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III. OPHIURIDES

Ophiopezella Lutkeni P. de Loriol 1893.

Pi. V, fig. l.

Ophiopeza fallax Lütken,, 1869. Additamenta ad historiam Ophiuridarum , III, p. 17 ( non Peters.)

Dimensions. Diamètre du disque : 8 millim.

Longueur des bras en dehors du

disque: 33 millim.

Largeur des bras au pourtour : 1 7, millim.

Disque pentagonal, plat sur la face dorsale, revêtu d’une peau couverte de granules d’une finesse extrême, tout à fait microscopiques, ne laissant pas apercevoir les plaques radiales. Sur le pourtour, entre chaque bras, on distingue sous la peau 10 à 12 petites écailles arrondies, couvertes d’une granulation un peu plus grossière ; à la face ventrale les granules sont plus développés, s’allongent, et prennent l’apparence de piquants extrêmement courts.

Plaques buccales cordiformes, un peu plus longues que larges, aiguës en dedans, légèrement déprimées au milieu, vers leur bord externe, qui est faiblement évidé. Une pièce supplémentaire petite, mais bien distincte, arrondie en dehors ; sa largeur égale le tiers de celle des pièces buccales, parfois l’une ou l’autre paraît un peu cachée par la granulation, mais elles ne manquent jamais dans les exemplaires que j’ai examinés. Plaques buccales latérales assez grandes, ayant la forme d’un triangle presque régulier, dont la base est exactement appliquée contre les plaques buccales et le côté externe contre la première plaque ventrale des bras.

Sept papilles buccales de chaque côté des fentes buccales ; les deux ou trois externes larges, plates, tronquées, les autres

ÉCHIN ODERMES DE LA BAIE d’àMBOINE. 153

cylindriques et pointues. Le petit espace triangulaire entre les pièces buccales et l’apex des mâchoires est couvert de granules arrondis, bien développés et peu nombreux.

Cinq bras assez grêles, très graduellement acuminés, cylindriques, arrondis sur leur face dorsale. La première plaque ventrale est triangulaire, très arrondie sur le bord aboral, rétrécie en arrière en pointe assez longue qui entre dans la fente buccale. Les autres sont un peu plus longues que larges, suboctogonales, arquées en avant, rétrécies en arrière, un peu évidées sur les côtés latéraux. Plaques latérales grandes, arquées, empiétant sur la face dorsale, se rejoignant même vers l’extrémité des bras, mais bien moins sur la face ventrale. Plaques dorsales très petites, aussi larges que longues, triangulaires, très rétrécies en arrière, arquées et souvent un peu échancrées et lobées sur le bord aboral. Onze à douze piquants latéraux courts, aigus, presque égaux, appliqués contre les pièces latérales ; ils atteignent à peine la moitié de leur hauteur. Deux écailles sur chaque pore tentaculaire, dont l’une est allongée et aiguë, tandis que l’autre, bien plus petite et arrondie, embrasse la base du premier piquant latéral. Vers l’extrémité des bras une seule paraît exister encore.

Couleur brun verdâtre. Bras largement annelés de clair, sur la face dorsale ; la face ventrale est jaunâtre, sauf le disque qui est brun.

Rapports et différences . Dans ses « Additamenta ad Mstoriam Ophiuridarum » (toc. cit .), M. Lutken décrit en la rapportant à YOphiopeza fallax Peters, une espèce des îles Fidji, qui s’en distinguerait principalement par la présence de petites plaques buccales supplémentaires. Pour M. Lutken ce caractère n’a qu’une importance secondaire et c'est à peine s’il hésite dans sa détermination. J’ai sous les yeux un très bon exemplaire de cette espèce, provenant des îles Fidji, qui m’a été envoyé par le musée Godeffroi, et qui a été donc recueilli en même temps

P. UE LORIOL

que ceux qui ont été décrits par M. Lutken ; en le comparant avec l’exemplaire rapporté d’Amboine par MM. Pictet et Bedot, je n’ai pas su découvrir la moindre différence. Un examen comparatif très attentif avec des exemplaires de YOphiopem fallax ne me permet pas d’arriver à la même conclusion que M. Lutken, et je crois que l’espèce que je viens de décrire doit être envisagée comme distincte. J’estime en outre que c’est avec raison que Ljungmann a établi pour elle le genre Ophiopezella 1 , et le fait d’avoir des plaques supplémentaires aux plaques buccales me paraît être un caractère assez important pour la séparer génériquement de YOphiopeza fallax qui n’en a jamais. De plus, dans YOph. Lutkeni , les bras sont cylindriques, leurs plaques dorsales sont notablement plus rétrécies en arrière, les ventrales plus allongées. Le nombre des écailles imbriquées que l’on distingue sous la peau, sur le bord du disque, est de douze au moins entre chaque bras, à diamètre égal, et elles sont plus petites, les plaques buccales sont moins larges en dehors et plus rétrécies en dedans, et elles sont toujours légèrement é vidées sur le bord aboral pour loger la plaque supplémentaire ; les granules qui garnissent l’espace compris entre les plaques buccales et le bord buccal sont beaucoup moins nombreux parce qu’ils sont plus grossiers. Quant à Y Ophiarachna spinosa Ljungmann, que M. Lyman rapporte au genre Ophiopezella sans l’adopter, et que M. Lutken tend aussi (loc. cit) à assimiler avec doute à son espèce de l’île Fidji, elle me paraît devoir différer, d’après la description de Ljungmann, par ses plaques buccales presque heptagones, huit papilles buccales, et des piquants latéraux plus courts. Je ne connais pas l’espèce en nature.

1 Ljungmann, 187t. Forteckning ôfver uti Vestindienaf D? A. Go'ês samt under Kormtten Jose/inas Exp. i Atl. Oc. samlade Ophiurider. K. Vetensk. Akad. Forh., 1871, no 6, p. 639.

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’ AMBOINE.

Peetinura septemspinosa (Millier et Troschel) Lütken. pi. v, fig. 2.

Ophiarachna septemspinosa Muller et Troschel, 1842. System der Asleriden, p. 105, pl. 7, fig. 2.

Ophiarachna septemspinosa Lyman, 1865. Ophiuridæ and Astropkyt., p. il.

IHustr . Gatal. of the Muséum of eomp. Zool. at Harw. Coll., t. 1.

Peetinura septemspinosa Lütken. 1869. Additamenta ad kist, Ophiur. III, p. 15.

Ophiarachna septemspinosa Ljungman, 1866. Ophiuridea viv. hue usque cognita .

K. Vetensk. Acad. Fôrhandl . 1866, p. 505.

Peetinura septemspinosa v. Martens, 1870. Die Ophiuriden des indischen Océan.

Archiv fiir Naturgesch., 36. Jahrg., p. 245.

Peetinura septemspinosa Lyman. 1874. Ophiuridæ *and Astrophyt. old and new.

Bull. Mus. Comp. Zool. at Harw. Coll., vol. III, n" 10, p. 222, pl. 6, fig. 10-13.

» Lyman, 1880. A preliminary hst of the lioing Ophiur.

and Astroph. p. 3.

8 » Lyman, 1882. Reports on the sc. res. of the Voy. of the

Challenger. Ophiuroidea, p. 17.

« » Brock, 1888. Die Ophiurenfauna des indischen Archip.

Zeitsch. f. wissensch. Zool., t. 47, pp. 472 et 475.

» » Dôderlein, 1889. Die fàchinod. v. Geylon v. Dr Sarasin

ges. Zool. Jahrbücher, t. III, p. 831, pl. 32, fig. 4.

Trois exemplaires que j’ai sous les yeux se rapportent très certainement à une espèce dont M. Brock a recueilli une série de 22 exemplaires dans la même localité, à Amboine, et qu’il rapporte au Peetinura septemspinosa. Son plus grand exemplaire a le disque de 23mmde diamètre, avec des bras de 100rom de diamètre ; le plus grand de ceux qui ont été rapportés par MM. Pictet et Bedot a le disque de 16mm de diamètre et les bras de 50 à 55mm de longueur au delà du pourtour du disque. L’exemplaire original (qui paraît être resté unique au moins jusqu’en 1 873) a le disque de 25mmde diamètre, d’après M. Lyman, qui l’a examiné. Je me range à l’opinion de M. Brock et les exemplaires d’ Amboine me paraissent devoir être attribués à cette espèce et correspondre fort exactement à ce que nous en savons par Müller et Troschel et par M. Lyman. La forme

P. DE LORIOL

des plaques ventrales des bras ressemble davantage à celle que l’on voit sur la figure du « System der Asteriden » qu'à celle qu’a donnée M. Lyman. Dans l’exemplaire type, d’après la description de Muller et Troschel, quelques-unes des plaques dorsales des bras étaient divisées. Je n’en vois aucune dans les trois exemplaires d’Amboine que j’ai examinés; M. Brock non plus dans les siens; M. Doderlein pas davantage dans les individus de Ceylan dont il a donné une figure et qui sont identiques à ceux d’Amboine. Toutefois il ne faudrait pas conclure de ce seul fait que tous ces exemplaires n’appartiennent pas au P. septemspinosa. A ce. propos je ferai observer que, dans le Pectinura armata Troschel, les jeunes individus, de la dimension de nos exemplaires d’Amboine, ne présentent aucune plaque dorsale divisée, tandis que, dans les grands exemplaires, on en voit plusieurs, et que leur nombre semble même augmenter avec la taille.

