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M. BEDOT
Avec IeR planches 1 à 46.
Lorsque nous avons entrepris la détermination des Madréporaires de notre collection, c’était avec l’intention de nous borner à donner la liste des espèces connues se trouvant dans la baie d’Amboine et de ne décrire que les espèces nouvelles. Mais nous avons dû bientôt renoncer à ce projet et modifier le plan de notre travail. En effet, une difficulté se présente aussitôt que l’on veut entreprendre des déterminations de Madréporaires. La plupart des auteurs qui se sont occupés de ces animaux en ont donné des descriptions incomplètes et si peu précises qu’il est souvent impossible de savoir quelles sont les espèces qu’ils avaient en vue, surtout lorsque leurs descriptions ne sont pas accompagnées de bonnes figures. On peut difficilement aujourd’hui, ainsi que le fait remarquer très justement M. le Prof. Studer (1901, p. 388), reconnaître avec certitude une espèce si l’on n’a pas sous les yeux le spécimen-type d’après lequel elle a été établie. Mais, il n’est guère possible d’aller visiter les collections où sont conservés les types chaque fois que l’on veut faire une détermination. C’est la raison pour laquelle, beaucoup de travaux renferment
Voyage. Vol. 2.
M. BEDOT
des descriptions ou des listes d’espèces dont l’identité est très douteuse. Elles ont été déterminées souvent par simple comparaison avec des spécimens figurant dans les Musées où, comme le dit M. le Prof. Studer, « on peut parfois voir figurer sous le même nom autant d’espèces différentes qu’il existe de Musées. » Il est donc inutile, aujourd’hui, de publier de simples listes d’espèces soi-disant connues, provenant d’une région quelconque, à moins qu’elles n’aient été identifiées par des spécialistes dont la compétence est indiscutable.
En attendant qu’une révision complète des Madréporaires ait été publiée, la seule œuvre utile que l’on puisse faire est de donner la description de toutes les espèces d’une région déterminée avec autant de précision que possible, et en raccompagnant de planches permettant de les reconnaître avec certitude. C’est ce que nous avons entrepris dans ce travail. On nous reprochera peutêtre d’avoir fait une œuvre inutile en donnant des descriptions d’anciennes espèces bien connues. Mais ce sont précisément celles qui donnent lieu, le plus souvent, à des discussions, par le fait même qu’elles sont communes, et que leurs variétés locales ont été souvent décrites comme espèces nouvelles.
Nous avons cherché, naturellement, à rapporter autant que possible nos Madréporaires à des espèces déjà décrites. Mais, dans l’état actuel de nos connaissances il est bien souvent impossible de faire des identifications certaines. Notre but principal a été de permettre aux zoologistes qui voudront étudier les Madréporaires d’Amboine, de reconnaître les espèces que nous y avons récoltées1. S’ils ont des matériaux plus nombreux à leur disposition, ils pourront alors compléter nos descriptions et, au besoin, modifier nos déterminations.
Nous tenons à exprimer, ici, notre vive reconnaissance à tous ceux qui nous ont aidé dans notre travail et en particulier à M.
1 Toutes les espèces que nous décrivons dans ce mémoire ont été récoltées dans la Baie d’Amboine.
MAL>ItKPORAIR.ES
le Professeur Th. Studer, dont les précieux conseils nous ont rendu de grands services pour l’étude des espèces douteuses, à M. le Professeur Dôderlein auquel nous devons la détermination de toutes nos Fongines et à M. le Professeur Joubin qui, avec une extrême obligeance, a bien voulu nous permettre d’étudier à Paris la belle collection du Muséum d’Histoire naturelle. Les clichés photographiques reproduits dans nos planches ont été faits par M. le DrE. Weber, 1er assistant au Muséum de Genève qui a été pour nous un habile et dévoué collaborateur. Enfin, nous devons encore remercier la Société auxiliaire des Sciences et des Arts de Genève qui a généreusement pris à sa charge les frais de publication d’une partie des planches accompagnant ce mémoire.