recourbée en dessous, de la base au sommet. Branches alternant très également, diminuant de longueur de la base au sommet; les branches 11e sont jamais ramifiées et portent les hydranthes disposés en série, tous du même côté, sur toute la longueur des branches. A l’extrémité de la tige et de chaque branche, se trouve un hydranthe généralement plus gros que les autres et tourné dans le même sens. Hydranthes supportés par un pédoncule annelé, tantôt sur toute sa longueur, tantôt seulement à la base et au sommet; le corps de l’hydranthe est en forme de bouteille et porte deux séries de tentacules : 1° un verticille inférieur formé de 12 tentacules filiformes légèrement renflés à l’extrémité et naissant un peu au-dessus de la base de l’hydranthe, 2° un nombre variable de courts tentacules capités, tantôt disséminés sur la partie médiane et supérieure de l’hydranthe, tantôt disposés en deux ou plusieurs verficilles,
Gonosome. Bourgeons médusoïdes simples, ovales, très gros, portés chacun sur un court pédoncule et naissant sur le corps de l’hydranthe immédiatement au-dessus du verticille inférieur des tentacules.
Méduse possédant quatre canaux marginaux et quatre tentacules rudimentaires sous la forme de courts tubercules, avec quatre ocelles plus ou moins rudimentaires. Dans la règle, la m,éduse arrive à maturité sans se détacher de la colonie.
Dimensions. Hauteur totale : 6-20 centim.
Hydranthes, longueur : 1, 2-2,0 millim.
diamètre : 0,4-0, 6 millim.
Tentacules filiformes, longueur : 2-3 millim.
Habit Méditerranée (Cayolini); Australie (Bale, v. Lendenfeld); Cuba (Clarke); Amboine. Profondeur : 0-2 mètres,
Couleur. Hydranthes rouge carmin, tige noire, branches brun foncé.
CAMILLE PICTET
Les exemplaires récoltés à Amboine correspondent absolument à la description de la Pennaria australis de Bale. Cependant leur comparaison avec des échantillons de la Pennaria Cavolinii typique, récoltée à Naples, nous ont montré que la première n’est qu’une variété locale de la seconde. En effet, chez la P. australis, les pédoncules des hydranthes ne sont pas annelés sur toute leur longueur comme chez la P. Cavolinii; c’est la seule différence qui existe entre ces deux espèces. Or ce caractère est loin d’avoir une valeur spécifique, car chez beaucoup d’Hydraires il varie considérablement d’un individu à l’autre et même, chez l’espèce qui nous occupe, on trouve souvent sur une même colonie des individus ayant la tige annelée sur toute sa longueur et d’autres dont la partie médiane est lisse. Remarquons cependant que dans la variété d’ Amboine, il y a généralement quatre ou cinq anneaux seulement à la base des pédoncules et un ou deux au sommet. C’est presque la seule différence qui existe entre notre espèce et la P. Cavolinii typique de la Méditerranée; en outre les dimensions des colonies sont généralement plus faibles. Tous les autres caractères sont les mêmes : les tentacules filiformes, au nombre de douze, sont terminés par un léger renflement et ne naissent pas immédiatement à la base de Fhydranthe, mais seulement un peu au-dessus.
En examinant un grand nombre de colonies provenant soit de Naples, soit d’Àmboine, nous avons pu nous convaincre que la disposition des tentacules capités est très variable, même parmi les individus d’une même colonie. Si l’on compare en effet les deux figures 8 et 9 (pl. I), on aura peine à croire que ces deux hydranthes appartiennent à la même espèce, et cependant ils proviennent tous deux d’une seule et même colonie. Outre la forme de l’hydranthe qui est assez différente, on voit que dans la fig. 8, les tentacules oraux sont disposés sans ordre, tandis que dans la fig. 9, ils sont rangés en trois verticilles bien
HYDRÀIRES d’âMBOINE. 15
distincts. Chez des individus de la P. Cavolinii provenant de la Méditerranée, on retrouve aussi quelquefois cet arrangement des tentacules en verticiiles, mais plus rarement. Ce fait nous oblige à réunir au genre Pennaria le genre Halocordyle Allm., qui est fondé uniquement sur cette disposition en verticiiles, ce caractère n’ayant pas même une valeur spécifique.