Les plaques radiales sont fort petites, mais très distinctes, très noires, et séparées, dans chaque paire, par un espace égal à deux ou trois fois leur largeur. La granulation de la face dorsale du disque s’étend plus ou moins loin sur la base des bras, surtout sur les côtés. Les bras sont rigides, relativement épais et courts. Les piquants n’atteignent guère la moitié de la hauteur des pièces latérales ; ils sont un peu fusiformes, assez aplatis, légèrement échinulés au sommet; l’inférieur, bien plus large, a, en moyenne, un peu plus de deux fois la longueur du voisin. On en compte de 6 à 8, presque toujours 7. Les pores entre les pièces ventrales des bras sont parfois distincts sur une très grande longueur. Dans un individu les bras sont marqués d’étroits anneaux blancs. Le Pectinura rigida Lyman, que M. Brock voudrait réunir au Pect. septemspinosa , me paraît plus voisin du Pectinura armata Troschel, ainsi que je l’expose en décrivant cette dernière espèce dans un autre ouvrage. ( Catal . des Échinodermes de Vile Maurice.) Le P. septemspinosa en diffère par ses

ÉCHINODERMES DE LA BAIE ü’AMBOINE. 157

bras plus rigides, plus courts, relativement plus épais vers la base, par ses piquants latéraux plus courts, plus nombreux que dans les jeunes du P. armata , et moins nombreux que dans les adultes, par ses plaques plus finement chagrinées, enfin par sa couleur, le P. armata n’ayant jamais de linéoles, mais une tache blanche à la pointe de tous ses piquants latéraux.

Pectinura gorgonia (Millier et Troschel) Lütken.

Ophiarachna gorgonia Millier et Troschel, 1842. System der Asteriden, p. 105. Pectinura gorgonia Lütken, 1869. Additamenta adhist. Ophiuridarum, t. III, p. 15.

» » v. Martens, 1870. Die Ophiuriden des indischen Océans.

Zeitsch. für Naturgesehichte., 38. Jahrg., p. 245.

» * Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of

the Challenger, p. 15.

* » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Archipels.

Zeitschr. für wiss. Zoologie, t. 47, p. 471. etc., etc.

Exemplaires très typiques. L’un appartient à la variété verte signalée par M. Bbock.

Pectinura infernalis (Millier et Troschel) Lütken.

Ophiarachna infernalis Müller et Troschel, 1842. System der Asteriden , p. 103. » » Ljungmann, 1866. Ophiur. viv. hue. usque cogn. K.

Vetensk. Akad. Forh., 1866, p. 305.

Pectinura infernalis Lütken, 1869. Addit. ad hist. Ophiur. t. III, p. 15.

» » v. Martens, 1870. Die Ophiuriden desind. Océans. Zeitschr.

für Naturgesehichte, 38. Jahrg., p. 245.

» » Lyman, 1874. Ophiur. and Âstrophyt. new and old. Bull.

Mus. Cornp. Zool. at Harw. Coll., t. III, n° 10, p. 222, pi. VII, fig. 1.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of

the Challenger, p. 17.

* » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des ind. Archipels.

Zeitsch. f. wissensch. Zoologie, t. 47, p. 471.

Exemplaires parfaitement caractérisés.

P. DE LORIOL

Ophiolepis cincta Millier et Troschel.

Ophiolepis cincta Millier et Troschel, 1842. System der Asteriden, p. 90.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of the

Challenger, p. 19, pl. 37, fig. 7-9.

» » Brock, 1888. Die Ophinridenfauna des ind. Archipels. Zeitsch.

f. wiss. Zool., t. 47, p. 475.

Exemplaires bien typiques, seulement les plaques buccales sont un peu plus longues que larges.

Ophioplocus imbricatus (Millier et Troschel) Lyman.

Ophiolepis imbricata Müller et Troschel, 1842. System der Asteriden, p. 93. ■Ophioplocus imbricatus Lyman, 1865. Ophiuridæ and Astrophytidæ. Illustr. Cat.

of the Muséum of Comp. Zool. at Harward College, t. I, p. 69.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage

of the Challenger, p. 20.

» » Brock, 1888. Die Ophinridenfauna des indischen Archi-

pels. Zeitsch. für wiss. Zool., t. 47, p. 477.

Nombreux exemplaires.

Ophiadis sexradia Grube.

Ophiactis sexradia Grube, 1857. Beschreibungen neuer oder weniger bekannten Seesterne und Seeigel, p. 37, pl. 3, fig. 1-3.

» » Grube, 1857. Diagnosen einiger neuen Echinodermen. Arehiv

für Naturgeschiehte, t. 23, p. 243.

» » Th. Studer, 1883. Ophiuriden der Reise der Gazelle, p. 17.

Abhandlungen der Berliner Akad. d. Wissenschaften,

Cette espèce a été très souvent citée, mais je ne saurais donner une synonymie plus étendue à cause de l’incertitude dans laquelle on est encore sur ses limites.

Dimensions . Diamètre du disque : 4 millim.

Longueur des bras : 18 millim.

Longueur des bras, à partir du bord du disque, sans piquants : 3/*

ÉOHINODERMES DE LA BAIE d’aMBOINE. 159

Disque circulaire, nullement échancré au pourtour, assez épais, plane sur sa face dorsale. Pièces radiales très finement granuleuses, allongées, étroites, arrondies en dehors, acuminées en dedans ; leur longueur est un peu supérieure au quart du diamètre du disque ; elles sont contiguës sur un point de leur bord externe, puis s’écartent un peu, et sont séparées par de très petites écailles inégales, allongées, d’abord en série simple, puis en série double près du centre. Le reste de la surface dorsale du disque est revêtu d’écailles arrondies, inégales, imbriquées, qui, vers le centre, se réduisent à trois séries assez régulières; au centre même le contour des écailles est masqué par une granulation très serrée. Quelques petits piquants aigus se montrent çà et là, principalement sur les écailles nombreuses qui forment le pourtour dans les aires interbrachiales, et autour de la petite région granuleuse centrale qu’ils entourent comme d’une couronne; un piquant se trouve aussi à l’extrémité externe de chacune des plaques radiales. La face inférieure du disque est presque entièrement occupée par les bras et l’appareil buccal; les aires interradiales, très peu étendues, sont granuleuses et portent aussi quelques petits piquants.

Deux papilles buccales de chaque côté des fentes buccales, minces, arrondies, égales. Six dents pour chaque pile, carrées, tranchantes sur leur bord. Plaques buccales petites, arrondies. Le contour des plaques latérales buccales n'est pas très distinct; elles paraissent petites et triangulaires.

Six bras robustes, nullement élargis au pourtour du disque, conservant quelque temps la même largeur, puis, très graduellement acuminés, leur longueur égale 4 7, fois le diamètre du disque. Plaques dorsales subrectangulaires, notablement plus larges que hautes, arrondies sur les côtés latéraux ; sur le bord aboral se trouve un petit lobe médian qui détache une légère échancrure de chaque côté. Plaques ventrales un peu plus longues que larges, rectilignes sur les bords latéraux, tantôt

P. DE LOEIOL.

arquées sur le bord adorai, tantôt aussi de forme presque octogone. Les plaques latérales n’empiètent ni en dessus ni en dessous. Toutes ces pièces sont granuleuses. Vers la base des bras,, six piquants latéraux, puis cinq seulement ; ils sont relativement courts, un peu aplatis, obtus, un peu échinulés vers le sommet, les deux supérieurs un peu plus longs que les trois autres. Les pores tentaculaires sont fermés par une seule écaille arrondie, mince et assez grande.

La face dorsale du disque est d’un vert foncé, avec une bande blanche rayonnant dans chaque espace interbrachial, et une couronne blanche autour de la partie granuleuse du centre ; une tache blanche sur l’extrémité externe de chacune des plaques radiales. La face dorsale des bras est assez régulièrementannelée et bigarrée de vert foncé et de vert très pâle. La face ventrale est jaunâtre.

