‹ Voyage scientifique dans l'Archipel MalaisChapitre 6 sur 97 · M. 1SED0T · texte numérisé non relu

M. 1SED0T

Cette espèce rappelle un peu F. denticulata , mais elle s’en distingue surtout par la faible profondeur de sa cavité calicinale.

Gen. Goniastræa.

Goniastræa rétif ormis (Lamarck).

(PI. Vi, fig. 138 à 140).

Nous avons récolté une seule colonie de cette espèce. Elle est mamelonnée (fig. 138), mesure 12,5 X 8cm de largeur sur 5cm de hauteur et s’est développée sur un polypier mort de la même espèce.

Une partie du bord de la colonie est libre, et montre, à sa face inférieure, un recouvrement d’épithèque. On ne voit pas de côtes.

Les calices (fig. 139), en forme de polygones plus ou moins réguliers, atteignent au maximum 4mm de diamètre. Ils sont serrés les uns contre les autres. Les murailles qui les séparent sont en général très minces; en un point de la colonie, cependant, elles atteignent exceptionnellement lmm d’épaisseur. La profondeur des calices est rarement supérieure à lmra.

Les septes dépassent le sommet de la muraille de 2 à 3 dixièmes de millimètre. Il sont disposés en 4 cycles dont le dernier est en général incomplet. Les bords libres des septes, qui portent de petites dents irrégulièrement disposées, descendent d’abord un peu obliquement, puis se relèvent brusquement pour former les palis aplatis latéralement, mais souvent un plus épais que les septes. On distingue en général de 6 à 12 palis qui ne sont pas tous également bien développés. Parfois, le bord du septe se redresse simplement à angle droit pour former un lobe paliforme ; ou encore, il se relève plus brusquement, à angle aigu, et présente alors une sorte de grande dent paliforme. Cependant, dans

M A DRÉ FORA 1 R K S

la majorité des cas, les calices ont toujours quelques palis bien nettement séparés des septes par une profonde échancrure. Ces formations ne représentent donc pas de véritables palis, mais bien ce que M, -Edwards (1857-60, vol. 1, p. 65) nommait des faux-palis.

Les faces latérales des septes portent de petites granulations qui sont surtout nombreuses et bien développées près du bord libre et sur les dents. Ces granulations se trouvent en grand nombre sur les palis et forment souvent de petites agglomérations à leur sommet.

Au fond de la cavité calicinale se trouve une pseudo-columelle très peu développée, et formée seulement par la réunion de quelques petits prolongements des bords libres des septes qui sont contournés en tous sens. L’endothèque forme des lames interseptales disposées presque toujours à peu près horizontalement (fig. 140).

Goniastræa qitoyi M.-Edw. et H aime.

(PL 24, fig. 141 à 143).

Nous avons récolté un seul spécimen de cette espèce. La colonie (fig. 142), de forme convexe, mesure 81 X 01mm de largeur et 16mm de hauteur. Elle est complètement fixée sur une pierre et aucune partie de sa face inférieure n’est libre.

Les calices (fig. 141) sont polygonaux, et leur forme varie beaucoup. Leur plus grand diamètre peut atteindre 10mm et leur profondeur maximale 5mm, La muraille qui les sépare est mince dans sa région supérieure ; dans la profondeur, elle augmente jusqu’à atteindre de 0rn,5 à lmm d’épaisseur.

En général, les septes ne s’élèvent pas au-dessus du bord supérieur de la muraille ou ne la dépassent que d'une longueur insignifiante. Ils sont disposés en 4 ou 5 cycles. Le dernier cyle est presque toujours incomplet et composé de septes très petits qui

Voyage. Vol. 2.

M. BEDOT

n’arrivent pas jusqu’à la columelle. Les septes des premiers cycles s’unissent quelquefois à leurs voisins avant d’arriver à la columelle.

Dans la région supérieure du calice, les septes s’avancent très peu vers le centre. Leur bord libre descend obliquement, suivant une ligne qui se rapproche beaucoup de la verticale (fig. 143); puis il se relève pour former un lobe paliforme, souvent très bien marqué et, dans d’autres cas, à peine visible. Le bord libre des septes porte des dents pointues, petites mais bien développées. Sur le bord libre des lobes paliformes, on voit également des dents qui sont souvent grandes et irrégulières. Les faces des septes portent des granulations coniques qui se rassemblent souvent sur les dents où elles forment de petites agglomérations. Il en est de même pour les lobes paliformes.

Au centre des calices se trouve une pseudo-columelle spongieuse, de dimensions variables. Elle est formée de la même façon que chez les autres espèces de Goniastræa dont nous avons parlé, mais beaucoup plus développée. On voit souvent, à sa surface, de petites granulations semblables à celles des septes.

Les traverses endothécales ne s’élèvent pas très haut contre la muraille. Elles ont, surtout dans la région profonde, une direction à peu près horizontale (fig. 143). Dans la région supérieure, elles sont plus souvent incurvées ou dirigées obliquement.

Cette espèce a été récoltée par le Challenger à Banda, non loin d’Amboine.

Goniastræa multilobata Quelch.

(PL 25, fig. 144 et 145).

Cette espèce, que Quelch (1886, p. 99) a établie d’après des spécimens récoltés à Amboine par le Challenger, n’est représentée dans notre collection que par une très jeune colonie (fig.

145), convexe, mesurant 23 X 20mrn de largeur et 22mm de hauteur.

Les calices (fig. 144) ont des formes irrégulières; ils sont tantôt subpolygonaux, tantôt plus ou moins arrondis ou allongés. Leur plus grand diamètre mesure 8nim et la profondeur maximale atteint 3mm.

La muraille a une épaisseur variable et qui va en diminuant de la région inférieure au sommet.

Les septes sont disposés en 3 ou 4 cycles dont le dernier est généralement incomplet et peu développé. Ils dépassent le sommet de la muraille d’environ 0mm,6 à 0mm,8. Leur bord libre supérieur forme souvent une ligne droite très légèrement inclinée vers le centre du calice et qui s’infléchit ensuite, plus ou moins brusquement, pour former le bord interne du septe. Cette disposition a été signalée par Qxjelch, qui dit que : « the septa are somewhat truncated above. » Quant au bord libre interne, qui est très faiblement et irrégulièrement denticulé, son inclinaison varie beaucoup ; il est quelquefois presque vertical.

Dans la profondeur de la cavité calicinale, le bord libre des septes des premiers cycles se relève pour former les faux palis, qui sont en général bien développés et au nombre de 6 à 12. Ils sont comprimés latéralement, mais en général un peu plus épais que les septes. De nombreuses granulations coniques et très petites se trouvent sur les faces latérales des septes (surtout près du bord libre) et sur les faux palis, à l’extrémité supérieure desquels on les rencontre en très grande quantité.

La pseudo-columelle a un développement variable, mais jamais très considérable. Elle est formée de la même manière que chez G. rétif ormis .

La colonie étant très jeune l’endothèque était peu développée.

M. BEDOÏ

Gen. Cyphastræa.

Cyphastræa microphtalma (Lamarck).

(PI. 25, flg. 146 à 149).

Nous rapportons à cette espèce une colonie mesurant 55 X 65mm de largeur et fixée sur une pierre (fig. 146). Elle forme une couche très mince et son épaisseur ne dépasse pas 3mnj au milieu de la colonie. Les bords s’amincissent graduellement ; ils adhèrent partout au substratum et ne sont nulle part libres.

Les calices sont circulaires; ils mesurent lram,5de diamètre (fig. 147 et 149) et ne sont pas disposés d’une façon très régulière. Quelquefois, les calices voisins sont contigus, mais, le plus souvent, ils sont séparés par un intervalle de lmm à lmm,5. On compte 15 à 20 calices dans lcra carré.

Le bord des calices fait légèrement saillie à la surface de l’exothèque qui remplit les espaces intercalicinaux. Cette margelle semble souvent être formée d’une série de petits mamelons disposés les uns à côté des autres de façon à former un cercle. Chacun de ces mamelons représente la partie d’un costo-septe qui s’élève au-dessus de la muraille.

Lorsqu’on examine des coupes de cette colonie, on voit que la muraille des calices a une épaisseur de 0mm,3 à 0mm,5 et qu’elle porte des côtes très peu saillantes quoique cependant bien visibles. On peut souvent les distinguer très bien des formations exothécales (fig. 148).

Les septes sont disposés en 3 cycles. Les 2 premiers sont bien développés ; le troisième est rudimentaire et souvent incomplet. La forme des septes est assez variable. Ils sont généralement (mais pas toujours) perforés et ces perforations sont très irrégulières. Le bord supérieur des septes est quelquefois très incliné, de telle sorte que le calice a une fosse large dont la profondeur

MADREPORAIRES

atteint lmm, Le plus souvent ce bord s’étend presque horizontalement jusqu’au centre du calice; dans ce cas, la fosse est à peu près nulle (fig. 149). Le bord libre des septesest très faiblement et irrégulièrement dentelé. Il arrive parfois que quelques dents soient plus développées que les autres ou encore que l’on puisse distinguer des dents paliformes ; cette disposition n’est cependant nullement constante. Les faces des septes portent de nombreuses granulations bien visibles; on en trouve également sur les dents du bord libre.

Les septes des premiers cycles viennent se rencontrer au centre des calices où de petites expansions irrégulièrement contournées de leur bord libre s’unissent pour former une pseudo-columeJle. Cette pseudo-columelle, dont le développement est très variable, est parfois bien formée et, souvent aussi, à peine visible.

Dans la région profonde des calices se trouvent quelques lames interseptales endothécales qui ont une direction à peu près horizontale.

L’exothèque qui remplit les espaces intercalicinaux est composée de deux sortes d’éléments : 1° des piliers verticaux cylindriques ou cylindro-coniques et 2° des lames horizontales disposées en plusieurs couches espacées (fig. 148). Dans l’intervalle séparant deux calices, il y a non pas une seule, mais plusieurs petites lames par couche. Les bords de ces petites lames sont infléchis et viennent se souder aux lames des couches inférieures.

L’exothèque intercalicinale est donc formée d’une quantité de petites chambres superposées, au milieu desquelles se trouvent les piliers verticaux qui semblent en supporter la voûte. La couche externe de l’exothèque présente, en général, de grosses granulations (fig. 149) qui ont la forme de petits cônes arrondis à leur sommet. Lorsque la colonie s’accroît, ces granulations deviennent plus hautes, et forment les piliers dont nous venons de parler. Puis, les lames horizontales apparaissent sous la forme d’une nouvelle couche d’exothèque unissant les sommets des pi-

M. UEDOT

liers.Ces grosses granulations, qui sont souvent considérées comme étant un caractère spécifique d’une certaine importance, peuvent donc, suivant le degré de développement de la colonie, faire défaut sur fout ou partie de la surface de l’exothèque.

Lorsqu’on examine la figure 147, on voit qu’en certains endroits les granulations de l’exothèque commencent à se recouvrir d’une couche qui s’étend horizontalement, tandis qu’en d’autres endroits elles en sont déjà entièrement recouvertes.

Gen. Prionastræa.

Prionastræa robusta (Dana).

(PI. 26, fig. ISO à 155).

Nous avons récolté plusieurs spécimens de cette espèce. Ce ne sont pas des colonies entières, mais des fragments plus ou moins complets. Le plus grand (fig. 150) mesure 12 X 9cm de largeur et 85mm de hauteur. La forme des colonies est assez variable. En général, elles se composent d’une lame basale d’où s’élèvent des lobes ou branches polyédriques (fig. 153), droites ou inclinées, quelquefois plus larges au sommet qu’à la base, et pouvant même se souder à leurs voisines. La hauteur ou longueur de ces branches peut atteindre 5cm.

La lame basale d’un des spécimens était libre sur une partie de son pourtour et sa face inférieure était recouverte d’épitlièque.

Les calices (fig. 151, 152 et 154) sont polygonaux, mais de forme et de dimensions très variables ; leur plus grand diamètre peut atteindre IG™1. La profondeur des calices est en relation avec la position qu’ils occupent. Elle dépasse rarement 3mm chez ceux de la lame basale, tandis que les calices placés sur les branches, et surtout près de leur sommet, peuvent avoir une profondeur de 9nun.

MADRKP0RA1RES

On peut facilement se rendre compte, en examinant ces colonies, de leur mode de développement et de la façon dont se forment les branches. Les premiers calices sont disposés les uns à côté des autres de manière à former une lame recouvrant le substratum. Leurs murailles ont alors la même hauteur sur tout leur pourtour. Puis, en certains points de la colonie, on voit la partie d’une muraille qui sépare, deux calices — ou encore la région voisine du point de réunion de 3 calices — se développer en hauteur, tandis que le reste des murailles des calices ne s’accroît pas. Il se forme ainsi une lame aplatie ou triangulaire, qui dépasse le niveau supérieur des calices voisins et sur laquelle apparaissent par bourgeonnement intracalicinal, de nouveaux calices (fig. 151). La lame s’accroît souvent en s’élargissant en éventail. Il peut alors se former deux (ou même trois) nouveaux calices l’un à côté de l’autre. C’est la raison pour laquelle les branches sont généralement plus larges ou épaisses à leur extrémité libre qu’à leur base. On observe toujours, à l’extrémité des branches, de nombreux bourgeons en voie de formation.

La muraille séparant des calices contigus a une épaisseur qui ne dépasse guère lram,5 dans la région basale de la colonie ; elle est en général plus mince sur les branches.

Les septes sont disposés en 5 cycles dont le dernier est incomplet et peu développé. Ils ne dépassent guère de plus de 0rani,3 le sommet de la muraille. Vus de profil, leur aspect varie beaucoup. Leur bord libre forme une ligne qui peut être courbe ou droite, et plus ou moins inclinée. Elle se redresse quelquefois de façon à présenter un lobe paliforme (fig. 155) dont la présence n’est cependant nullement constante. Les dents du bord libre sont toujours bien développées, mais souvent irrégulières (fig. 151 et 152). Dans les calices qui sont à l’extrémité des branches, elles sont plus longues, plus pointues et plus minces que dans les calices de la lame basale. En général, elles sont d’autant plus grandes qu’elles se trouvent plus près du centre du calice. Les lobes

paliformes sont souvent remplacés par quelques grosses dents.

Les faces latérales des septes portent de nombreuses petites granulations coniques, qui s’accumulent souvent en grand nombre près du bord libre et sur les dents.

Au centre du calice se trouve une pseudo-coluinelle spongieuse (fig. 154 et 155), plus ou moins bien développée et formée par de petits prolongements des bords des septes qui s’enchevêtrent et se soudent les uns aux autres. L’endothèque forme des lames interseptales qui, dans la région profonde du calice, sont presque horizontales, tandis que dans la région supérieure elles sont plus ou moins inclinées.

Cette espèce a été également récoltée à Amboine par le Challenger.

Gen. Merulina.

MeruUna studeri n. sp.

(PL 27, fig. 156 à 160).

Notre collection renferme une MeruUna qui diffère des espèces décrites jusqu’à présent par des caractères assez importants pour que l'on doive la considérer comme une espèce nouvelle. Nous la décrirons sous le nom de 31. studeri.

Cette colonie (fig. 156 et 157) a la forme d’une cloche évasée. Elle mesure 22 X 19cm de largeur et 12om,5 de hauteur maximale. Sa face supérieure est convexe et sa face inférieure concave. L’épaisseur de la lame qui forme la colonie va en diminuant du centre, où elle mesure 25mm, jusqu’à la périphérie. Son bord libre présente, sur un des côtés, deux échancrures (fig. 156); mais il a néanmoins un pourtour assez régulier (fig. 157).

La face supérieure porte non pas de véritables branches (comme on en voit chez M. ramosa ), mais quelques gros manie-

MADRKPOKAIRKS

Ions arrondis, dont le plus grand mesure 38mm de hauteur et 36 X 32Hun d’épaisseur.

Au centre de la concavité formée par la face inférieure se trouve une sorte de pédoncule large, très court et irrégulièrement excavé. Il mesure au maximum 15ram de hauteur, 85 X 73mm de largeur. C’est par ce pédoncule que la colonie a dû être fixée, primitivement, au substratum. Mais il est probable qu'elle s’en était détachée et qu’elle était libre, comme

Coupe verticale schématique de M. Studeri.

une Fungia , car cette région ne présente pas de traces de cassure fraîche. En outre, la forme en cloche (voir le schéma C) ne se rencontre pas habituellement chez les colonies fixées.

Si certaines espèces de Mérulines se détachent réellement du substratum dans le cours de leur développement, on aurait là un nouveau caractère les rapprochant des Fongies.

La face inférieure de la colonie, qui est garnie de très fines granulations punctiformes, présente des plis plus ou moins saillants et dirigés du centre vers la périphérie (fig. 157). On y voit également des côtes un peu sinueuses, irrégulières et serrées, s’élevant de quelques dixièmes de millimètre au-dessus du plateau commun (fig. 158). Ces côtes sont souvent dentelées ou même remplacées par des séries de dents irrégulièrement disposées et dont le développement est très variable. Parfois, ces dents

M. BEDOT

s’accroissent beaucoup, en prenant des formes irrégulières, et peuvent atteindre une longueur de 3ram. En certains endroits, surtout près du bord de la colonie, elles se groupent même de manière à former de petites touffes.

On remarque encore, sur la face inférieure, des trous placés sans ordre apparent, mais cependant plus nombreux près de la périphérie que dans la région centrale (fig. 158).

Les calices, qui occupent la face supérieure, sont disposés en longues vallées (fig. 159) qui se dirigent du centre vers la périphérie, en se bifurquant de temps en temps. Dans certaines parties de la colonie, ces vallées ont un cours assez régulier, mais, sur les mamelons, elles sont généralement très sinueuses. La largeur moyenne des vallées, comprise entre les sommets des collines, est de 6mm et leur profondeur maximale de 3mm. Les collines sont minces; il est rare que leur épaisseur dépasse l1^.

