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cales sont très étroites. Dans la région profonde delà colonie, on voit cependant quelques lames endothécales placées plus ou moins horizontalement.
La description que nous venons de donner se rapporte au plus grand de nos spécimens. Une autre colonie (fig, 114), un peu plus petite (1 1 2mm de largeur et 66mm de hauteur), présente les mêmes caractères, mais sa muraille n’a pas une forme de disque aussi régulière. En revanche, le pédoncule est plus développé et mesure environ 27lûm de longueur.
Quant au troisième spécimen (fig. 113), sa forme générale est très asymétrique. La colonie paraît avoir pris naissance, non pas au sommet, mais sur les côtés d’un rocher et sa muraille est beaucoup plus relevée d’un côté que de l’autre. En certains endroits, ses bords sont recourbés à angle droit, (comme dans la figure de Quoy et Gaimard, 1833, pl. 18, fig. 1). En outre, l’accroissement des collines s’est fait irrégulièrement. Elles sont souvent interrompues et découpées de façon à former de petits lambeaux.
L’examen comparatif de ces trois colonies est intéressant, car, si notre premier spécimen est tout à fait semblable à celui qui a été figuré par Seba (1758, vol. 3, pl. 89, fig. 10) et qui est le type de Madrepora (TridacopJiyllia) lactuca de Pallas, d’autre part notre troisième spécimen peut, sans aucun doute, être rapporté à l’espèce figurée par Ellis et Solander (1786, pl. 44) et par Quoy et Gaimard (1833, pl. 18, fig. 1). Or, Dana (1846- 49), dont Milne-Edwards (1857-60, vol. 2, p. 381) a adopté la manière de voir, a distingué l’espèce de Seba de celle d’ELLis et Solander et proposé pour cette dernière le nom de Tridacophyllia manicina. C’est sous ce nom que Quelch a mentionné le spécimen récolté à Amboine par le Challenger.
11 nous semble donc certain, jusqu’à preuve du contraire, que T. lactuca et T. manicina sont synonymes et ne représentent que des variétés d’une seule et même espèce, dont les formes diverses
MAORÉPORAIRKS
sont clûes aux conditions dans lesquelles se trouve la colonie pendant son accroissement.
Gen. Hydnophorella Delage et Hérouard.
Hydnophorelk i microcona (Lamarck).
(PI. 21, fi£. M9 à 122).
Le seul spécimen de cette espèce que nous ayons récolté mesure 69 X 75mm de largeur maximale. C’est un fragment d’une colonie massive, dont la surface supérieure est légèrement convexe et ondulée (fig. 120). Son épaisseur va en augmentant d’un bord à l’autre, et atteint au maximum 42ram. La colonie recouvrait un Polypier mort, appartenant probablement à la même espèce, mais une partie de son bord était libre et montrait, à la face inférieure, des traces cl épithèque.
Dans le genre Hydnophorella, les calices forment des vallées délimitées non pas par des collines continues, mais par des séries de petits monticules séparés les uns des autres par des vallées transversales. Ces monticules sont composés d’un axe solide en forme de cône, ou de cône aplati, et de septes disposés en rayons sur la paroi du cône. L’axe est donc formé par les parties contiguës de la muraille de calices voisins qui se sont soudées et épaissies.
Chez H. microcona , les monticules sont petits. Lorsqu’ils ont une forme conique, la base de leur axe ne dépasse guère lmm,7 de diamètre, mais lorsqu’ils sont allongés, le grand diamètre de leur base peut atteindre 3mm. La hauteur maximale des monticules est de 2ram et la distance entre les sommets de monticules voisins varie de 2 à 3mm. Le nombre de septes correspondant à un monticule varie beaucoup ; on en peut compter de 4 à 24.
La région appartenant à chacun des calices étant très mal délimitée, il est difficile d'établir le nombre des cycles de septes. Ce
M. BEDOT
nombre semble être rarement supérieur à 2. On peut quelquefois distinguer deux sortes de septes : les uns, d’une épaisseur moyenne de 0mm,2, atteignent le centre de la vallée, tandis que les autres sont beaucoup plus minces et moins longs (fig. 122).
En général les septes ne paraissent pas s’élever au-dessus du sommet des monticules, ou, s’ils le dépassent, c’est seulement de 1 ou 2 dixièmes de millimètre. Leur longueur s’accroît, plus ou moins régulièrement, du sommet du monticule au fond de la vallée. Lorsqu’on les examine de profil (fig. 119), on voit que leur bord libre forme une ligne droite ou courbe et qu’il est irrégulièrement et finement denticulé. Ces dents sont généralement plus fortes dans la profondeur qu’au sommet des septes. Les faces latérales des septes sont garnies de nombreuses granulations, qui s’accumulent surtout près de leur bord libre.
