IV. Ganeshidae nov. ord
Corps comprimé dans le plan tentaculaire, muni d’un canal buccal circulaire (complet ?) formé par les deux branches des deux canaux pharyngiens. Les 4 canaux subtentaculaires aboutissent dans le canal circulaire. Les canaux interradiaux et les canaux tentaculaires prennent naissance directement dans T entonnoir. Gaine tentaculaire.
Gen. Ganesha nov. gen.
Mêmes caractères que. ceux de l’ordre.
Ganesha elegans Moser.
(Fig. s à 8).
Syn. ; Lampetia elegans. Moser. Die Clenophoren der Siboga Expédition.
p. la. 1903.
16 exemplaires. Longueur 4 à 9nim.
Le Siboga a rapporté 8 Cténophores d’une nouvelle espèce dont il n’a pas été possible de donner une description complète et définitive vu leur mauvais état de conservation.
Les spécimens rapportés d’Amboine par MM. Bedot et Pictet appartiennent sans aucun doute à la même espèce. Ceux dont l’état de conservation laisse à désirer ressemblent absolument aux exemplaires du Siboga ; les autres, très bien conservés, permettent de compléter et de corriger la description et les dessins donnés antérieurement.
L’espèce récoltée par le Siboga présentait une grande ressemblance avec Lampetia pancerina Chun, ressemblance due à
CTÉN OPHORES
la longueur du pharynx, à la position delà base tentaculaire, aux dimensions de la bouche et à la distribution des canaux ; elle avait donc été placée dans le genre Lampetia , famille des Fleurobrachiadæ , sous le nom de Lampetia elegans. Maintenant que l’organisation de cette espèce est bien connue, on voit que l’on ne peut pas lui conserver cette position systématique et qu’il est même impossible de la placer dans aucun des ordres de Cténophores admis jusqu’à présent, à cause de l’ensemble de ses caractères. Il a donc fallu créer non seulement un genre, mais aussi un ordre nouveau dont les caractères sont indiqués plus haut. Je reviendrai du reste sur ce sujet, après avoir donué la description des exemplaires.
Ganesha elegans a un corps cylindrique, comprimé dans le plan tentaculaire et arrondi en dôme au pôle aboral. La bouche est large et plus ou moins grande suivant le mode de conservation et de contraction. Chez les exemplaires bien conservés, elle est moins grande et les lèvres arrondies sont souvent un peu repliées en dehors, tandis que les exemplaires mal conservés ont, au contraire, une bouche très large, des lèvres flottantes, minces (voir le dessin du Siboga) et souvent même en lambeaux. Les 8 côtes, de longueur égale, commencent à une certaine distance du pôle aboral et à la même hauteur. Chez les plus grands exemplaires, elles n’atteignent que les 2/s de la longueur totale et chez les plus petits, elles sont moins longues. Les palettes natatoires, dont le nombre est au maximum de 12, sont très espacées, de sorte qu’elles ne se touchent pas ; elles sont assez larges et forment une lame très mince.
Le pharynx, très large et très long, monte jusqu’au voisinage du pôle aboral, dont le statocyste est logé dans une profonde fossette comprimée dans le même sens que le corps. Le canal de l’entonnoir est un petit tube très court et mince. Les canaux perradiaux font défaut et les 4 canaux interradiaux, de même que les canaux tentaculaires et les canaux pharyngiens, sortent
F. MOSER
directement de l’entonnoir. Les premiers longent la coupole du pharynx, montent vers le pôle aboral et se divisent en 8 branches adradiales qui se rendent, de chaque côté, au-dessus de la première palette aborale où elles se prolongent directement dans les 8 canaux méridiens. Les canaux pharyngiens, arrivés près des coins de la bouche, se divisent en deux branches qui longent les bords des lèvres et forment un canal circulaire, comme chez les Béroes.
On sait combien il est difficile de suivre le trajet des canaux et de se rendre compte de leur disposition exacte chez les Béroes vivants, où, à une seule exception près, le canal circulaire est incomplet. B n’est donc pas étonnant qu’il m’ait été impossible de voir si le canal circulaire de Ganesha elegans était complet ou non, c’est-à-dire s’il présentait dans chaque plan tentaculaire, une interruption séparant deux systèmes.
La paroi du corps est très mince, surtout dans la région de la bouche. Le canal circulaire est situé, en partie, directement au dessous de l’épiderme qui, chez tous les exemplaires, était plus ou moins détérioré, ce qui empêchait de suivre sans interruption le canal d’un côté à l’autre. Cependant, bien qu’il fût difficile à voir, son existence ne peut pas être mise en doute, non plus que son origine des canaux pharyngiens, car j’ai pu l’observer sur toute l’étendue de la bouche, chez trois exemplaires bien conservés. Deux de ces exemplaires étaient fixés au liquide de Fleming et les canaux, d’une couleur foncée, apparaissaient distinctement sur la paroi incolore. Le troisième exemplaire, qui était coloré au carmin-borax, examiné au microscope après avoir été légèrement comprimé, montra nettement les canaux et leurs communications. Enfin, l’examen de coupes a confirmé la présence d’un canal circulaire prenant son origine dans les canaux pharyngiens et longeant les lèvres de la bouche.
CTKNOPHORES
Les canaux subtentaeul aires ne se terminent pas en cul-desac. comme chez les Cydippes, mais viennent se réunir au canal circulaire, ainsi qu’on pouvait le constater chez tous les exemplaires bien conservés et, en particulier, dans les trois exemplaires dont nous venons de parler.
Quant aux 4 canaux subpharyngiens, il n’a pas été possible de voir s’ils se réunissaient aussi au canal circulaire. Lorsqu ils arrivent près de ce dernier, ils décrivent quelques arabesques eji se tenant tantôt immédiatement au-dessous de l’épiderme, tantôt dans l’épaisseur de la paroi; quelquefois ils se croisent comme l’indique la figure 5*. Tl est difficile de suivre le canal dans les différents niveaux qu’il occupe et souvent l’on ne peut pas savoir s’il se termine ou s’il forme simplement un nœud. Sur le côté étroit du corps — dont l’examen présente de grandes difficultés, surtout lorsque l’animal est conservé et que sa paroi est incomplète — il est impossible de suivre complètement les contours du canal.
Les canaux tentaculaires prennent naissance dans l’entonnoir et se dirigent de là vers la bouche, le long des parois du pharynx ; ils sont donc très longs. Ils s’unissent à l’extrémité aborale de la base des tentacules, dans la région où finissent les côtes, soit beaucoup plus près de la bouche (jue chez toutes les Pleurobra chmdæ , à l’exception de Lampetia pancerina Chun. La base des tentacules est très petite, très rapprochée de la paroi externe et placée parallèlement à l’axe polaire. Le tentacule se détache de son extrémité orale et non pas de sa partie moyenne comme chez Lampetia pancerina.
Un seul exemplaire possédait encore un tronçon de tentacule, très grêle et muni de tentilles simples, qui se dirigeait dans la direction de la bouche pour sortir — tout près de F endroit où il avait pris naissance de la petite ouverture externe de la gaine tentaculaire. Cette gaine est aussi très petite, juste de
la grandeur nécessaire pour loger la petite base qui est
Voyage. Vol. 2. Il