‹ Voyage scientifique dans l'Archipel MalaisChapitre 21 sur 97 · V. MOSEK · texte numérisé non relu

V. MOSEK

pointue à ses deux extrémités. La base et la gaine sont absolument renversées. L’origine du tentacule et l’embouchure du canal tentaculaire se trouvent aux extrémités opposées de la base, mais dans la position inverse de celle que l’on observe ordinairement : la première se trouve à l’extrémité orale, la dernière à l’extrémité aborale de la base: L’examen de coupes longitudinales confirme ce fait.

A la place de deux longs bourrelets épithéliaux pharyngiens, on trouve, sur les deux plans de la paroi, un bourrelet presque circulaire, logé dans la coupole du pharynx, près de l’entonnoir.

L’examen microscopique des côtes nous révèle des faits assez intéressants que je n'ai observés nulle part jusqu’à présent et que je n’ai jamais vus décrits. Les recherches de Chün, II. IIkutwig, Sa via ssa. etc., ont montré que, chez les Lobiférides et Cestides, les bandelettes ciliées se continuent sur toute la longueur des côtes, et communiquent le mouvement d’une palette à la palette voisine. Chez les Béroes et les Cydippes, au contraire, ces bandelettes ne vont que jusqu’à la première palette, voisine du pôle sensitif, et s’arrêtent là. Plus loin, elles sont remplacées, au point de vue physiologique, par une structure spéciale des cellules basales des palettes.

D’après les travaux de R. Hertwig et ceux de Samassa sur Callianira b i (data delle Chiaje, Hormiphora plumosa L. Ag., Eucharis muUicornis Quoy etGaim., Beroe orata Bosc, B. fors- Jçali Ch un, chaque cellule basale d’une palette se bifurque à son extrémité proximale et envoie une de ses branches dans la mésoglée et l’autre à la rencontre des branches des autres cellules basales de la même palette. Ces branches réunies forment des fibrilles épaisses qui s’étendent sous l’épiderme, sans interruption, entre toutes les palettes de la même côte. C’est sur des coupes longitudinales que l’on voit le mieux la disposition de ces fibrilles (voir les dessins de Samassa). Chez Ganesha degans, je n’ai trouvé rien de semblable ; elle paraît n’avoir ni les bande-

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lettes ciliées des Lobiférides, ni les fibrilles sous-épithéliales des Cydippes. L’état de conservation étant cependant peu favorable à une étude histologique, je nie bornerai à décrire ce que j’ai vu.

L’épidenne qui se trouve entre les palettes d’une côte semble avoir subi un changement remarquable. Près de chaque palette, et dans toute sa longueur, les cellules sont cylindriques, très grandes et hautes. Puis on observe une diminution graduelle de l’ épaisseur de cette couche cylindrique qui, ensuite, disparait presque complètement, à un endroit qui divise en deux parties égales l’espace compris entre deux palettes. Cette disposition se voit aussi bien sur les coupes longitudinales que sur les coupes transversales. A cet endroit, l’épiderme est composé de cellules très minces et plates, semblables à celles qui recouvrent le reste du corps. Les cellules cylindriques, au contraire, ne paraissent pas avoir de noyaux, et se colorent très fortement à l’hémalun et à l’hématoxyline (voir fig. (>, 7. 8). Les palettes voisines étant assez éloignées les unes des autres pour ne pouvoir se toucher, on pourrait considérer cette interruption de la couche cylindrique comme représentant un point de réduction d’une palette, de telle sorte qu’entre deux palettes qui sont voisines chez l’animal actuel, se serait trouvée autrefois une palette intermédiaire qui aurait été éliminée. L’ontogénie pourra seule élucider cette question.

Le fait est intéressant au point de vue physiologique, car la question suivante se pose : comment le mouvement d’une palette peut-il se transmettre aux palettes voisines en passant de l’autre côté de ce point qui paraît mort, on quelles sont les dispositions histologiques (pii permettent de transmettre le mouvement d’une palette à l’autre?

Au milieu de l’espace intermédiaire entre les deux couches de cellules cylindriques se trouve une sorte de lame qui s’enfonce à une faible profondeur dans la mésoglée dont elle se distingue nettement. Elle se compose de cellules longues à noyaux et de

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