Arrivés au centre de la cavité calicinale, les septes donnent naissance à de petites expansions irrégulières qui s’unissent à celles des septes opposés et voisins (fig. 122). Ils forment ainsi une pseudo-columelle très mince et qui, vue de dessus, a un peu l’aspect d’une lamelle verticale dont le bord supérieur serait irrégulier et déchiqueté. Chaque monticule paraît donc entouré d’une ceinture formée par les pseudo-columelles des vallées voisines.
L’endothèque est représentée par de petites lames, ou dissépiments, disposés horizontalement, de distance en distance, dans la cavité calicinale (fig. 119).
En outre, lorsqu’on examine une coupe horizontale de la colonie (fig. 121), on remarque que l’axe des monticules est représenté par des piliers très épais et massifs. Il est probable que leur épaisseur est due à un dépôt endothécal qui s’est développé sur la partie de la muraille formant Taxe primitif des monticules.
MADRÉPOR AIRES
Hydnophc/rella exesa (Pallas).
(PL 2i, fi g. 1 23 à 129).
Nous croyons pouvoir rapporter à cette espèce une jeune colonie (fig. 123), ainsi qu’un petit fragment appartenant à une colonie plus âgée (fig. 127). La colonie qui est entière a une forme arborescente. Elle a une base mince et foliacée mesurant 20 x 28mm et fixée sur une colonie morte de la même espèce* De cette base s’élève un tronc, d’où partent, dans diverses directions, de petites branches droites. La hauteur totale de la colonie est de 37mm.
Les bords libres de la base sont minces et relevés d’un côté. Une couche d’épithèque en recouvre la face inférieure ; elle est très épaisse en certains endroits et beaucoup moins dans d’autres parties où l’on peut apercevoir encore quelques côtes très fines.
Les monticules qui se trouvent sur la lamelle basale (fig. 124) ont des formes un peu irrégulières et sont toujours allongés. Leur longueur peut atteindre 7mm. Ils ont parfois un aspect assez particulier et semblent être boursouflés ; cette apparence est due à un fort développement d’endothèque qui forme des lames interseptales convexes et, souvent même, remplit les cavités calicinales. Dans cette région de la colonie, la hauteur maximale des monticules est de 2mm et la distance qui sépare les sommets de deux monticules voisins ne dépasse pas 3mm.
Le nombre de septes correspondant à un monticule, est naturellement proportionnel à sa longueur.
Sur les branches, les monticules sont beaucoup plus allongés (fig. 125). Ils s’étendent même quelquefois d’une extrémité à l’autre de la branche et peuvent ainsi atteindre une longueur de
] y mm
M. BEDOT
L’allongement des branches et des monticules (ou collines) entraîne une modification dans la disposition des septes. Ceux-ci ne sont plus perpendiculaires à la crête du monticule, mais forment avec elle un angle plus ou moins aigu ; ils sont même souvent un peu arqués (fig. 125). Les monticules eux-mêmes, considérés indépendamment des septes, sont formés d’une lamelle verticale assez mince, représentant les murailles soudées des deux vallées contiguës.
Tandis que la lamelle basale de cette colonie montre seulementde courtes vallées longitudinales coupées par des vallées transversales, les branches, au contraire, présentent généralement de longues vallées ininterrompues, dont la longueur peut atteindre 4mm, et la profondeur lmm,5.
Les centres calicinaux sont difficiles à observer dans la région basale de la colonie, à cause du dépôt endothécal dont nous avons parlé ; sur les branches dont les monticules sont très allongés, on ne peut pas les distinguer. Ce n’est guère qu’à la naissance, ou aux points de bifurcation des branches, que les centres calicinaux sont bien apparents (fig. 126). Les septes y sont disposés en 2 cycles et quelquefois même il semble qu’un troisième cycle commence à apparaître ; mais l’arrangement des septes est très irrégulier.
En général, les septes ne s’élèvent pas au-dessus de la crête des monticules. Leur bord libre, qui est garni de denticules très fins et irrégulièrement disposés, forme, lorsqu’on le regarde de profil, une ligne qui peut être droite ou courbe. Les faces latérales portent de nombreuses et très fines granulations.
Au milieu des vallées et des centres calicinaux, les septes opposés s’unissent par leur bord interne, et il se forme souvent, à l’endroit où la fusion a lieu, de petites expansions irrégulières que l’on peut considérer comme un rudiment de pseudo-columelle.