Rapports et différences. J’ai cru devoir décrire en détail l’exemplaire que j’ai sous les yeux parce qu’il règne encore une certaine incertitude au sujet de cette espèce. Cet individu se rapporte parfaitement bien à la figure et à la description donnée par Grube, de l’ OpHactis sexradia , seulement les écailles du centre de la face dorsale du disque sont très granuleuses et peu distinctes. Cet Ophiactis sexradia a été réuni par plusieurs auteurs à l’ Ophiactis Savignyi Millier et Troschel, dont le disque est lobé ; les pièces dorsales et ventrales de ses bras sont aussi un peu différentes de forme, et il a sept piquants latéraux et deux écailles à chaque pore tentaculaire. M. Théoph. Studer (loc. cit .), après examen de l’original de VOpk. sexradia Grube, envisage les deux espèces comme différentes; il a émis la même opinion au sujet de VOpk. incisa v. Martens, dont il a également examiné les types, et dont il a recueilli de nouveaux exemplaires en Australie. Cet Oph. incisa diffère de l’exemplaire que j’ai décrit par son disque lobé, portant des piquants claviformes, par cinq bras seulement, et par sept piquants latéraux;

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’aMBOINE.

les plaques dorsales des bras sont rectilignes, les ventrales aussi larges que longues. Dans son remarquable ouvrage sur les Ophiurides du Challenger, M. Lyman réunit encore hYOph. Savignyî , l’ Oph. Beinharti Lütken, des îles Nicobar et de Tahiti, qui diffère de l’exemplaire d’Amboine par les écailles de la face dorsale du disque plus petites et plus nombreuses, par ses plaques buccales rhomboédriques, et par le piquant latéral inférieur qui n’est pas plus grand que l’écaille du pore tentaculaire; puis V Oph. Krebsi Lütken, des Antilles et de File San Thomé, dont les plaques radiales sont fort grandes (a/3 du rayon du disque), moins acuminées en dedans, et moins écartées, avec des plaques brachiales dorsales plus hautes, relativement, et trapézoïdes par suite de rempiètement des pièces latérales, et dont les plaques ventrales sont un peu plus larges que longues; enfin Y Oph. virescens Oersted et Lütken, de Puntarenas et de Californie, dans lequel les bras sont rapidement élargis près du disque dont les écailles de la face dorsale sont moins serrées et plus régulières, et dans lequel les piquants latéraux paraissent plus trapus. Certainement toutes ces espèces sont fort voisines, mais je n’ai point les matériaux nécessaires pour me faire une opinion personnelle à l’égard de leur réunion en une seule, ou du maintien de leur séparation. S’il n’y a là réellement qu’une seule espèce, l’aire géographique de sa distribution serait singulièrement étendue. L’opinion de M. Studer milite certainement en faveur du maintien de l’ Oph. sexradia et de l’ Oph. incisa dont il a comparé les types.

Disque un peu pentagonal, légèrement échancré en face des

Ophiadis Brocki P. de Loriol, 1893.

PI. Vl, Fig. l.

Dimensions. Diamètre du disque :

Longueur des bras :

4 ’/î millim.

18 millim.

P. DE LORIOL

bras, aplati sur la face dorsale, un peu renflé sur la face ventrale. Sa face dorsale est revêtue d’une peau granuleuse qui recouvre aussi les plaques radiales tout en les laissant apercevoir, et permettant de distinguer aussi, dans une certaine mesure, les écailles; celles-ci sont inégales, arrondies ou anguleuses; elles forment de larges bandes interradiales et elles garnissent le centre où elles ne paraissent ni plus développées ni disposées avec plus de régularité. Plaques radiales très petites, plus courtes que la moitié du rayon du disque, ovales, notablement plus longues que larges, rétrécies en arrière, arrondies à leur extrémité externe où elles sont un peu relevées en écaille; elles paraissent presque contiguës, à peine séparées par une série d’écailles extrêmement petites. Çà et là se montre un petit piquant aciculé très court. A la face ventrale les écailles paraissent uniformes et extrêmement petites, on ne voit pas de piquants.

Deux petites papilles buccales arrondies de chaque côté des fentes buccales. Les plaques buccales sont très indistinctes, on voit pourtant qu’elles sont subcirculaires; les latérales sont tout à fait masquées par une peau fine et couverte d’un chagrin microscopique.

Six bras assez larges, conservant leur largeur sur une assez grande longueur, puis très graduellement accuminés. Plaques ventrales aussi larges que longues, de forme octogone, finement granuleuses. Plaques dorsales granuleuses, environ trois fois aussi larges que longues, un peu anguleuses sur les côtés latéraux, rectilignes sur le bord adorai, et aussi sur le bord aboral qui est très faiblement lobé et où deux points noirs simulent deux petites échancrures. Les plaques latérales n'empiètent aucunement en dessus, légèrement en dessous. Six piquants latéraux à la base des bras, et sur une certaine partie de leur longueur ; ils sont très courts, les trois supérieurs dorsaux, un peu plus longs et plus acuminés que les autres, n’atteignent pas une longueur égale à celle de la moitié de la largeur des plaques dorsales sur

ÉCHLNODERMES DE LA BAIE d’aMBOINE.

les articles rapprochés du disque ; ils prennent bientôt la forme des trois inférieurs, c’est-à-dire deviennent assez aplatis, tronqués au sommet, et un peu échinulés, tout en demeurant toujours un peu plus longs. Une seule écaille arrondie sur les pores tentaculaires.

La face dorsale du disque est verdâtre, les plaques radiales plus foncées avec une tache blanche près de l’extrémité externe ; les bras régulièrement annelés sur leur face dorsale par des bandes foncées beaucoup plus étroites que les claires ; trois ou quatre points noirs sur le bord aboral des pièces dorsales des bras. La face ventrale a une teinte claire uniforme sans aucune tache.

Rapports et différences. Voisine de V Ophiactis modesta Brock, également recueilli à Amboine, cette espèce s’en distingue par ses bras dont la longueur n’est pas supérieure à cinq fois le diamètre du disque au lieu de six fois, par l’arrangement des écailles sur la face dorsale du disque qui est différent, car il n’y a pas une grande plaque centrale entourée d’une rosette distincte formée d’autres plaques, puis par ses plaques radiales plus petites, par les plaques dorsales de ses bras de forme différente, non en éventail, par ses plaques ventrales non échancrées en avant, et par ses piquants latéraux dont le dorsal est un peu plus long que les autres au lieu d'être le plus petit.

Amphiura Buncani Lyman .

Amphiura Lutkeni Martin Duncan, 1878. On some Ophiuroidea frorn the Korean Seas. Linn. Soc. Journal, Zool. vol. 14, p. 464, pl. 10, fig. 17 (non Amphipholis Lutkeni . Ljungraann.)

Amphiura Duncani Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of the Challenger, p. 143.

Le disque a un diamètre de 6mra, il est arrondi, assez renflé en dessus et en dessous, et couvert d’une peau molle très fine sur laquelle on distingue des écailles imbriquées d’une grande

P. DE LORIOL

finesse, sensiblement égales; sur la face dorsale la peau se trouve assez déchirée, de sorte qu’on ne voit pas partout les écailles ; celles du centre du disque ne paraisssent point plus grandes que les autres. Plaques radiales petites, étroites, au moins trois fois plus longues que larges, à peu près contiguës sur un point, en dehors, puis séparées par une bande de petites écailles.

Une petite papille buccale squamiforme à la base et une plus grande et pointue vers l’apex. Les tentacules des pores buccaux sont fort longs. Plaques buccales subcordiformes, pointues en dedans, un peu plus larges que longues. Plaques buccales latérales assez grandes et triangulaires.

Cinq bras assez larges, très longs relativement, de 46 à 50“™ de longuehr, au moins. Plaques dorsales ovales transverses, plus larges que hautes, arrondies sur le bord aboral, les plaques latérales empiètent de chaque côté sans pourtant se toucher. Plaques ventrales subcarrées, un peu plus larges que longues; au delà du disque elles sont légèrement échancrées sur le bord aboral. Six piquants latéraux, courts, un peu trapus, presque égaux, le supérieur un peu plus long ; ils n’atteignent pas la hauteur d’un article ; vers le milieu des bras il n’y en a plus que cinq, puis quatre. Une seule écaille pour un pore tentaculaire.

Couleur blanchâtre dans l’alcool, deux taches un peu plus foncées sur les plaques dorsales des bras.

Je n’ai vu qu’un seul exemplaire dont le disque est assez détérioré sur la face dorsale. Il présente tous les caractères de YAmphiura Duncani. Seulement les plaques ventrales sont légèrement échancrées sur le bord aboral, vers le milieu des bras, et la longueur proportionnelle des piquants latéraux semble un peu différente; la couleur paraît aussi avoir été plus pâle. Je ne saurais, sur ces légères différences, établir une nouvelle espèce, surtout avec un seul exemplaire endommagé. M. Brock ne cite pas cette espèce à Amboine, mais il en décrit trois nouvelles dont aucune ne peut se confondre avec celle-ci.

