‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 83 sur 218 · L. JOUBIN · texte numérisé non relu

L. JOUBIN

J’ai indiqué comme synonyme à cette espèce YOctopus membranaceus Quoy et Gaimard. Je ne l’ai fait qu'avec un certain doute pour les raisons que Ton va lire.

D'abord je n’ai pas eu sous les yeux la planche originale de ces deux auteurs, mais seulement la reproduction modifiée que Férussac et d’Orbigny en ont donnée dans leurs Céphalopodes acétabuliferes.

Or, dans cet ouvrage se trouve une figure (G. Poulpe, pl. XXVIII, fig. 1 et 2) qui est fort mauvaise, mais cependant se rapproche assez de l’aspect général de l’animal que j’ai étudié. Dans cette figure on peut voir, à mi-chemin entre l’œil et le bord de l’ombrelle, une tache noire, ovale, entourée d’un cercle blanc, et celui-ci d’un liseré bleu, qui est précisément la caractéristique la plus saillante de la description de Brock ; les dimensions des bras, la forme générale du corps se rapportent très bien à cette espèce, sauf un détail, la présence d’une nageoire membraneuse sur le côté droit du sac viscéral. L’auteur n’a pas pu découvrir trace de cette nageoire du côté gauche. Comme cette asymétrie n’est pas admissible, il est très vraisemblable d’admettre que la nageoire en question n’est que le résultat d’une contraction inégale de la peau due à l’action de l’alcool. Ce caractère ne me paraît, de ce fait, d’aucune valeur.

Mais, d’autre part, le texte de Férussac et d’Orbigny ne coïncide absolument pas avec la figure qu’ils donnent de ce poulpe d’après Quoy et Gaimard. Voici en effet quelques passages extraits du texte (page 44) : « Le dessous du corps est presque blanc argenté ou satiné, avec quelques points rouge brun très espacés; l’intérieur de l’ombrelle paraît blanc; mais un caractère singulier, dont nous ne trouvons d'analogue que dans YOctopus lunulatus, et qui a échappé à la sagacité des savants voyageurs, car ils n’en font pas mention dans leur description ni dans leur figure, est celui d’avoir à la base et entre les bras latéraux une très large tache noire, ovale, absolument

CÉPHALOPODES d’aMBOINE.

semblable, de chaque côté du corps. Bans cette tache est un cercle de même forme, plus petit, formé d’une ligne élevée qui me paraît avoir été blanche; et au centre se trouve une tache plus claire. »

Ces trois dernières lignes ne répondent pas à la figure que donnent Férüssac et d’Orbigny, ni à Féchantillon que j’ai observé, lequel, sous ce rapport, concorde avec la figure de ces deux auteurs. La contradiction est évidente entre le texte et la figure de ces deux savants naturalistes.

Octopus Amboinensis Brock 1887.

Je n’ai observé qu’un seul échantillon, probablement femelle, de cette espèce.

Le corps est fusiforme, très blanc par suite de l’excessive réduction des chromatophores. Les bras sont ronds et grêles, les ventouses petites, nombreuses et très régulièrement alignées.

DIMENSIONS EN MILLIMÈTRES

Longueur totale 101

» jusqu’à la naissance des bras 18

'» jusqu’au bord du manteau (ventral) 15

Largeur maximum du sac viscéral 8

Longueur de la Ire paire de iras 33

» » 2«ne , 52

» » 4me » 47

Hauteur de l'ombrelle 6

Longueur de la partie extérieure de l’entonnoir 6-

Ce petit poulpe est de forme très élégante, et ne manque pas de rapports avec Parasira caréna. 11 est extrêmement peu coloré, et doit être, sur le vivant, presque hyalin. On observe sur le dessus des yeux deux grandes taches vert foncé, en forme de croissants. Sur la face dorsale, au bas de chaque renflement oculaire, on observe un gros chromatophore violet; entre les

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