N« JO. — FLEUYS AÉRIEN DBS MERS SITUÉES AU SUD DE L'AUSTRALIE
Ce fleuve aérien de TW. naît vers le US» E. et finit vers le ISO® E. ; il longe les côtes méridionales de l'Australie au nord de son cours.
Dans toute cette partie de l'océan Austral et jusqu'au delà du 50« parallèle sud, en effet, dominent les vents d'W.*% et à Adélaïde lié sont, avec les vents de N.-E., les plus fréquents durant le semestre avril-octobre".
Ce fleuve aérien qui, par la faible étendue de son parcoure, mérite à peine d'être rangé parmi les grands fleuves aériens du Globe, est nettement caractérisé, il paraît être une sorte d'annexé plutôt qu'une dérivation latérale du grand fleuve aérien polaire austral décrit plus loin (n<> 13) et qui est loin d'être aussi nettement caractérisé que lui.
N^ M. — FLUX AÉRIEN DE l'OCÉAN INDIEN SUD-OCGIDENTAL ET DE L'AFRIQUE MÉRIDIONALE.
Cet important flux aérien du S.-E., qui n'est autre que l'alizé méridional, naît dans les environs du 30^ parallèle sud et se prolonge entre les 105* et 10<^ E., partout jusqu'à l'équateur, suivant les uns, et seulement jusqu'à une certaine distance au sud de Téquateur, dans la partie océanique de son parcours, suivant les autres.
On constate, en eflet, l'existence de vents généralement prédominants du S.-E. ou seulement de directions très voisines du S.-E. durant le semestre avril-octobre : dans la portion méridionale de l'océan Indien, entre le 105<> E. et la côte d'Afrique et les parallèles 10^ et 30» S.*; dans cette vaste étendue océanique les vents du S.-E. sont généralement dominants, on ne peut signaler de déviations, toutes assez faibles, à leur marche normale que : aux confins de ce flux aérien dans la région océanique située autour du point de croi-
" CartesduDépôldelamarincfrançaise, BrauIt;«PiIol'flCharto»,M«ury; Labroase, etc. " Moyennes d'observations (Adélaïde Observatory ).
* Cartes du Dépôt de la marine française, Braalt; « PUot*s Gharts», Maury ; Labrosse^ Lartigues, etc.
96 FLEUVB8 AÉRIENS.
sèment du 20« parallèle S. et 100» E. où ils s'orientent parfois à l'est ' ; dans la région océanique située au sud de Madagascar où ils s'orientent généralement à l'est pour tourner l'obstacle formé par la grande île montagneuse'; dans le canal de Mozambique où leur caractère de prédominance perd de son importance sous Tinfluence perturbatrice due à ce couloir maritime et où ils tendent parfois au sud, peut-être même au sud-sud-ouest, au milieu du couloir* (ces vents du S.-E. d'après certains navigateurs * se prolongeraient même dans tout l'océan Indien méridional proprement dit jusqu'à l'équateur durant le semestre avril-octobre, avec leur caractère de vents dominants; les avis à ce sujet sont partagés); dans Tarchipel des Mascareignes où ils sont régnants du S.-E. ; à Saint-Denis de la Réunion où ils se font sentir du S.E. et de l'E.^; sur les côtes méridionales de Madagascar (vents de S.-E. dominants et vents d'E.*); dans la partie orientale de Madagascar (vents dominants et vents de S.-E.) ; à Tananarive (vents d'E. et de S.-E.^); sur les côtes de Madagascar, sur le canal de Mozambique (vents de S. et de S.-E.); ù Tamatave où dominent les vents du S. voisins du S.-E.^; dans l'archipel des Comores où les vents de S.-E. dominent, mais où on ressent aussi fréquemment des vents du S. et du S.-W., premières manifestations du fleuve aérien de S.-W. décrit plus haut (n^3); dans l'Ile d'Inhan goma sur le moyen Zambèze (vents dominants de S.-E."); dans le royaume de Matebellé (vents dominants du S.-E.*); dans le Barotsé** (vents dominants de S.-E.); sur le lac Ngami (vents de S.-E. dominants et d'E. fréquents"); dans le Damara-Land (vents de S.-E., de S. et de S.-W., ces derniers, sans doute, dus à une dérivation de la mousson de l'Atlantique, les uns et les autres nettement indiqués par la direction générale des dunes de sables *' ; dans le bassin du Rou-
' « Pilot's Charls », Maury, elc.