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’aMBOINE.

Ophiocnida Picteti P. de Loriot, 1893.

PL VI, Fig. 2.

Dimensions. Diamètre du disque :

5 '/a millim.

Longueur très approximative des bras, à partir du disque :

30 à 33 mil.

Diamètre des bras, sans piquants, au pourtour du disque :

7, millim.

Disque subcirculaire, légèrement échancré en face des bras, un peu renflé sur la face dorsale, et davantage sur la face ventrale. Il est revêtu d’une peau très finement granuleuse qui laisse difficilement distinguer les écailles, très petites, paraissant éparses ; quelques piquants très courts, aciculés, se montrent çà et là, principalement vers le pourtour et sur la face ventrale. Plaques radiales très allongées, très étroites, un peu relevées en écaille à leur extrémité externe, un peu écartées au milieu où elles sont séparées par quelques petites écailles allongées, et, de nouveau, presque contiguës à leur extrémité interne.

Fentes buccales très courtes; deux petites papilles buccales arrondies, formant comme une paire tout à fait à la base, de chaque côté, et une, plus petite, sous la pile dentaire. Dents robustes, tronquées carrément, au nombre de quatre ou cinq par pile. Plaques buccales ovales, transverses, peu distinctes, de même que les plaques buccales latérales qui sont très petites.

Cinq bras étroits, aplatis, conservant longtemps leur largeur, ayant environ six fois la longueur du diamètre du disque. Plaques ventrales quadrangulaires, avec les angles arrondis et les côtés latéraux non excavés, un peu plus larges que hautes, très arquées sur leur bord aboral. Plaques latérales sans crête sensible, n’empiétant ni en dessus ni en dessous. Plaques dorsales

P. DE LORIOL

légèrement et uniformément convexes, étroites, au moins trois fois plus larges que hautes, finement granuleuses, subquadrangulaires, un peu arrondies sur les côtés latéraux, à peu près rectilignes tant sur le bord adorai que sur l’autre. Six piquants latéraux, rarement sept, courts, leur longueur maximum n’atteignant pas la moitié de la largeur des plaques dorsales, relativement épais, trapus, obtus, le dorsal très court, les deux suivants un peu plus longs que les trois autres; ils sont très finement striés et délicatement échinulés. Deux petites écailles sur chacun des pores tentaculaires, à la base des bras ; plus loin je n’en distingue plus qu’une seule.

La couleur du disque, sur ses deux faces, est un brun verdâtre marbré de clair. Les bras sont de la même couleur, inégalement marbrés, sans être distinctement annelés ; à la face ventrale ils sont d’une teinte claire uniforme.

Rapports et différences. Une espèce d’ Ophiocnida a été recueillie à Amboine par M. Brqck qui l’a décrite sous le nom d’ Oph. alboviridis , celle-ci est certainement différente par ses plaques radiales, qui ressemblent tout à fait à celles de Y Ophiocnida scabra Lyman, et point à celles de V Ophiocnida pilosa Lyman, par ses papilles buccales très différentes de celles de cette dernière espèce dont M. Brock rapproche encore l’appareil buccal de la sienne, puis par ses bras nullement carénés sur leur face dorsale, par la forme des pièces ventrales des bras, enfin par la présence d’écailles sur les pores tentaculaires et celle de six piquants nettement échinulés sur chaque plaque latérale. Ce dernier caractère ne se montre pas ordinairement dans les Ophiocnida, il est cependant indiqué pour une espèce, Y Ophiocnida caribœa Ljungmann, qui diffère de Y Oph. Picteti par ses papilles buccales, par la forme des plaques dorsales et des plaques ventrales de ses bras, etc. Du reste, indépendamment de ce caractère particulier, je 11e vois pas d’espèce parmi celles qui ont été décrites qui puisse être confondue avec

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’aMBOINE.

celle-ci, et, lors même que ses piquants latéraux sont échinulés, elle me paraît devoir être classée dans le genre Ophiocnida , dont elle présente tous les caractères.

Un seul exemplaire.

Ophiocoma scolopendrina (Lamarck) Agassiz.

Ophiura scolopendrina Lamarck, 1816. Hist. nat. des anim. sans vertèbres, t. II, p. 544.

Ophiocoma scolopendrina Agassiz, 1835. Prodrome d’une Monogr. des Echinodermes. Mém. Soc. sc. nat. de Neuchâtel, t. I, p. 192.

* » Muller et Troschel, 1842. System der Asteriden, p. 101.

» *> Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage

of the Challenger, p. 170.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Ar-

chipels. Zeitsch. fur wiss. Zoologie, t. 47, p. 495. Etc., etc.

Un seul exemplaire bien caractérisé.

Ophiocoma scolopendrina (Lamarck) Agassiz.

(variété Ophiocoma alternans v. Martens.)

Ophiocoma alternans v. Martens, 1870. Die Ophiuren des indischen Océan. Àrchiv für Naturgeschichte, 36. Jahrg., p. 251.

» » Lyman, 1874. Ophiur. and Astroph. old and new. Bull.

Mus. Comp. Zool. at Harward College, t. III, n° 10, p. 225.

Dimensions. Diamètre du disque : 18 millim.

Longueur des bras, à partir du

disque: 118 millim.

Épaisseur du bras au pourtour: 3 millim.

Disque circulaire, un peu renflé sur la face dorsale et sur la face ventrale, légèrement évidé dans les aires interbrachiales. La face dorsale est revêtue d’une granulation fine dont les granules, arrondis, sont espacés, surtout au centre; on distingue même vaguement deux très petites plaques radiales entourées

P. DE LORIOL

de granules un peu plus gros. Les aires interbracîiiales de la face ventrale sont couvertes d’écailles très fines, très imbriquées, avec quelques granules écartés près du bord et dans leur région médiane.

Plaques buccales notablement plus longues que larges, rétrécies et coupées droit sur leur bord interne, un peu arquées sur leur bord externe, légèrement é vidées sur les côtés latéraux. Plaques buccales latérales petites, triangulaires, exactement appliquées contre les côtés latéraux des plaques buccales.

Fentes buccales larges et courtes ; on compte, de chaque côté, quatre papilles buccales, larges, un peu carrées, obtuses, un peu irrégulières, avec une impaire à l’apex de l’angle ; l’externe s’appuie sur la plaque buccale latérale. Les papilles dentaires sont presque aussi grosses que les papilles buccales, et presque de même forme; elles sont disposées sur trois rangées, on en compte deux ou trois par rangée.

Cinq bras relativement longs, assez rapidement et très graduellement effilés, et extrêmement ténus à l’extrémité. Les piquants latéraux, au nombre de quatre ou de trois, sont cylindriques, obtus, lisses, le supérieur dorsal plus long sans qu’il y ait une différence très sensible avec le troisième, et nullement renflé ; les deux inférieurs un peu plus acuminés. Plaques ventrales subrectangulaires, un peu plus longues que larges, un peu élargies sur leur bord aboral qui est légèrement concave et dont les angles sont coupés, légèrement échancrées sur les bords latéraux pour l’ouverture du pore. Plaques dorsales notablement plus larges que longues, un peu irrégulièrement convexes en avant et en arrière, où elles sont un peu rétrécies, très acuminées sur leurs côtés latéraux pour faire place aux pièces latérales qui se montrent dans les intervalles. Vers l’extrémité des bras les pièces dorsales s’allongent, prennent la forme d’éventail, leur bord adorai se rétrécit jusqu’à s’annuler par suite de Fempiètement graduel des plaques latérales. Jusqu’au 15me article

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’aMBOINE.

environ il y a deux petites écailles arrondies pour chaque pore tentaculaire, puis, tantôt deux, tantôt une, et, enfin, plus qu’une seule jusqu’à l’extrémité des bras.

La couleur de la face dorsale du disque et des bras est noire ou grise, souvent avec des taches ou des ocelles de couleur blanche, plus ou moins marquées et plus ou moins nombreuses. La face ventrale du disque est noirâtre, mais celle des bras est toujours de couleur claire avec des marbrures, des points ou des linéoles foncés plus ou moins nombreux. Les plaques latérales des bras sont toujours couvertes de petits points et de linéoles noires sur un fond blanc. Les piquants latéraux, rarement annelés, sont toujours marqués de linéoles ou de points noirs. Les plaques buccales sont plus ou moins noires, bordées de blanc.

