‹ Voyage scientifique dans l'Archipel MalaisChapitre 18 sur 97 · DE LA BAIE D’AMBOINE · texte numérisé non relu

DE LA BAIE D’AMBOINE

PAR

Fanny MOSER

Dr ès sciences.

Avec la planche 55.

Les Cténophores récoltés en 1890 à Amboine par MM. C. Pictet et M. Bedot appartiennent à huit espèces. Leur étude offre un intérêt spécial, car il s’agit d’animaux que les voyageurs récoltent rarement et, en général, ne conservent pas avec les soins tout particuliers qu’exigent des êtres aussi délicats. Lors même que les Cténophores sont traités avec les méthodes les mieux appropriées, ils ne donnent plus, lorsqu’ils sont conservés, qu’une idée très incomplète de leur aspect réel : au lieu d’un corps transparent, délicat et irrisé, on ne trouve plus qu’une masse opaque, jaunâtre, ratatinée et ridée. Plusieurs espèces même, telles que YEucharis, ont résisté jusqu’à présent à tous les essais de conservation.

Il est, par conséquent, difficile d’étudier des Cténophores conservés, surtout lorsqu’il s’agit de formes nouvelles que l’on n’a jamais vues en vie. Le travail que l’on fait ainsi est forcément provisoire et destiné à subir plus tard de nombreuses corrections.

MM. Bedot et Pictet sont les premiers qui aient rapporté des Cténophores de l’Archipel Malais déjà exploré, cependant,

F. MOSER

par plusieurs expéditions scientifiques, telles que celles de la Gazelle, de la Novara, du Chalenger et par de nombreux zoologistes: Sluiter, Kükenthal, Semon, etc.1.

Dix années après MM. Bedot et Pictet, l’Expédition hollandaise du Siboga a exploré ces régions et en a rapporté une intéressante collection de Cténophores dont la description a été publiée en 1903. Le travail que nous venons de faire fournira un intéressant complément aux résultats obtenus par le Siboga, car MM. Bedot et Pictet ont récolté à Amboine des espèces qui n’ont pas été trouvées par le Siboga.

Ce fait s’explique facilement par la grande sensibilité des Cténophores, qui leur fait éviter souvent les plus légers mouvements de l’eau. Ainsi Mayer 2 rapporte qu’à Florida YOcyroe crystaïlina Rang ne vient à la surface que lorsque la mer est absolument calme et que le moindre mouvement des vagues la fait disparaître dans la profondeur de l’Océan. Cette sensibilité permet à ces animaux de percevoir à grande distance l’approche d’un ennemi et de l’éviter. C’est ainsi que l’on voit souvent, autour de soi, de nombreux Cténophores sans pouvoir arriver à les pêcher.

Le fait qu’une expédition scientifique n’a pas rapporté une espèce d’une région qu’elle a explorée ne prouve donc nullement que cette espèce ne s’y trouve pas; la preuve ne pourrait être obtenue que par une série de recherches faites systématiquement aux différentes époques de l’année.

La classification que j’adopterai ici est celle que l’on trouve dans l’excellente monographie de Chun3 et dans mon travail

1 It est vrai que les anciennes expéditions scientifiques de Quoy et Gaimard, (Voyage autour du monde) de Lesson etc., ont récolté des Cténophores dans ces parages, mais leurs descriptions sont trop insuffisantes pour que l’on puisse en tenir compte.

! Mayer, A. G. Some Medusæ from ihe Tortugas, Florida . Bull. Mus. Comp. Zool. Harv. Coll., vol. 37, n° 2, 1900.

s Chun, C. Die Ctenophoren des Golfes von Neapel. Fauna u. Flora des Golfes von Neapel. Monogr., I, 1880.

CTÉNOPHORES

sur les Cténophores du Siboga1, auxquels je renvoie le lecteur pour l’index bibliographique. Afin d’éviter toute confusion j’indiquerai seulement, ici, le sens des ternies principaux employés dans les descriptions.