Chez certaines espèces de Merulines on observe quelquefois des calices nettement circonscrits, c’est-à-dire entourés de toutes parts d’une colline. Ici ce n’est pas le cas, et les collines n’entourent jamais complètement un seul calice, Néanmoins, les centres calicinaux sont toujours distincts. Ils sont généralement séparés par des septes en croix (fig. 159), formés par la réunion de 2 septes opposés en une lame du milieu de laquelle partent 2 autres septes (un de chaque côté de la lame), dirigés parrallèlement aux collines, au milieu de la vallée.

Il y a 3 cycles de septes. Le dernier est toujours incomplet et formé de septes très petits. Les septes s’unissent quelquefois entre eux avant d'arriver à la columelle. Ils dépassent le sommet des collines de lmm à lnîm,5, et leur sommet a une forme très variable. Il est souvent tronqué (fig. 160) ou irrégulièrement arrondi et découpé. Il est rarement dentelé et, dans ce cas, on n’y voit qu’une ou deux dents et jamais une rangée régulière de dents égales, comme Dana (1849, pl. 15, fig. 1 a, 1 c et 2 a) l’a observé chez M. regalis et M. ampHata.

MADRKPORAIRES

Le bord libre interne des septes est presque vertical dans la région supérieure du calice; dans la région profonde, il se relève et forme souvent — mais pas toujours — un véritable lobe pa~ liforme. On observe de grandes variations dans le développement et la disposition des dents du bord libre des septes (fig. 160). Elles manquent souvent complètement, ou ne sont bien développées que dans la région inférieure et sur le lobe paliforme. Ce dernier est même quelquefois représenté seulement par quelques dents plus grosses que les autres. Les faces latérales des septes sont garnies de nombreuses granulations coniques souvent allongées.

La pseudo-columelle est peu apparente et composée d’une masse centrale irrégulière, souvent granuleuse à sa surface. Elle est formée par des expansions des bords libres des septes.

L’endothèque paraît être représentée par des lamelles interseptales peu nombreuses situées dans la profondeur de la cavité calicinale.

En résumé, les caractères qui distinguent M, . studeri des autres espèces du même genre sont d’abord la forme générale et le mode de développement de la colonie qui l’obligent probablement à se séparer du substratum auquel elle était primitivement tixée ; puis, la forme arrondie et lobée de ses branches, et enfin la forme des septes dont la dentelure est nulle ou très irrégulièrement développée.

FUNGINA

Toutes les Fongines que nous avons récoltées à Amboine ont été examinées par M. le Prof. L. Dôderlein, le savant spécialiste, qui a bien voulu se charger de les déterminer. Nous ne ferons donc que citer les noms des espèces appartenant au genre Fungia, car on en peut trouver d’excellentes descriptions dans la belle monographie que M. Dôderlein a publiée en 1902. Les espèces appartenant à d’autres genres seront seules décrites.

Fam. Funginae Gen. Fungia Lamarck.

Groupe patella.

Fungia cy clolites Lamark.

Groupe actiniformis.

Fungia actiniformis Quoy et Gaimard.

Groupe scutaria.

Fungia paumotensis Stutchbury.

Groupe echinata.

Fungia echinata (Pallas).

Groupe repanda.

Fungia repanda Dana.

Groupe danai.

Fungia danai M. Edwards et Haime.

Groupe fungites.

Fungia fungites var. haimei Verrill.

Fungia fungites var. incisa Dôderlein.

Fungia fungites var. agariciformis Lamarck.

Fungia fungites var. confertifolia Dana.

MA DK El5 OR AIRES

Geu. Podabacia.

Podabacia crustacea (Pallas).

(Pi. 28, fig. 161 à 16 i).

Nous n’avons récolté qu’un petit échantillon, incomplet, de cette espèce. C’est une colonie cupuliforme (fig. 161) de 63 X 75mm de largeur et d’environ 5cm de hauteur. Elle était fixée au substratum par une partie de sa face inférieure mesurant 25 X 34mm.

La région libre de la colonie a une épaisseur qui ne dépasse pas 5mm. Sa face inférieure (fig. 163) est garnie de petites épines, très rapprochées les unes des autres et disposées en général sans ordre apparent. Elles ne sont pas d’une forme régulière et, lorsqu’on les examine au microscope, on voit qu’elles portent elles-mêmes de petites aspérités. Entre ces épines se voient de nombreux pores, placés sans ordre déterminé, de dimensions variables et souvent un peu allongés. Au fond et au centre de la coupe formée par la colonie, se trouve le calice central (fig. 162), présentant une petite fossette oblongue de lmm,5 de longueur, à laquelle viennent aboutir 13 septes. Plusieurs de ces septes, avant d’arriver au centre calicinal, se sont à diverses reprises unis à des septes voisins, de sorte qu’il n’est pas possible de déterminer exactement le nombre des cycles.

Outre le calice central, la face supérieure de la colonie présente de nombreux calices secondaires irrégulièrement distribués. Us sont cependant plus nombreux et plus rapprochés les uns des autres dans la région voisine du calice central qu’à la périphérie. La distance qui les sépare est très variable. Les calices situés à la même hauteur (soit à la même distance du calice central) sont souvent plus rapprochés les uns des autres qu’ils ne le sont des calices situés au-dessus ou au-dessous d’eux.

M. BEDOT

Les calices n’ont pas de muraille propre. De leur centre partent 8 à 10 septes qui se bifurquent et s’unissent à ceux des calices situés au-dessus et au-dessous d’eux pour former de longs rayons costo-septaux, parallèles entre eux, et toujours placés perpendiculairement au bord de la colonie, soit dans la direction du centre vers la périphérie. On compte 20 à 25 septes sur une longueur de lcm. Les calices étant souvent très éloignés les uns des autres, les costo-septes atteignent parfois une longueur de 25mm.

La fossette calicinale est quelquefois un peu allongée transversalement, c’est-à-dire suivant une direction perpendiculaire à celle des costo-septes; cependant ce n’est pas le cas le plus fréquent. Les septes rayonnent bien autour du centre calicinal, mais ceux qui se trouvent placés vers les extrémités de son axe transversal sont obligés de se recourber brusquement pour prendre la direction générale des costo-septes. Parfois même, on trouve en cet endroit de petits septes très courts qui viennent se fixer à angle droit sur le costo-septe passant le plus près du calice.

L’élévation des costo-septes au-dessus du plateau commun ne dépasse pas lmai. Leur épaisseur est toujours assez faible, mais on observe généralement une alternance assez régulière de septes très minces et de septes plus épais. Leur bord libre est très fortement et irrégulièrement dentelé ; il paraît même déchiqueté (fig. 164). Quant à leurs faces latérales, elles sont percées de trous irréguliers et portent des granulations proéminentes. On voit, entre les septes, de nombreux synapticules, plus ou moins gros et disposés assez irrégulièrement.

Le bord libre de la colonie paraît très finement dentelé par le fait que les costo-septes dépassent le plateau commun de 0mm,5 à O™1, 8.

Il n’y a pas de vraie columelie, mais on voit quelquefois, au fond de certains calices, de grosses granulations, formées par l’extrémité interne des septes et qui s’unissent de façon à représenter une pseudo-columelle.

MADRÉPOUAIRES

Podabacia robusta Quelch (PI. 28, fig. 16o à 168).

Cette espèce a été découverte par le Challenger à Amboine. Nous en avons trouvé un spécimen (fig. 166) qui a une forme sub circulaire et mesure 81 X 90ram de diamètre. La face supérieure est légèrement convexe, et l’inférieure concave. Ses bords sont un peu abaissés et son épaisseur maximale, près du centre, est de 15mra. La colonie était libre. La face inférieure (fig. 165) est garnie de nombreuses épines, très rapprochées les unes des autres et de grosseur variable. Elles n’ont pas une surface unie, mais sont recouvertes de petites granulations très abondantes, surtout près de leur extrémité. Bien que ces épines semblent être réparties sans aucun ordre sur la partie centrale de la face inférieure, elles montrent, dans la région voisine de la périphérie*, une tendance à se disposer en lignes radiaires formant des côtes épineuses. Il arrive aussi qu’elles se réunissent de manière à former de petites touffes.

La face inférieure présente de nombreux pores disposés sans ordre apparent, de dimensions variables, circulaires ou allongés. A la face supérieure on voit un calice central dont la fossette subcirculaire mesure environ lram,5 de diamètre. Les septes, au nombre de 22, sont disposés en 3 cycles.

Autour du calice central se trouvent les calices secondaires (fig. 167), très rapprochés les uns des autres et formant quelquefois, sur une certaine longueur, des rangées à peu près concentriques. La distance qui sépare les calices secondaires, mesurée dans le sens de la direction radiaire, est toujours d’au moins 6 à I4mm; dans lès rangées concentriques, les calices sont beaucoup plus rapprochés les uns des autres et souvent même contigus. Les costo-septes les plus longs se trouvent au bord de la colonie où ils peuvent atteindre 25mm.

Les calices secondaires ont 2 ou 3 cycles de septes. Ces septes

M. BKDOT

ont bien une disposition radiaire autour du centre calicinal (fig. 167), mais ceux qui se trouvent placés aux extrémités de l’axe transversal du calice se recourbent très vite, de façon à prendre la direction générale des costo-septes, soit du calice central à la périphérie de la colonie.

Les septes du premier cycle sont plus épais et plus hauts que les autres. Leur épaisseur peut atteindre lmm au milieu du costo-septe, mais elle diminue progressivement en se rapprochant du centre calicinal. Leur bord libre, dont le profil a une forme assez variable, s’élève parfois de 2mm au-dessus de celui des autres septes ; il est découpé plus ou moins régulièrement en dents assez grosses, mais souvent peu saillantes, obtuses et garnies de fines granulations. Les septes des autres cycles sont beaucoup plus minces et plus finement dentelés. Les faces de tous les septes sont percées de trous plus ou moins gros, et garnies de granulations proéminentes. On compte 10 à 20 septes sur une longueur de ll‘m.

Les synapticules qui s’étendent entre les septes ne semblent pas être disposés suivant un ordre déterminé.

Les septes, en s’unissant dans la partie profonde et centrale de la cavité calicinale, forment quelquefois une petite masse à contours irréguliers et variables, que l’on peut considérer comme une pseudo-columelle.

La colonie que nous venons de décrire est tout à fait semblable à celle que le Challenger avait trouvée également à Amboine et que Quelch a appelée Podabacia robusta. C’est également sous ce nom que M. le Prof. Doderlein avait déterminé notre spécimen. Nous n’avons malheureusement pas à notre disposition un matériel nous permettant d’étudier de près les genres Halomitra et Podabacia . Mais nous devons cependant faire remarquer que P. robusta présente beaucoup plus de ressemblance avec certaines espèces d’ Halomitra (voir : Studer, 1901), qu’avec la Podabacia cru stacea.

MADRÉ.POR AIRES

Gen. Herpetolitha.

Herpetolüha Umax (Egper).

(PL 29, fig. 169 à 173.)

Le plus grand spécimen de cette espèce que nous ayons récolté (fig. 169) mesure 21cm de longueur, sur llcm de largeur et 6LIU de hauteur.. C’est une colonie libre, de forme allongée et recourbée, avec les extrémités arrondies. Sa face supérieure est convexe et 1 inférieure concave. Son épaisseur maximale est de 32mm.

La face inférieure (fig. 170 et 172) est garnie de petites épines en forme de cônes à sommet arrondi, et qui peuvent être lisses ou recouvertes à l’extrémité de petites granulations très peu proéminentes. Ces épines sont en général disposées sans ordre apparent, sauf vers le bord de la colonie où elles forment parfois des rangées radiaires plus ou moins régulières. Entre les épines apparaissent les pores, de grandeurs et de formes diverses. Ils sont en général moins nombreux dans le centre qu’au bord de la colonie où ils prennent souvent l’apparence de longues fentes séparant des rangées d’épines.

Le sommet de la face supérieure est parcouru par une longue vallée, ou sillon médian, qui s’arrête à 3cm environ des deux extrémités delà colonie. Ce sillon est formé par une série de calices dont les septes sont placés à peu près parallèlement les uns aux autres, sur deux rangées.

Lorsqu’on examine la disposition générale des septes qui se trouvent sur les deux côtés du sillon médian, on observe que, dans la partie qui correspond à peu près au milieu de la longueur du sillon, les septes situés des deux côtés se trouvent dans le prolongement les uns des autres. Ils sont donc perpendiculaires à la direction générale du sillon. A partir de ce point central, les

Voyage. Vol. 2.

M. BELKJT

septes forment, avec la ligne du sillon, des angles d’autant plus aigus qu’ils sont plus rapprochés d’une des extrémités de la colonie. Les calices situés aux extrémités de 1a. colonie ont, par conséquent, des septes orientés dans la direction du sillon médian. On peut ainsi déterminer facilement le centre de la colonie.

Il est assez difficile de distinguer les centres calicinaux. Cependant, ils sont quelquefois indiqués par une légère courbure du bord interne des septes. Parfois aussi, les calices sont séparés de leurs voisins par des septes en croix. Il paraît y avoir 3, et quelquefois même 4 cycles de septes.

Les calices secondaires, qui n’ont pas de paroi propre, sont très nombreux, très rapprochés les uns des autres et disposés sans ordre apparent sur toute la face supérieure. Chez ceux qui sont le plus rapprochés du sillon médian, on observe quelquefois (fig. 171) une disposition radiaire des septes qui est plus ou moins apparente. Mais cette disposition s’efface très vite dans les calices qui se trouvent à une certaine distance du sillon (fig. 173), où, ainsi que le remarque M.-Edwards (1857-60, vol. 3, p.25), «les « calices ne sont pas radiés et ne sont indiqués que par de pe- « tites fossettes, qui, à des distances très inégales, semblent « interrompre les rayons costo-septaux ; ceux-ci sont tous sensi- « blement parallèles et perpendiculaires au bord du polypier. »

Les calices étant très nombreux et très rapprochés, les costoseptés sont généralement courts. Ils atteignent exceptionnellement 3cra de longueur, mais leur longueur moyenne est beaucoup plus faible.

Les septes des derniers cycles s’unissent souvent entre eux de façon à entourer les septes des cycles précédents (fig. 173).

L’épaisseur des septes est toujours très faible et ne dépasse guère 0mm,5.

Les costo-septes du premier cycle s’élèvent souvent beaucoup au-dessus de ceux des cycles suivants qu’ils dépassent parfois de

MADRKPORAIRES

4mm. Vu de profil, leur bord libre présente une forme assez va* viable : la partie médiane peut être presque droite, ou arrondie, ou encore sinueuse, et les extrémités s’inclinent plus ou moins brusquement en décrivant des courbes de formes diverses.

Lorsqu’on examine à la loupe le bord libre des costo-septesdes premiers cycles, on voit qu’il est finement denticulé. Mais ces petites dents n’ont pas une répartition uniforme et régulière. Elles sont en général bien développées sur la partie médiane et supérieure. Sur les côtés du costo-septe, soit sur la région qui s’abaisse et correspond au bord interne des septes, elles font défaut. Puis, on les voit apparaître de nouveau dans la région profonde de la cavité calicinale, surtout lorsqu’on examine le sillon médian.

Les costo-septes des derniers cycles sont très irrégulièrement denticulés. Les faces latérales des septes sont garnies de très fines granulations disposées généralement en rangées perpendiculaires au bord libre.

Les septes des premiers cycles ne sont pas perforés ; ceux des derniers cycles sont percés de trous plus ou moins grands et nombreux.

Des expansions irrégulières de l’extrémité interne des septes, s’unissant dans la région profonde, forment une pseudo-columelie qui est peu développée. On la voit plus ou moins bien au fond du sillon médian, mais elle est le plus souvent impossible à distinguer dans les calices secondaires. Des synapticules nombreux et rapprochés s’étendent entre les septes et forment des lames synapticulaires très élevées qui peuvent être verticales ou légèrement recourbées.

M. BEDOT

Gen. Cryptabacia.

Cryptabacia talpina (Lamarck).

(PI. 30, fi g. 174 à 176. Pi. 31, fig. 177 à 179.)

Cette espèce est commune à Àmbôine et nous en avons récolté plusieurs spécimens. Leur forme générale (%, 174) est assez variable, mais toujours allongée, droite ou recourbée de côté, un peu resserrée au milieu et plus ou moins arrondie aux extrémités. La face supérieure est convexe et l’inférieure concave. Le bord libre est souvent légèrement sinueux. Les dimensions comparatives de 5 colonies, exprimées en millimètres, donnent :

Longueur maximale

Largeur »

Largeur minimale (au milieu)

Hauteur maximale

Epaisseur

Elévation maximale de la face

inférieure au-dessus du niveau des bords

La face inférieure (fig. 176) présente en général des bourrelets peu saillants, mais formant des lignes concentriques parallèles au bord de la colonie (fig. 178). Elle est garnie de granulations très rapprochées les unes des autres, qui, dans la région centrale, sont disposées sans ordre apparent, tandis que, près de la périphérie, elles forment des rangées saillantes, perpendiculaires au bord libre et représentant des côtes. De nombreux trous sont également répartis irrégulièrement sur la face inférieure.

MADRÉPORAIRES

Ils sont plus ou moins gros, de forme variable et quelquefois, surtout près du bord libre, allongés en forme de fentes.