L’endothèque qui, ainsi que nous l’avons vu, est bien déve-
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loppée à la base de la colonie, semble faire défaut sur les branches, surtout dans leur région distale.
Le second spécimen que nous croyons pouvoir rapporter à cette espèce est un fragment du bord de la région basale d’une colonie (fig. 127). C'est une lame mince, mesurant 33 X 43mm de largeur et llmm de hauteur maximale. Le bord intact est libre et relevé; il montre, à la face inférieure (fig. 128) de très fines côtes nettement visibles, mais faisant à peine saillie. On en compte de 16 à 20 sur lcm de longueur.
A la face supérieure, dans la partie la plus éloignée du bord libre, on voit quelques monticules un peu plus élevés que les autres (7mm au maximum) et qui, sans doute, se seraient développés plus tard pour former des branches. Quant aux autres monticules (fig. 129), ils sont généralement allongés et peuvent atteindre S1™1 de long.
La seule différence importante que l’on observe entre ce fragment de colonie et la région basale du spécimen que nous avons décrit plus haut, c’est qu’ici il n’y a pas eu de formation importante d’endothèque et que les septes montrent, dans leur région profonde, un développement beaucoup plus considérable d’expansions de leur bord libre (fig. 129). Mais cet aspect se serait probablement modifié plus tard par l’apparition de dépôts d’endothèque. Nous ne croyons donc pas que cette différence ait une grande importance.
(jardiner (1899, p. 746) a réuni, sous le nom de Hydnophora exesa Pallas, les IL exesa, demidoffi et polygonata. Nous admettons d’autant plus volontiers cette opinion, que nous avons longtemps hésité avant de savoir à laquelle de ces trois espèces nous devions rapporter nos spécimens.
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Gen. Favia.
Favia okeni M. Edwards.
(PI. 22, fig. 130 à 133).
Nous avons récolté une seule colonie de cette espèce (fig. 130). Elle forme une masse convexe, mesurant 43 X 64mm de largeur et 45mm de hauteur. Une partie de sa région basale était libre et montrait une face inférieure recouverte de lambeaux d’épitlièque (fig. 131). Les côtes, que l’on peut voir en certains endroits, surtout près du bord de la colonie, sont disposées assez régulièment. On en compte 12 à 14 dans lcm de longueur et elles s’élèvent d’environ 1 à 3 dixièmes de millimètre au-dessus du niveau de la muraille. Vu au microscope, leur bord libre paraît garni de très petites dents coniques.
Les ouvertures des calices (fig. 132) ont une forme circulaire ou elliptique plus ou moins irrégulière, et leur diamètre maximal atteint 14mm. Elles ne se trouvent pas toutes à la même hauteur, et l’on voit souvent des calices qui s’élèvent un peu plus haut que leurs voisins. La différence de hauteur peut atteindre, au maximum, lmm,5.
Le mode d’union des calices contigus est assez variable. Leurs murailles sont quelquefois complètement soudées jusqu’au bord supérieur, de sorte que l’on ne voit aucune séparation entre les calices. Mais, le plus souvent les calices voisins sont séparés les uns des autres, dans leur région supérieure, par un espace plus ou moins grand occupé par l’exothèque disposée en lames intercostales. Le niveau supérieur de cette exothèque est inférieur à celui du bord des calices, qui présentent ainsi une petite margelle atteignant au maximum 2mm de hauteur. La face externe de cette margelle n’est pas perpendiculaire à la surface de T exothèque, car cette dernière s’élève en pente douce jusqu’à son bord supérieur.
Les plus grands espaces intercalicinaux mesurent 6mm. Ils
madbkporaik.es
sont parcourus par des prolongements des côtes des calices voisins qui s’unissent entre eux, en formant des lignes plus ou moins sinueuses (fig. 132).
Les côtes, ainsi que leurs prolongements, sont garnies d’une multitude de petites dents pointues et plus ou moins coniques, qui se trouvent non seulement sur leur bord libre et sur leurs faces, mais aussi à la surface de l’exothèque. L’élévation des côtes au-dessus delà surface de la muraille ou de l’exothèque ne dépasse guère Omm,S ou 0mm,4; on en compte 6 à 8 sur une longueur d’un demi centimètre.
La profondeur de la cavité calicinale (mesurée du bord supérieur de la muraille à la pseudo-columelle) varie beaucoup, mais elle est toujours assez grande et peut atteindre 6mm.
