millim
0,27 millim.
0,30-0,32 mil.
0,15-0,16 mil.
Habit. Port dJ Amboine, sur de vieux pilotis. Profondeur : 0-2 mètres. Manille (Kirchenpauer). Queensland (Bale). Mer Rouge, Méditerranée (Marktaîœer).
Couleur. Tige brun foncé; hydroclades jaunâtres.
La tige de cet Hydraire est composée d’un grand nombre de tubes soudés ensemble. Leur périsarc s’est considérablement épaissi et leur donne une consistance cornée. On peut voir sur des coupes que ces tubes communiquent entre eux, de distance en distance, par des orifices circulaires servant à répartir également, dans toute la colonie, la nourriture absorbée.
Le genre de ramification des branches et la forme des hydrothèques de cette espèce varie dans d’assez grandes limites. Dans les exemplaires que nous avons récoltés à Amboine, les hydrothèques tiennent le milieu entre la figure de cette espèce donnée par Marktanner (loc. cit. pi. 6, fig. 16), la variété représentée par ce même auteur (pl. 6, fig. 15) et le dessin de Bale (loc. cit. pl. 21, fig. 5). Les nématothèques de nos échantillons, sont un peu moins longs que dans ceux de Bale, mais les hydrothèques sont presque absolument semblables. Le type figuré par Marktanner (pl. 6, fig. 16) a le bord de l’hydrothèque tout à fait parallèle à l’axe et le nématothèque médian plus incliné ; ces différences sont cependant peu marquées.
Les exemplaires de cet Hydraire habitant Amboine forment
CAMILLE PICTET
de grandes colonies, ayant jusqu’à deux pieds de hauteur. Leur aspect général, ainsi que leur mode de ramification rappelle presque absolument le Lytocarpus racemiferus figuré par àllman dans sa description des Hydraires du Challenger1. Cette dernière espèce diffère , du reste, par la forme des hydrothèques. Le Lytocarpus philippinus est certainement très voisin du Lytocarpus wrassKchp., dont il ne paraît guère s’éloigner que par le bord des hydrothèques un peu plus découpé et par la disposition des gonophores. Comme ce dernier, il est très redouté des indigènes pour les brûlures occasionnées par ses nématocystes.
Appendice
Noie sur le Myrionema amboinensis Pictet.
Le Myrionema amboinensis que nous avons décrit plus haut se distingue par plusieurs intéressantes particularités morphologiques et histologiques, sur lesquelles nous donnerons quelques détails. (PL III, fig. 55 et 56).
En premier lieu, les tentacules (pi. III, fig. 56) ont une structure qu’on ne retrouve chez aucun autre Hvdraire. L’ectoderme (ect) est réduit à une très mince cuticule formée de larges cellules plates. L’entoderme(mL), au contraire, est très développé, et se compose d’une quantité de cellules à gros noyau sphérique renfermant un fin réticulum et un gros nucléole réfringent. Ces noyaux sont très nombreux et remplissent complètement l’intérieur des tentacules. Il nous a semblé que la division de ces cellules entodermiques ne se faisait pas toujours complètement et qu’il y avait souvent des cellules possédant deux ou plusieurs de ces gros noyaux. Si l’on examine une coupe transversale d’un tentacule, on voit quelquefois avec difficulté la mince
1 G. -J. Allman. Report Voyage Challenger. Zoology, vol. 1, part 20. Hydroida. 1 part : Phtmularidae , 1883. pi. 13, fig. 1.
HYDRATEES D’AMBOINE.
cuticule ectodermique, tandis que les noyaux entodermiques remplissent l'intérieurdu tentacule et sont particulièrement nombreux à la périphérie où ils forment une couche épaisse. Entre ces deux couches se trouve une lamelle de soutien excessivement mince et à peine visible.
On se rendra bien compte de cette structure particulière en comparant la coupe transversale d’un tentacule de Myrionema avec celle d’un tentacule ayant la structure habituelle, par exemple de Dendroclava Dohrni Weism. (pî. III, fig. 54, tent.). Chez cette dernière espèce, comme chez la plupart des Hydraires, E entoderme est formé d’une seule rangée de très grandes cellules constituant la partie axiale du tentacule; ces dernières possèdent un petit noyau central, sont traversées par des traînées de protoplasme granuleux et rappellent beaucoup certaines cellules végétales. Ces cellules bien connues manquent complètement dans l’espèce qui nous occupe ici et sont remplacées parcelles que nous avons décrites.
Ces cellules entodermiques à gros noyau sont répandues non seulement dans les tentacules, mais dans toutes les parties de l’hydranthe. Si l’on examine une coupe longitudinale passant par l’axe du polype (pl. III, fig. 55), on voit que les parois du corps sont formées d’une mince couche ectodermique (ect.) et d’un entoderme (ent.) épais composé de cellules semblables à celles des tentacules. Entre les deux se trouve une fine lamelle de soutien. A la partie inférieure du corps, cet entoderme s’épaissit et laisse seulement un espace libre pour l’étroit canal central reliant la cavité de l’hydranthe avec la tige, dans laquelle nous retrouvons 1a. même structure que sur les parois de l’hydranthe.
L’hypostome (hyp.) renferme aussi de ces gros noyaux entodermiques, mais en moins g: and nombre; il est formé principalement d’une couche de cellules allongées, à petit noyau réfringent. À sa partie externe se voit l’ectoderme, composé d’une seule couche de cellules t analogues à celles qui tapissent
CAMILLE PICTET
les parois du corps ;mais ces cellules sont ici plus hautes et moins aplaties.
Immédiatement en dedans de la bouche, nous voyons un très gros renflement entodermique (r. b.) au milieu duquel se continue le canal buccal. Ce renflement est formé d’une série de lobes allongés et pressés les uns contre les autres; il renferme un grand nombre de cellules vertes, dont la couleur persiste après un séjour prolongé dans l’alcool. Il est difficile de se prononcer sur la nature de cet organe d’apparence glandulaire; ses fonctions sont probablement digestives. Ce renflement buccal se retrouve, bien que moins prononcé, chez les Eudendrides,avec lesquels le genre Myrionema paraît avoir une parenté assez étroite. Il correspond probablement aux taenioles des autres Gymnoblastes.
Tout autour de ce renflement, se trouve une cavité circulaire située vis-à-vis de la zone tentaculaire.Cette cavité est divisée en une série de chambres, par des replis entodermiques réunissant le renflement central avec les parois latérales de Phydranthe (pl. III, fïg. 55, ch.). Nous n’avons pu déterminer le nombre de ces chambres, n’ayant pas eu à notre disposition d’exemplaires permettant de faire des coupes transversales.
Cet Hydraire se distingue donc de tous les autres par les particularités suivantes :
1° Par des tentacules composés d’un ectoderme très mince et d’un entoderme formé de cellules à gros noyaux sphériques remplissant tout l’intérieur du tentacule. Ces cellules se retrouvent dans Pentoderme des parois du corps.
2° Par la présence d'un très gros renflement interne en arrière, de la bouche, formé d’une série de lobes renfermant des cellules vertes.
3° Par la division en chambres de la cavité du corps, dans sa partie située entre ce renflement et la zone tentaculaire.
VOYAGE DE MM. BEDOT ET PICTET DANS L’aKCHIPEL MALAIS