Sur la face supérieure, on distingue une rangée axiale de calices qui est parfois légèrement sinueuse. Elle ne forme pas un véritable sillon médian, mais, ce qui la rend bien apparente, c'est que ses calices (fig. 179) ont tous une disposition radiaire plus ou moins bien marquée et sont généralement séparés les uns des autres par des septes en croix. Néanmoins, on observe ici le même fait que nous avons signalé chez Herpetolitha Umax , c’est-à-dire qu’au milieu de la rangée axiale, on peut souvent distinguer un calice central (ou un groupe de calices centraux) chez lequel la disposition radiaire est très régulière. À partir de là, les septes des calices axiaux ont une tendance à se recourber, dans la direction de l’extrémité de la colonie dont ils sont le plus rapprochés.

La rangée axiale s’arrête à une certaine distance des extrémités de la colonie, distance qui varie suivant les spécimens.

Les calices axiaux ont en général 3 cycles de septes. Les septes des premiers cycles sont plus élevés et plus gros que ceux du dernier. Leur épaisseur atteint au maximum lram et va en diminuant de la périphérie vers le centre.

Les septes du dernier cycle, qui sont très minces, s’unissent entre eux par leur extrémité externe qui est souvent recourbée. Ils entourent ainsi l’extrémité externe des septes des premiers cycles et, par le fait de cette disposition, les calices, qui n’ont pas de muraille propre, semblent néanmoins être entourés d’une enceinte continue formée par les parties externes recourbées et soudées entre elles des septes du dernier cycle.

En dehors de la ligne axiale, on trouve très rarement des calices complets présentant une disposition nettement radiaire. Tous les calices secondaires paraissent incomplets (fig. 177) et leurs septes sont à peu près perpendiculaires au bord libre de la

M. BEDOT

colonie. Cette orientation est d’autant plus nette et régulière que les septes sont plus rapprochés de la périphérie.

On observe encore, dans les calices secondaires, une alternance régulière de septes épais et élevés et de septes minces et moins élevés. Ces derniers s’unissent entre eux à leurs extrémités et entourent complètement les premiers.

Les calices secondaires étant incomplets et ayant leurs septes orientés presque toujours dans la même direction, il est à peu près impossible de les distinguer les uns des autres.

Les gros septes des premiers cycles ont une longueur qui dépasse quelquefois 8mra ; mais leur longueur moyenne est de 4 à 5mm. Quant aux septes minces du dernier cycle, ils s’unissent toujours entre eux et forment, par conséquent, dans toute la colonie, un réseau ininterrompu dont chaque maille entoure un septe des premiers cycles (fig. 177).

Le bord libre des gros septes, vu de profil (fig. 175), présente une courbe plus ou moins arrondie dont les extrémités — correspondant au bord interne des septes — ont une inclinaison variable. Il est très nettement mais irrégulièrement dentelé et sa partie médiane, la plus élevée, dépasse d’environ lmm le bord des septes minces, lequel est beaucoup moins arrondi, souvent même presque horizontal, non dentelé, ou pourvu seulement de dents très petites et irrégulièrement développées.

Les perforations des septes minces sont beaucoup plus nombreuses que celles des gros septes. Chez ces derniers, on ne les observe guère que dans la région profonde et souvent même elles font défaut. Les faces des septes portent de nombreuses granulations, de dimensions variables. Celles qui se trouvent sur les gros septes se disposent parfois (mais pas toujours) en lignes perpendiculaires au bord libre.

Les synapticules (fig. 179) sont bien développés, surtout près de la périphérie des calices et forment de petites lames rapprochées les unes des autres qui, vues en coupe, sont à peu près verticales et mesurent environ 1““ 5 de hauteur.

MADR.KPORAIRES

Quant à la pseudo-columelle, son développement est très variable. Elle est parfois à peine visible ; dans d’autres cas, on la voit plus ou moins bien et elle paraît spongieuse ou papilleuse, formée en majeure partie par des prolongements du bord libre des septes (fig. 175).

C’est à cette espèce que l’on doit rapporter le Fungus saxeus . oblongus de Rumph (1750, p. 248, pl. 88, lig. 2).

Fam. Lophoserinæ.

Gen. Pavonia.

Pavonia decussata Dana.

(Pl. 31, fig. 180 à 18â.)

Une colonie appartenant à cette espèce (fig. 180) mesure 5cm de hauteur et 5cm X 5em,5 de largeur. Sa base a 33mm X 37mm. Elle est assez mince, étalée, et donne naissance à des lames ou expansions foliacées et tlabelliformes. Ces expansions, représentant les branches de la colonie, atteignent 33mm de hauteur et vont en s’élargissant de la base au sommet qui est arrondi ou légèrement sinueux. Elles sont très minces ; leur épaisseur ne dépasse guère 5mm près de la base et va en diminuant de là jusqu'au sommet.

Ces lames sont droites ou ondulées et quelquefois divisées en lambeaux qui peuvent se recourber et venir se fixer aux lames voisines. Elles présentent en outre, sur leurs parois, quelques petites crêtes longitudinales ou collines, de hauteur et de longueur variables qui, en se développant, formeront de nouvelles lames perpendiculaires à celles sur lesquelles elles ont pris naissance.

Les calices (fig. 181) sont répartis sur les deux faces des la-

88 M. BEDOT

mes. Ils n’ont pas de muraille propre et les costo-septes des calices voisins s’unissent entre eux. On compte 7 à 12 calices dans 1 centimètre carré. Ils sont placés de façon à former quelquefois des rangées parallèles au bord libre de la lame. Mais cette disposition n’est nullement constante. Elle est mieux marquée dans la région proximale que dans la région distale des lames. Les calices sont plus rapprochés de ceux qui sont placés à côté d’eux, dans la même rangée, que de ceux qui sont situés au-dessus et au-dessous, dans les rangées voisines.

La fossette calicinale est souvent allongée dans une direction parallèle à celle du bord de la lame. Sa longueur est très variable ; elle atteint, dans les cas extrêmes, 2mm.

Les calices ont de 2 à 4 cycles de septes. Les troisième et quatrième cycles, lorsqu’ils existent, sont généralement incomplets. Ces costo-septes montrent une tendance générale à se diriger verticalement, c’est-à-dire perpendiculairement au bord de la lame. Leurs extrémités se recourbent légèrement pour venir aboutir sur les côtés de la fossette calicinale.

Aux extrémités du grand axe de la fossette, on trouve, dans la plupart des cas, un très petit septe, non plus vertical, mais horizontal. Il est parfois isolé; le plus souvent, cependant, il prend naissance, à angle droit, sur un long costo-septe vertical. Ce dernier, qui peut atteindre G1™1 de longueur, forme une ligne séparant 2 calices d’une même rangée et reliant 2 calices situés dans d’autres rangées.

Les septes qui s’étendent entre la dernière rangée distale de fossettes calicinales et le bord libre de la lame, sont souvent un peu plus longs que les autres. Ils partent de la fossette en rayonnant, et ceux d’entre eux qui sont placés sur les côtés viennent s’unir aux septes occupant la même position dans les calices voisins. C’est sur cette ligne de fusion des septes qu’apparaissent généralement les crêtes longitudinales qui se développent perpendiculairement à la surface des lames.

MADREPORAIRES

On voit donc que la longueur des septes varie suivant la position qu’ils occupent. Leur bord supérieur étant à peu près droit, les espaces compris entre les fossettes calicinales forment une surface plane.

Au point de vue de leur aspect général, les costo-septes se montrent sous deux formes qui, en général, alternent régulièrement. On observe d’abord de gros septes, dépassant un peu les autres en hauteur. Leur épaisseur maximale est de 0mm,3 àOram,5 et va en diminuant jusqu’au bord supérieur. Ils sont couverts de très fines granulations. A côté d’eux, se trouvent des septes un peu plus petits et beaucoup plus minces, ayant, en moyenne, 0mm,l à 0mm,2 d’épaisseur. Leurs faces portent très peu de granulations; elles en sont même quelquefois complètement dépourvues. Il y a naturellement des termes de passage entre ces deux formes. Parfois même une partie d’un costo-septe appartient à la première forme et le reste à la seconde.

Les septes s’unissent, au centre des calices, par leur partie basale, en une masse calcaire centrale qui souvent ne forme pas de saillie proéminente; quelquefois, cependant, elle s’élève plus ou moins, au centre des calices, de façon à représenter une columelle. Lorsque la fossette calicinale est très allongée, on voit au fond une pièce calcaire allongée suivant le grand axe et sur laquelle viennent se souder les parties basales des septes.

De nombreux synapticules s’étendent entre les faces adjacentes des septes. Leur grosseur et leur disposition ne sont pas régulières. Ils commencent à apparaître à une certaine distance du bord libre des lames et paraissent atteindre leur maximum de développement dans la région basale.

Cette colonie présente bien les caractères que Dana indiquait pour sa Pavonia decussata. M. Edwards (1857-60, vol. 3, p. 66), après avoir donné la description de P.(Lophoseris) cristata ajoute : « La Pavonia decussata Dana, qui est des îles Fidji, nous paraît ne pas différer de cette espèce ». Cependant, d’après Klunzinger

M. BEDOT

(1879, III, p. 73) Lophoseris cristata de M. Edwards ne serait pas synonyme de Madrepora cristata d’ Ellis et Solander (1786, p. 158, pl. 31, fig. 3-4). D’autre part, l’espèce de Dana (de même que notre spécimen) a un faciès différent de celui de la colonie figurée par Ellis et Solander dont les lames sont beaucoup plus découpées et divisées en lambeaux étroits. La synonymie des espèces du genre Pavonia étant très embrouillée, ainsi que l’a montré Studer (1901, p. 391), nous conserverons provisoirement le nom adopté par Dana.

Nous avons trouvé, au fond d’une anfractuosité creusée dans un bloc de Madrépore mort, deux petites colonies étalées en couches minces et larges, l’une (fig. 182) de 39 X 16mm, l’autre de 14 X 17mm. A première vue, elles semblaient appartenir au genre Agaricia à cause des nombreuses collines qui s’élevaient entre les calices. Mais ces collines ne sont pas disposées régulièrement et les calices qu’elles délimitent ne sont pas toujours disposés en une série unique. Des collines semblables existent, en petit nombre il est vrai, chez la Pavonia decussata que nous venons de décrire ; elles sont, en revanche, très nombreuses chez la Lophoseris (Pavonia) repens de Brüggemann (1878, p. 395). Il semble donc très difficile d’établir une limite entre les genres Pavonia (Lophoseris) et Agaricia.

D’autre part, il est fort probable que les colonies telles que la P. decussata doivent, au début, recouvrir le substratum d’une couche mince avec des collines verticales qui se développeront pour arriver à former les expansions foliacées. Dans ce cas, cette espèce passerait, pendant son développement colonial, par un stade semblable à celui que nous représente la Lophoseris ( Pavonia ) repens de Brüggemann et les deux jeunes colonies dont nous venons de parler. Ces dernières, à part le nombre de leurs collines, ont la même structure et les mêmes caractères que la P. decussata. Nous les considérons donc, jusqu’à preuve du contraire, comme représentant de très jeunes colonies de cette espèce.

MADREPORAIRES

PORINA

Fam. Eüpsamminæ.

Gen. Balanophyllia.

Balanophyllia cummgi M. Edw. et Haime.

(PL 32, fïg. 188 à 191).

Le seul spécimen de cette espèce que nous ayons récolté (fig. 190) mesure 3 b1*111 de hauteur. Il est droit et a la forme d’un tronc de cône renversé et comprimé près de T ouverture du calice qui est elliptique. La partie inférieure du polypier s’élargit pour former une base mesurant au maximum 23miu X lSmm et qui était fixée sur une pierre. À 9mm de distance de la base, le polypier n’a plus que 9 à 10mm de diamètre. Ces dimensions augmentent jusqu’au bord du calice dont le grand axe a 18mm et le petit axe 12mm,5. Les parois sont un peu plus élevées sur les côtés correspondant au petit axe, que sur les autres ; mais la différence de hauteur est très faible. Le grand axe du calice n’est pas tout à fait perpendiculaire à l’axe principal du corps ; l’ouverture du calice est donc un peu inclinée.

Plusieurs petites Balanes sont fixées sur la partie inférieure du polypier. On y voit également des Serpules ; l’une d’elles a enroulé son tube autour de la Balanopliyllie dont elle a gêné l’accroissement régulier en provoquant la formation d’un bourrelet (fig. 191). Au-dessus de ce bourrelet, on voit l’épithèque formant une couche excessivement mince dont la limite supérieure décrit une ligne sinueuse séparée du bord du calice par un espace de 2 à 5mm. On ne voit pas d’épithèque dans la région inférieure du polypier.

M. BEDOT

Les côtes, très peu saillantes, sont disposées assez régulièrement. Elles portent de nombreuses granulations qui ne sont pas placées à intervalles égaux et forment une seule rangée sur chaque côte. Les pores de la paroi, de dimensions variables, mais bien apparents, sont disposés en séries alternant avec les côtes.

Les septes dépassant un peu la muraille (fig. 191) ; celle-ci, vue de profil, paraît être irrégulièrement, dentelée. Ce sont les septes des premiers cycles qui s’élèvent le plus haut ; ils dépassent le bord du calice de 0mra,9 au maximum.

La profondeur du calice, mesurée dans l’axe principal du polype, est de 5mTU. La columelle (fig. 188), formée d’un réseau irrégulier de pièces calcaires, atteint une longueur de 7mra et une largeur de lmm,5. Les septes s’avancent très peu vers le centre du calice et ont une forme variable. On voit quelquefois des dentelures irrégulières sur leur bord libre, mais surtout chez les septes des derniers cycles, tandis que ceux des premiers cycles n’en ont pas. Le bord libre est souvent sinueux; parfois aussi, il descend presque verticalement jusqu’au fond du calice. Enfin, plusieurs septes montrent de nombreuses perforations, tandis que d’autres semblent n’en pas avoir (du moins dans les parties que l’on peut voir sans casser le polypier). Les septes portent des granulations sur leurs faces et sont d’autant plus minces qu’ils appartiennent à des cycles plus récents.

On distingue 6 systèmes de 5 cycles; mais 3 des systèmes, placés aux extrémités du grand axe du calice, présentent chacun 2 septes supplémentaires, ce qui donne, au total, 102 septes. Ces 6 septes supplémentaires représenteraient donc un 6me cycle, mais il est probable que leur apparition est due à un accroissement anormal, en relation avec la forme elliptique du calice et que ce 6me cycle ne se développera pas dans tous les systèmes. Du reste, on remarque qu’ils ne se trouvent pas à la place qu’ils devraient occuper d’après la loi de M.-Edwakds, c’est-à-dire à

MADRÉPORAIRES

côté des septes du 1er cycle. Dans chacun des 3 systèmes qui les renferment, on trouve 2 septes supplémentaires à côté l’un de l’autre, entre un septe du 4me et un septe du 5me cycle h

La disposition des septes de cette Balanophvllie et leur mode de conjugaison est représenté par la fig. 189.

Les septes des 1er et 2™e cycles s’étendent directement et sans conjugaison jusqu’à la columelle. Ceux du 3me cycle ne l’atteignent pas ; ils sont quelquefois isolés, mais le plus souvent ils s’unissent à un, ou même à deux septes du 5me cycle. Dans ce dernier cas, l’union se fait au moyen d’une petite pièce calcaire transversale située sur le bord de la columelle. Les septes du 5me cycle s’étendent jusqu’à la columelle, après s’être unis deux à deux, de façon à emprisonner les septes du 4rae cycle. Ces derniers, qui sont les plus courts, s’unissent également aux septes du 5me cycle.

Le spécimen que nous venons d’étudier paraît bien appartenir à l’espèce décrite sous le nom de Balanophyllia cumingïi par M. Edwards et Haime, Mais l’échantillon provenant des Philippines, d’après lequel ces auteurs ont établi leur diagnose, était probablement beaucoup plus jeune ; il ne mesurait que 12mm de hauteur et n’avait que 4 cycles de cloisons.

G. C. Bourne a donné dernièrement (1905) une excellente description de cette espèce, d’après trois spécimens de dimensions différentes, provenant de Ceylan.

La disposition des cloisons, telle qu’elle a été figurée par Bourne, présente la plus grande ressemblance avec celle que nous avons observée sur notre échantillon. Il en est de même des autres caractères. Bourne considère avec raison la Bhoclopsammia ovalis de Semper comme synonyme de cette espèce.

1 Semper (1872) a déjà étudié la question des septes supplémentaires.

M. BEDOT

Gen, DendrophyUia.

Dendrophylïia rarnea (Linné).

(PI. 32, fig. 183 à 187).

Cette espèce est représentée, dans notre collection, par 3 colonies complètes et 1 fragment. Le plus grand échantillon (A, fig. 185) mesure 7em de hauteur et 7cm,8 de largeur maximale. La colonie présente un tronc commun, droit, mesurant à peu près lcm de diamètre au milieu de sa hauteur. Sa partie inférieure est élargie et forme une base, de 19 X 24mm, par laquelle la colonie était fixée sur un rocher. A T extrémité distale du tronc se trouve le calice apical, très légèrement renflé.

A 15mm de sa base, le tronc commun donne naissance à un verticille de 4 branches formant un angle d’environ 45° avec le tronc. Ces branches ont une longueur de 25 à 40mm. Elles ne sont pas tout à fait droites, mais présentent une légère courbure qui rapproche un peu leur axe de la direction horizontale et qui apparaît à lem ou lcm,5 du point d’attache des branches. C’est également à l’endroit où se présente la courbure que se forment de nouveaux individus (de troisième ordre), au nombre de deux ou trois. Lorsqu’il n’y a que 2 individus, ils prennent naissance tous deux sur la face inférieure de la branche, soit celle qui est tournée du côté du sol, mais lorsqu’il y en a 3, l’un d’eux est seul placé sur la face de la branche tournée du côté du tronc commun, c’est-à-dire sur la face supérieure. Une des branches — la plus grande — présente, au point de courbure, deux individus placés sur la face inférieure et, en outre, à environ I7mm de là, soit tout près de son extrémité, elle donne naissance à deux nouveaux individus, très petits (4mm) et placés sur sa face supérieure.