U Halocordyle tiarella Ayres ne différant guère de la Fennaria Cavolinii que par l’arrangement des tentacules oraux en verticiiles, il est probable que cette espèce pourra être réunie à notre type européen ; cependant nous attendons de pouvoir examiner des exemplaires de H. tiarella pour nous prononcer avec certitude. Le fait que les bourgeons médusoïdes se détachent chez cette dernière espèce, n’est pas non plus d’une grande valeur, car le cas se présente aussi quelquefois, bien que rarement, chez la Fennaria Cavolinii.
Nous devons encore ajouter que sur les exemplaires provenant soit de Naples, soit d’Amboine, les tentacules oraux dans certains cas ne sont pas vraiment capités, mais seulement à peine renflés à leur extrémité (pi. I, fig. 9). Ce sont probablement des tentacules jeunes et dans ce cas le capitule de la Fennaria ne se développerait que lorsque le tentacule a acquis une certaine longueur.
Plusieurs autres formes du même genre, qui ont été décrites comme espèces distinctes, ne sont évidemment aussi que des variétés plus ou moins marquées de la Fennaria Cavolinii Ehrbg. Nous devons citer en premier lieu la Fennaria symmetrica Clarke. Cette espèce correspond presque exactement à la variété d’Amboine (P. australis Baie) et n’en diffère, d’après la description de Clarke, que par la forme de l’hydranthe qui est ovale au lieu d’être en forme de bouteille. Or nous avons vu que le corps de l’hydranthe est sujet à d’assez grandes variations individuelles. Les tentacules seraient aussi un peu plus nombreux.
La Fennaria rosea Ldf. est identique à la F. austra -
CAMILLE PICTET
lis, comme l’a déjà fait remarquer Bale (Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, vol. 3, 2e sér,, p. 747). La seule différence serait dans le nombre plus considérable de tentacules chez la Pennaria rosea qui aurait, d’après Lendenfeld, 30-40 tentacules filiformes, et 20-30 capités. Mais Bale qui a examiné un nombre considérable d’échantillons du type de Lendenfeld, n’en a jamais trouvé plus de 12 des premiers et 17 des seconds et la figure qu’en donne Lendenfeld n’en montre pas un plus grand nombre. Il n’y a donc aucune différence entre ces deux espèces.
Les trois autres espèces de Pennaria connues, qui sont les P. gibbosa Agassiz, Adamsia Ldf., et inornata Brooks sont aussi très voisines de la Pennaria Cavolinii et ne s’en distinguent que par des caractères de peu d’importance. Cependant nous les conserverons provisoirement comme espèces distinctes, jusqu’à ce que nous puissions en obtenir des échantillons pour les comparer avec le type d’Europe.
La Pennaria gibbosa Agassiz diffère de la P. Cavolinii par ses tentacules filiformes naissant à la base même de l’hydranthe et par les pédoncules des hydranthes qui ne sont pas cylindriques, mais vont en s’élargissant de la base au sommet.
Chez la P. inornata Brooks, la seule différence réside dans la dimension des tentacules filiformes qui n’auraient qu’un tiers de la longueur du corps. En outre les tentacules capités sont arrangés en verticilles, mais nous avons montré plus haut le peu de valeur de ce caractère.
Enfin la P. Adamsia Ldf. se distingue de la P. australis Bale uniquement par le nombre plus restreint (8) des tentacules capités, arrangés en deux verticilles. Cette dernière forme surtout paraît n’être qu’une simple variété, car on trouve quelquefois des exemplaires de P. Cavolinii ayant seulement 8 tentacules buccaux. Comme nous venons de le voir, le nombre des espèces du genre Pennaria doit être considérablement réduit.
HFDRAIRES d’aMBOINE.
Famille Tübülaridae.
Tubularia Linné.
Tubularia viridis , nov. sp PI. I, fîg. 10 et H.
Trophosome. Hydrorhize filiforme rampante. Hydrocaule simple, non ramifié, entouré d’un périsarc épais, non annelé,se terminant à la base de l’hydranthe. Hydranthes larges, de peu de longueur, avec environ 20 tentacules proximaux allongés et disposés en verticille et 24 tentacules distaux, courts et très rapprochés, rangés en 2 verticilles entrouvrant la bouche. Cœnosarc formant un collet à la base del’hydranthe.
