N* 7. — FLEUVE AÉRIEN DE L'OCÉANIE OCCIDENTALE
Ce fleuve aérien du N.-W. naît sous l'équateur à Sumatra et dans les environs de Sumatra et se dirige vers le sud-est jusqu'aux côtes de l'Australie près le tropique du Cancer.
Ce fleuve aérien présente une particularité exceptionnelle, il possède une branche latérale, véritable fleuve aérien elle-même qui ne dure nettement caractérisée que pendant les deux premiers mois du semestre oclobre-avril ; ce prolongement, issu du fleuve principal au nord de l'Australie, se dirige vers l'ouest, nettement caractérisé durant les mois de novembre et décembre jusqu'à la hauteur des Nouvelles-Hébrides et se fait même sentir durant ces deux mois et une partie de janvier jusqu'au 160*» W.
On constate, en efl'et, la prédominance de venls du N,-W. avec légère tendance à TW. durant tout le semestre oclobre-avril : à Sumatra*; dans la portion de l'océan Indien voisine des côtes occi-
* Moyennes d'observations (Annaleg du Bureau central météorologique de France).
* Van Eysinga; de Pina.
dentales de Sumatra où ils alternent avec les vents de S.-E. *; sur les côtes sud de Sumatra; à Batavia'; h Java*; dans la mer de Java* où l'orientation des couloirs maritimes les oriente davantage de rW. ; dans les mers de Banda et d'Arafoura*; dans la partie de l'océan comprise entre les côtes d'Australie, Java, le lOS^' E. et le 30* parallèle sud ** (il est à noter qu'à certaines époques des vents d'W.-S.-W* se font sentir dans ces régions, vents se dirigeant vers le point origine du prolongement bimestriel du fleuve aérien dont il est parlé plus haut); sur les côtes N.-W. de l'Australie '.
En novembre, décembre et partie de janvier, on ressent des vents prédominants de directions voisines de l'W. : dans la portion de l'océan Pacifique comprise entre les parallèles 10*^ N. et 15<> S., de la Nouvelle-Guinée au 160® W. (Ces vents d'W. semblent avoir été la cause prédominante du peuplement des lies équatoriales situées aux antipodes de l'Europe, par des peuples venus de Toccident, état de choses dûment constaté * et en contradiction avec la règle générale des migrations qui veut que les peuples se déplacent de Torient vers l'occident; ces migrations paraissent d'ailleurs très anciennes * peutêtre se sont-elles faites à des époques où ces vents d'W. avaient un caractère de fréquence plus grand encore qu'aujourd'hui; il est à noter cependant que l'on constate aussi que de nombreuses migrations se sont faites vers ces îles ou entre ces îles dans le sens général de la marche des alizés % ce qui tend à prouver' que de tout temps aussi les vents d'E. et voisins d'E. ont disputé victorieusement la prédominance aux vents d'W. en ces régions, au moins à certains mois); dans la Mélanésie septentrionale (vents d'W. et de N.-W.);
* Cartes du Dépôt de la marine française, Brault. ' Voyeïkov et divers.
* Fr. Janghuha et divers.
* Labrosse; a Pilots' Charta », Maury, etc.
** Cartes du Dépôt de la marine française, Brault ; « Pilot's Cbarts », Maury Labrosse, etc.
* Brault.
* Alex. Rattray.
. ' De Quatrefages (Les Polynétiens et leurt migration$)y Bouquet de la Grye.
* Dumont d'Urville (Voyage au pôle Sud ei dans l*Oeéanie}, Kern, Hamy, Pcschel (Yôlker Kundê).
' Halo (U. S. exploring Expédition), Turner (Samoa), Pritcbard (MewMir of êhe anthropohgieal London Society),
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dans les Nouvelles-Hébrides k la limite môme du fleuve aérien où ils alternent avec les vents d'E. * et de S.-Ë.
Ce fleuve aérien de TOcéanie occidentale est, d'après ce qui précède, nettement caractérisé, au moins dans sa portion principale, jusqu'à r Australie; les régions qu'il parcourt ont, en efiet, toutes des vents deN.-W. ou d'W. prédominants en hiver, formant un courant régulier, Tun des plus étroits parmi les grands fleuves aériens réguliers du globe.
N« 8. — FLUX AÉRIEN DE l'OCÊAN INDIEN MÉRIDIONAL.
Ce flux aérien du S.-E., qui n'est autre que Talîzé méridional, commence la série des flux et fleuves aériens qui, au sud de l'équateur, constituent par leur ensemble le régime aérien des alizés de rhémisphère austral tropical en hiver. Il naît vers le 25« parallèle sud et finit k iO^ environ au-dessous de Téquateur, couvrant d'une bande de vents de S.-E. l'océan Indien méridional.
On constate, en effet, l'existence de vents de S.-E. généialement dominants et toujours les plus fréquents entre les parallèles 30" et 10» sud et les 108« et 80° W. *; dans toute cette région, les vents S.- E. ne laissent place parfois à des vents d'Ë. que dans deux zones seulement : entre les méridiens 80» et 90<» ', et les parallèles ÎO^ et 30® d'une part, et entre les méridiens 80» et 60® et les mêmes parallèles d'autre part '. Ces dernières déviations peu notables de l'alizé peuvent être attribuées au voisinage de Tîle de Madagascar et peutêtre des Mascareignes; dans le voisinage de l'une des extrémités de ce flux aérien^ sur les côtes ouest de TAustralie on ressent des vents du sud qui paraissent être Talizé de S.-E. dévié par l'appel d'air dû aux déserts de l'intérieur du continent australien; à Saint-Denis de la Réunion, au sein du flux aérien, les vents les plus fréquents viennent de TE. et du S.-E. '; dans Tensemble des Mascareignes, les vents du S.-E. sont régnants * ; enfin, à l'extrémité occidentale du flux, k Tamatave, on rencontre des vents du S. fréquents, déviation
' Moyennes d'observations (Government astronomer of New South Walos). ' Cartes da Dépdt de la marine française, Braalt; « Pilol's Cbarts », Maary; Lavr9S86 1 aie .
* Brault.
* Moy^Biiefl d'obserralioBs (Anaa^ea du Bureau caiitral nétéeralegiqae ëo Frasée). ' Moyennes d'observations, Elisée Reclus (ouvrage cité).
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des venu du S.-E. produite par les plateaux intérieurs de Madagascar; à Tananarive les vents d'£. sont dominants et ceux du S.-E. fréquents durant le semestre octobre-avril '.
D*après ce qui précède, ce flux aérien est nettement caractérisé puisque, dans les limites plus haut définies comme celles de sa zone d'action proprement dite, toutes les régions qu'il parcourt ont pour vents prédominants exclusivement d octobre à avril des vents du S.- E. mêlés de vents d'est seulement en deux points.