Les individus formés sur les branches ont une longueur variant

MADRKPORAIRES

entre 4 et I4mm. Ils ont une forme un peu évasée (fig. 183), et sont légèrement recourbés. Leur calice, circulaire ou subcirculaire, mesure au maximum 7mm de diamètre. Le calice terminal des branches est circulaire et a un diamètre maximal de 9rarn.

Le tronc commun de la colonie, après avoir donné naissance à ce premier verticille, s’élève directement jusqu’à une hauteur d’environ 4cm et là, il forme un nouveau verticille composé de 4 individus simples, non ramifiés, et disposés exactement de la même façon que les branches du verticille inférieur. Ces nouveaux individus, très légèrement recourbés, mesurent 15 à 22mm de longueur et, en moyenne, T11101 de diamètre au bord du calice et 6mm de diamètre à leur extrémité proximale.

Le tronc commun, dans sa région distale, a un diamètre maximal de llmm. L’ouverture du calice axial, un peu rétrécie, ne mesure plus que 1 0mm.

La colonie que nous venons de décrire présente donc une disposition assez régulière. Il n’en est pas de même des deux autres. L’une d’elles (B, fig. 184), atteignant 35mra de hauteur, a un tronc droit. Un peu au-dessus de sa base, qui mesure 7 X 10mra, le diamètre du tronc est de 5mra, puis il va en s’élargissant jusqu’au bord du calice apical, qui est elliptique et mesure 9 X 11111111. Cinq individus ont pris naissance sur le tronc commun. Us sont de dimensions diverses; le plus grand a llram de longueur, tandis que le plus petit ne fait qu’une saillie très légère, près du bord du calice apical. Ces individus secondaires sont placés sur deux rangées, formant avec l’axe du tronc commun, un angle de 120°. Us présentent de légères différences dans leur forme et leur direction. Leur calice est circulaire ou légèrement elliptique. Le diamètre du plus grand de ces individus- secondaires est de 6mra près de son point d’attache et de 8mm,5 au bord du calice.

La 3me colonie (C, fig. 186) mesure 34mm de hauteur. Son tronc, fixé par une base de 8 X 1 0mm, est légèrement sinueux et

M. BEDOT

a un diamètre de 6mra près de la base et de 9mm près de l’ouverture du calice apical. Il porte 4 individus secondaires qui ne se trouvent pas tous à la même hauteur et dont les points d’attache sur le tronc sont placés sur 4 lignes parallèles à l’axe de la colonie et à peu près équidistantes. Ces individus secondaires sont droits ou un peu recourbés ; leur forme est évasée. Le plus grand mesure 24mm de longueur, 6miü de diamètre près de sa base et 7mm,5 X 8mm,5 près du bord du calice qui est elliptique.

L’épithèque de ces Dendrophyllies a une disposition très variable. Sur la grande colonie (fig. 185), il est représenté par des taches irrégulières, blanches, recouvrant une partie du tronc et des branches comme une mince couche de vernis obstruant les pores de la paroi. Une des petites colonies (C, fig. 176) est recouverte, à sa partie inférieure, d’une couche blanche beaucoup plus épaisse. Enfin la troisième colonie (B, fig. 154) ne présente pas de traces d’épithèque.

La paroi du tronc et des calices est garnie de côtes serrées, aplaties, droites ou légèrement sinueuses et de largeur variable (fig. 183). Leur surface est recouverte d’une quantité de très petites granulations, au milieu desquelles on voit des granulations plus grosses qui se disposent souvent en séries sur une ligne plus ou moins régulière, au milieu de chaque côte. Près du bord des calices, la disposition des côtes est un peu moins régulière ; leurs granulations, sont moins nettement séparées et la paroi a un aspect réticulé. En général, les côtes sont plus larges et plus aplaties dans les parties anciennes de la colonie, que sur les jeunes individus. Chaque côte est séparée de sa voisine par un sillon au fond duquel se trouvent des pores de dimensions variables.

Le bord du calice, vu de profil, forme une ligne droite ou légèrement sinueuse ; quelquefois même il est dentelé. Ces différents aspects peuvent apparaître sur la même colonie. Les septes ne dépassent pas le bord du calice. La cavité calicinale a une profondeur variable, atteignant 5 à 6mm.

MADRÉP0RA1RES

La columelle, représentée par une petite touffe de lamelles contournées, ira souvent pas de forme bien définie, mais est généralement allongée. On remarque que les dimensions de cette columelle varient beaucoup chez les individus d’une même colonie. J’ai pu observer le même fait sur les BendrophyUia ramea du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Une de nos petites colonies (C, fig. 187) montre, dans deux de ses calices, une columelle bien développée et mesurant 4 X 2mra,5.

La forme des septes est assez variable. En général ceux des deux premiers cycles sont arrondis à leur partie supérieure et descendent ensuite presque verticalement au fond du calice ; leur bord libre n’est pas dentelé. Les septes des autres cycles, plus petits, ont un bord libre irrégulier, sinueux, et quelquefois dentelé. Les parois latérales des septes sont garnies de très fines granulations.

Les septes sont disposés en G systèmes de 4 cycles. Ceux des 2 premiers cycles, plus grands et surtout plus développés que les autres dans la partie supérieure du calice, sont toujours isolés. En général, les septes du premier cycle sont un peu plus grands et plus épais que ceux du second. Les septes du 4e cycle s’étendent également — dans la région profonde du. calice — jusqu’à la columelle, mais ils ne restent pas isolés et se soudent entre eux, de façon à emprisonner les septes du 3e cycle qui sont les plus petits.

Dans sa description de BendrophyUia ramea , M. Edwards (1857-60, vol. 3, p. 116) dit qu’il y a : « cinq cycles de cloisons dans les calices terminaux ; quatre seulement dans les autres, » et il ajoute plus loin : « ce polypier atteint jusqu’à près de 1 mètre en hauteur.... »

Nous n’avons jamais vu de calice à 5 cycles dans nos spécimens. Mais il s’agit de colonies beaucoup plus petites et par conséquent plus jeunes que celles de M. Edwards. Le cinquième cycle aurait probablement apparu plus tard. Bien que les 3 spé-

VOYAGE. Vol. 2. 7

M. BEDOT

cimens que nous avons décrits présentent entre eux certaines différences, nous croyons cependant qu’ils appartiennent à la même espèce. Us ont tous un tronc commun, axial, donnant naissance aux zoïdes secondaires. Ce qui les distingue surtout, c’est la disposition des zoïdes sur le tronc, qui est très régulière dans la grande colonie et beaucoup moins dans les autres. Mais, à cet égard, la colonie C présente un état intermédiaire entre la grande colonie A et la colonie B, car, des 4 individus que porte le tronc commun, trois sont situés à peu près à la même hauteur et le quatrième se trouve à une très petite distance au-dessous. Si ce quatrième individu était déplacé de quelques millimètres, on aurait une disposition verticillée semblable à celle de la colonie A.

Ces différences, de même que les variations que nous avons observées dans la columelle, 11e sont pas assez importantes pour permettre de faire une distinction spécifique.

Fam. Madkepomnæ.

G en. Turbinaria ,

Turhinaria c rater (Palias).

(PL 33. fig. 192 à 196).

Cette espèce est représentée, dans notre collection, par 3 spécimens de formes et d’âges différents.

Le spécimen A (fig. 192), le plus grand des trois, mesure, au maximum, 3Qem de largeur sur 16cm de hauteur. Il était fixé sur un rocher par un pédoncule long d’un centimètre à peine et d’un diamètre de 5cœ,5 X 8cm. La colonie a dû, au début, avoir la forme d’une coupe à paroi mince, dont un des quartiers ne s’est pas développé. En outre, le quartier opposé s’est accru, suivant

une direction beaucoup plus horizontale que celle des 2 quartiers adjacents, et, vers son bord libre, il se recourbe même en dessous. L’épaisseur de la paroi va en augmentant du bord libre au fond de la coupe. Au bord libre, elle est de 2 à 3mm ; à 7cru du bord elle est en moyenne de 5miu et, à 12cm, elle atteint 18mm. On remarque, sur la face supérieure de la colonie, quelques petites éminences formées soit par des replis, soit par des épaississements de la paroi.

Le spécimen B (fig. 194), qui mesure 16cm de largeur sur llcm de hauteur, dérive également d’une forme primitive en coupe, dont deux quartiers opposés se sont accrus plus que les autres et suivant une direction presque verticale. L’un des deux autres quartiers, ne pouvant pas s’accroître suivant la direction normale, s’est replié extérieurement. Le pédoncule a été cassé ; son diamètre, à la base de la coupe, était de 3cm,5 X 3cm.

Le spécimen C (fig. 193) est une jeune colonie mesurant 8em de largeur sur 8em de hauteur. Il a la forme d’une coupe fixée sur une pierre par un pédoncule mesurant environ 2cm de hauteur sur 2cm de diamètre.

Les calices de cette espèce (fig. 195 et 196) sont circulaires ou très légèrement elliptiques. Leur diamètre moyen est de lmin,8. Le nombre des septes est variable. Presque tous les calices du spécimen A en ont 16; sur le spécimen B, on en compte de 16 à 20. Quant au spécimen C, le nombre de ses septes varie de 16 à 24.

Les septes ont une longueur à peu près égale à la moitié du rayon de la cavité calicinale. Ils descendent presque verticalement jusqu’à la columelle foliacée et peu visible, qui se trouve à une profondeur de lmm à lmm,5.

Les calices sont disposés, sur la face supérieure de la colonie, en séries très irrégulières. Ils s’élèvent plus ou moins au-dessus de la surface du cœnenchyme, suivant la position qu’ils occupent. Dans la région correspondant au pédoncule, soit aufond delà

M. BEDOT

coupe, les calices ont été complètement recouverts par le cœnenchyme; un peu plus loin, leur cavité apparaît au fond d’une petite dépression. Ils s’élèvent ensuite (fig. 196) pour former, à la surface, une saillie de lmm,5 au maximum. Le bord libre de la colonie est formé par la série des calices marginaux placés cote à côte (fig. 195). Le cœnenchyme étant très peu développé dans cette région, on distingue facilement, sur la face supérieure, la forme du corps des calices qui paraissent être séparés les uns des autres par des sillons longitudinaux.

Le cœnenchyme réticulé est recouvert, sur les 2 faces de la colonie, de très petites aspérités qui peuvent prendre la forme de lamelles à bords libres dentelés et se disposer parfois en lignes ondulées parallèles. Cette structure ressemble alors beaucoup à celle que l’on observe chez T. peltata. Mais le cœnenchyme peut aussi être simplement recouvert de petites granulations.

L’Expédition du Challenger a récolté à Amboine une colonie que Quelch (1886, p. 166) considère comme étant Turbinmia crater. Bernard (1896, p. 47), qui a examiné de nouveau cet échantillon, en fait le type d’une espèce nouvelle qu’il nomme T. calicularis. Cependant, les raisons qu’il donne ne sont pas très convaincantes et il n’est pas impossible que cette colonie soit bien, comme Quelch l’avait pensé, une T. crater . Dans tous les cas. nos spécimens ne pourraient pas être placés dans le groupe des Turbinariæ frondentes auquel appartient la T. calicularis.

Turbinaria peltata (Esper).

(PL 33, fig. 197 et 198).

Cette colonie (fig. 197), qui a une hauteur totale de 7cm, a la forme d’un cône renversé, à surface ondulée, dont la base (soit le bord libre de la colonie) mesure au maximum llcm. Le sommet du cône, dont la section est un peu aplatie et mesure 4 X 5era, s’élargit pour former une expansion basale irrégulière, par l’in-

termédiaire de laquelle la colonie est fixée sur un rocher. Il n’y a pas, par conséquent, de véritable pédoncule.

La paroi du cône a une épaisseur dépassant rarement lcm et forme de nombreux plis et festons. La colonie présente donc l’aspect d’une coupe dont la cavité serait plus ou moins obstruée par des plis de sa paroi s’avançant vers son centre.

Lorsque ces plis sont très prononcés, leurs deux bords se soudent. On a alors une lame épaisse partant de la paroi de la coupe pour se diriger vers l’intérieur et dont l’arête supérieure est formée d’une double rangée de calices marginaux. Dans l'intérieur de la cavité de la coupe, on voit deux lames épaisses portant également une double rangée de calices marginaux, mais qui ne sont pas reliées à la paroi de la coupe. Il est probable qu’elles ont pris naissance comme les autres et qu’à un moment donné elles se sont séparées de la paroi externe de la coupe.

Sur le bord libre de la paroi de la coupe et des plis, les calices sont contigus et disposés en rangées continues, tandis que sur la face interne de la coupe on n’en trouve qu’un très petit nombre (une quarantaine environ). Leur diamètre moyen est de 4 à 7mm. Ils ont 24 à 36 septes, s’avançant à peine jusqu’au tiers du rayon de la cavité calicinale et dont le bord libre, souvent finement dentelé, descend presque verticalement. La columelle, convexe, est foliacée et formée de petites lamelles sinueuses. Son sommet se trouve à une profondeur maximale de 4mm.

A la face inférieure ou externe, le cœnenchyme qui unit les calices marginaux s’étend en une surface plane où l’on distingue rarement de très faibles sillons indiquant la ligne de séparation des calices. A la face supérieure ou interne, ces sillons sont au contraire bien marqués, assez profonds et s’étendent en diminuant de profondeur et en s’atténuant jusqu’à environ lcm,5 du bord. A partir de là, on ne les voit plus ; ils ont été comblés par le cœnenchyme.

Les calices placés sur la face interne de la coupe sont répar-

M. BEDOT

tis sans ordre apparent, et plus ou moins noyés dans le cœnenchyme. Ils sont inclinés de telle façon qu’unede leurs faces s’élève à peine de lmm au-dessus du niveau du cœnenchyme, tandis que la face opposée paraît quelquefois complètement libre sur une longueur de 10 à 12mm.

Le cœnenchyme réticulé des faces supérieure et inférieure de la colonie (fig, 198) est recouvert d’aspérités très petites et très serrées. Examinées au microscope, ces aspérités ont en général la forme de lamelles à bord libre dentelé, souvent disposées en lignes sinueuses et parallèles.

Gen. Madrepora.

Verrill (1901, p. 110 et 164 et 1902, p. 208) se basant sur le fait que le nom de Madrepora a eu autrefois des significations très diverses, a adopté, pour ce genre, le nom d "Acropora Oken (restr.). Il ne nous paraît pas que cette innovation soit très heureuse. En effet, si les anciens auteurs ont réuni sous le nom de Madrepora des espèces appartenant à des genres très différents, il en est de même pour Acropora , car Oken (1815, p. 6 6) faisait rentrer dans ce genre un Madrepora (Acropora muricata), un Podllopora (Acropora damicornis) et un Porites (Acropora pontes). Si l’on veut supprimer le nom de Madrepora il faudrait, pour bien faire, le remplacer par un nom nouveau et ne donnant lieu à aucune équivoque. Mais cette modification est-elle bien nécessaire? Cela ne nous semble pas certain. Depuis les travaux classiques de Dana et M. Edwards le nom de Madrepora a été appliqué à un genre parfaitement bien déterminé. Il a été adopté par la grande majorité des zoologistes et dans d’importants travaux tels que ceux de Brook, Klunzinger, Studer, Quelch, etc..., sans qu’il en ait résulté aucune confusion. Il nous semble donc qu’il y aurait pliis d’in-

MAURKPORAIRKS

convénients que d’avantages à adopter le changement de nom propose par Verrill,

Nous ne conserverons, dans le genre Madrepora, que les espèces a\Tant? à l’extrémité des rameaux, un seul calice axial et, ainsi qu’on le verra plus loin, nous admettrons comme genre distinct le sous-genre Isopora de Studer.

Madrepora seriata (Ehrenberg).

(PI. 34, fig. 199 à 207).

La colonie représentée par la figure 206 mesure 30cm de diamètre maximum sur 20em de hauteur. Elle est cespiteuse et forme une touffe plus ou moins arrondie. L'aspect général de cette espèce peut naturellement varier suivant la forme du support sur lequel elle prend naissance. Si ce support est plan et horizontal, les branches seront forcément ascendantes. Si, au contraire, la colonie se forme sur un support élevé, les branches externes pourront être horizontales et même descendantes. Ce dernier cas se présente chez l’exemplaire que nous décrivons, lequel a pris naissance sur une colonie morte de Madrépores.

Les branches (fig. 199 et 204). peuvent mesurer jusqu’à 10 centimètres de longueur. Elles partent en divergeant, de la base commune. Leur diamètre maximum est de 2cm à la base et, à lcm de l’extrémité des rameaux, il n’est plus que de 11 à 1 3mm. Il est rare que les branches soient parfaitement droites; en général elles sont un peu recourbées ou légèrement sinueuses et donnent naissance à de nombreuses branches secondaires et rameaux1.

Les rameaux, digitif ormes, mesurent 2 à 3em de longueur et

1 II existe une certaine confusion dans l’emploi des ternies branche et rameau ce dernier étant généralement pris comme synonyme de petite branche. Pour éviter cette confusion nous donnons au mot rameau un sens plus restreint en l’employant seulement pour désigner les dernières ramifications d’une branche soit les parties comprises entre l’extrémité libre et la ramification la plus voisine.