L’exemplaire original de YOphiocoma alternans a paru à M. Lyman, qui l’a examiné, n’être qu’un jeune de YOph. scolo pendrina. Si j’ai cru devoir décrire les exemplaires rapportés d’Àmboine c’est qu’ils me semblent autoriser à regarder 1 ’Oph. alternans plutôt comme une variété de YOph. scolopendrina que comme un simple synonyme. J’ai comparé aussi des exemplaires plus petits envoyés d’Amboine à M. Schneider, et se rapprochant encore plus du type de YOph. alternans par leurs taches blanches particulières. Ils présentent tous les caractères généraux de YOph. scolopendrina , mais se font remarquer par une alternance presque régulière entre 3 et 4 dans le nombre des piquants latéraux, dont le supérieur dorsal est plus long, mais point sensiblement renflé, par l’apparition des plaques radiales qui, bien que très petites, sont plus ou moins distinctes et souvent très nettes, puis par quelques différences de coloration, entre autres celle des plaques latérales des bras toujours piquetées et linéolées de noir, ce qui ne se voit que très rarement dans YOph. scolopendrina et jamais dans YOph. erinaceus. Cette dernière espèce, que j’estime devoir être séparée de FO. scolo pendrina , se reconnaît à ses bras plus courts, plus rigides, plus

P. DE LORIOL

brusquement effilés à l’extrémité ce qui leur donne un aspect différent, par ses pièces buccales plus régulièrement ovales, les pièces ventrales de ses bras plus larges que longues, la couleur toujours uniformément noire de la face ventrale des bras.

Ophiocoma erinaceus Millier et Troschel.

Ophiocoma erinaceus Millier et Troschel, 1842, System der Asteriden, p. 98.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage

of the Challenger, p. 170.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Archipels.

Zeitsch. f. wiss. Zoologie, t. 47, p. 495.

Les sept exemplaires recueillis présentent tous les caractères de l’espèce, avec quelques modifications individuelles qu’il peut être utile d’indiquer. Le diamètre du disque varie de dix à vingt millimètres ; la longueur proportionnelle des bras n’est pas constante, ainsi un exemplaire de 10mm de diamètre a des bras de 45mm de longueur au delà du disque ; un autre, avec un disque également de ÎO211111, a des bras de GO111121; en général la longueur des bras égale 4 1/2 à 5 fois le diamètre du disque. La granulation de la face dorsale est, relativement, assez grossière, mais homogène, les granules sont plus ou moins espacés, on n’en compte guère plus de trois sur la longueur de lmm. A la face ventrale, le disque est tantôt presque nu, tantôt un peu granuleux au milieu des aires. Les bras sont toujours rigides. On compte quatre piquants latéraux, parfois trois; le supérieur dorsal toujours bien plus long et plus épais que les autres, parfois un peu claviforme. La forme des pièces dorsales et celle des pièces ventrales varie peu, de même que celle des pièces buccales. Dans un exemplaire le premier pore tentaculaire à la base d’un bras a quatre ou trois écailles, puis il n’y en a plus que deux, et même une seule, alternant çà et là entre deux et une. Généralement il y a deux écailles pour chaque pore jusqu’à une distance variable du disque, dépassant la moitié, puis plus qu’une seule.

ECIIINODERMES DE DA BAIE d’aMBOINE. 171

Dans tous les exemplaires la couleur est absolument noire sur la face dorsale et sur la face ventrale des bras et du disque ; les piquants sont quelquefois un peu plus pâles sur leur face ventrale, avec une bande foncée au milieu, ou bien ils sont très finement linéolés de clair en travers. Les plaques ventrales peuvent présenter aussi des marbrures noires sur un fond plus clair. Dans un exemplaire enfin, les pièces buccales sont entourées d’un cercle de petits points noirs et blancs.

Ophiarachna affinis Lütken.

Ophiarachna affinis Lütken, 1869. A ddit cimenta ad historiam Ophiuridarum, t. ni, p. 17 et 80.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of

the Challenger, p. 173.

Ophiarachna clavigera R rock. 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Archipels. Zeitschrift für wissensch. ZooL, t. 47, p. 495.

Grands et beaux exemplaires dont le disque atteint 20““ de diamètre, avec des bras d’au moins 100“™ de longueur. Le disque est subpentagonal, entièrement couvert, en dessus et en dessous, d’une granulation d’une grande finesse, très homogène, qui ne laisse point apercevoir les plaques radiales ; on distingue, en dessous, des écailles imbriquées d’une extrême finesse. Les plaques buccales, assez grandes, ovales, cordiformes, sont accompagnées d’une petite pièce supplémentaire semi-circulaire. Les plaques latérales buccales sont assez grandes, triangulaires, mais point contiguës en dedans. Sept papilles buccales de chaque côté des fentes buccales, très rarement huit ; les trois ou quatre externes larges et un peu carrées, les autres plus longues et pointues. Cinq et six dents larges, tronquées sur leur bord interne, la supérieure plus longue et pointue. Trois papilles aiguës se montrent de chaque côté dans l’espace qui sépare les piles dentaires. Quelques granules assez gros dans l’espace très petit qui sépare les papilles buccales des plaques buccales. La granulation s’étend un peu sur la base des bras à la face dorsale.

P. DE LORIOL

Les plaques dorsales, bien plus larges que longues, prennent une forme toujours plus hexagonale en approchant de l’extrémité des bras. Plaques ventrales un peu plus larges [que hautes, subquadrangulaires, légèrement é vidées sur les côtés latéraux. Cinq à six piquants latéraux subulés, atteignant presque la longueur de deux articles. L’inférieur ventral est plus long que les autres, parfois renflé à l’extrémité, et même, quoique rarement, presque claviforme, comme dans les Ophiomastix. Deux papilles assez grandes, ovales, à chaque pore tentaculaire. La couleur du disque est blanchâtre, avec de nombreuses petites taches et des ocelles noires. Les plaques dorsales des bras bordées de blanc, les piquants annelés, les plaques buccales et les plaques ventrales des bras marbrées de noir.

Sous le nom de Oph. clavigera M. Brock a décrit une nouvelle espèce d’Amboine, qui est évidemment celle dont il s’agit ici; elle différerait, d’après l’auteur, de l 'Oph. a/j'misLütken, par la présence de 5 à 6 papilles buccales de chaque côté de l’angle buccal, et une à l’apex, puis par l’existence de piquants claviformes. Cette dernière particularité n’est pas, à la vérité, mentionnée par M. Lütken dans sa diagnose, mais j’ai sous les yeux deux exemplaires de VOphiac. affinis , des îles Fidji, qui m’ont été envoyés dans le temps par le musée Godeffroi et qui, par conséquent, ont été déterminés par M, Lutken ; or l’un d’entre eux, dont le disque a 171™11 de diamètre, possède autant de piquants claviformes que les exemplaires d’Amboine, et ils sont peut-être plus accentués; l’autre, dont le disque n’a que 14 :mm de diamètre, n’en présente qu’un seul pour les cinq bras, et il n’est pas très renflé. Comme le disque du type de M. Lutken n’avait que 15mm de diamètre, il me paraît certain que c’était un exemplaire comme celui que j’ai sous les yeux, n’ayant pas encore ses piquants claviformes, et que, par conséquent, ce caractère n’a pu être mentionné par M. Lutken, tandis qu’il l’aurait frappé s’il avait eu alors de grands exemplaires à

ÉCHJNO.DERMES DE LA BALE d’aMBOINE. 173

décrire. Du reste les deux individus des îles Fidji que je viens de mentionner sont identiques entre eux et aux exemplaires d’Amboine, présentant exactement les caractères énumérés par M. Lutken. La forme du piquant ventral de leurs bras est variable, vers la base il est plat et tronqué, plus loin il estacuminé ou un peu aplati et légèrement élargi à l’extrémité ; quelques-uns, 5 ou 6 au maximum, sont plus longs, plus élargis, et même plus ou moins renflés en massue à l’extrémité, les autres redeviennent effilés. Quant aux papilles buccales, j’en vois quatorze, et une fois quinze, dans chaque angle buccal des exemplaires d’Amboine, 14 dans le plus grand exemplaire des îles Fidji, 14 et 16 dans le plus petit. Il me paraît certain que les exemplaires d’Amboine n'appartiennent pas à une nouvelle espèce, mais sont de grands exemplaires de VOph. affinis Lütken.

Ophiarthrum elegans Peters.

Ophiarthrum elegans Peters, 1851. Uebersicht der an der Kiiste Mossambique einges. Ophiuren. Bericht über die Verh. d. K. Preuss. Akad, d. Wiss. zu Berlin, 1851, p. 463.

Ophiarthrum elegans Peters, 1852. Ueber neue Ophiuren von Mossambique.

Archiv für Naturgesehichte, 18. Jahrg,, t. I, p. 82.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of

the Challenger, p. 174.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des ind. Archipels.