Je nomme plan tentaculaire (Trichterebene de Chun) le plan passant par l’entonnoir et les tentacules, plan pharyngien (Magenebene de Chun) le plan déterminé par la position du pharynx ou, chez les Béroes, par les 2 champs polaires. Les côtes adjacentes aux tentacules sont subtentaculaires , celles qui sont adjacentes au plan pharyngien, subpharyngiennes. Le Cténophore est comprimé dans le plan tentaculaire lorsque Y axe tentaculaire est plus court que l’axe pharyngien ; lorsque le cas contraire se présente, il est comprimé dans le plan pharyngien. Le pharynx est long ou court suivant qu’il dépasse ou n’atteint pas le centre du corps. A un pharynx long coi respond un court canal de l’entonnoir, et vice-versa.

Les termes : en haut, en bas, à droite et à gauche étant employés avec des acceptions très différentes par les divers auteurs, je les ai évités.

Les mesures se rapportent à la longueur de l’axe polaire.

Je dois ajouter que je me suis fait une règle de ne créer d’espèce nouvelle que lorsqu’il est possible d’en donner une description suffisamment nette et détaillée pour permettre de la reconnaître avec certitude. Dans tous les cas douteux, je me borne à citer et à décrire le spécimen.

A cette occasion, je me permettrai de faire ici deux remarques :

1° Il est impossible que l’un des Cténophores représentés par Torrey2 dans son travail sur les Cténophores de San Diego (Océan pacifique) soit Mertensia ovum Fabricius, comme il le

1 Moser, F. Die Ctenophoren der Sihoga Expédition. 1903.

2 Torrey, H. B. The Cténophores of the San Diego Région. Univ. of California public. Zool., vol. 2, n° 2, 1904.

F. MOSER

suppose sans en donner aucune description ou explication. D’abord, cette forme n’est connue jusqu’à présent que des régions froides et arctiques. Puis, le croquis que donne Torrey ne rappelle en rien une Mertensia ; au contraire, il reproduit nettement une Hormiphora qui ne diffère de H.palmata Ckun, trouvée par ce dernier aux îles Canaries et du Cap Vert, que par la position de l’ouverture tentaculaire située, chez cette dernière, à une plus grande distance du pôle sensitif, et par la forme de l’appareil tentaculaire qui est un peu différente (si le dessin est bien exact).

2° Le Cténophore que Torrey décrit et figure sous le nom de Pleiirobrachia bachei Agassiz n’est certainement pas cette espèce, mais très probablement Pleurobrachia pileus Eabricius (— P. rhododactyla Agassiz), fait intéressant au point de vue géographique. En effet, P. pileus était considéré, jusqu’à présent comme un représentant des régions froides et arctiques de l’Atlantique, ne dépassant pas, au sud, la Mer du Nord en Europe, la Nouvelle Ecosse et les courants du Labrador, en Amérique. Ce serait la première fois que cette espèce aurait été trouvée aussi loin au sud (au-dessous de 42° Lat. N.) et qu’elle aurait été rencontrée dans l’Océan pacifique. Le fait paraît néanmoins certain, à en juger d’après le dessin de Torrey comparé avec ceux qu’AGASSiz et Claus ont donnés de Pleurobrachia pileus (P. rhododactyla). En outre, les différences que Torrey indique dans sa diagnose sont simplement des différences d’âge. J’ai eu l’occasion de comparer des P. pileus de provenances, de grandeurs et d’âges divers et j’ai pu constater que les longueurs relatives du pharynx et du canal de l’entonnoir peuvent varier dans certaines limites. Le pharynx d’un jeune individu peut être court et devenir long plus tard. L’exemplaire représenté par Torrey n’a que 10 111111 environ. Il s’agit donc d’un individu jeune, ce qui expliquerait les différences que cet auteur croit avoir trouvées entre son exemplaire et P. pileus, soit : un pharynx plus court, des ca-

CTÉNOPHORES

naux interradiaux plus minces et plus longs, T ouverture de la gaine tentaculaire a une distance un peu plus grande du pôle sensitif.