M. BEDOT

montrent quelquefois une légère tendance à se relever vers la partie supérieure de la colonie. A un centimètre environ de l’extrémité distale, ils commencent à s’arrondir jusqu’aux bords du calice axial ; le sommet, vu de profil, a donc la forme d’un mamelon aplati (fig. 205). Le mode de ramification des branches est très variable.

A l’extrémité de chaque rameau normalement développé, se trouve un calice axial formant un petit mamelon, à bords arrondis, qui mesure rarement plus de 2mm de hauteur et 7miu de diamètre. Son'ouyerture, en général circulaire et quelquefois elliptique, a environ lmtn de diamètre. L’épaisse muraille a un aspect spongieux (fig. 203).

Il y a toujours (sauf quelques rares exceptions) 12 septes. Ceux du l?r cycle sont en général plus développés que les autres ; quelquefois, cependant, tous les septes sont égaux. Lorsqu’on examine une coupe longitudinale d’un rameau, passant par le calice axial qui se prolonge sur toute sa longueur, on voit que le bord libre des septes n’est pas absolument droit, mais qu’il forme souvent de petites sinuosités irrégulières.

Dans le canal axial, quelques-uns des septes du 1er cycle sont réunis entre eux par leur bord interne. Cette fusion se fait de différentes manières ; le plus souvent, ce sont 2 septes opposés, les septes directeurs, qui s’unissent de manière à former une cloison partageant la cavité calicinale en deux parties. Mais cette cloison n’est pas continue; elle est fréquemment interrompue. Les autres septes du premier cycle peuvent également venir se souder à cette cloison ou s’unir entre eux, ou encore rester libres.

Les calices secondaires ou latéraux prennent naissance, de telle façon que leur axe forme, avec celui de la branche sur laquelle ils sont fixés, un angle d’environ 45°. Leur paroi interne est, par conséquent, toujours plus petite que l’externe. Ils sont placés très près les uns des autres et quelquefois même arrivent

à se toucher. On en compte, sur les rameaux, 23 à 27 par centimètre carré. Leurs dimensions varient suivant la position qu’ils occupent. Ceux qui se trouvent à l’extrémité des rameaux sont très petits; leur paroi externe mesure à peine lmm de hauteur, tandis que leur bord interne se trouve au niveau du bord du calice axial. A partir de là, les dimensions augmentent jusqu’à 2mm de hauteur pour la paroi externe et l11™ pour l’interne. C’est la taille moyenne des calices secondaires. Néanmoins, on en trouve encore de plus grandes sur certains points des branches. Mais alors, ceux qui atteignent et dépassent 3inm de hauteur moyenne présentent déjà, sur leur paroi, des rudiments de petits calices, ce qui montre qu’ils vont se développer et se transformer en un nouveau rameau.

Les calices secondaires ont à peu près la forme de petits cylindres (fig. 201 et 205), larges de lmm,5 à 2mm,5. La cavité calicinale, dont l’ouverture est généralement elliptique, n’est pas placée exactement dans l’axe du cylindre; elle est plus rapprochée de la face interne du calice. La paroi interne est donc plus mince que la paroi 'externe.

Vue au microscope, la paroi des calices (fig. 201) présente l’aspect d’un réseau calcaire recouvert extérieurement de côtes longitudinales. Le nombre de ces côtes, comme on le sait, ne correspond pas à celui des septes ; il y en a environ une quinzaine sur la moitié de la surface du calice qui est tournée du côté ex-

terne. Elles ne forment pas d’épines, sauf quelquefois à la partie distale du calice où elles viennent se confondre avec le réseau calcaire formant la muraille.

Ces côtes sont en général arrangées très régulièrement ; parfois aussi on observe des variations dans leur disposition. Elles peuvent former de légères sinuosités, ou être interrompues; deux côtes voisines peuvent être réunies par de petites tigelles horizontales ou encore fusionner complètement.

Lorsqu’on examine les calices de profil, on remarque que leur

M. BEÜOT

paroi externe n’est pas toujours absolument droite, mais souvent un peu incurvée. En outre, le bord de la paroi externe est en général arrondi. Ce caractère, cependant, ne paraît pas être très constant. En effet, le bord externe du calice ne présente pas une surface plane ; il est formé par les mailles irrégulières d’un réseau calcaire auquel s’ajoutent les extrémités pointues des côtes. Dans beaucoup de cas on ne peut donc pas dire si le bord de la paroi est arrondi ou non : il est accidenté. Quant à la paroi interne, très mince, elle est généralement un peu échancrée.

Dans la cavité des calices secondaires, on trouve toujours un premier cycle de 6 septes. Leur bord libre est irrégulier, sinueux, ou même divisé en épines aplaties latéralement. On voit également les rudiments d’un second cycle, représenté rarement par de véritables cloisons, et, le plus souvent, par des épines.

La muraille est réduite, par ses nombreux pores, à l’état de réseau calcaire.

Les calices secondaires étant très rapprochés les uns des autres, il ne reste entre eux qu’un très petit espace libre présentant des mailles et des épines calcaires. Ceux de la partie inférieure des branches sont généralement moins élevés que ceux des rameaux. Dans le cœnenchyme qui unit la base des branches, ils ne font plus saillie au dehors et sont représentés seulement par de petites ouvertures circulaires.

Les branches extérieures de la colonie sont en général très peu relevées, souvent même horizontales ou descendantes. Les rameaux auxquels elles donnent naissance ne peuvent se développer normalement que lorsqu’ils sont placés sur la face supérieure de la branche, c’est-à-dire lorsqu’ils peuvent s’élever librement. En revanche, ceux qui poussent sur la face inférieure delà branche, et qui devraient s’accroître dans la direction du sol, se trouvent naturellement dans des conditions défavorables et forment des rameaux abortifs beaucoup plus minces que les rameaux normaux et d’un aspect différent (fig. 199). Leur calice

MADRÉPORAIRES

apical, an lieu d’être large et peut saillant, est mince et très allongé. Il mesure 2mm,5 à 4mm de largeur avec une ouverture de 0mm,5 à lmm de diamètre. Sa longueur, soit la distance entre son sommet et le premier calice latéral, varie de 2mm,5 à 5mm. Quant aux calices secondaires, ils sont moins bien développés ici que sur les branches normales et souvent on ne les rencontre que sur une des faces du rameau abortif.

La présence de rameaux abortifs n’est pas un caractère spécifique, mais dépend uniquement de la position occupée par la colonie.

Si F on compare un rameau normal avec un rameau abortif, on est surtout frappé par la différence de largeur des calices axiaux. Cette différence provient de ce que, dans le rameau normal, le calice axial est entouré d’une épaisse couche de cœnerichyme réticulé (fig. 202 et 207) qui se confond avec sa muraille au point qu’il est en général impossible de les distinguer.

Nous avons récolté également une très jeune colonie de M. seriata (fig. 200) qui présente déjà tous les caractères et le faciès de l’espèce.

La description de VHeteropora (Madrepora) seriata d’EiiRENrerg et celle qui a été donnée par Brook, s’appliquent parfaitement à la colonie que nous venons d’étudier. Le nom de cette espèce est dû à la disposition en séries (longitudinales ou obliques suivant Ehrenberg) des calices latéraux. Mais ce caractère n’a pas grande valeur, car il varie beaucoup sur les différentes parties d’une même colonie et on l’observe également sur beaucoup d’autres espèces de Madrépores1.

Brook (1893), dans son Catalogue des Madrépores, a divisé ce genre en nombreux sous-genres. Il place M. seriata dans le

1 Cet exemple montre, une fois de plus, que Ton ne devrait pas donner à un animal un nom tiré d’un de ses caractères spécifiques, car on n’est jamais certain que l’on ne découvrira pas, plus tard, une espèce voisine chez laquelle ce caractère sera encore plus apparent.

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sous-genre Tylopora. Il nous semble que parmi les 35 espèces de ce sous-genre, il en est plusieurs que Ton pourrait considérer comme de simples variétés.

Une colonie en fronde corymbeuse (fig. 208, 212 et 214) mesure au maximum 20cm de largeur sur 8cm de hauteur. L’exemplaire ayant été cassé près de sa base, on ne peut plus reconnaître son mode de fixation ; son orientation est cependant facile à déterminer par la direction des rameaux. Deux grosses branches, à peu près cylindriques et mesurant Tune 11, l’autre 15mm de diamètre à la base, s’étendent presque horizontalement mais en se relevant un peu. Elles se ramifient et s’anastomosent dans le plan horizontal de manière à former un gros réseau à larges mailles (fig. 212). De la face supérieure de ce réseau partent les branches secondaires et les rameaux qui s’étendent tous dans la même direction ascendante. Les rameaux (fig. 210) sont très légèrement recourbés ; leur longueur va en augmentant de la partie distale de la colonie vers sa partie proximale où ils arrivent à mesurer 5cm,2. Le réseau formé par les branches principales étant un peu relevé, tous les sommets des rameaux se trouvent à peu près à la même hauteur.

Sur la face inférieure de la colonie, on voit des rameaux peu nombreux, très petits, dépassant rarement lcm,5, toujours placés sur les côtés des branches, rentrant dans le plan horizontal du réseau, et quelquefois même un peu comprimés (« appressed into the plane of the frond » Dana).

Les rameaux de la face supérieure ont un diamètre maximum de 7mm qui va en diminuant de la base au sommet.

Le calice axial (fig. 209, 215' et 216) mesure 2mm de diamètre

Madrepora subulata Dana.

(PI. M, fig. 208 à 216).

MADEKP0RA1EJJ8

et son ouverture lmm. Sa hauteur est d’environ lmml. Il a une forme cylindrique, ou très légèrement tronc-conique. Sa muraille, réticulée, est pourvue extérieurement de 30 à 40 côtes souvent unies par de petites tigelles horizontales.

Le développement des septes est très variable. On peut observer des calices axiaux dans lesquels le 1er cycle est à peine indiqué, d’autres où il est très bien développé, d’autres encore où, à côté du 1er cycle, on voit les rudiments d’un 2e cycle, et d’autres enfin où les deux C}Tdes sont bien développés. Dans la région profonde du calice axial, on observe une fusion des septes semblable à celle que nous avons décrite chez M. seriata.

La forme et le développement des calices secondaires (fîg. 211) varient suivant l’endroit de la colonie où ils sont placés. C’est à 1 ou à 2cm de l’extrémité des rameaux qu’ils sont le mieux développés ; on en compte une soixantaine par centimètre carré. Dans cette région, le rameau semble être garni de petites épines ; cet aspect est dû à la forme que présentent les parois extérieures des calices vues de profil. Les calices secondaires, dont l’axe forme avec celui du rameau un angle d’environ 45°, ont un diamètre de lmm,5. Ils paraissent quelquefois très légèrement évasés (fîg. 211). Leur paroi interne manque sur la moitié ou les “1 2/5 environ du pourtour. La paroi externe, très mince et poreuse, atteint lratn,5 de hauteur. Elle est garnie de côtes disposées comme celles du calice axial. En général, à la base des

1 Ce que nous nommons la hauteur du calice axial est la distance qui sépare son bord libre, des calices secondaires. Il arrive fréquemment que ces derniers se

développent mieux sur une des faces d’un rameau que sur les autres et qu’ alors le calice axial paraisse plus haut d’un côté que de l’autre. On a vu que, chez Madrepora seriata, les rameaux abortifs se trouvant dans de mauvaises conditions, le développement des calices secondaires est ralenti et qu’il ne s’en forme qu’un petit nombre; en revanche, les calices axiaux sont beaucoup plus longs que ceux des rameaux normaux. La hauteur des calices axiaux dépend donc de l’intensité du bourgeonnement des calices secondaires ; c’est un caractère qui doit certainement varier suivant les conditions dans lesquelles se trouve placée la colonie.

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calices, ces côtes s’interrompent et sont remplacées par des séries d’épines, aplaties transversalement, qui s’étendent de là sur le eœnenchyme colonial. L’absence de paroi interne et le développement de la paroi externe donnent au calice une forme labiée caractéristique.

Dans la cavité calicinale, on trouve toujours 2 septes directeurs plus ou moins bien développés. Ils peuvent n’être représentés que par des épines aplaties transversalement, ou par des cloisons à bord libre sinueux. En général un de ces deux septes est plus développé que l’autre; c’est tantôt l’externe, tantôt l’interne et il n’y a pas de règle absolue pour cela. Quant aux autres septes, ils sont toujours plus ou moins bien représentés par de petites épines dont le nombre est variable. Elles sont souvent disposées de façon à représenter les septes du 1er cycle ; mais souvent aussi on en voit de très petites, placées entre ces dernières et représentant les rudiments d’un second cycle.

Lorsqu’on examine la région voisine du calice axial, où se fait l’accroissement du rameau, on y voit des calices latéraux à tous les stades de leur développement. Les plus jeunes sont placés sur la paroi du calice axial comme un nid d’Hirondelle sur son support. Leur paroi interne est remplacée par les côtes du calice axial.

A la base des rameaux et sur les branches, les calices sont plus espacés et ne font pas saillie à l’extérieur; ils sont complètement immergés dans le eœnenchyme. Il y a également des calices sur la face inférieure de la colonie, mais ils sont moins nombreux. On en compte de 15 à 30 par centimètre carré.

Dans la région des rameaux où les calices sont le mieux développés, ils arrivent même à se toucher et sont imbriqués. On ne voit plus, alors, de eœnenchyme entre eux. Sur les branches, on trouve, entre les calices, un eœnenchyme réticulé portant quelques épines. Enfin, à la face inférieure de la colonie, le eœnenchyme est garni de petites épines (fig. 213).

MADRÉPORAIRES

Madrepora studeri Brook.

(PI. 3fi, fig. 217 à 224). .

La colonie que représentent les figures 217, 219 et 222 est corymbeuse et fixée au sol par un fort pédoncule. Elle est subcirculaire, et a une largeur maximum de 31em. Sa hauteur totale est de 15cm. Le pédoncule mesure 7 à 8cm de diamètre. Les branches, qui en partent obliquement, sont fusionnées et aplaties en dessous. Dans la partie voisine du pédoncule, la fusion des branches est souvent très complète et il se forme ainsi une véritable plaque basale. Plus loin du pédoncule, la fusion est moins complète. La plaque basale est alors percée d’ouvertures irrégulières et, à la périphérie, elle n’est plus représentée que par de petits rameaux aplatis en dessous.

Du réseau de branches primaires constituant la plaque basale partent, en direction ascendante, les branches secondaires et les rameaux (fig. 220). Ces derniers mesurent, au maximum, 4cm,5 de longueur et leurs sommets se trouvent placés à peu près au même niveau. Ils sont légèrement recourbés.

Lorsqu’on examine la colonie par dessus, on voit que, dans sa partie centrale, la plaque basale forme également une masse compacte, dans laquelle on ne distingue plus de branches, et d où partent les rameaux. Ceux-ci naissent isolément, ou par groupes de 2 à 5 dont la partie commune (branche secondaire) est plus ou moins noyée dans la masse compacte de la plaque basale.

A la face inférieure de la colonie (fig. 219), on ne voit naturellement pas de rameaux dans la région centrale; mais, à la périphérie, où les branches forment un réseau plus ou moins serré, on observe, sur les côtés de ces branches, de petits rameaux abortifs, toujours placés dans le plan du réseau. Ces rameaux ne peuvent pas beaucoup s’agrandir. Us doivent finir

M, BEDOT

par obstruer complètement les mailles du réseau; c’est ainsi que s’accroît la plaque basale, du centre vers la périphérie. Les rameaux de la face supérieure sont légèrement coniques et ont 8 à 9m,n de diamètre à la base.

Le calice axial (fig. 224) mesure 2mm de largeur sur 0mm,5 à lmm,5 de hauteur. Il est cylindrique ou légèrement tronc-conique et pourvu extérieurement de 35 à 45 cotes réticulées, quelquefois reliées entre elles par des tigelles horizontales. La muraille est réticulée. L’ouverture calicinale mesure 0mm,5 de diamètre. Le premier cycle de septes est toujours bien développé et présente, en général, deux septes directeurs plus grands que les autres. Le second cycle est plus ou moins bien développé. Lorsqu’on examine une coupe d’un rameau, on voit que, dans le canal axial, les septes ont une tendance à s’unir entre eux par leur bord libre.

Les calices secondaires forment, avec l’axe du rameau, un angle de 45 à 60°. On trouve, immédiatement au-dessous du calice axial (fig. 224), de jeunes calices en voie de développement et, à 0cm,5 de l’extrémité du rameau, commence la région dans laquelle les calices latéraux sont le mieux développés. On en compte une cinquantaine environ par centimètre carré. Ils mesurent, au maximum, 2mm de diamètre et 2mm de hauteur. Leur paroi interne manque complètement sur la moitié du pourtour, ce qui donne au calice une forme de gouttière. L’épaisseur de la paroi externe est de 0mm,7 à Qlllm,8 au milieu (dans un cas nous avons trouvé lmm,l) et va généralement en diminuant vers les côtés 1 . Le diamètre de l’ouverture calicinale est au maximum de lmra.

La paroi externe porte des côtes, souvent très régulièrement disposées. Leur bord libre est en général droit, mais il forme quelquefois de petites épines, surtout à la base des calices.

1 C’est sans doute cette disposition de la paroi externe que Brook décrit sous le nom de « Crescent-shaped » .

MA DREPOR AIRES

Les septes sont très peu et irrégulièrement développés. Dans le cas le plus fréquent, on voit 2 septes directeurs, dont la largeur atteint à peine le */* du diamètre de la cavité calicinale. Le septe directeur externe est souvent plus grand que l’autre, mais le cas contraire peut aussi se présenter. Les autres septes du 1er cycle apparaissent sous la forme de très petites épines entre lesquelles on en voit quelquefois d’autres, plus petites encore, qui représentent les rudiments d’un 2e cycle.