' Brault.
* Observations collationnécs par Brault.
* MoyenDes d*obserTations (Annales du Bureau centra! météorologique de France).
* Intlruetiomt nauH^um,
^ Grandidier et Moyennes d'observations (Annales du Bureau central météorologique de France).
* Thomas (Eleten Yeart in central Souih Afriea). " Serpa-Pinto, Capello et Ivens, etc.
*" Capello et Ivens.
" Chapman {Travelt in to tKe inieriar of Afriea), LÎTingstone.
" AnderssoDn(iNgami-river).
Fidji (vents régnants de S.-E."); sur le plateau des Grands-Lacs (vents de S.-E. dominants et d'E.**); dans le Congo méridional (vents de S.-E. dominants**); sur les côtes de l'Angola où alternent les vents de S.-E., de S. et de S.-W.*% ces derniers, déviations locales de l'alizé produites par les montagnes ou prolongement de la mousson de TAtlantique; et enfin, dans la partie septentrionale du bassin du Congo •'^ où les vents de S.-E. sont dominants.
Ce flux aérien du S.-E., le plus vaste du globe (il couvre environ 28,000,000 de kilomètres carrés) est nettement caractérisé, puisqu'en tous les points de son domaine prédominent des vents de S.-E. généralement dominants durant le semestre avril-octobre. Au sud de Madagascar le voisinage de la grande île montagneuse, et dans le canal de Mozambique le couloir maritime formé par ce canal, apportent certains troubles dans sa marche régulière, mais ce sont là les seules régions où des troubles soient constatés dans la régularité de son souffle partout ailleurs absolue.
N<» 12. — FLUX AÉRIEN DE L' ATLANTIQUE MÉRIDIONAL ET DE L'AMÉRIQUE DU SUD.
Ce flux aérien du S.-E., qui n*est autre que l'alizé méridional, doit être considéré comme le prolongement du précédent (n® H), dont il n*est séparé que par Tétroite bande des moussons qui longent les côtes occidentales de l'Afrique du Sud et avec lequel, sans Texistence de ces moussons dues à la barrière élevée des hautes terres de cette partie du continent africain, il formerait un tout unique. Il naît un peu au nord du tropique du Cancer et va jusqu'à Téquateur entre les deux moussons des côtes occidentales d'Afrique et d'Amérique de l'hémisphère austral.
On constate, en effet, la prédominance des vents du S.-E. durant le semestre avril-octobre : dans la portion de l'océan Atlantique située entre le 5» W., les côtes d'Amérique, le 20« parallèle sud et l'équateur où les vents de S.-E. sont presque partout dominants* et
" Handbuch der Klimatologie.
*^ fiurton (Voyage aux grand» Laet, 1802), Wilson and Fcnklim {Uganda and Ihe Egyptian Sudan), Stanley (Dant les ténèbres de C Afrique).
'^ Coquilhat (Notes manuscrites). Reclus.
«• Ribeiro.
• Cartes du Dépôt de la marine française, Brault ; « Pilol's Charls », Maury ; Labrosse, Lartigues, etc.