Zeitsch. f. wiss. Zool., t. 47. p. 497, etc., etc.

Plusieurs exemplaires.

Ophiomastix annulosa Muller et Troschel.

Ophiura annulosa Lamarck, 1816. Animaux sans vertèbres, t. II, p. 543. Ophiomastix annulosa Müller et Troschel, 1842. System der Asteriden, p. 107.

* » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the voyage of

the Challenger, p. 175.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Archi-

pels. Zeitschr. für wiss. Zoologie, t. 47, pp. 497 et 503.

Plusieurs exemplaires très bien caractérisés.

P. DE LOEIOL.

Ophiomastix caryophyllata Lütken.

Ophiomastix caryophyllata Lütken, 1869. Additam. ad Historiam Ophiuridarum , •L III, p. 43.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the

Voyage of the Challenger, p. 175.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Ar-

chipels. Zeitsehr. f. wiss. Zoologie, t. 47, pp. 497 et 503.

Un exemplaire très typique, dont le disque a IB™1*1 de diamètre, et les bras l!0ffim de longueur, avec environ 15 piquants claviformes.

Ophiomastix mixta Lütken.

Ophiomastix mixta Lütken, 1869. Additamenta ad hist. Ophiurid., t. III, p. 24.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of

the Challenger, p. 175.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des ind. Archipels.

Zeitsch. fur wiss. Zoologie, t. 47, pp. 497 et 504.

Un seul exemplaire, dont le disque a 16“™ de diamètre, et les bras 75 à 80mm de longueur. Ses caractères sont parfaitement ceux qui ont été donnés par M. Lütken, seulement, çà et là, le piquant supérieur dorsal devient claviforme, avec un renflement terminal court, peu accentué, un peu rugueux, souvent aplati, et souvent bilobé au sommet. Le nombre de ces piquants est très variable, ils s’avancent beaucoup plus loin sur l’un des bras que sur l’autre. Tout en reconnaissant que, dans les exemplaires qu’il examinait, aucun piquant ne devenait claviforme, M. Lütken ajoute qu’il se peut bien que, sur de grands exemplaires, cette forme des piquants vienne à se présenter. M. LmAN (Challenger) n’insiste pas sur ce caractère à propos de cette espèce ; il l’invoque cependant pour une autre. M. Brock attribue à FO. mixta des radioles claviformes nombreux et aplatis. La couleur est d’un noir uniforme sur toute la face dorsale ; une partie seulement des piquants sont annelés de clair ; la face ven-

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’âMBOJNE. 175

traie est, en général, un peu plus pâle que la dorsale, avec des marbrures foncées sur l’appareil buccal et les plaques ventrales des bras. Cette coloration ne paraît point constante, car, sur l’un des bras, les plaques ventrales ne sont aucunement marbrées. M. Lutken donne la couleur de son espèce comme uniforme ; il dit simplement, à propos des plaques dorsales des bras, qu’elles sont arquées en dehors ; dans l’exemplaire d’Amboine ces plaques deviennent presque tout à fait rhomboédriques. Vers le milieu des bras les piquants de la face dorsale du disque ont quelquefois plus de 1™ de longueur ; les papilles ambulacraires sont fortement granuleuses. Cet individu est plus développé que le type de YOph. mixta, décrit par M. Lütken; il m’est impossible de le séparer de cette espèce par le seul fait de la présence de piquants claviformes; ce n’est peut-être pas même un caractère distinctif. Il faudrait une bonne série d’exemplaires, à divers degrés de développement, pour pouvoir décider la question desavoir si leur absence a vraiment, dans ce cas, quelque importance. Dans YOph. asperula Lütken, il n’y a qu’une seule écaille sur les pores tentaculaires, les piquants de la face dorsale du disque sont plus courts et plus serrés, la forme des pièces dorsales des bras est un peu différente. J’en ai un bon exemplaire sous les yeux provenant du musée Godeffroy.

L expédition du Challenger a recueilli YOph. mixta aux îles Fidji ; M. Brock à Amboine.

Ophiothrix longipeda , Muller et Troschel (Lamk.)

Ophiura longipeda Lamarck, 1816. Hist. nat. des animaux sans vertèbres t II p. 544. ' ’

Ophiothrix longipeda Millier et Troschel, 1842. System der Asteriden, p. 113,

Lymau, 1882. Reports on the Ophiuroidea of the Voyage of the Challenger, p. 220, pi. 47, fig. 4.

» » B rock, 1888. Die Ophiuridenfauna des ind. Archipels.

Zeitsch. f. wiss. ZooL, t. 47, p. 512.

Plusieurs exemplaires bien caractérisés. Sur l’un d’entre eux trois des bras sont en voie de rénovation.

P. DE LORIOL

Ophiothrix punctolimbata v. Martens.

PI. VII, âg. 2.

Ophiothrix punctolimbata v. Martens. 1870. Die Ophiuriden des indischeit

Océans . Archiv f. Naturgeschichte, 36. Jahrg,T p. 257.

» # Lyrnan, 1880. A prelini. list. of the living Oph. and

Astroph., p. 35.

» » Lyman, 1882. Reports of the Ophiuroidea of the

Voy. of the Challenger , p. 227.

» » Th. Studer, 1883. Die Ophiuriden der Reise der Ga~

zelle , p. 26. Abhandl. der Berliner Akademie Wiss. 1882.

» » J. Bel!, 1887. On the Echinod . fauna of Ceylon.

Trans. Dublin Soc. t. III, p. 649.

Ophiothrix hirsute i var. punctolimbata Marktanner, 1887. Beschr. neuer Ophiu -

riden. Annalen der K. K. Natur. hist. Muséums, t. II, p. 312.

Ophiothrix punctolimbata J. Bell, 1888. Echinod. from Tuticorin. Proc. ZooL £oc. London. 1888, p. 388.

» » B rock, 1888. Die Ophiuriden fauna des ind. Archi-

pels. Zeitsch. für wissensch. Zool., t. 47, p. 512.

Dimensions. Diamètre du disque dans le plus

grand exemplaire : 15 millim.

Longueur des bras dans le plus

grand exemplaire : au moins 20 millim.

Largeur des bras au pourtour

du disque sans les piquants : 2 millim.

Disque subpentagonal, un peu renflé, nullement échancré à la sortie des bras. La face dorsale est entièrement et uniformément couverte de bâtonnets courts, divisés au sommet en deux à quatre pointes relativement assez longues. Sur la face ventrale ils sont accompagnés de petits piquants aigus de même longueur ; près des plaques buccales la peau est nue. A Tœil nu la surface du disque paraît simplement granuleuse. Une ligne légèrement enfoncée marque le contour des plaques radiales; elles sont triangulaires (le sommet du triangle est en dehors, presque à la

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’aMBOINE.

moitié de la longueur) et relativement étroites ; leur longueur est à peu près égale à 0,30 du diamètre du disque ; contiguës sur un point, en dehors, où elles se relèvent un peu en écaille, elles divergent ensuite et sont séparées, sur toute leur longueur, par une bande limitée par une rainure lisse très étroite ; les bâtonnets qui les couvrent sont partout semblables à ceux du reste du disque, et c’est à peine s’ils paraissent un peu plus courts et un peu plus écartés.

Plaques buccales rhomboédriques, plus larges que longues. Plaques buccales latérales subtriangulaires, à peine contiguës en dedans. Papilles dentaires petites et très nombreuses.

Cinq bras, plats, relativement étroits et très longs ; leur longueur égale environ 14 fois le diamètre du disque. Plaques dorsales trapézoïdes, environ deux fois aussi larges que hautes, arquées sur leur bord aboral, rectilignes sur leur bord adorai qui est plus court de moitié, leurs côtés latéraux, droits et rentrants, forment un angle assez vif avec le bord aboral. Les plaques latérales, peu saillantes, n’empiétentque légèrement en dessus et point en dessous. Plaques ventrales subhexagonales avec les angles tronqués, rectilignes sur le bord adorai et le bord aboral; l’adorai légèrement plus court. Vers la base des bras les plaques latérales portent six à sept piquants, mais, à une faible distance, il n’y en a plus que cinq ; le premier ventral est très petit, le second deux fois plus long, les trois autres atteignent une longueur égale à environ deux fois la largeur des bras ou à trois plaques dorsales au moins. Ces piquants dorsaux sont pellucides, parfois acuminés, ordinairement plats, conservant leur largeur jusqu’à l’extrémité qui est obtuse et même, quelquefois, légèrement élargie,, la base est renflée en bouton,- la surface est couverte de stries longitudinales peu nombreuses, et les côtés sont entièrement et assez profondément échinulés par 15 à 20 dents. Peu à peu, depuis la moitié du bras environ, les piquants deviennent tous acuminés. Une très petite papille sur chaque pore

P. DE LORIOL

tentaculaire. Les plaques des bras sont très finement chagrinées.

