PI. III
Trophosome. Hydrocaule monosiphoné, grêle, simple ou peu ramifié, divisé en courts entrenœuds portant chacun un hydroclade alternant avec le précédent et naissant immédiatement au-dessous du nœud; chaque entrenœud porte en outre un nématothèque au point d’origine de l’hydroclade et un autre du côté opposé et au milieu de sa hauteur. Hydroclades allongés, grêles, portant deux espèces de segments, les segments intermédiaires ayant un peu plus de la moitié de la longueur des principaux. Hydrothèques placés au milieu des segments principaux, peu profonds, à bord entier presque perpendiculaire à l’axe de î’hydroclade ; segments principaux portant deux nématothèques au-dessus de l’hydrothèque et un au-dessous ; segments intermédiaires portant un nématothèque dans leur partie médiane.
Gonosome. Gonothèques subovoïdes, allongés, à parois entourées d’un repli du périsarc faisant 10 à 14 tours en spirale,
CAMILLE PICTET
extrémité cylindrique à orifice circulaire entier. Ils sont situés sur la partie inférieure de l’hydrocaule, alternant dichotomiquement, et supportés par un pédoncule très court.
Dimensions. Hauteur totale : 15-25 millim.
Longueur des entrenœuds de
la tige : 0,35-0,40 millim.
Longueur des hydroclades : 5-8 millim.
Longueur des segments principaux : 0,35-0,40millim.
Longueur des segments intermédiaires: 0,20 millim.
Gonothèques, longueur : 1,6 millim.
Gonothèques, diamètre maximum : 0,65 millim.
Habit. Baie d’Amboine, sur Éponges, coquilles, etc. Zones littorale et des Laminaires.
Cette espèce est presque semblable à la Plumularia setacea Ellis et s’en distingue seulement par la forme très différente de ses gonophores, qui sont entourés d’un repli en spirale et rappellent ceux de beaucoup de Sertulaires. En outre, les segments intermédiaires des hydroclades sont un peu plus longs que chez la P setacea , sans atteindre cependant la longueur des segments principaux. Ce dernier caractère a moins de valeur, étant assez variable et il sera très difficile de distinguer ces deux espèces en l’absence des gonophores.
Plumularia plagiocampa nov. sp.
PI. III, fig. 50.
Trophosome. Hydrocaule monosiphoné, droit, non ramifié, chaque entrenœud portant une paire d’hydroclades opposés, naissant sur le même côté de la tige, immédiatement au-dessous
HYDRAIRES d’aMBOINE.
île chaque nœud. Entre les deuxhydroclades, à leur point d’origine se trouve toujours un hydrothèque surmonté d’une paire de nématothèques ; au-dessous, chaque entrenœud porte 3 à 4 nématothèques. Hydroclades grêles, portant deux espèces de segments, les segments intermédiaires un peu moins longs que les principaux. Le nœud réunissant les deux segments au-dessus de l’hydrothèque est perpendiculaire à l’axe, tandis que le nœud qui les réunit au-dessous forme un angle de 45 degrés. Les segments principaux portent un nématothèque au-dessous de l’hydrothèque et une paire au-dessus; les intermédiaires portent un nématothèque dans leur partie médiane. Hydrothèques placés au milieu des segments principaux, assez profonds, cylindriques. Le bord interne n’est pas appliqué à Thydroclade, mais reste libre. Ouverture circulaire inclinée sous un angle de 60 degr és avec Taxe de l’hydroclade.
Gonosome ?
Dimensions. Hauteur totale : 15-18 millim.
Longueur des entrenœuds sur
la tige : 0,8-0, 9 millim.
Longueur des hydroclades :
Longueur des segments principaux : 0,30-0,35 millim.
Longueur des segments intermédiaires : 0,25 millim.
Hydrothèques, hauteur : 0,15 millim.
Hydrothèques, diamètre : 0,15 millim.
Habit Baie d’Amboine. Zone des Coraux.
Couleur. Base de la tige brune; hydroclades et sommet de la tige jaunâtres.
Cette espèce ressemble à première vue à la Plumularia strictooarpa Pictet, mais elle s’en distingue facilement par sa tige plus robuste qui porte deux hydroclades opposés par entrenœud et
CAMILLE F1CTET.
un hypothèque à la base de chaque paire d’hydroçlades. En outre, les hydrothèques sont plus grands, plus profonds, plus séparés de la tige et leur bord forme un angle de 60 degrés avec Taxe de l’hydroclade, Notre espèce se rapproche aussi de la Plumularia setaceoïdes Baie, mais se reconnaît au genre de ramification des hydroclades et à la plus grande longueur des segments intermédiaires.