On rencontre, parmi les calices secondaires bien développés, d’autres calices qui ne font pas saillie à l’extérieur mais sont immergés dans le cœnenchyme. Ils sont plus nombreux à la base que dans la région moyenne des rameaux, mais n’arrivent cependant jamais à remplacer complètement les calices saillants. En revanche, ce sont eux qui occupent la face supérieure de la plaque basale et des branches primaires.

Le cœnenchyme que l’on voit entre les calices secondaires est réticulé et échinulé.

A la face inférieure de la colonie, les calices sont très irrégulièrement répartis et ne font jamais saillie à l’extérieur. Ils forment de petits trous mesurant 0mm,3 à 0mm,6 de diamètre. Autour du pédoncule, dans la région massive de la plaque basale, ils manquent complètement, ou ne se rencontrent qu’en très petit nombre. Plus loin, dans la région où les branches primaires sont incomplètement fusionnées, ils commencent à apparaître et leur nombre va en augmentant jusqu’au bord de la colonie.

La face inférieure des rameaux placés à la périphérie est généralement aplatie. Elle porte quelquefois encore des calices saillants, mais beaucoup moins nombreux et moins bien formés que ceux de la face supérieure. En revanche, sur les côtés de ces rameaux, on trouve souvent des calices très grands, mesurant 4 à 5mm. En s’accroissant, ils formeront les rameaux abortifs dont nous avons parlé plus haut. Dès leur apparition, ils se distinguent des calices secondaires normaux par le fait que leur

Voyage. Vol. 2. 8

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paroi il’ est pas échanerée et a la même hauteur sur tout le pourtour de la cavité calicinale.

Le cœnenchyme de la face inférieure (fig. 218) est garni de très petites épines qui, surtout vers la périphérie, peuvent se disposer en un réseau échinulé ou en séries.

La colonie a une couleur jaune-brun clair.

Il est fort probable que l’espèce décrite et figurée par Rumphius (1750, p. 240, pl. 86, fig. 2) sous le nom de Lithodendrum calcarium sessile est le Madrepora studeri.

Madrepora quelchi Brook.

(PL 37, fig. 225 à 234).

Une colonie appartenant à cette espèce (fig. 225, 227 et 233) a la forme d’une fronde irrégulière, qui va en s’élargissant à partir de la base. Elle mesure, au maximum, 7cm de hauteur, !7cm de largeur et 20cm de longueur. La branche principale mesure 12mm de diamètre. Ses nombreuses ramifications se soudent de manière à former un réseau basal à peu près horizontal. Les mailles de ce réseau sont de dimensions variables mais, en général, elles sont plus grandes dans la partie proximale que dans la partie distale de la colonie. Les branches qui constituent le réseau sont aplaties en dessous (fig. 227) et forment, a leurs points de réunioù, des plaques plus ou moins grandes.

De la face supérieure du réseau basal, s’élèvent les branches secondaires et les rameaux (fig. 229 et 232). Leur disposition ne présente pas la régularité que l’on observe dans les formes telles que M. subulata, où les rameaux sont à peu près parallèles et toujours très rapprochés les uns des autres. Ici, on voit des rameaux qui sont perpendiculaires au plan du réseau, et d’autres qui s’élèvent obliquement, pour se redresser ensuite. La distance qui les sépare est très variable. Les rameaux que porte directement le réseau basal atteignent au maximum une longueur de

MADRÉPGRAIRES

2cm,5. Lorsqu’ils continuent à s’accroître, ils se transforment en branches secondaires par formation de nouveaux rameaux, dont la disposition et le nombre sont très variables. Malgré les grandes différences de forme et de taille des rameaux, on constate, lorsqu’on examine la colonie de profil (fig. 233) que chez la plupart d’entre eux les sommets sont placés à peu près au même niveau. La colonie est donc subcorymbeuse.

La face inférieure du réseau basal ne porte pas de rameaux, mais on en voit sur les côtés des branches. Ils sont également aplatis en dessous et s’accroissent dans le plan du réseau jusqu’à ce qu’ils rencontrent une branche à laquelle ils se soudent. Les mailles deviennent ainsi toujours plus petites.

Les rameaux de la face supérieure sont très légèrement coniques et ont un aspect un peu grêle. Leur diamètre, mesuré à la base, et sans les calices secondaires, est de 4 à 5mïû; il est de 6 à 8mm avec les calices. Ce qui frappe le plus, à première vue, c’est l’irrégularité que l’on observe dans les dimensions et la disposition des calices (fig. 228).

Les calices axiaux mesurent en moyenne lmra,5 à 2mm de longueur et 2mB1 de diamètre. Ils sont cylindriques ou très légèrement tronc-coniques. Leur muraille, réticulée, est pourvue extérieurement de 30 à 40 côtes longitudinales, entre lesquelles se trouvent souvent de petites tigelles transversales, et dont le bord libre est droit ou découpé en séries de petites épines.

La cavité calicinale mesure 0mm,5 à 0mm,8 de diamètre. On y voit toujours un premier cycle de 6 septes à peu près égaux; quelquefois on distingue les rudiments d’un second cycle de septes très petits et rarement au complet.

De même que chez les autres espèces dont nous avons parlé, les bords libres des septes, dans la région du canal axial (fig. 230 et 231), tendent à se souder.

Les dimensions et les dispositions des calices secondaires sont beaucoup plus variables ici que chez les autres espèces que nous

M. BEUOT

avons étudiées. Dans la majorité des cas, Taxe de ces calices forme un angle de 30 à 45° avec le canal axial, mais cet angle est souvent plus grand et arrive à mesurer 70° ou 80°. On observe même, sur plusieurs rameaux, des calices qui se sont développés en sens inverse, c’est-à-dire qui formaient, avec le canal axial, un angle de 135° (fig. 228, au milieu). Les calices ne sont pas placés à égale distance les uns des autres; parfois leurs bases sont contiguës et dans d’autres cas elles sont distantes de 1 ou même 2ram. On en compte 30 à 40 par centimètre carré. Lorsque les rameaux ne sont pas verticaux, mais un peu inclinés, le nombre des calices est moins élevé sur la face inférieure que sur la face supérieure. La grandeur des calices secondaires est également très variable. En effet, à côté des calices complètement immergés dans le cœnenchyme, on en trouve de toutes les dimensions jusqu’à hmm. Lorsqu’ils dépassent cette longueur, ils se transforment à leur tour en rameaux, par bourgeonnement de jeunes calices sur leur paroi. Leur forme varie beaucoup. Ils sont cylindriques ou légèrement rétrécis à la base. Les calices de taille petite ou moyenne ont la paroi interne moins développée que l’externe; souvent même elle manque complètement et la paroi interne prend la forme d’une gouttière. Sur les grands calices secondaires, la paroi interne est quelquefois un peu plus petite que l’externe ; le plus souvent elle est de même grandeur.

Lorsqu’on examine les calices de profil, on remarque que leur paroi externe a une courbure très variable (fig. 228). Parfois elle est droite, mais, sur les petits calices, elle est générale» ment incurvée, surtout près de l’extrémité distale. Le profil du calice forme alors une ligne convexe. En revanche, lorsque les calices s’accroissent, ils semblent s’écarter de l’axe du rameau et leur profil forme une ligne concave.

La paroi des calices secondaires a la même structure que celle des calices apicaux.

En général, la cavité calicinale qui mesure environ lmm de

MA DREPOR AIRES

diamètre, ne paraît pas être placée dans l’axe du calice ; autrement dit, la paroi interne est toujours beaucoup plus mince que la paroi externe. Parfois, l’ouverture n’est pas circulaire, mais elliptique. On observe de nombreuses variations dans la disposition des septes. Le cas le plus fréquent est celui où l’on voit un premier cycle de 6 septes bien développé, avec 2 septes directeurs plus grands (l’interne plus petit que l’externe) et auquel vient s’ajouter un second cycle très rudimentaire. Dans les calices immergés, on ne peut souvent pas distinguer de septes directeurs.

Sur les rameaux et sur la face supérieure de la colonie, les calices complètement immergés et au ras du cœnenchyme sont relativement peu nombreux. Le plus souvent, on voit à côté de leur ouverture un petit mamelon qui représente le rudiment de la paroi externe. La face inférieure de la colonie est formée par le réseau basal aplati et présentant de nombreux petits mamelons disposés irrégulièrement. Ces mamelons portent, soit à leur sommet, soit sur un de leurs côtés, une ouverture calicinale. On observe également des calices complètement immergés dans le cœnenchyme. Les calices de la face inférieure, qu’ils soient immergés. ou placés sur des mamelons, sont répartis sans aucun ordre. Sur lcm2 de surface, on peut n’en pas rencontrer un seul, ou en trouver 10 à 15.

Le cœnenchyme que l’on voit entre les calices des rameaux de la face supérieure a un aspect assez variable. Il est, le plus souvent, recouvert de petites épines, arrangées en séries, qui semblent être la continuation des côtes des calices. Quelquefois ces épines sont très petites et ne paraissent pas disposées en séries. Enfin, le cœnenchyme peut aussi prendre un aspect réticulé. A la face inférieure de la colonie (fig. 234), il est recouvert de très petites épines, disposées en séries ou sans ordre apparent, et sur lesquelles on trouve, en certains endroits, de nouvelles couches horizontales de cœnenchyme en voie de formation.

M. BEDOT

Lorsqu’on examine une coupe longitudinale d’un rameau, on voit que le cœnenchyme se développe beaucoup plus lentement ici (fig. 231), que chez les autres espèces où il forme continuellement de nouvelles couches pendant l’accroissement des calices secondaires.

Nous croyons pouvoir rapporter à cette espèce une jeune colonie (fig. 226), mesurant 5cm de hauteur sur 1 lx7ctn de largeur. Elle est cespiteuse et par conséquent son aspect général diffère de celui qui vient d’être décrit. Mais cela peut tenir à l’àge de la colonie. Du reste, il n’y a pas de différences importantes à signaler dans la structure et la disposition des calices.

Le Challenger avait déjà récolté cette espèce à Amboinq, mais Quelch l’avait décrite sous le nom de M. effusa Dana. Brook (1893, p. 90) a montré qu’il s’agissait d’une espèce distincte et l’a nommée M. quelchi.

Gen. Isopora Studer.

Studer (1878, p. 535) qui a créé le sous-genre Isopora , lui attribue les caractères suivants : « Connus blattfôrmig oder lappig, die kelche gleichartig vorragend, liber den ganzen Stock gleichmassig vertheilt, kein besonders differenzirter Apikalkelch ». Rïdley, en reprenant l’étude de ce sous-genre, est arrivé à cette conclusion (1884, p. 286) qu’en effet on n’y trouvait pas un calice apical, mais qu’il y en avait plusieurs. Brook (1893, p. 131) a admis cette manière de voir.

Après avoir examiné des échantillons d’Z hispida provenant d’Amboine, nous nous rallions à l’opinion de Studer, car il est impossible de reconnaître, dans cette espèce, deux formes distinctes de calices. Lorsqu’on regarde une coupe verticale d’une branche, on y voit de nombreux canaux de longueurs variables (fig. 237). Les uns se dirigent plus ou moins verticalement pour

MADRÉPORAIRES

venir s’ouvrir au sommet des branches, les autres se recourbent, et viennent déboucher sur les côtés des branches ou du tronc. Ils ont tous à peu près le même diamètre et la même structure.

Si l’on examine ensuite la forme des calices, on remarque que ceux qui se trouvent au sommet d’une branche ou d’une crête ont, en effet, une paroi circulaire complète, tandis que ceux qui sont placés sur les côtés des branches ont une paroi incomplète. Mais, entre ces deux formes extrêmes, on trouve toutes les formes de transition et, en outre, on observe parfois des calices à paroi incomplète placés au sommet des branches, au milieu des calices à paroi complète. 11 est impossible de tracer une ligne de démarcation entre ces prétendus calices apicaux (ou axiaux) et les calices secondaires. Du reste, les variations que l’on observe dans la forme de la paroi calicinale s’expliquent très naturellement par les différences d’orientation des individus de la colonie. Ceux qui sont placés au sommet des branches ont l’axe de leur corps placé en prolongement de celui de la cavité calicinale, tandis que les zoïdes placés sur les côtés de la colonie doivent chercher à se redresser, et l’axe de leur corps forme un angle avec celui de la cavité calicinale. On peut alors admettre que, dans ce dernier cas, l’ accroissement de la muraille n’a plus lieu d’une façon régulière. Il est vrai que l’on rencontre de nombreux calices dont l’ouverture est tournée soit vers le bas, soit vers les côtés de la colonie; mais il est probable que cette orientation est également celle de leurs zoïdes qui, étant très serrés les uns contre les autres, doivent chercher à occuper la position la plus avantageuse.

En résumé, chez les colonies du genre Madrepora on peut distinguer deux espèces de calices (axiaux ou apicaux et secondaires) qui diffèrent 1° par la rapidité d’accroissement et 2° par les modifications du type primitif dues aux positions occupées par les individus sur la colonie. L’action de ces deux facteurs, arrive à produire deux espèces de calices bien distinctes l’une de

M. BBDOT

l’autre. Chez les Isopora — par suite, probablement, d’un accroissement plus rapide du eœnenchyme — cette distinction ne peut plus se faire, et l’on observe tous les termes de passage entre les calices de forme normale à paroi complète et les calices à paroi très incomplète.

Ces différences nous paraissent assez importantes pour permettre de considérer Isopora comme un genre distinct de Madrepora.

Isopora hispida (Brook).

(PL 38, Qg. 23o à 239).

Notre collection renferme trois spécimens de cette espèce. Ce sont malheureusement des fragments de colonies dont le support n’existe plus. L’un d’eux (fig. 239) a la forme d’un tronc haut de 13cm, large de 6cm, et épais de 5cm. Il est bifurqué, et les deux rameaux qu’il forme ont un sommet arrondi, un peu aplati et mesurant plus de 3üm d’épaisseur, à lcm de leur extrémité. Les autres spécimens ont la forme d’épaisses lamelles. Le plus grand des deux (fig. 238) mesure, au maximum, 15cra de hauteur, et 5em d’épaisseur. Sa largeur est de 9em à la partie inférieure et de 15cm près du sommet qui forme une arête sinueuse et arrondie. L’épaisseur de la lamelle va en diminuant de la base au sommet. Cette diminution, très faible dans le premier spécimen, est plus marquée ici où l’épaisseur mesurée à lcm du sommet de l’arête varie entre lcm,7 et 3cm. Les calices sont disposés d’une façon à peu près uniforme sur toute la surface de la colonie. On en compte de 15 à 25 par centimètre carré. Leur diamètre varie de lram,5 à 3mm; l’ouverture calicinale atteint au maximum lmm de diamètre. Quant à la hauteur des calices, elle dépasse très rarement 2mm,5.

C’est au sommet des branches (fig. .236) et des arêtes que l’on trouve les calices le mieux développés. Ils sont souvent serrés

MADREPORAIRES

les uns contre les autres, cle telle sorte que leurs parois, généralement complètes, se touchent ou même arrivent à fusionner. Quelquefois, cependant, ils sont séparés par du cœnenchyme. Autour de cette région, on commence à trouver des calices à parois inégalement développées. Cette forme est la seule que l’on observe, à partir d’une petite distance des sommets, sur les côtés de la colonie (fig. 235). Dans ces calices, la paroi manque plus ou moins complètement sur le tiers ou la moitié du pourtour. La partie développée est épaisse, arrondie et recouverte de très petites lamelles fraisées. Quelquefois cette disposition se modifie et la paroi du calice paraît recouverte d’un réseau calcaire plus ou moins épineux. 11 est très rare que les lamelles ou les épines se disposent en séries longitudinales, rappelant les côtes que l’on voit souvent chez les Madrépores ; cependant, ce cas peut se présenter. On trouve généralement, dans la cavité calicinale, un premier cycle de 6 septes plus ou moins bien développés. Quand au second cycle, il peut manquer, être rudimentaire, ou, au contraire, être très bien développé. Ce dernier cas se présente surtout dans les calices à paroi complète. Dans la région profonde des cavités calicinales, les septes peuvent s’unir plus ou moins irrégulièrement par leur bord libre.

Dans la majorité des calices à paroi incomplète, c’est le côté interne de la paroi qui n’est pas développé. Mais ce n’est pas une règle absolue, car on trouve un très grand nombre de calices ouverts de côté ; quelques-uns même ont leur ouverture tournée vers le bas.

Le cœnenchyme paraît être moins bien développé dans la région supérieure de la colonie que dans la région inférieure où les calices sont un peu plus espacés. Il peut, comme les calices, être recouvert de petites lamelles fraisées, souvent disposées par groupes, ou avoir l’aspect d’un réseau échinulé.

M. BEDOT

Faill. PORITINAE.

Gen. Goniopora.

Goniopora stokesi M. Edw. et Haime.

(PI. 39, il g. 240 et 241 ; 243 à 245 et PI. 40, fig. 246 et 247).

Cette espèce est représentée par 4 spécimens. Le plus grand (fig. 240), subsphérique, mesure 7cm de hauteur sur 8em, 6x9cm de diamètre. La surface présente quelques légères irrégularités de niveau. La couche vivante s’étend encore sur rhémisphère inférieur. Elle est bordée par une série de bourrelets épithécaux concentriques qui, au pôle inférieur, laissent passer un pédoncule ayant un diamètre maximum de 4cm et une hauteur moyenne de 5cm, Ce pédoncule, sur lequel on voit quelques calices, représente le reste de la colonie primitive, incomplètement recouverte par les nouvelles couches qui se sont formées au-dessus d’elle.