La couleur générale est violette ou bleu clair. Les plaques radiales et les plaques de l’appareil buccal sont marquées de points très foncés. Sur les plaques dorsales des bras se voient des points violets plus ou moins nombreux et plus ou moins distinctement alignés, soit en avant et en arrière, soit en avant seulement ; les plaques ventrales sont d’un violet clair avec quelques points foncés; parfois, tous les 3 ou 4 articles, on remarque une bande bleue transverse, peu accentuée, à la face dorsale. On ne peut signaler que quelques modifications peu importantes dans la couleur générale et dans la disposition des points.

Dans un très petit exemplaire, dont le disque a 5mm de diamètre, les bras ont 54mm de longueur ; tous les caractères sont ceux des adultes, seulement le centre du disque porte, outre les bâtonnets, quelques petits piquants échinulés.

Rapports et différences. Les exemplaires d’Àmboine se rapportent si exactement à la diagnose de l’espèce, donnée par M. de Martens, que j’ai cru devoir les décrire un peu plus en détail. M. Marktanner ( loc.cit .) estime que YOph. piinctolimbata n’est qu’une variété de YOph. hirsuta Müller et Troschel. Il me semble cependant s’en distinguer suffisamment par ses plaques radiales plus divergentes en dedans et couvertes de bâtonnets identiques à ceux qui occupent le reste de la face dorsale du disque et presque aussi serrés, par ses plaques dorsales avec un angle latéral plus vit', ses piquants latéraux au nombre de cinq seulement, sauf sur quelques articles rapprochés du disque, ses bras relativement plus longs, et quelques différences de coloration. M. Brock ( loc . cü.) pense avoir reconnu YOph. punctolimbata à i\mboine, mais ses exemplaires ont neuf piquants à peine échinulés, et il croit que M. deMartens a commis une erreur en indiquant cinq piquants

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’aMBOÏNE.

seulement ; or c’est bien ce dernier nombre que présentent les individus que j’ai décrits. Je ne pense pas que l’espèce puisse être confondue avec 1 ’O. longipeda.

Ophiothrix comata Mtiller et Troschel.

Ophiothrix comata Muller et Troschel, 1842. System der Asteriden, p. 112.

» » Lyman, 1863. lll. Cad. of the Mus. of Comp. Zool. I. Oph.

and Astroph,. p. 13.

» » Ljungmann, 1866. Ophiur. viv. hue usque cogn. K. Vet.

Akad. Forh. 1866, p. 332.

» » Lyman, 1874. Ophiur. and Astroph. old and new. Mus. of

Comp. Zool. al Harvard Coll., t. III, p. 233, pl. 4, fig. 27-28.

» » Lyman, 1880. A preliminary list of the living Ophiur. and

Astrophytidæ, p. 36.

» » Lyman, 1882. -Report on the Ophiuroidea ofthe Vayage of the

Challenger, p. 228.

» » Marktanner, 1887. Beschr. neuer Ophiuren. Annalen des

Naturhist. Hofmuseums, Wien, p. 312, pl. 13, fig. 29-

» » J. Bell, 1888. Echinodermen from Tuticorin. Proc. Zool.

Soc. London, 1888, p. 388.

» » Brock, 1888. Die Opkiuridenfauna des ind. Arch. Zeitschr.

ftir wiss. Zoologie, t. 47, p. 515.

Deux exemplaires, qui se rapportent fort exactement à la nouvelle description détaillée de l’original de Muller et Troschel donnée par M. Marktanner. Ces individus ont 7 à 8 piquants latéraux, le type original n’en a que 5 à 6, mais il faut observer qu’il est de taille beaucoup plus faible, le disque n’ayant que 3mm,5 de diamètre. Les bâtonnets qui couvrent entièrement la face dorsale du disque ont 3 à 4 pointes, au centre ils sont un peu plus courts; dans l’un des exemplaires ils sont accompagnés de petits piquants échinulés qui n’existènt pas dans T autre. Les plaques ventrales des bras ont le bord aboral un peu plus échancré dans l’un, que dans l’autre. Dans le plus grand le diamètre du disque est de 6“““, les bras ont 30“™ de longueur. La couleur est violette dans l’un, rougeâtre dans l’autre, sur la face dorsale, avec une bande étroite blanchâtre bordée d’un filet

P. DE LORIOL

purpurin au milieu des bras ; la face ventrale est d’une teinte uniforme beaucoup plus pâle.

M. Brock estime que Y Oph. Koreana M. Duncan est la même espèce, et je suis porté à croire qu’il a raison, Duncan disant lui-même que cet Oph. Koreana est variable et que, dans une variété, les plaques radiales sont couvertes de bâtonnets comme le disque.

Ophiothrix Galateœ Lütken.

Ophiothrix Galateæ Lütken, 1872. Ophiuridarum novarum, etc. Bull. Soc. R. de Copenhague, 1872, pp. 90 et 108.

» » Lyman, 1879. Ophiur. and Astroph. of the Challenger Exp.

Bull. Mus. Cornp. Zool. t. VI, p. 54.

» » Lyrnan, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage of

the Challenger . p. 227.

• » Marktanner, 1887. Beschr. neuer Ophiuriden. Aun. d. K. K.

Naturh. Hofmuseum, t. II, p. 309.

» * J. Bell, 1888. Echinod. from Tuticorin. Proc. Zool. Soc.

London, 1888, p. 388.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des ind. Archipels.

Zeitseh. f. wiss. Zool., t. 47, p. 517.

Plusieurs échantillons très bien caractérisés. Dans l’un d’eux le disque a 19mm de diamètre, la longueur des bras étant de 280 à 300mm. Dans un exemplaire, du reste très typique, on distingue, sur les plaques radiales, quelques petits granules très clairsemés et arrondis. La ligne bleue qui entoure les plaques dorsales peut être tout à fait indistincte, et les plaques simplement piquetées de bleu foncé; lorsque cette ligne existe, elle est discontinue.

Ophiothrix Bedoti P. deLoriol 1893.

Pi. VIL Fig. 1.

Dimensions. Diamètre du disque : 10 millim.

Longueur des bras: au moins 160 millim.

Largeur des bras au pourtour du disque :

17* millim.

ÉCHINQDERME8 DE LA BAIE d’aMBOINE.

Disque circulaire, non échancré à la sortie des bras, un peu renflé sur la face ventrale, La face dorsale est couverte de bâtonnets très courts, terminés par deux ou trois soies assez longues ; ils sont clairsemés, mais répartis à peu près également, un peu plus serrés vers le pourtour; il n’y a pas de piquants simples. Entre les bâtonnets on ne distingue point d’écailles, mais une peau couverte d’une granulation serrée, uniforme, d’une extrême finesse. Sur la face ventrale il y a des bâtonnets sur le pourtour seulement, ils sont plus longs, simples ou bifurqués; le milieu des espaces interbrachiaux est occupé par des granules coniques, relativement très développés,’ entourés de verrues beaucoup plus fines, semblables à celles qui couvrent la peau près des fentes génitales et près des plaques buccales. Plaques radiales lisses, petites, longues et étroites, subtriangulaires, sans angle externe marqué, un peu relevées en écaille à leur extrémité externe, acuminées en dedans ; elles ne sont contiguës nulle part, mais séparées par une bande étroite portant cinq à sept bâtonnets semblables aux autres; leur surface est simplement couverte d’un chagrin microscopique, et leur longueur ne dépasse pas le quart du diamètre du disque.

Plaques buccales petites, cordiformes. Plaques buccales latérales assez grandes, irrégulièrement triangulaires, à peine contiguës en dedans. Ces plaques sont granuleuses. Fentes génitales longues, arrivant presque au pourtour du disque. Papilles dentaires nombreuses, sur trois séries.

Cinq bras plats, étroits, très longs; la longueur mesurée de l’un de ceux de l’exemplaire décrit atteint 145mm, mais il n’est pas intact et l’on peut affirmer sûrement que sa longueur totale était d’au moins 1 6 0,nm. Plaques ventrales subquadrangulaires, un peu plus longues que larges, très légèrement échancrées et faiblement élargies sur le bord aboral, droites sur les trois autres. Plaques dorsales subhexagonales, bien plus larges que hautes, légèrement échancrées sur le bord aboral, rétrécies sur le

P. DE LORIOL

bord àdoral au milieu duquel se remarque un petit tubercule, aiguës sur les côtés latéraux. Plaques latérales peu saillantes, empiétant un peu entre les plaques dorsales. Toutes ces plaques sont granuleuses. Six à sept piquants latéraux ; les trois inférieurs du côté ventral très petits, les autres égaux, ou à peu près, notablement plus longs, mais cependant très courts au demeurant, car leur longueur ne dépasse pas une fois et demi la largeur du bras ; ils sont renflés en bouton à la base, vitreux, plats, tronqués au sommet mais non élargis, striés en long, échinulés sur toute leur longueur par sept à huit dents fortes et aiguës. Le piquant inférieur ventral, sans être précisément en crochet, n’est pas comme les autres, mais garni de petites soies d’une finesse excessive sur un seul côté seulement. Une papille spiniforme unique et très petite sur chaque pore tentaculaire.

