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ITINÉRAIRES DU GROS BALLON

Comme nous l'avons vu au chapitre 3, deux points de départ dit-

■ Voir à ee sujet la discussion faite dans noire |irécédent ouvrage (appendice F) des conditions dans lesqueUes un arrôt de l'aérostat d«» 44 mètres est possible ; on remarquera que l'aérostat, rendu captif ou ralenti dans m marche, se trouvera couché de la même façon pour des vitesses relatives du vent pai rapport à la sienne (nulle ou non) égales; ainsi, si Taéroslat est ralenti de 40 mètres par seconde, il se couchera delà même façon que s'il était rendu captif par un veni de 40 mètres à la seconde, car la vitesse relative du vent par rapport à lui est dans les deux cas la même.

férenis peuvent être proposés pour les ballons. L'un de ces points de départ sera adopté seulement après l'arrivée do l'expédition dans l'Inde. Dans l'ignorance où nous sommes de celui qui devra être préféré, nous allons étudier pour chacun des ballons successivement les deux itinéraires les plus probables qu'ils suivraient en pariant de chacun des deux points de départ par nous préconisés.

Nous appellerons point de départ n9 1 celui qui serait placé dans les environs de Mon-Lichélia, et point de départ n® 2 celui qui serait placé dans la vallée de la Tista, au nord de Tnmiong.

Nous donnerons aux itinéraires les mômes numéros qu'aux poinls de départ.

Itinéraire n® 1. — L'aérostat s'élevant des environs de Mon- Lichélia verra s'ouvrir devant lui la profonde vallée comprise entre les deux contreforts élevés du massif du Kintchindjinga qui descendent au sud, l'un vers le Kanglanama, l'autre vers le Narsing. Dans cette profonde vallée, la mousson du sud-ouest déviée vers le nord, l'entraînera droit sur le massif du Kintchindjinga; si cependant une saute de vent rejetait Taérostat à l'est ou à l'ouest, il gravirait les contreforts susnommés dont les hauteurs atteignent ou dépassent 7,000 mètres, et le but de l'expédition ne serait en aucun cas manqué.

Étant données les conditions atmosphériques stables du jour choisi pour le départ et les indications fournies par les ballonspilotes^ il est à peu près certain que l'aérostat sera rejeté sur le massif du Kintchindjinga. Dans ce cas, la longueur de son parcours Jû^ dépassera pas 20 kilomètres ; s'il était rejeté <i droite ou k gauche, elle serait moindre.

Pendant sa marche, l'aérostat ne rencontrera aucun contrefort secondaire, mais, après avoir parcouru la vallée supérieure du Randit, il s'élèvera directement sur les pentes rapides des monts; il se trouvera donc dans les conditions les meilleures pour faire la dépense de lest minima, aucun des incidents fâcheux dont nous avons parlé au cours des pages précédentes et dûs à la nature des reliefs du sol ne se présentant sur sa roule.

Dès que l'aérostat aura atteint sur les pentes des monts une altitude comprise entre 7,000 mètres et 7,300 mètres, Tallerrissage sera effectué ; il serait eRectué de môme si le versant septentrional

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des monts apparaissait devant les aéronautes avant qu'ils n'eussent rencontré sur leur route des cimes de cette altitude.

Étant donné que les courants aériens ont une tendance à se rejeter vers les cols, il est probable que l'aérostat entraîné par eux franchira les cimes par Tun de ceux-ci; il est donc vraisemblable que Tatterrissage s'effectuera sur la cime même, au fond d'un col, c'està-dire h environ 7,000 mètres de hauteur, puisque telle est l'altitude moyenne des cols des contreforts immédiats du Kintchindjinga qui lui-même les domine de 1592 mètres.

Itinéraire n® 2. — Le point de départ de cet itinéraire sera pris sur la rive gauche de la Tista, dans la partie de la vallée de cette rivière qui est située sous le parallèle du pic de Gnariam. De là, la mousson du sud-ouest n'étant déviée en rien de sa direction normale (voir l'orientation des monts de cette partie du Sikkim sur notre carte de cette province), entraînera l'aérostat directement vers le nord-est, et, après un parcours de 25 kilomètres parallèle à la vallée de la branche orientale de la Tista, le jettera sur le nœud de montagnes formé par la chaîne qui descend du Donkiah vers le sud et les monts qui de ce nœud vont au Tchamalari et au Gnariam. Ce nœud, sorte de plateau de 7,000 à 7,500 mètres de hauteur, offre quelques dépressions, vers l'une desquelles, et pour les raisons exposées plus haut, sera certainement entraîné le ballon. Il atterrira dans une de ces dépressions de la crête vers 7,000 mètres d'altitude.