En revanche, Torrey ne fait pas mention du caractère essentiel qui distingue P. pileus de P. bachei , soit la position de l’ouverture tentaculaire par rapport au passage des canaux adradiaux dans les canaux méridiens ; chez P. pileus elle est placée entre ce dernier et le pôle aboral, tandis que chez P. bachei , au contraire, elle se trouve au-dessous (oralement) de ce passage, d’après la description donnée par A. Agassiz. Dans le dessin que Torrey donne de son espèce, l’ouverture tentaculaire occupe à peu près la même position que chez P. pileus, soit entre le pôle sensitif et les canaux adradiaux.

Il nous semble impossible de douter de l’identité de l’espèce de Torrey avec P. pileus .

Il est donc à peu près certain, que P. pileus se rencontre plus au sud qu’on ne l’avait cru jusqu’à présent. On peut alors se demander si P. bachei, qui provient du Golfe de Géorgie, n’est pas la même espèce que P. pileus. Pour ma part, cette supposition me paraît très vraisemblable et Chun dans sa monographie de l’Expédition du Plankton semble incliner dans le même sens. Agassiz a signalé lui- même la grande ressemblance de ces deux espèces. Depuis lors, P. bachei n’a plus été retrouvée ou décrite, sauf par Torrey qui n’a pas réussi à nous convaincre que ces deux espèces soient réellement distinctes.

F. MOSER

DESCRIPTION DES ESPÈCES I. Cydippidae Lesson.

Fam. Pleukobrachiadæ Chun.

Groupe a.

Les canaux méridiens n’atteignent pas la bouche.

Gen. Pleurdbrachia Fleming.

Pleurobrachm globosa Moser.

Moser, F. Die Ctenophoren d. Siboga-Eæpedition. 1903.

1 exemplaire. Longueur 3mm,5.

Cet exemplaire unique mais bien conservé appartient à l’espèce nouvelle et nettement caractérisée que le Siboga rapporta en grand nombre de l’Archipel Malais. I! l’avait trouvée dans 8 localités différentes, dispersées sur un espace très étendu limité à l’Est par la Nouvelle Guinée, au Nord par les Iles Soulou, à l’Ouest par l’Ile Numa près de Celebès, au Sud par Pile de Florès. Aucun de ces exemplaires ne provenait d’Amboine et la station la plus rapprochée de cette île où P. globosa avait été pêchée par le Siboga était la côte sud-est de Pile Manipa. Le spécimen récolté à Amboine par MM. Bedot et Pictet montre que cette espèce est probablement répandue dans tout l’Archipel Malais.

Pour la description de cette espèce, voir la monographie des Cténophores de l’Expédition du Siboga où elle est figurée.

Pleurobrachia striata n. sp.

(Fig. 1 à 3).

1 exemplaire. Longueur 2mm.

A première vue, ce petit Cténophore présente un caractère

CTÉNOPHOEES

frappant dû à la présence de bandes ou stries de pigment brun au-dessus de chaque palette. Cela donne à ranimai, et surtout à ses côtes, un aspect strié qui le distingue de tous les Cténophores connus à l’exception de Pleurobrachia pigmentata Moser. Cette dernière espèce, dont le Siboga a récolté 10 exemplaires dans deux stations situées entre Ceram et la Nouvelle Guinée, possède les mêmes stries brunes et a un aspect général semblable à celui de P. striata . Mais, lorsqu’on l’examine de près, on voit des différences qui ne peuvent pas être attribuées au mode de conservation.