1)8 FL.EUVBS AÊRIKN8.
subissenl seulement une légère déviation parallèlement à la Ligne dans le voisinage des côtes du Pernambuco'; sur les côtes voisines de Saô-Paulo où les vents de S.-E. alternent avec les vents de S.-W., ces derniers provenant sans doute d'une déviation de Talizé de S.-E. produite par l'entraînement des air«dû aux courants marins voisins; dans le bassin du Saô*Franclsco (vents dominants de S.-E.); dans le bassin du Tocantins où prédominent les vents de S.-E., de S. et de S.»W., ces derniers dus à des déviations de l'alizé du S.-E. produites par l'orientation de la vallée fluviale, dans le Matto-Grosso^ (vents dominants du S.-E.); dans la Bolivie intérieure (vents domi* nants du S.-E.); dans le Pérou oriental où le voisinage de Téquateur en fait des vents d'E. dominants, combinaison des deux alizés; dans le Pérou occidental; sur les côtes nord-est du Brésil (vents de S.-E. dominants); dans le bassin inférieur de l'Amazone (vents du S.-E. régnants); dans le bassin supérieur du môme fleuve (vents de S.-E: dominants) ; et enfln, à la limite extrême du domaine de ce flux aérien, à Cayenne» où les vents d'E., combinaison des deux alizés, et de S.-E., alizé méridional, sont les plus fréquents.
Ce flux aérien est nettement caractérisé puisque, durant le semestre avril-octobre, dans les régions qu'il parcourt prédominent presque partout à Tétat de vents dominants les alizés du S.-E., localement déviés seulement en certains points de son parcours continental.
No 13. — FLEUVE AÉRIEN POLAIRE AUSTRAL.
Comme le fleuve aérien de même parcours du semestre octobreavril, n» 12, dont il est l'extension du règne h toute Tannée, ce fleuve aérien de TW. fait totalement le tour du globe dans le voisinage des 50« et 55*^ parallèles S. Plus encore que pour ce fleuve aérien n» 12, sa régularité est en de nombreux points rompue, souvent sur de larges espaces, par la pénétration dans ses ondes de courants venant de directions difl'érentes néanmoins généralement voisines de l'ouest.
On constate la prédominance des vents d'W. ou d'orientations peu différentes de l'W. en hiver sous ces latitudes entre les méridiens sui-
' Maury,
* Luit d'Alincouri et divers (Reclus).
' Moyennes d'obserTations (Annales du Bureau central météorologique de France).
CD
vanls : du 180<> au 90° W* (90<>) région darts laquelle les vents du nord semblent disputer la suprématie h ceux de directions voisines deTW. seulement entre les 130« et 120« méridiens à l'ouest de Paris*.
Du 90» au 30oW.* (60o) région dans laquelle les vents viennent bien toujours de directions tendant à T W. , mais souvent plus voisines du N. ou du S. par suite des perturbations apportées parla présence dans le lit du fleuve aérien de la pointe méridionale de l'Amérique du Sud et de la Terre de Feu.
Du 30o W. au HO® E (140°) où, il est vrai, les observations sont rares, ces parages étant peu fréquentés, mais où elles indiquent les vents d'W. et de tendance à TW. comme les plus fréquents.
Du 120o au 150<> E* (SO®) portion la plus invariablement douée des vents d'W. réguliers.
Du ISO» E. au 180« ' (30°) où les vents du N. et du S., ou voisins du N. et du S., semblent disputer en maints endroits la suprématie aux vents d'W. par suite peut-être du voisinage des terres de la Nouvelle-Zélande.
Ce fleuve aérien auquel s'appliquent les mêmes remarques qu'au fleuve aérien identique de l'autre semestre (n® 12) est pour les mêmes raisons caractérisé d'une façon peu satisfaisante, néanmoins les observations qui ont servi à déterminer le régime aérien de ces régions indiquent, dans leur ensemble général, l'existence d'un courant aérien de l'W. continuant durant le semestre avril-octobre le courant aérien de même orientation de l'autre semestre et constituant avec celui-ci et durant toule Tannée un fleuve aérien d'existence sinon certaine du moins fort probable, ceinturant le globe en permanence à une distance de 35<> à iO^ du pôle sud.