‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 91 sur 218 · L. JOUBIN · texte numérisé non relu

L. JOUBIN

un peu ondulée sur ses bords, et qui est formée de lamelles musculaires empilées, séparées par du tissu conjonctif. Des stries marquent sur les deux surfaces de la nageoire la disposition de ces lamelles musculaires.

Dans le grand échantillon la nageoire est sensiblement ronde, et se prolonge un peu en bas sur le dos de l’abdomen caudal.

Dans le petit échantillon la nageoire est un peu plus haute que large et elle est arrêtée brusquement en bas. Elle diffère seulement par ces deux détails secondaires du même organe chez l’autre individu observé.

D’après les légers plis de la surface de cette nageoire, je pense qu’elle devait fonctionner comme une hélice, et être animée d’ondulations verticales.

Les muscles de cette nageoire sont formés de lames musculaires empilées, alternativement longitudinales et transversales, mêlées à un peu de tissu conjonctif. Les lames longitudinales se dichotomisent toutes à une certaine distance de l’axe de la nageoire, puis encore un peu plus loin, et ainsi de suite, de façon à augmenter la surface de la nageoire à mesure que l’on s’approche de son bord.

La peau de la nageoire n’était conservée que sur des espaces très restreints, de sorte qu’il est difficile de dire quelle était la répartition des chromatophores.

L’entonnoir . Cet organe est fort petit par rapport à la dimension générale du corps. Il n’a guère plus de 25 millimètres en hauteur et en largeur ; son orifice supérieur est en forme de tube étroit, courbé vers le ventre; son orifice inférieur ne s’enfonce que très peu dans l’intérieur du sac viscéral. Le bord libre, ventral, de cet organe est mince, et présente trois courbes rentrantes, séparées par deux pointes saillantes, symétriques, sur chacune desquelles est placé un organe de fixation.

Cet appareil fixateur se compose de deux surfaces concaves ovales, à bord aplati, ayant 5 à 6 millimètres dans leur plus

CÉPHALOPODES ü’aMBOÎNE.

grand diamètre, et pourvues de trois tubercules saillants, dont les deux inférieurs sont fusionnés. Cela ressemble vaguement au pavillon d’une oreille. Au-dessus est une languette triangulaire, aiguë, cartilagineuse. (PL IX, fig. 15.)

Sur le bord interne, ventral, du sac viscéral, tout à fait à la limite marginale, se trouvent les deux cartilages destinés à entrer dans les cavités ci-dessus indiquées. Ils ont la forme de pyramides quadrangulaires, dont deux faces seraient légèrement excavées pour recevoir les tubercules de la fossette concave. La base a 3 à 4 millimètres de largeur. (PL IX, fig. 16.)

A l’intérieur de l’entonnoir on remarque une languette valvulaire bien nette, mais peu développée, surmontée d’une fossette profonde. Latéralement on trouve dans l’entonnoir deux replis épithéliaux, analogues à ceux qui ont été figurés pour Loligo Pideti. (PL XI, fig. 10.)

La paroi musculaire de l’entonnoir est peu développée, c’est un organe évidemment faible, et qui ne doit pas être d’une grande utilité pour la locomotion de l’animal. Les appareils de fixation ne sont pas non plus bien forts, et il est à croire qu’ils ne produisent qu’une adhérence peu solide entre l’entonnoir et le bord du manteau.

La tête est cylindrique, fort allongée, munie de deux gros yeux saillants. Sa coloration doit être fort belle sur l’animal vivant, car on y remarque encore, même après ce long séjour dans l’alcool, une vive coloration irisée en vert et en jaune. Audessus et autour des yeux, du côté dorsal, on remarque une zone plus foncée, pigmentée en vert bleuâtre.

Les yeux sont aussi revêtus de couleurs métalliques cuivrées, rouges et vertes, très intenses. Le cristallin présente des zones concentriques, rouge et bleu verdâtre, qui lui donnent un très singulier aspect. L’œil est maintenu par une sorte de paupière oblique inférieure, formant comme une demi-cupule de soutien, qui monte jusqu’au niveau de l’orifice central pupillaire.

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