P. striata a un corps cylindrique, un peu aminci vers le pôle sensitif, légèrement aplati dans le plan pharyngien. Le pôle oral est effilé; le bord de la bouche, où l’on ne voit pas de lèvres distinctes, est recourbé en dehors et forme une sorte de petite bourse autour de l’étroite ouverture. Les côtes sont larges, (mais moins que chez P. pigmentata) et commencent près du pôle aboral pour finir à quelque distance de la bouche, aux 3/4 de la longueur totale. Elles sont groupées par paires. Chaque plan tentaculaire porte deux paires de côtes, assez rapprochées, tandis que les plans pharyngiens, plus petits, en sont presque dépourvus et laissent voir, par transparence, l’organisation interne. Chacune des palettes natatoires, munie d’assez longs cils, forme une petite plaque et non pas une brosse épaisse comme chez P. pigmentata; elle porte, immédiatement au-dessus de l’insertion des cils, une strie de pigment brun de même longueur que la palette. Les palettes ne sont pas très rapprochées les unes des autres.

Les canaux méridiens ont la même longueur que les côtes. Le pharynx est d’une grandeur moyenne. Le canal de l’entonnoir est un tube étroit, aminci vers le pôle aboral. Les canaux adradiaux s’unissent aux canaux méridiens à la hauteur de l’entonnoir. La base des tentacules est un petit noyau opaque, situé du côté oral de l’entonnoir et placé obliquement entre le

F. MOSER

pharynx et la paroi externe. Il m’a été impossible de distinguer une gaine tentaculaire; elle est probablement très petite.

L’animal ne présentait plus qu’un fragment de tentacule, dépourvu de tentilles, et partant non pas de la partie moyenne, mais de l’extrémité aborale de la base. Il sortait de la petite ouverture extérieure à la hauteur de l’entonnoir. Le pharynx présentait 2 bourrelets épithéliaux dans le plan tentaculaire. Sous le microscope, on pouvait voir les bourrelets génitaux.

Pleurohmchia striata diffère de P, pigmentata par sa forme plus cylindrique et moins sphérique, par la forme et la grandeur de sa bouche, par la répartition de ses côtes sur 2 plans, ce qui permet de mieux voir son organisation interne. Ses côtes sont plus courtes, moins larges, et les palettes natatoires forment des plaques minces à longs cils et non pas des brosses épaisses à cils courts comme c’est le cas chez P. pigmentata.

Gen. Hormiphora L. Agassiz.

Hormiphora amtmnae n. sp .

(Fig. 4),

4 exemplaires. Longueur 6 à 1 1 mm.

Forme cylindrique, légèrement aplatie dans le plan pharyngien ; le pôle oral un peu rétréci. Les lèvres sont allongées ou arrondies, selon le degré de contraction. Le pôle aboral n’est pas rétréci, mais obtus et tronqué. Les côtes, étroites, commencent tout près de l’organe sensitif et s’étendent sur les 2/3 de la longueur totale, tandis que les canaux méridiens les dépassent beaucoup et se terminent dans le voisinage de la bouche. Les palettes natatoires sont peu longues, peu larges et assez rapprochées les unes des autres. Le pharynx est très long;

CTÉNOPHORES

chez quelques exemplaires, il est un peu rétréci au-dessous des côtes et s’élargit plus loin. Le canal de l’entonnoir est un tube court, effilé vers le pôle aboral. Le passage des canaux adradiaux dans les canaux méridiens se trouve à la hauteur de l’entonnoir. Les bases des tentacules, rapprochées du pharynx, sont très longues, minces et arquées. Elles commencent près de la bouche, où leur extrémité orale touche la paroi du pharynx, puis montent, en décrivant une ligne légèrement concave par rapport au pharynx, pour se diriger vers l’entonnoir qu’elles dépassent un peu et dont elles s’éloignent. Leurs deux extrémités aborales forment avec le pharynx une ligne en W. Les gaines tentaculaires sont aussi élancées et longues. Elles commencent dans le voisinage de la bouche et montent, en s’élargissant un peu, jusqu’à la limite de la région tronquée où se trouve l’ouverture tentaculaire, soit assez près de l’organe sensitif. Les tentacules prennent naissance au milieu de la base ; ils sont pourvus de tentilles simples.