Les calices ont en général 4 cycles de septes et un 5e cycle incomplet. Les septes s’élèvent au-dessus du bord du calice et peuvent le dépasser de Omm,9 au maximum. Leur bord libre est quelquefois presque vertical jusqu’à une petite distance du fond de la cavité calicinale (fig. 133). A partir de là, il se relève plus ou moins brusquement pour former un lobe paliforme. La courbe est parfois très peu accentuée, tandis que dans d’antres cas, surtout lorsqu’il s’agit des septes des premiers cycles, elle fait un coude brusque et le lobe paliforme est alors très bien marqué.
Le bord libre des septes et des lobes paliformes est garni de petites dents disposées plus ou moins irrégulièrement, et leurs faces latérales portent de nombreuses granulations coniques, disposées sans ordre apparent, mais s’étendant même jusque sur les dents du bord.
Dans la région profonde des calices, les lobes paliformes donnent naissance à de petits prolongements, contournés de diverses façons, et qui s’unissent entre eux pour former une pseudo-columelle (fig. 133). Celle-ci, vue de dessus, a un aspect spongieux et paraît souvent garnie de petites granulations semblables à celles des septes.
M. BEDOT
L’endothèque est représentée par des lames interseptales plus ou moins recourbées sur lesquelles on voit parfois quelques granulations.
Favia pandanus (Dana)
(PI. 23, fl g. 134 à 137).
Une colonie, que nous rapportons à cette espèce, mesure 14 X 16cra de largeur sur 13cm de hauteur. Elle est subsphérique (fig. 134), et sa face inférieure ne mesure que 8,5 X 14cm. Il y a donc sur cette colonie des calices dont l’ouverture est tournée vers le sol. Le bord de la face inférieure est en partie recouvert d’épithèque. On voit, cependant, en certains endroits, des côtes semblables à celles de F. okeni.
Les calices (fig. 135) ont une ouverture circulaire, ou elliptique, quelquefois même un peu déformée. Leur plus grand diamètre mesure au maximum llmm.
Les ouvertures calicinales se trouvent toutes à la même hauteur. Elles sont en général bien rapprochées les unes des autres, surtout dans la région supérieure de la colonie. Mais, dans la région inférieure, soit près du bord où les calices sont tournés vers le sol, on voit des espaces intercalicinaux un peu plus grands et pouvant atteindre au maximum 6mni. L’exothèque remplissant les espaces intercalicinaux ne présente jamais de granulations à sa surface et n’arrive pas tout à fait au niveau du bord des calices, qui ont ainsi une petite margelle haute de 3 à 4 dixièmes de millimètre. Malgré ses faibles dimensions, cette margelle est toujours bien visible, car sa face externe est généralement perpendiculaire à la surface de l’exothèque.
Les côtes des calices ont leur bord libre garni de très petites dents, et s’étendent à travers les espaces intercalicinaux pour venir s’unir aux côtes des calices voisins. Pendant ce trajet, leur cours n’est pas sinueux, comme chez F. okeni , mais plutôt en
MADREPOR AIRES
ligne droite ou brisée. Leur élévation est d’environ 3 à 4 dixièmes de millimètre; on en compte 5 à 7 sur une longueur d’un demi centimètre.
La profondeur de la cavité calicinale dépasse rarement 3mm, du bord supérieur de la muraille à la pseudo-columelle.
Les septes sont disposés en 4 ou 5 cycles, le dernier étant le plus souvent incomplet. Ils s’élèvent au-dessus du bord du calice qu’ils peuvent arriver à dépasser de lmm,5 au maximum.
Leur bord libre, qui a de petites dents disposées très irrégulièrement, commence par descendre presque verticalement, puis se relève plus ou moins brusquement pour former un lobe paliforme, quelquefois assez bien développé, sur les septes des premiers cycles.
Les faces des septes portent de petites granulations souvent plus nombreuses et un peu plus grandes près du bord libre des lobes paliformes. La pseudo-columelle spongieuse, toujours bien développée, est formée de la même façon que chez F. okeni , par de petits prolongements diversement contournés des bords lûmes des septes.
Les lames interseptales que forme l’endothèque ont des inclinaisons très variables (fig, 137). Lorsqu’on examine une coupe verticale passant par les axes de deux calices contigus, on voit que l’espace qui sépare leurs murailles est en général occupé, ainsi que Dana l’a reconnu, par une double rangée verticale de cellules exothécales (fig. 137). Mais cette disposition n’est pas absolument constante et le nombre des cellules placées au même niveau peut être plus grand.
En revanche, lorsqu’on pratique une coupe verticale passant entre deux calices contigus, soit dans le sens de la plus grande dimension de l’espace intercalicinal, on voit (fig. 136) de nombreuses cloisons verticales qui sont les cotes des calices contigus. Les espaces intercostaux sont divisés en chambres superposées par des planchers plus ou moins horizontaux formés par l’exothèque.