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REMARQUES

Les trois principales remarques qu'à notre avis doit inspirer l'étude des grands fleuves et flux aériens qui vient d'être faite sont les suivantes :

En premier lieu : durant le semestre octobre-avril, semestre d'été de l'hémisphcrc austral et d'hiver de l'hémisphère boréal, la conver-

< Braolt.

" Cartes du Dépôt de la marine française, Brault ;«PiIot'8Cliarts», Maury ;lÂibrossc,elc.

^ence des courants aériens vers Téquateur est bien plus marquée que durant l'autre semestre. (Voir les cartes des grands fleuves et flux aériens jointes à cette étude.)

En second lieu : les grands courants aériens du globe ont une tendance manifeste à converger vers les terres échauftées par le soleil d'été dans les régions tempérées et surtout tropicales, ils ont aussi une certaine tendance à se diriger vers les parties maritimes échauffées par le soleil d'été dans les régions polaires ou voisines de ces régions polaires.

Cette dernière remarque est inspirée par l'observation de la marche des grands fleuves et flux aériens au sujet desquels peut être étudiée avec fruit par suite de leur situation géographique l'action des terres et des mers sur Torientalion de déplacement des masses atmosphériques; savoir : durant le semestre octobre-avril, le grand fleuve aérien du N.-E. de TAsie centrale (n® 3) attiré par les terres de l'Afrique équatoriale fortement échauffées par le soleil en toute saison; le fleuve aérien du N.-Ë. de TÂtlantique septentrional et de l'Amérique du Sud équatoriale (n® 5) descendant au-dessus de l'équateur plus bas que les autres autres fleuves et flux aériens du N.-E., par suite de l'appel d'air formé par l'Amérique du Sud, à cette époque dans sa saison d'été; le fleuve aérien du N.-W. des contrées situées au nord-ouest de l'Australie (n« 7) appelé vers ce continent insulaire, à cette époque dans sa saison d'été. Durant le semestre avril-octobre : les fleuves et flux aériens du S.-W. qui convergent vers le centre de l'Asie (n®* 2, 3, 4 et 5) appelés vers l'intérieur de ce grand continent à cette époque dans sa saison d'été; le fleuve aérien de l'Atlantique sous le tropique du Capricorne (n^ 6) appelé par le haut Mexique et le golfe du Mexique, mer entourée de terres, régions à cette époque dans leur saison d'été; le flux aérien du S.-W. de l'Amérique septentrionale (n® 7) appelé vers l'océan Polaire à cette époque dans sa saison d'été; le fleuve aérien de S.-E. des mers situées au nord de l'Australie (n» 9) appelé par la masse plus grande des îles de la Sonde et voisines de la Sonde et peut-être aussi par TAsie, régions à cette époque fortement échauffées par le soleil. Dans le même ordre d'idées il est aussi h remarquer que le fleuve aérien austral (n»» 12 et 13) est plus régulier durant l'été des régions qu'il parcourt.

En troisième lieu : sauf les exceptions motivées dues aux appels

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d'airs causés par les continents en été, le régime des alizés tropicaux du N.-E. dans l'hémisphère boréal et du S.-E. dans Thémisphëre austral est le régime normal des courants aériens de près d'une moitié du globe et se manifeste aussi bien h la surface des continents qu'à la surface des océans.

Les explications les plus plausibles de l'état de choses signalé dans ces trois remarques nous paraissent être les suivantes :

En premier lieu : si la régularité de convergence des courants aériens vers Téquateur est plus marquée durant l'hiver de Thémisphère boréal que durant son été, cela tient à ce que cet hémisphère est composé en grande partie de continents, tandis que dans l'hémisphère austral les océans dominent; les terres échauffées en été par le soleil venu h leur aplomb ou plus voisin de leur aplomb constituent de puissants foyers secondaires d'appel d'air qui entrent en lutte avec le foyer principal d'appel des airs de l'anneau d'aspiration voisin de Téquateur et apportent des troubles dans la marche convergente des courants aériens voisins de la surface du globe vers ce x^entre d'aspiration. Dans toute une région même ces vents se trouvent appelés de Téquateur vers les contrées plus tempérées, et ainsi se trouvent créés en particulier les vents de S.-W. qui soufflent en été en Asie. Durant les mois compris entre octobre et avril, au contraire, ces foyers d'appel d'air sont presque annihilés, puisque l'hémisphère austral est dans sa saison d'hiver, et l'hémisphère boréal bien moins riche en grands continents n'en présente pas d'aussi importants; aussi la marche des masses atmosphériques voisines de la surface du globe s'efïectue-t-elle avec une bien plus grande régularité vers l'anneau d'aspiration équatorial.

En second lieu : la même explication, puissante action des terres, échauffées par le soleil d'été, comme foyers d'appel des airs, permet de comprendre pourquoi les vents convergent vers les masses continentales lors de leur saison d'été. Si les courants aériens se dirigent, par contre, bien qu'avec une moins grande intensité, vers les portions océaniques du globe situées dans ces régions froides, quand ces régions froides sont dans leur saison d'été, cela paraît tenir à ce que vers les pôles les rôles sont renversés : les airs deviennent là plus légers au contact des mers quand le soleil frappe ces mers avec plus de force, ils montent, et ainsi se trouvent créés au-dessus des

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océans polaires des foyers d'appel des airs, assez faibles, il est vrai, mais suffisants pour faire converger vers eux les masses atmosphériques moins échauffées au-dessus des terres.

En troisième lieu : l'existence des vents alizés constatée par les navigateurs au-dessus des océans tropicaux ne tient pas à une propriété particulière des eaux échauffées dans le voisinage de Téquateur par les rayons verticaux du soleil, mais tient à une propriété générale commune h toute la surface du globe, qu'elle soit maritime ou terrestre, puisque ces alizés existent aussi bien et dans les mêmes conditions à la surface des continents qu'à la surface des océans. Cette propriété est celle que nous avons décrite en détail dans notre précédent ouvrage', el que nous avons rappelée au commencement de la présente étude : les masses atmosphériques voisines du sol s'échauffent, dans le voisinage de Téquateur, là où le soleil est au zénith, plus que partout ailleurs; elles montent, créent au-dessous d'elles un vide vers lequel se précipite l'atmosphère des régions tempérées, et les vents ainsi créés, déviés de leur route primitive par l'influence de la rotation de la Terre, plus rapide à l'équateur que dans los contrées d*où ils viennent, obliquent régulièrement tous dans le même sens leur route primitive du N. vers le S. ou du S. vers le N., et, paraissant rétrograder sur le mouvement de la planète autour de son axe, soufflent effectivement du N.-E. ou du S.-E. Les moussons qui régnent sur les côtes tropicales ne sont pas l'indice d'un régime aérien différent pour les terres et pour les mers, pas plus que les brises côtières n'en sont un ; elles sont courants aériens secondaires tenant à des influences locales de nature analogue à celles qui déterminent ces brises ; elles sont une exception à la loi générale du mouvement des airs, loi générale aussi bien à la surface des terres qu'à la surface des océans.

1 Leg néroslatt el VtTploralion du Continent africain.

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