Le plus petit spécimen (fig. 241) a un diamètre de 6cmX6cm,7 et une hauteur de 5cm. Sa surface est un peu inégale et sa base ne forme pas un pédoncule aussi bien développé que celui du grand spécimen.

En comparant ces quatre colonies, on voit que la forme générale est à peu près hémisphérique, mais que dans certains cas elle tend à devenir presque sphérique.

Leurs zones d’accroissement sont marquées par des bourrelets épithécaux en général très rapprochés les uns des autres. Cependant, sur un des côtés d’un des spécimens, la couche vivante n’arrive qu’à lcm de distance du bord de la couche précédente.

Les calices (fig. 247) ont une forme assez irrégulière; ils sont polygonaux et très rarement circulaires. Leur diamètre

MADRKPORAIRKS

maximum est de 5mm. Les parois sont à peu près verticales et très minces. Elles ont l’aspect (fig. 245) d’un treillis calcaire très délicat dont les petites ouvertures sont rondes ou elliptiques. Le bord libre est droit ou incurvé ; dans ce dernier cas, la paroi est moins haute au milieu que sur les côtés. M.-Edwards (1857-60, vol. 3, p. 192) dit, que chez cette espèce les murailles « sont simples, très minces, finement crénelées en haut et régulièrement fenestrées, les trous se disposant à la fois en séries verticales et horizontales, c’est-à-dire que ceux de plusieurs séries verticales sont opposés et n’alternent jamais ». Cette phrase nous avait fait supposer que nous avions affaire à une espèce distincte de G. stokesi , car nos échantillons ne présentent pas une aussi grande régularité dans la disposition des trous des parois, disposition qui varie dans les différents calices. En outre, le bord libre de la paroi n’est pas toujours « finement crénelé », son aspect variant forcément avec l’état de développement du calice. Le réseau calcaire étant formé de pièces horizontales et verticales qui viennent s’ajouter les unes aux autres, l’aspect du bord libre de la paroie varie suivant que ce sont les unes ou les autres qui ont été déposées en dernier lieu.

Nous avons pu, heureusement, examiner au Muséum d’Histoire naturelle de Paris l’échantillon-type de Goniopora stokesi et nous avons constaté que les trous des parois ne sont pas disposés aussi régulièrement que M. Edwards ne le dit. Quant au bord libre des parois, il n’est pas, non plus, régulièrement crénelé. Nos échantillons sont, du reste, absolument semblables au type de M. Edwards.

Les calices, au nombre de 4 à 7 par centimètre carré, ont en général 24 septes formés d’un réseau calcaire semblable à celui de la paroi (fig. 243). Il apparaît quelquefois des rudiments d’un quatrième cycle. La hauteur à laquelle s’élèvent les septes dans le calice est variable; ils arrivent souvent jusqu’au bord libre, mais quelquefois ils manquent dans la moitié ou le tiers

M. BEDOT

supérieur de la cavité calicinale. Dans leur région supérieure, les septes sont formés de petites protubérances ou épines que l’on distingue à peine du réseau calcaire des parois. A partir de là, leur longueur augmente très lentement jusqu’au fond de la cavité où ils viennent s’unir à une pseudo-columelle formée d’un réseau calcaire lâche et très irrégulier. Les septes s’unissent souvent entre eux avant de rejoindre la pseudo-columelle.

La profondeur maximale des calices, que l’on observe surtout dans la partie supérieure de la colonie, est assez variable. Dans nos 4 spécimens, le maximum de profondeur des calices est de : 3ümi, 5, 4mm, 4mm,5 et 5nHn,5. M. Edwards (1867-60, vol. 3, p. 192) indique une profondeur de 6 ou 7mra. Ces différences de profondeur entraînent de légères modifications dans l’aspect général des colonies, mais comme les autres caractères concordent parfaitement, il ne semble pas qu’il y ait des raisons suffisantes pour distinguer spécifiquement ces spécimens.

D’après Bernard (1899, p. 144 et 1903, p. 19), la présence de palis sur laquelle on s’est appuyé pour établir le genre Bhodaræa est un caractère très variable et que l’on peut observer sur les calices du bord d’une colonie alors qu’il ne se présente pas sur ceux du centre. Il est probable, en effet, que les choses se passent ainsi dans beaucoup de colonies. Néanmoins Bernard va un peu loin en affirmant (1903, p. 16) que : « Ail massive Gonioporas are Rhodaræas at the side! ». Dans tous les cas, les 4 spécimens de G. stokesi que nous venons de décrire ne présentent aucune trace de formations rappelant les palis dans les calices du bord, non plus que des autres régions des colonies1.

Sur des coupes d’une colonie de G. stokesi (fig. 244 et 246), on voit que le fond de la cavité calicinale est rempli d’un réseau calcaire délicat en continuation directe avec celui de la pseudo-

1 En revanche, dans les calices marginaux de G. lobata on voit quelquefois de petites proéminences des septes qui rappellent les palis.

MADRKPOR AIRES

columelle et des septes. On aperçoit également (fig. 246) de nombreuses lignes à peu près perpendiculaires à l’axe des calices, et plus ou moins régulières, représentant la coupe des planchers qui se sont formés au fur et à mesure de Faccroissement de la colonie pour séparer la partie vivante de la partie morte. Mais on ne peut pas établir une concordance entre ces lignes et les bourrelets épithécaux externes.

Goniopora lobata M. Edw. et Haime.

(PI. 39, fig. 242 et PL 40. tig. 248 et 249).

Nous rapportons à cette espèce 3 spécimens qui se distinguent nettement de G. stokesi , soit par leur forme générale, soit par les dimensions de leurs calices. Tandis que les colonies de G. stokesi se rapprochent de la forme sphérique, celles de G. lobata ont en général l’aspect d’un ovoïde plus ou moins déformé et fixé par un de ses côtés. La région de fixation au substratum n’est donc pas circulaire, mais elliptique. En outre, la colonie ne semble pas avoir cherché, dans son développement ultérieur, à reprendre la forme sphérique.

Les mensurations de ces spécimens ont donné les chiffres suivants :

Spécimens

longueur maximale

13cm

6cm,8

largeur

Qcm

5cm,7

6cm

hauteur »

10cm

gcm 2

6cm,8

La région par laquelle la colonie était fixée mesurait llemX 5(‘m dans le spécimen A et 6cm,4 X 2em dans le spécimen C. Elle était détériorée dans le spécimen B.

Les bourrelets épithécaux sont très inégalement développés. Quelquefois ils n’apparaissent même pas au bord des couches de recouvrement; d’autres fois ils sont bien visibles. Sur une des colonies, la couche vivante recouvre complètement les couches

M. BEDOT

anciennes; sur une autre (fîg. 242) elle en laisse à découvert une grande partie.

Les calices (fig. 249) ont une forme polygonale très irrégulière et des dimensions assez variables. On en compte 8 à 15 par centimètre carré. Le tableau suivant donne les dimensions maximales des calices.

Spécimen A Diamètre max. 5mrn Profondeur max. 3mni.

» B » » 4mm » » 2mm.

» C ■» » 4nim,5 » » 2mna.

La profondeur des calices est beaucoup plus faible à la périphérie qu’au centre de la colonie. Elle peut même devenir à peu près nulle. Ce caractère est plus marqué ici que chez G. stokesi.

On compte en général 24 septes ; ce nombre est souvent augmenté par la formation d’un 4e cycle. Les septes s’élèvent toujours jusqu’au bord de la paroi. Dans les calices profonds ils sont parfois représentés, à la partie supérieure, par une rangée de petites épines qui s’unissent et deviennent un peu plus saillantes dans la profondeur. Ils peuvent aussi avoir l’aspect de petites lames minces et dentelées. Dans les calices peu profonds, ils paraissent plus épais; leur bord libre, dentelé et irrégulier, est alors beaucoup plus incliné. Les septes s’unissent souvent entre eux avant de venir se perdre dans le réseau calcaire qui représente la pseudo-columelle, lequel est un peu moins délicat et moins abondant ici que chez l’espèce précédente.

Dans la région marginale des colonies, où la profondeur des calices est très faible et souvent même presque nulle, les aspérités et les inégalités des septes et du réseau de la pseudocolumelle sont beaucoup plus visibles et quelquefois un peu plus développées dans la partie centrale. Mais elles ne prennent jamais la disposition régulière et caractéristique des palis que l’on observera, par exemple chez Bhodaræa tenuidens.

Un des caractères qui distinguent le plus nettement G, lobata de G. stokesi est la disposition des planchers. Chez cette der-

M ADRÉ I’OR AIRES

nière espèce, ainsi qu5on l’a vu plus liant, les planchers forment des cloisons horizontales bien nettes, tendues comme un diaphragme entre les parois des calices et assez épaisses pour être facilement visibles à l’œil nu sur une coupe verticale. Chez G. îobaia où le réseau calcaire est plus grossier, on ne distingue pas, à première vue, de planchers. Ils apparaissent cependant, sous la loupe, comme de petites lamelles horizontales, excessivement minces, placées en travers des mailles et cavités du réseau calcaire (fig. 248). Les lamelles voisines peuvent se disposer sur le même plan horizontal; les planchers sont alors formés à peu près comme ceux de l’espèce précédente, quoique beaucoup plus minces. Souvent aussi, les lamelles des calices voisins se trouvent placées à des niveaux différents. La cavité calicinale peut encore ne présenter que de petits planchers incomplets. Cette disposition n’a pas une grande importance, mais elle méritait d’être signalée, car il s’agit ici d’un groupe dans lequel on a très peu de caractères pouvant servir à la distinction des espèces.

Les spécimens de G. lobata d’Amboine sont absolument semblables à l’échantillon de cette espèce qui se trouve dans la collection du Muséum de Paris et représente très probablement le type de M. Edwards. On remarquera que les échantillons de G. lobata et G. savignyi qui se trouvent à Paris présentent entre eux une très grande ressemblance et qu’il semble difficile de les considérer comme appartenant à des espèces distinctes.

Klunzinger (1879, 2ter Theil, p. 45) considère G. lobata M. Edw. et H. comme synonyme de G. planulata Ehrbg. Mais la colonie qu'il décrit- sous ce dernier nom rappelle beaucoup plus, par sa forme générale, G. columna de Dana, espèce présentant des lobes élevés et bien séparés les uns des autres, que G. lobata dont le polypier, d’après M. Edwards, est « en masse convexe ou sublobée ». Il est possible que de nouvelles recherches montrent que ce caractère n’a pas d’importance et que ces

M. BEDOT

deux espèces sont bien réellement synonymes. Pour le moment, nous conserverons le nom de G. lobata M. Edw. et H.

Gen. lihodaræa.

Rhodaræa tenuidens Quelch.

(PI. 41, fig. 253 et 254).

Le spécimen que nous rapportons à cette espèce (fig. 253) est une jeune colonie mesurant au maximum 4cm de hauteur sur 3cm,7x3cm,l de largeur. Sa partie inférieure est complètement enveloppée par une colonie de Millépores. En outre, au-dessus des Millépores se trouve un ruban d’épithèque qui entoure la Rhodarée, de sorte que la partie vivante de la colonie, restant visible, est réduite à une région hémisphérique de 8mm de hauteur et de lcm,6x2cm de largeur.

Les calices (fig. 254), qui sont au nombre de 30 à 35 par centimètre carré, ont un diamètre maximum de 2 111 111 et une profondeur d’environ lmm. Ils ne sont pas polygonaux mais sub circulaires. Leur muraille, réticulée, peut atteindre une épaisseur de 0mm,8. On observe généralement 3 cycles de septes minces, trabéculaires et de forme irrégulière. Les septes du 3e cycle sont en nombre variable ; lorsqu’ils sont peu développés, on les distingue difficilement des aspérités de la paroi. Les septes voisins s’unissent souvent entre eux.

Dans les calices, on voit 6 palis très bien développés en forme de lamelles verticales dont le sommet plus ou moins arrondi est un peu rugueux. Ils s’élèvent à peu près jusqu’au niveau du bord de la paroi, sans le dépasser.

Il n’y a pas de véritable columelle, mais les septes s’unissent au fond et au centre de la cavité calicinale en une petite masse réticulée de forme variable que l’on peut considérer comme une pseudo-columelle.

M A DRÉ FORA 1RES

Gen. Pontes.

Parités eonglomerata Dana.

(PL 41. fig. 2o(J à 2o2).

Notre collection renferme 8 spécimens de cette espèce. Le plus grand des trois (fig. 251) mesure 15xl3cm de large sur 14em de haut. Ces colonies sont massives, gibbeuses, et sans forme bien déterminée. A la limite de recouvrement des couches anciennes par les nouvelles, on ne voit qu’une très mince bordure d’épithèque; le plus souvent, elle fait complètement défaut.

Les calices (fig. 250 et 252), au nombre de 50 à 80 par centimètre carré, mesurent en moyenne lmm de diamètre ; ils arrivent quelquefois à lmm,5. Leur paroi, formée d’un solide réseau calcaire, a environ 0ram,3 d’épaisseur et forme des polygones plus ou moins réguliers. La profondeur de la cavité calicinale est très faible et atteint environ 0nim,4. On distingue généralement 12 septes de forme irrégulière et se soudant entre eux. Ils portent, sur leur bord supérieur, de petites protubérances clavifonnes(fig. 252) garnies de petites aspérités visibles seulement au microscope et très caractéristiques. Leur position, leur nombre et leurs dimensions sont variables. Elles se disposent quelquefois plus ou moins régulièrement de manière à former deux couronnes concentriques dans le calice. La couronne extérieure est alors très rapprochée de la paroi, tandis que la couronne intérieure représente ce que l'on considère en général comme étant les palis. Au centre de cette couronne, on voit quelquefois une de ces protubérances claviformes qui peut représenter un tubercule columellaire. Mais il n’est pas certain que ces formations soient bien réellement homologues des palis et des columelles des autres Madréporaires.

Voyage. Vol. 2. 9

M, BEDOT

La disposition des planchers est la même que celle qui a été décrite chez Goniopora lohata.

Lorsqu’on examine une coupe d’une colonie, on voit que la région profonde des calices est remplie d’un réseau calcaire qui se confond complètement avec celui des septes. On ne peut pas non plus distinguer, dans ce réseau, de partie représentant une columelle.

Un fait important à noter est la différence d’aspect que peuvent présenter les calices d’une colonie. On s’en rendra compte en comparant les figures 250 et 252 qui représentent les photographies de deux régions d’une seule et même colonie (fig. 251).

Il est fort probable que Porites solida , P. lutea et P. conglomerata sont synonymes. Les deux premières espèces ont déjà été réunies par Marenzeller (1906, p. 39).

Gen. Montipora.

Montipora palmata (Dana).

(PJ. 42, lig. 255 à 239).

Cette espèce est représentée par deux spécimens (fig. 258 et 259) qui sont des fragments de colonies. L’un d’eux (fig. 259) est une branche à section elliptique, mesurant 7mmX5mm,5, qui s’élargit brusquement pour prendre la forme palmée caractéristique. Ses dimensions extrêmes sont : 33mm de hauteur, 32ram de largeur et 5mm,5 d’épaisseur. La colonie est divisée, à la périphérie, en un certain nombre de rameaux courts et aplatis, qui, à 2mm de leur extrémité, n’ont guère plus de 3mm d’épaisseur. Us ne sont pas terminés en pointe, mais arrondis ou tronqués.

Les calices (fig. 255) sont répartis assez également sur toute la surface. Leur diamètre est de 0mra,3 à 0ffim,4 ; ils sont séparés par des intervalles de 0mm,3 à 0mm,6. On compte environ 130 à 150 calices par centimètre carré. L’ouverture calicinale n’est

MADREFORAIRES

pas toujours très nettement circonscrite. Parfois, elle forme une sorte de petite margelle qui en délimite bien le contour. Le plus souvent elle se confond avec le réseau du cœnenchyme environnant.

Il y a en général 6 septes en forme d’épines aplaties s’étendant plus ou moins profondément, mais n’arrivant jamais à représenter des cloisons complètes. Ils ont, au-dessus de l’ouverture du calice, de petits prolongements épineux qui se confondent avec les aspérités du cœnenchyme et arrivent au même niveau. Ces 6 septes peuvent être à peu près égaux. Quelquefois, cependant, un septe, ou deux septes opposés, s’accroissent plus que les autres et peuvent être considérés comme septes directeurs. Beaucoup de calices ne présentent pas de traces d’un second cycle. Dans quelques cas, le second cycle est représenté par I ou 2 très petites épines ; on en trouve rarement un plus grand nombre.

Le cœnenchyme forme un réseau de rubans calcaires très minces et de largeur variable. Dans la partie interne de la colonie (fig. 256 et 257), les mailles sont grandes et allongées dans une direction perpendiculaire à celle de l’axe des polypes. Cette disposition se modifie insensiblement et devient très différente dans la couche externe du cœnenchyme, où les mailles sont beaucoup plus petites, mais également allongées. Elles sont elliptiques et leur grand axe est parallèle à celui des polypes. Les rubans calcaires des mailles sont plus étroits que dans la couche profonde. Leurs prolongements libres forment, à la surface de la colonie, un revêtement de très petites aspérités, arrivant toutes à peu près au même niveau.

Quelch (1886) a décrit sous le nom de Montipora levis une espèce récoltée par le Challenger non loin d’Amboine, à Banda. Elle diffère de la colonie que nous venons d’étudier par la forme de ses rameaux, dont quelques-uns sont terminés en pointe (comme c’est le cas également chez M.palmata de

M, BEDOT

Dana) et par un développement un peu plus grand des septes du second cycle. Mais ces caractères ne paraissent pas suffisants pour permettre de la considérer comme une espèce distincte de M. palmata.