Mais il est une espèce avec laquelle les exemplaires récoltés à Amboine concordent presque exactement, c’est la Plumularia gracüis Clarke. Cette dernière paraît être semblable à première vue, toutefois certains caractères bien marqués nous obligent à faire de notre Plumulaire une espèce distincte. La forme et l’arrangement des hydroclades, des hydrothèques et des nématothèques, ainsi que l’inclinaison des nœuds sur les hydroclades coïncident presque absolument dans les deux types; nous constatons dans l’un comme dans l’autre, la présence de cet hydrothèque paiticulier au point d’origine de chaque paire de rameaux. Cependant la Plumularia plagiocampa se distingue de la Plumularia gracüis Clarke par les caractères suivants :
l°Les hydroclades naissent sur la tige au sommet des entrenœuds et non à leur base.
2° Les nœuds de la tige sont perpendiculaires à son axe sur toute sa longueur au lieu d’être obliques dans la partie supérieure.
3° Il y a un nœud au-dessus de chaque hydrothèque, divisant ainsi les hydroclades en deux sortes de segments, tandis que dans le type de Clarke ce nœud n’existe pas ; il en résulte que les segments sont tous égaux et portent chacun un hydrothèque. Dans notre espèce, le nœud supérieur est généralement moins visible que l’inférieur, mais cependant sa présence est indiscutable, même sur les jeunes individus.
Tous ces caractères réunis nous paraissent suffisants pour motiver la formation d’une espèce distincte, à laquelle nous don-
HYDRAIRES d’aMBOINE. 59
lierons le nom de Piumularia plagiocampa pour rappeler la position très oblique de ses nœuds sur les hydroelades.
Ajoutons que même dans le cas où ces deux espèces seraient réunies en une seule, le nom de Piumularia gracïlis de Clarke ne saurait subsister, ce nom ayant été déjà donné par Lamouroüx à une autre espèce du même genre.
Aglaophenia Lamouroux (in part.).
Aglaophenia disjuncta nov= sp.
PI. III, fig. 51 et 52.
Trophosome. Tige droite, polysiphonée, rigide, d’où partent des branches alternantes ou subopposées, presque à angle droit. La tige et les branches portent des hydroelades alternants, situés dans le même plan, mais ayant subi une torsion de 90 degrés sur leur axe. Hydroelades formés de longs segments portant chacun un hydrothèque à son extrémité distale, ce qui fait que ces derniers sont éloignés les uns des autres et rappellent le faciès des Piumularia. Le plan où sont situés les hydrothèques est perpendiculaire au plan des branches et des hydroelades, et, par conséquent, lorsqu’on les observe sur une préparation entière, ils paraissent vus de face. Némathothèque médian à deux ouvertures, dépassant le bord de l’hydrothèque ; nématothèques latéraux cylindriques, allongés, dépassant le sommet de l’hydrothèque. Bord , entier, arrondi, avec un léger repli de chaque côté.
Gonosome ?
Dimensions. Hauteur totale :
Longueur des hydroelades :
Longueur des segments :
Diamètre total des segments, jusqu'au bord dunématothèque médian :
Hauteur des hydrothèques :
0,4 millim.
0,22 millim.
0,22 millim.
CAMILLE PICTET
Habit. Baie d’Amboine, sur cailloux, débris de Coraux. Profondeur : 80 mètres.
Couleur. Tige brune, hydroclades brun jaunâtre.
Cette espèce se distingue facilement de toutes les autres du même genre par la longueur des segments par rapport aux hydrothèques; ces derniers ne remplissent en effet guère plus delà moitié des entrenœuds. Ce caractère la fait ressembler beaucoup à une Plumulaire, cependant la forme des hydrothèques et des nématothèques en font bien une véritable Aglaophenia.
Lytocarpus Allman.
Lytocarpus philippinus Kirchenpauer.
PI. III, iig. 53.
À glaophenia philippina Kirchenpauer, Abhandl. Naturwiss. Verein. Hamburg, Bd. 5, 3 Àbth., 1872, p. 45, pl. 1. 2, 7, fig. 26.
Aglaophenia urens Baie, Catal. Austral. Hydroid Zoophytes, 1884, p. 155, pl. 14, fig. 6, pl. T 7, fig. 9.
Lytocarpus philip/ inus B&\% Proc. Lin». Soc. N. S. Wales (2), vol. 3, 1888. p. 786. pf. 21, 6g. 5-7.
Lytocarpus philippinus Marktaruier-Turneretscher, Aimai, naturhist. Hofrmis., Wien. Bd. 5, 1890, p. 274, pl. 6, fig. 16.
Trophosome. Tige haute, polysiphonée, légèrement recourbée en arrière dans la partie supérieure. Branches commençant à une certaine hauteur, opposées ou alternantes, naissant sur la même face de la tige. Les branches portent elles-mêmes des rameaux alternants, polysiphonés et devenant simples seulement vers leur extrémité. Hydroclades naissant sur la tige et les branches, implantés sur leur face supérieure et alternants. Hydrothèques à bord ondulé presque parallèle à l’axe de l’hydroclade, munis d’une dent à la partie inférieure. Nématothèque médian plus long que l’hydrothèque, avec une ouverture terminale et une médiane, formant un angle d’environ 65 degrés avec l’hydroclade. Nématothèques supérieurs allongés, presque cylin-