Un autre petit Cténophore, mesurant 3mm de longueur, appartient probablement à la même espèce, bien que ses palettes natatoires paraissent être plus longues et plus raides. Mais il n’est pas possible de le déterminer exactement, car son organisation interne ne peut pas se voir sans dissection.

H. amhoinae se distingue de toutes les autres espèces d ' Hormiphora par la longueur extrême et la forme gracieuse de sa base tentaculaire, ainsi que par la forme de son corps cylindrique et tronqué au pôle aboral. Elle se distingue en outre de H. palmata Chun par la forme de sa gaine tentaculaire, par la position de son ouverture qui est plus rapprochée du pôle apical et par la plus grande longueur de ses canaux méridiens par rapport aux côtes. Ce dernier caractère, et le fait que les canaux adradiaux se réunissent aux canaux méridiens à la hauteur de l’entonnoir, distinguent également cette espèce d 'Hormiphora (Lampetia) fusiformis (Mayer).

F. M08ER

Hormiphora sp ?

1 exemplaire. Longueur 25mm.

Cet exemplaire unique présente une grande ressemblance avec Hormiphora palmata Chun. Mais cette dernière espèce n’a été trouvée jusqu’à présent que dans l’Atlantique. En outre, les canaux méridiens de cet exemplaire sont plus longs (de 2mm environ) que les côtes, au lieu d’être à peu près de même longueur, et les côtes paraissent être plus larges et commencer plus près de l’organe sensitif. Ces faits ne me permettent donc pas d’identifier ces deux espèces. Mais comme, d’autre part, cet exemplaire est très ratatiné et qu’il est impossible de se rendre compte de la forme générale de son corps, de la situation et de la forme des tentacules, de leur base, etc., je me contente de le mentionner, sans lui donner de nom spécifique.

IL Beroidae Esch.

Gen. Beroe Browne.

Beroe forskali Chun.

3 exemplaires, très ratatinés, d’environ 10, 12 et 17mm de longueur. Tous mûrs.

Beroe cucumis Fabricius.

7 exemplaires. Longueur 5 à 37mm.

Sur quelques-uns de ces exemplaires, qui étaient très bien conservés, il a été possible de constater, sans aucun doute, qu’il n’y a pas de réseau mettant en communication les ramifications des vaisseaux méridiens avec les vaisseaux pharyn-

CTÉNOPHORES

giens sur la paroi du pharynx. Il s’agit donc bien de Beroe cucumis et non pas de B. ovata. Il est très probable que les exemplaires du Siboga, dont l’état de conservation n’a pas permis de faire une constatation semblable, devaient être également des B. cucumis.

Jusqu’à présent, B. cucumis comptait parmi les formes appartenant aux régions froides et arctiques. Elle n’avait même jamais été rencontrée dans les régions tempérées. Le fait que B. cucumis se trouve aussi dans les régions tropicales, soit dans l’Océan indien, fait constaté ici pour la première fois, est très curieux et ne peut pas être mis en doute, car les exemplaires rapportés par MM. Bedot et Pictet sont dans un état de conservation excellent. Il m’a été impossible de trouver, comme on aurait pu le supposer, la moindre différence entre ces exemplaires et d’autres provenant des régions arctiques de l’Atlantique du Nord que j’ai pu examiner au Musée d’Histoire Naturelle de Berlin. La forme générale du corps, la longueur et la structure des côtes, la disposition des canaux et de l’organe sensitif, sont absolument semblables. Il ne s’agit donc pas d’une variété, mais de la même Beroe cucumis qu’ÂGASSiz, Eschscholtz, et d’autres ont décrite et représentée.

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