Gonosome. Gonophores de petite taille disposés en grappes, naissant au-dessus des tentacules proximaux et dépourvus de canaux gastro-vasculaires ; grappes courtes, serrées, ne dépassant pas les tentacules et portant chacune 10-15 gonophores.
Dimensions. Hauteur totale : 10-15 millim.
Habit. Port d’Amboine, §ur une Éponge cornée. Profondeur : 1 mètre.
Couleur. Yert jaunâtre.
Cette espèce paraît appartenir au sous-genre Thamnocnidia Agassiz, bien que les gonophores observés ne fussent pas encore tout à fait mûrs. Ces gonophores sont très petits et disposés en grappes serrées remplissant tout l’intervalle entre les deux verticilles de tentacules. Il n’est pas impossible que cette espèce soit la même que la Tubularia parasitica Krtn. , mais
Rev. Suisse de Zool., T. I. 1893. 2
Diamètre de la tige :
Hydranthes, hauteur :
0,5 millim.
1,2- 1,7 millim.
diamètre :
CAMILLE PICTET
la description qu’en donne Korotneff est insuffisante pour établir son identité, cet auteur ne parlant pas de la disposition des gonophores. Cependant les échantillons récoltés à Amboine ne nous ont jamais montré le cas de commensalisme avec une gorgone, décrit par Korotneff. Il est donc probable que ce sont deux types distincts.
La Tubularia viridis vit sur une espèce d’Éponge cornée. L’hydrorhize est immergée dans l’intérieur de l’Éponge et les tiges sortent par les pores, tantôt isolées, tantôt au nombre de trois ou quatre par pore. Elle est de très petite taille et se reconnaît facilement à la couleur verte caractéristique répandue uniformément sur la tige et les hydranthes. Cette espèce ressemble à la Tubularia humilis Allm. par la forme des hydranthes, mais elle s’en distingue par la disposition des gonophores. qui sont au nombre de 10-15 par grappes, tandis que chez la T. humilis les grappes n’en portent que trois. C’est aussi par les gonophores que notre espèce se distingue de la Tubularia spongicola Ldf., cette dernière ayant de gros gonophores peu nombreux et supportés chacun par un pédoncule distinct.
Famille Myrionemidae.
Trophosome. Hydrocaule développé, entouré d’un périsarc. Hydranthes avec hypostome en forme de trompette, portant de très nombreux tentacules filiformes disposés en plusieurs verticilles serrés autour de l’ hypostome. Parois internes de l’hydranthe divisées en une série de chambres latérales entourant un renflement entodermique central.
Gonosome ?
Myrionema nov. gen.
De f xvpiot, très nombreux, et i%a, fil, à cause des nombreux tentacules filiformes.
HYDRAIRES IVAMIiOINE.
Trophosome. Hydrorhize filiforme rampante, d’où s’élève un hydrocaule plus ou moins ramifié, entouré d’un mince périsarc. Hydranthes en forme d’entonnoir, surmontés d’un hypostome en trompette; tentacules filiformes très nombreux naissant autour de Fhypostome en plusieurs verticilles très serrés.
Gonosome ?
Ce genre n’est représenté que par une seule espèce trouvée dans la baie d’Amboine. La grande quantité de tentacules filiformes qui entourent la bouche le distingue à première vue de tous les autres Gymnoblastes connus. Certaines particularités morphologiques et histologiques que nous décrirons plus loin sont aussi spéciales à ce genre et nous obligent à établir pour lui une nouvelle famille de Gymnoblastes. Par la forme générale de l’hydrantbe, cette famille présente certaines affinités avec celle des Eudendrides.
Myrionema amboinensis nov. sp.
PI. f. fig. 42 et 13.
Trophosome. Hydrorhize rampante, filiforme, d’où s’élèvent les hydrocaules simples, non ramifiés ou avec une ou deux ramifications au plus ; périsarc mince, faiblement annelé à la base des rameaux, s’arrêtant à la base des hydranthes. Hydranthes en forme d’entonnoir, avec 80-120 tentacules filiformes naissant à la partie supérieure du corps en 4 ou 5 verticilles serrés les uns contre les autres. Hypostome en forme de trompette très évasée.
Gonosome ?
Dimensions. Hauteur totale ;
Diamètre de la tige :
Hydranthes, longueur :
diamètre :