Montipora venosa (Ehrenberg),

(PI. 42, fig. 260 à 262 et PL 43, fig. 263 à 266).

Cette espèce est représentée dans notre collection par une colonie (fig. 261 à 262) mesurant 14 X 10cm de largeur et environ 4cm de hauteur. Elle est formée d’une lamelle mince et ondulée, fixée par son centre et par un des côtés sur un polypier mort appartenant peut-être à la même espèce. Les bords de la lamelle d’un des côtés de la colonie sont recourbés en dessous et fixés au substratum. Sur tout le reste du pourtour, les bords sont sinueux, souvent relevés et libres sur une largeur variable pouvant atteindre 5cm. L’épaisseur de la lamelle est de 3 à 8mm aux bords libres, mais dans la région où la colonie est fixée, elle atteint probablement lcm. Ces mesures concernent les parties planes de la colonie et non pas celles où se trouvent des mamelons.

La face supérieure de la colonie (fig. 261) porte quelques mamelons disposés irrégulièrement et de hauteur variable, mais ne dépassant pas 13mm. Plusieurs d’entre eux sont dûs à la présence d’un parasite; d’autres semblent être des formations normales.

Les calices (fig. 260, 263, 264 et 266) mesurent 0mm,5 à lmm de diamètre. Ils sont assez régulièrement espacés. On en compte 65 à 85 par centimètre carré. La cavité calicinale présente toujours un premier cycle de septes épineux. Le second cycle est représenté par un nombre variable d’épines ; il est quelquefois complet. Les bords libres des septes du premier cycle s’unissent souvent dans la région profonde de la cavité calicinale.

Le cœnenchyme intercalicinal, spongieux et réticulé, a une

MA DREPOR AIRES

disposition très caractéristique : il s’élève au-dessus du niveau des ouvertures calicinales de manière à former des collines qui séparent les calices les uns des autres et, généralement, les entourent complètement (fig. 264). La hauteur moyenne de ces collines varie de à lram. Dans les régions ondulées et mamelonées, elles s’élèvent parfois à une hauteur de lmm,5. Dans les parties planes et centrales de la colonie, la disposition de ces collines est assez régulière : elles entourent plus ou moins complètement chaque calice. Mais, dans les régions mamelonées et sur les bords de la colonie (fig. 266), il se forme quelquefois des collines un peu plus élevées qui s’étendent, soit en ligne droite, soit en lignes sinueuses entre les calices. On a alors des vallées délimitées par de hautes collines et au fond desquelles se trouvent des calices séparés les uns des autres par de petites collines.

On remarque, sur la face supérieure de la colonie (fig. 261 et 2 63), non loin du centre, une région placée un peu en contrebas et au milieu de laquelle se trouve une fente élargie à ses extrémités et paraissant bordée d’un liseré. Toute la partie de cette région qui entoure la fente, présente des calices de dimensions normales, mais qui sont séparés les uns des autres par du cœnen chyme formant une surface plane (fig. 263). Il n’y a pas, ici. de collines séparant les calices. Cet exemple, comme tant d’autres, montre combien les caractères sur lesquels on est obligé de s’appuyer pour la détermination des espèces, sont sujets à d’importantes variations provenant de causes malheureusement inconnues. Il est probable que le jour où l’on aura pu faire des études expérimentales sur la variation de ces colonies, leur systématique sera entièrement à refaire.

Les mamelons de la face supérieure dont 1a, formation n’est pas dûe à la présence d’un parasite présentent toujours des calices très bien développés et souvent même un peu plus grands que ceux des régions planes de la colonie ; cela provient du fait qu’ils sont moins resserrés.

M. BEDOT

A la face inférieure de la colonie, on voit de petits lambeaux d’épithèque, très minces, peu développés, et ne s’étendant jamais jusqu’au bord libre. Il reste toujours une région marginale de largeur variable, non recouverte d’épithèque et sur laquelle on voit des calices ne dépassant jamais 0mm,5 de diamètre.

Les septes sont très pètits, mais leur nombre semble subir les mêmes variations que l’on observe dans les calices de la face supérieure.

Le cœnenchyme de la face inférieure ne forme pas de collines et ne s’élève pas au-dessus du niveau du bord des calices.

Une coupe verticale de la colonie (fig. 265), montre que le cœnenchyme n’est pas disposé en couches nettement distinctes, comme c’est le cas chez certaines espèces. Il y a bien, ici, une couche réticulée horizontale, dont les éléments semblent se redresser pour former la couche supérieure. Mais, en certains endroits, il est difficile d’établir une distinction entre ces deux couches, car les mailles de leur réseau sont très petites et parfois de dimensions à peu près égales. 11 est non moins difficile de distinguer la couche horizontale moyenne de la couche inférieure. Elles sont, quelquefois, complètement confondues.

Dans sa description des caractères de M. venosa , Bernard (1897, p. 69) dit : « Àt the surface, the réticulum foams quite irregularly upwards, as single papillæ, as rings round calicles, or as small patches with smooth valleys or dépréssions between them ».

Dans notre échantillon, le cœnenchyme ne forme jamais de papilles isolées et, sur la plus grande partie de la colonie, il est disposé avec une certaine régularité. Cependant, ces différences ne paraissent pas avoir une grande importance.

MADRKPORAIRES

Montipora spmnosa (Lamarck).

(PI. 44, fig. 267 à 270).

Notre collection renferme 3 spécimens de cette espèce. Le premier est une très jeune colonie, complète et mesurant 6cra,5 X 4cm de largeur. Sa hauteur est d’environ 3cra,5. Elle est fixée sur un polypier mort d’espèce indéterminée. On y distingue quelques petits lambeaux d’épithèque. La colonie présente déjà une tendance à la formation des troncs ascendants.

Le second spécimen, incomplet, a la forme d’une plaque à contours irréguliers dont la largeur maximale est de 15 X 10era. Ses bords sont minces et transparents. La partie médiane atteint 2cm,5 d’épaisseur; elle est composée de deux couches superposées et séparées par un petit espace libre. On voit des calices sur presque toute la face inférieure de cette colonie, sauf en quelques points où se trouvent fixés des restes de branches d’un Madrépore. Il est probable que ,ce Montipore était placé sur un Madrépore comme Bernard (1897, pl. 23, fig. 1) l’a représenté pour M. peltiformis . Sur la face supérieure, s’élèvent de nombreux monticules de forme et de grandeur diverses et très irrégulièrement disposés. On observe quelques petits lambeaux d’épithèque sur la face inférieure.

Le troisième spécimen est une colonie presque complète (fig. 270) de forme beaucoup plus irrégulière. Elle a les dimensions maximales suivantes : largeur, 8 X 14cm, hauteur 9cm,5. Sa base est montueuse et ses bords, sinueux, ne sont libres que sur une largeur très variable atteignant au maximum 17ram. L’extrémité du bord libre est souvent relevée et a une épaisseur de 3 à 4nim. Il n’y a pas d’épithèque. La partie centrale de la base est fixée sur un polypier mort paraissant appartenir à la même espèce.

La face supérieure de ces colonies porte de nombreux monti-

M. BEDOT

cules de grandeur et de forme très variables. L’un d'eux (fig. 260 et 270) s’élève comme une aiguille de rochers à une hauteur de 5cra. Il a une largeur moyenne de 2em et, se termine par une pointe mousse.

En examinant la face supérieure (fig. 267), on voit que le cœnenchyme, spongieux, réticulé et hérissé de minuscules aspérités, forme, dans certaines régions, une surface complètement plane ; mais ces régions sont toujours très peu étendues. En général, le cœnenchyme est recouvert de papilles plus ou moins grosses, qui peuvent rester séparées les unes des autres, ou s’unir pour former des mamelons. Ces mamelons s’élèvent souvent comme des crêtes arrondies au sommet, s’allongent, se bifurquent, ou se recourbent, semblables à de petites chaînes de montagnes formant des vallées ou des cirques, au milieu desquels on voit les ouvertures des calices. Le cœnenchyme qui se trouve au fond de ces vallées semblent être constitué par un réseau calcaire un peu moins délicat et moins serré que celui des mamelons.

La grande aiguille que l’on voit sur la figure 269, n’est pas formée par une réunion de mamelons. C’est bien une véritable branche de la colonie, non ramifiée, mais montrant de nombreuses surfaces planes de cœnenchyme, séparées les unes des autres par des mamelons de formes diverses. On voit, très rarement, des calices sur les côtés des mamelons.

Une coupe transversale d’une colonie (fig. 268) montre que le cœnenchyme se compose d’une couche interne à mailles allongées parallèlement à la surface et de deux couches externes dont les mailles, plus petites, paraissent se diriger vers la surface. La couche inférieure est un peu plus mince que la couche supérieure.

Les calices, aussi bien sur la face inférieure que sur la face supérieure (fig. 267), mesurent de 0mm,5 à 0mra,7 de diamètre. Leur ouverture se trouve au niveau du cœnenchyme. Quelque-

MADRÉPORAIRES

fois, le réseau calcaire forme une petite margelle autour de l’ouverture, mais ce n’est pas une règle générale.

Le premier cycle de septes est toujours bien formé. Parfois, on n’observe pas de traces d’un second cycle; dans quelques cas, cependant; il est représenté par quelques épines très petites. Dans les régions de la colonie où le cœnenchyme forme des surfaces planes, on compte de 40 à 70 calices par centimètre carré.

Les échantillons de M. spumosa décrit par Bernard (1897, p. 71) avaient une épithèque bien développée. Ce n’est pas le cas dans les colonies que nous venons d’étudier. Mais on sait que la formation de l’épithèque est sujette à de grandes variations.

Montipora verrucosa (Lamarck).

(PL 45, fig. 271 à 274).

Une colonie appartenant à cette espèce (fig. 271 et 273) mesure 14xl2cm de largeur maximale et environ 6cm de hauteur. Elle recouvre un polypier mort, d’espèce indéterminable, sur lequel elle forme une couche ayant 5mm d’épaisseur à 2 centimètres du bord de la colonie. Il est peu probable qu’elle dépasse lcm dans la partie la plus épaisse. Sa face supérieure (fig. 273) est aplatie et un peu ondulée. Les bords de la colonie ne sont pas libres ; ils se recourbent en dessous en s’appliquant complètement sur le substratum et en laissant dépasser quelques lambeaux d’épithèque.

La colonie a un aspect très caractéristique, dû à la présence d’une quantité de petites papilles de dimensions assez régulières, qui font saillie sur sa surface (fig. 272). Elles ont la forme de monticules arrondis au sommet, à base circulaire, et sur lesquels il n’y a jamais de calices. Leur hauteur moyenne est de lmm à lram,8 et leur diamètre moyen de 0mm,8 à lmm,6. Il est rare qu’elles dépassent ces dimensions. En général, les papilles

M. BKDOT

sont isolées et séparées les unes des autres par clés intervalles de grandeur variable, atteignant au maximum 3mm. Quelquefois, elles sont assez rapprochées pour que leurs bases arrivent à être en contact, mais on observe rarement une fusion complète de deux ou plusieurs papilles. Le cœnenchyme réticulé qui les forme ne diffère pas de celui qui se trouve à la surface de toute la colonie. On compte en moyenne de 20 à 40 papilles dans lcm2.

Les calices mesurent 0mm,4 à 0mm,7 de diamètre. Il y a toujours un premier cycle de septes épineux, bien développés et qui souvent, dans la profondeur de la cavité calicinale, s’unissent par leurs extrémités libres. Un ou deux septes dépassent quelquefois les autres en grandeur; on peut alors les considérer comme septes directeurs. Le second cycle manque ou est représenté par un nombre variable de petites épines. L’ouverture calicinale se trouve au niveau du cœnenchyme environnant. Elle est quelquefois nettement délimitée du cœnenchyme voisin par une très petite margelle, mais cela n’est pas toujours le cas. Il y a, en moyenne, 70 à 100 calices par centimètre carré.

Le cœnenchyme intercalicinal est spongieux et réticulé ; lorsqu’on l’examine sur une coupe (fig. 274), on voit qu’il forme un réseau serré dans lequel il n’est pas possible de reconnaître des couches distinctes. La face inférieure est généralement délimitée par une épithèque bien développée.

Cette colonie présente des caractères qui permettent de la rapprocher surtout de M. verrucosa var. a de Bernard.

Montipora foliosa (Pallas).

(PI. 46, fig. 275 à 279).

Une colonie de cette espèce (fig. 277) mesure 19em de hauteur sur 16cm de largeur. De sa base partent des rameaux aplatis, de forme irrégulière, qui se divisent et s’élargissent toujours plus, de manière à former des feuilles minces, contournées en

MADRÉPORAIRES

cornets et concentriques, dont les bords sont plus ou moins découpés et sinueux 4. Ces feuilles sont très minces; près de la base elles mesurent au maximum 12mm d’épaisseur, mais, à 3CIU du sommet, elles atteignent rarement 5mm d’épaisseur. On remarque que la plupart des rameaux ont commencé à s’accroître dans une direction voisine de l’ horizontale. Puis, au bout de peu de temps, ils se sont redressés très brusquement. A la partie inférieure de la colonie se trouvent quelques petits rameaux qui semblent n’avoir pas eu un développement normal et ne se sont pas étalés en forme de feuilles. On peut toujours distinguer sur les feuilles une face supérieure ou interne, et une face inférieure ou externe.

La face supérieure (fig. 276 et 278) porte généralement des bourrelets longitudinaux de cœnenchyme, disposés à peu près parallèlement et plus ou moins bien développés (fig. 276). Ils ont une largeur moyenne de 0mm,6 et atteignent au maximum une hauteur de lmiB,5; leur arête, vue de profil, est très sinueuse et souvent même les bourrelets sont divisés en une série de tronçons placés à la suite les uns des autres. Ils s’étendent dans la direction d’accroissement des feuilles. La figure 278 montre, sur le côté droit d’une feuille, une courte rangée de bourrelets placés perpendiculairement à la direction principale d’accroissement. Cette disposition est due très probablement à une modification plus ou moins brusque de la direction d’accroissement.

On voit quelquefois, sur la face supérieure des feuilles, des régions complètement dépourvues de bourrelets et de tubercules (fig. 278 en bas). Cela paraît résulter d’un accroissement exagéré et anormal du cœnenchyme, car la feuille est beaucoup plus épaisse en cet endroit.

Dans les vallées qui se trouvent entre les bourrelets, le cœnenchyme réticulé est recouvert de nombreux tubercules dendri-

1 Quelques-uns des rameaux ont été brisés, de sorte que la colonie devait avoir normalement une plus grande largeur.

M. BEDOT

tiques de dimensions variables et disposés sans ordre apparent. Ils viennent souvent entourer les calices, et parfois même en cachent plus ou moins l’ouverture.

Les calices (fig. 276) sont répartis d’une façon irrégulière. Ils sont souvent très rapprochés les uns des autres et, dans d’autres cas, séparés par des intervalles assez considérables. On en compte en moyenne 20 à 50 par centimètre carré. La cavité calicinale mesure de 0mm,5 à 0ram,9 de diamètre. Elle présente toujours un premier cycle de septes bien développés et à peu près égaux. Le second cycle apparaît quelquefois, mais il n’est jamais représenté que par des rudiments de septes à peine visibles.

La face inférieure ou externe (fig. 279) a un aspect très différent de celui de la face supérieure. La raison en est surtout dans l’absence de bourrelets longitudinaux. En outre, le cœnenchyme ne porte pas de véritables tubercules. C’est un réseau spongieux, plus ou moins serré suivant les endroits, et hérissé de très petites aspérités. Sa surface est garnie d’un grand nombre de petits mamelons arrondis, ou papilles, qui restent généralement séparés les uns des autres. Les dimensions de ces papilles sont variables; cependant il est rare qu’elles dépassent 2mm,5 de hauteur et 3mni de largeur.

Les calices de la face inférieure ont à peu près le même diamètre et la même disposition des septes que ceux de la face supérieure. Mais, sauf dans quelques cas exceptionnels, on ne les rencontre jamais dans les régions où le cœnenchyme forme une surface plane. Ils sont toujours placés à la base, ou sur les côtés, ou encore au sommet des papilles et, dans ce dernier cas, ils rappellent la disposition des calices de certains Madrépores. Il se développe souvent, sur ces papilles, des tubercules qui arrivent à entourer complètement l’ouverture calicinale.

Le nombre des calices de la face inférieure est, en moyenne, de 15 à 25 par centimètre carré.

Dans la partie inférieure de la colonie, en certains endroits

MADRÉPORAIRES

où la croissance n’a pas été régulière et où de nouvelles couches sont venues en recouvrir d’anciennes, on aperçoit quelquefois des lambeaux d’épithèque. Mais cette formation se rencontre rarement.

Le cœrienchyme (fig, 275) se compose d’une couche interne formée d’un réseau calcaire à mailles allongées dans la direction d’accroissement des rameaux, et de deux couches externes, supérieure et inférieure. Ces dernières sont formées par la continuation du même réseau dont les mailles, beaucoup plus petites, sont arrondies ou elliptiques; dans ce dernier cas, leur grand axe est perpendiculaire à celui des grandes mailles du réseau interne.

Une comparaison de la colonie que nous venons de décrire avec de nombreux spécimens de la même espèce qui se trouvent dans la collection du Muséum d’ Histoire naturelle de Genève, nous a montré que nous avions affaire ici à une colonie jeune. En outre, il nous semble fort probable que les M. solanderi et crassifolia admises par Bernard (1897) dans le Catalogue du British Muséum, ne sont que des variétés, ou plutôt des stades coloniaires d’âges différents, de M. foliosa.

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