Couleur violet pâle; les bras annelés de violet un peu plus foncé sur la face dorsale, avec une étroite ligne médiane plus claire ; sur la face ventrale se montre une ligne médiane blanchâtre plus large et plus apparente.

Rapports et différences. Parmi les espèces d’ Ophiothrix à bras plats, très longs, avec les plaques radiales lisses, ce n’est guère que de YOph. aspidota Millier et Troschel, qu’on pourrait rapprocher celle-ci, et je pense que c’est elle que M. Brock lui a rapportée avec doute. Elle me paraît devoir être distinguée à cause de la longueur de ses bras qui égale quinze fois le diamètre du disque (au lieu de neuf, d’après M. Lyman), puis de la brièveté de ses piquants qui n’atteignent pas deux fois la largeur des plaques dorsales, qui sont au nombre de six à sept au lieu de huit à neuf et, relativement, profondément échinulés, ensuite ses plaques ventrales sont plus longues que larges, au lieu d’être bien plus larges que longues (d’après Lyman), en outre les bâtonnets de la face dorsale ne sont pas coniques,' et il n’y en pas, à la face ventrale, au delà du pourtour. Le revê-

ÉCHINODERMES DE LA BAIE d’amBOINE. 183

tement du disque, les piquants, etc., ne permettent pas de confondre YOph.Bedoti avec YOph. Galatem Lutken, ou YOph. nereidina Millier et TroscheL

Ophiothrix Picteti P. de Loriol 1893.

Pi. VI, fig. 2,

Ophiothrix cfr. foveolata Broek, 1888. Die Ophiuridenfauna des mdisehen Archipels. Zeitschrift für wissenseh. Zool., t. 47. p. 518.

Dimensions. Diamètre du disque : 1 1 millim.

Largeur des bras au pourtour : 2 millim.

Disque subpentagonal, légèrement échancré à la sortie des bras, un peu renflé sur la face ventrale dans les aires interbrachiales. La face dorsale est couverte de piquants très fins, très grêles, acuminés, légèrement échinulésà l’extrémité, à peu près égaux, longs de 2mm, serrés de manière à ne pas laisser apercevoir le£ écailles. Sur la face ventrale les piquants sont bien plus petits et moins serrés et la surface est à peu près nue près des fentes génitales. Plaques radiales relativement grandes, élargies en dehors, subtriangulaires avec le côté externe beaucoup plus court et légèrement échancré, graduellement rétrécies en pointe en dedans ; elles sont séparées par une bande écailleuse, étroite, avec quelques piquants semblables aux autres; ellesmêmes ne portent point de piquants, mais leur surface est très finement chagrinée.

Papilles dentaires très nombreuses, disposées sur quatre séries verticales régulières, dont l’ensemble forme un ovale parfait. Plaques buccales cordiformes, petites, arrondies en dehors, presque aiguës en dedans. Plaques latérales buccales assez grandes, subtriangulaires, contiguës en dedans, touchant en dehors la première pièce ventrale des bras.

Cinq bras assez étroits, et paraissant avoir été très fragiles ;

P, DE LORIQL.

leur longueur m’est inconnue. Plaques ventrales subcarrées, avec les angles du bord aboral arrondis et le bord adorai un peu plus court ; les côtés latéraux sont droits. Plaques dorsales subhexagonales, un peu plus larges que hautes, convexes sur le bord aboral, et droites sur le bord adorai qui est plus court par suite d’un certain empiétement des plaques latérales. Les sutures des plaques ne sont bien distinctes que lorsque le bras est desséché. Les piquants latéraux sont au nombre de six à neuf, l’inférieur très court, mais nulle part hamiforme, il est, au contraire, aigu; les supérieurs dorsaux très longs, atteignant jusqu’à la longueur de cinq à six articles dorsaux, ils sont grêles, cylindriques, très fins, pellucides, un peu renflés en anneau à la base, presque lisses d’abord, puis très finement échinulés, avec des aiguillons écartés, le sommet est tronqué, mais point élargi. Une écaille très petite sur chaque pore tentaculaire, rarement deux. Les tentacules sont longs, acuminés, couverts de papilles pointues.

La couleur de la face dorsale du disque est un pourpre foncé un peu marbré de blanc sur les plaques radiales; la face ventrale est gris foncé, ainsi que les piquants, et finement picotée de noir. Les plaques buccales sont purpurines, marbrées de blanc; la face dorsale des bras est pourpre piquetée de blanc, avec une tache blanchâtre très apparente entourée de pourpre plus foncé près du bord aboral des plaques; une bande blanche, bordée de pourpre, court au milieu de la face ventrale, le reste est d’un pourpre plus clair ; les piquants sont pellucides et un peu purpurins.

Bapports et différences. Il me paraît évident que c’est l’espèce indiquée avec doute par M. Brock, sous le nom de Oph. foveolata Marktanner, mais elle se distingue de ce dernier par les piquants de la face dorsale du disque plus longs et bien plus serrés, par ses plaques buccales et ses plaques radiales qui ont une autre forme que celle qu’indique la figure, par ses piquants latéraux

ÉCHINODERMES DE LA BAIE ü’amBOINE.

plus longs et plus nombreux, dont le ventral n’est point hamiforme, enfin par sa couleur entièrement différente.

Un exemplaire.

Ophiothrix propinqua Lyman.

Ophiothrix pi'opinqua Lyman, 1862. Proceed. Boston Soe. nat. hist., t. 8,

» ? Lyman, 1874. Ophiuroidea and Astroph. old and new.

Bull. Mus. Comp. Zoo!., t, III. n<* 10, p. 234.

» » Lyman, 1882. Report on the Ophiuroidea of the Voyage

of the Challenger, p. 220.

» » Marktanner, 1887. Beschr . neuer Ophiuriden. Anna leu

d. K. K. Naturhist. Muséum, t. I!, p. 308.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Archi-

pels. Zeitschrift fiir wiss. Zoologie, t. 47. p. 511.

Etc., etc.

Exemplaires bien caractérisés. Cinq piquants latéraux. Les bras ont environ dix fois la longueur du diamètre du disque. Dans un individu dont le disque a 4mm de diamètre, les bras sont relativement un peu plus courts et plus robustes, et la face ventrale du disque est plus pâle, il est du reste identique.

Ophiomyxa brevispma v.- Martens.

Ophiomyxa brevispina v. Martens, 1870. Die Ophiuriden des indischen Océan.

Àrchiv für Naturgéschichte, 36. Jahrg., p. 249.

» » Th. Studer, 1883. Die Ophiuriden der Reise der Gazelle,

p. 28. Abhandl. der Berliner Akad. der Wissenschaft, 1882.

» » Brock, 1888. Die Ophiuridenfauna des indischen Archi-

pels. Zeitschrift f. wiss. Zoo!., t. 47, p. 530.

L’espèce, d’après M. Brock, est très commune à Amboine. MM. Pictet et Bedot en ont rapporté cinq exemplaires. Leurs caractères sont fort exactement ceux que lui assigne M. de Martens, dont le type provenait également d’ Amboine. Les écailles marginales, sur la face dorsale du disque, sont petites, imbriquées, assez régulières, et au nombre d’une quinzaine pour

P. DE LORIOL

chaque arc interbrachial. Les plaques radiales, que l’on peut aussi distinguer à travers la peau, sont relativement grandes, triangulaires, un peu plus larges que hautes, trois papilles buccales de chaque côté des fentes buccales, avec une à l’apex au dessous de la pile dentaire ; toutes sont arrondies, et, de même que les dents, bordées d’une frange pellucide délicatement et profondément denticulée. Les piquants latéraux des bras, au nombre de quatre ou cinq, sont bien plus courts que dans les autres espèces, c’est à peine s’ils sortent de la peau; ils sont obtus et scabres à leur extrémité qui se termine par cinq ou six petites soies d’une finesse extrême. La couleur de la face dorsale est un gris très foncé avec les bras ordinairement vaguement annelés d’une teinte claire; la face ventrale est très pâle.

Dans un prochain fascicule je donnerai, je l’espère, l’énumération des Crinoïdes.

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