‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 58 sur 218 · C. horridus F. Sm · texte numérisé non relu

C. horridus F. Sm

Smith décrit cette espèce sur des exemplaires de Bornéo et de Malacca; je crois la reconnaître dans un Cataulacus de Perak qui est notablement plus petit (4 ’/s mm.) que la dimension assignée par Smith aux siens (3 lignes); toutefois il correspond bien à la description, moins bien à la figure qui me paraît être une des caricatures dont les planches de cet auteur ne renferment que trop. Cette espèce est remarquable par ses yeux grands et convexes, sa tête allongée dont les angles postérieurs se prolongent chacun en une longue dent, ou si l’on préfère en une épine robuste ; de ces angles part un pli relevé qui se prolonge au côté interne de l’œil. Le pronotum et le mésonotum forment ensemble une masse convexe, sans rebord latéral, armée de chaque côté d’une saillie aiguë ; sa surface est couverte d’un réseau de grosses rides dont les mailles circonscrivent des fossettes profondes, à fond finement pointillé et luisant; sur les rides sont implantées des soies blanchâtres en massue.

Un sillon profond sépare le pro-mésonotum du métanotum;

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celui-ci est armé d’épines très longues et minces, à section arrondie dans leur moitié apicale. Les nœuds du pédicule ont presque la même sculpture que le thorax ; l’abdomen est convexe, mat, avec des rides longitudinales, fortes et régulières à la base, faibles et formant réseau en arrière; il est couvert d’une ponctuation très dense et hérissé de petites soies blanchâtres. Les pieds sont allongés, les cuisses peu épaissies, ayant leur bord dorsal garni de tubercules spiniformes.

Le pli que je viens de décrire sur la tête de C. horridus se retrouve, quoique moins apparent, chez C. flagitiosus F. Sm. et chez C. Oberthüri Émery. Il existe chez C. guineensis F. Sm. un reste de son extrémité antérieure, qui s’unit d’une façon très évidente avec le bord supérieur du sillon antennaire. Ce dernier rapport se voit aussi chez G. horridus, A mon avis, ce pli correspond au bord dorsal du sillon antennaire des Strumigenys et Cryptocerus et à la lame frontale des autres Fourmis. La condition des genres Bhopalothrix et Ceratobasis est bien différente de celle des Cataulacus ; leur œil se trouve précisément sur le bord du sillon antennaire et non pas au-dessus de ce bord, comme s’il était en train d’émigrer de la face ventrale à la face dorsale.

Je dois donc confirmer l’opinion exprimée parM. Forel, que le genre Cataulams occupe une position isolée parmi les Myrmicides et s’écarte du reste du groupe artificiel des Cryptocérides composé d’éléments fort disparates. Dans sa monographie des fourmis de Madagascar, publiée dans le grand ouvrage de M. Grandidier, Forel réunit sous le nom d ’JMini les Atta et genres voisins, avec tous les anciens Cryptocérides, excepté Cryptocerus et Procryptocerus, tout en reconnaissant l’étroite parenté des genres Meranoplus et Calyptomyrmex avec les Triglyphotkrix et Tetramorium. De là à la dissolution complète du groupe des Cryptocérides, il n’y a qu’un pas. Ma correspondance sur

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