Il est peu probable que l'aérostat évite ce nœud, car il naviguera dans l'angle formé par deux des hauts contreforts qui y ont leur origine, et les vents resserrés entre ces deux contreforts, qui font chacun un angle faible, l'un au nord, l'autre au sud de la direction sud-ouestnord-est, doivent s'engouffrer dans cet angle et aller jusqu'au fond pour s'échapper ensuite en remontant le long des pentes du nœud lui-même. Si cependant, contre toute prévision, Taérostat s'écartait de ce nœud, il atteindrait encore des crêtes dont les cols ont plus de 6,500 mètres d'altitude.

Dans son parcours du second itinéraire, l'aérostat n*aura à franchir que des crêtes peu élevées; il se trouvera donc aussi dans d'excellentes conditions au point de vue de l'économie du lest.

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En résumé, le premier itinéraire amènerait le gros ballon à atterrir dans"un col ou sur des pentes entre 7,000 et 7,300 mètres d'altitude, le second le conduirait à atterrir dans des cols situés entre 6,500 et 7,000 mètres de hauteur. Il semble donc que le premier itinéraire doive être préféré a priori comme plus fructueux au point de vue des résultats à attendre de la situation plus élevée de l'observatoire et aussi comme d'un parcours plus facile et de moindre longueur (20 kilomètres au lieu de 2S). Mais, ainsi qu'on le verra plus loin, au point de vue des facilités de rapatriement des observateurs par le petit ballon, le second itinéraire a une incontestable supériorité sur l'autre. On peut donc dire que, a priori, le premier itinéraire serait adopté par des audacieux de préférence au second, et le second le serait par des prudents.

INSTALLATION A L'oBSERVATOIRE.

L'atterrissage à 7,000 mètres se fera de. la façon suivante :

L'aérostat sera stoppé sur son câble dès que son ancre aura fait prise, la soupape sera ouverte en grand puis déclenchée à une cinquantaine de mètres de terre; h ce moment le ballonnet sera déchiré au moyen de sa corde de déchirure spéciale, puis, h l'instant où le ballon, perdant son gaz par la soupape déclenchée, sera sur le point de toucher terre, on le déchirera à son tour en agissant sur l'autre corde de déchirure.

Les aéronautes se tiendront, pendant la dernière partie de l'atterrissage, sur le toit-terrasse de la nacelle-observatoire et se suspendront aux agrès pour amortir le choc au moment du contact de la nacelle avec le sol.

La nacelle touchera le sol (glace ou neige) à peu près horizontalement, grâce à son système de suspension à nœud de balancine, et tout traînage sera évité par suite du double amarrage de l'aérostat, ainsi que tout rebondissement du ballon qui, déchiré, se videra en quelques secondes, ainsi que le ballonnet préalablement déchiré.

Poussé par le vent, le ballon tombera totalement ou en presque totalité hors de la nacelle en recouvrant le petit ballon-réservoir dont la force ascensionnelle est à peine le neuvième du poids de l'enveloppe du ballon.

La nacelle sera séparée de Tenveloppe en coupant ou détachant

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ses suspentes, puis, au moyen des agrès, elle sera fortement amarrée dans la glace voisine.

La partie de l'enveloppe du ballon la plus éloignée du ballon-réservoir sera débitée pour construire des tentes destinées à abriter les observateurs aux lieux d'observations les plus propices, dont aucun pourra ne correspondre exactement avec le point d'atterrissage.

Le ballon-réservoir sera amarré et chargé de neige et de glace pour éviter qu'il soit entraîné par une tempête.

Le câble de terre sera relié électriquement avec l'intérieur de la nacelle-observatoire ; il sera amarré solidement à la glace avant son entrée dans celle-ci.

Le paratonnerre de la nacelle-observatoire sera mis en place et la porte de celte nacelle dégagée.

L'atterrissage ayant eu lieu avant trois heures du soir, ces divers travaux seront terminés avant la nuit, et les observations pourront commencer le soir môme.

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