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NAVIGATION DU PETIT BALLON

Dès que les observateurs auront annoncé leur atterrissage par un télégramme envoyé dans le câble de terre, le courant sera lancé dans ce câble de Djarjeeling avec des interruptions régulières pour permettre la correspondance télégraphique ou téléphonique par son intermédiaire, comme il a été expliqué au chapitre IV*

Les préparatifs du gonflement rapide du petit ballon seront faits de façon à lui permettre d'être prêt à partir au premier signal.

Si, pour une cause quelconque, le câble de terre ne pouvait fonctionner comme transmetteur télégraphique, les observateurs et le poste du point de départ communiqueraient entre eux par des signaux convenus faits avec des fusées de différente nature.

Dès que, par un de ces procédés, les observateurs auront signalé leur désir de voir le petit ballon de secours venir les rapatrier, c'està-dire vraisemblablement quatre ou cinq jours après leur départ, des ballons pilotes seront lancés du poste de départ pour observer là direction du vent et, en tenant compte des renseignements fournis par les observateurs et de ceux du baromètre et des petits ballons pilotes, on décidera le départ le premier jour où, le temps étant au

F'LBUVtiS AÉRIENS. 2ii

beau, la direction du vent sera à moins de IS^ près * celle de Tobservatoire. Les vents soufflant dans une direction h peu près invariable dans le Sikkem, ainsi qu'il a été dit au chapitre II, à Tépoque choisie pour Texpédilion, et celle-ci étant entreprise par une période de beau temps, il est à présumer que le départ du petit ballon pourra avoir lieu sans aucun retard.

Le petit ballon sera gonflé comme le gros ballon ; son gonflement, commencé à l'aube, sera très rapide, vu son faible volume, et, avant dix heures du matin, il sera prêt à partir.

Fig. 20.

' Cahie/ d'attaché/

La poulie à violon du guide-rope toueur sera alors calée sur le câble de terre, et le petit ballon, délesté d'un poids de 117 kilogr., s'élèvera soulevant son guide-rope toueur et une partie du câble de terre de 200 mètres de longueur environ.

Pendant sa marche, l'aérostat devra conserver constamment à peu près la même altitude au-dessus du sol ; cependant, s'il y a un inconvénient à ce que cette altitude diminue, il n'y en a aucun à ce qu'elle augmente.

La règle de marche sera donc la suivante :

Observer la longueur du câble de terre soulevée par Taéroslat, et toutes les fois que cette longueur sera inférieure à 200 mètres jeter une faible quantité de lest (10 kilogr.) de façon à relever ce câble. Le câble de terre pesant 70 grammes au mètre courant, 200 mètres de ce câble pèsent 14 kilogr. Ce câble, soulevé, prendra la forme indiquée par la figure 20, et l'altitude du ballon sera sensiblement de 250 mètres ou plus grande.

* Voir le tableau du chapitre IV doDoant les angles de déviation du petit ballon soui l'action de ses hélices.

212 FLEUVES A.ÉRIEN8.

La partie la plus faible du mode d'altache du ballon à ce câble est, comme on Ta vu, la partie amincie de l'extrémité inférieure du guide-rope toueur ; si donc la force du vent devenait telle que ce mode d'attache dût se rompre, ce serait la partie amincie qui céderait.

Cette partie amincie se rompt sous un effort minimum de 1250 kilogr., correspondant à une vitesse du vent entraînant le petit ballon de

1350 == 0,0235 X 0,68 X i8* X v«, d'où:

V z=\6 environ,

soit à une vitesse de vent de 16 mètres à la seconde à 3,000 mètres, et, à 7,300 mètres, à une vitesse de vent donnée par le calcul suivant:

1350 = 0,0255 X 0,40 X 18* X t?«, d'Où :

soit à une vitesse de vent de 18™,5 à la seconde à 7,300 mètres d'altitude.

Tant que rien ne viendra gêner le mouvement de roulement de la poulie sur le câble de terre, le petit ballon marchera par tous les vents en suivant ce câble ; mais si le vent venait à souffler dans une direclion très oblique à celle de ce câble ou si un arrêt se produisait dans le roulement de la poulie, la partie amincie se romprait ia première si la vilesse de ce vent dépassait 16 mètres à 3,000 mètres d'altitude ou 18'",5 à 7,300 mètres.

. Si une rupture de ce genre, pour une cause momentanée, était à prévoir, on pourrait soulager le mode d'attache et diminuer l'action du vent en faisant marcher les hélices, le cap du ballon tourné contrairement h la direction du vent. Mais le câble de terre ayant été posé régulièrement sur le sol, il est peu probable qu'un accident de ce genre se produise et qu'on ait besoin de recourir à cette manœuvre.

Si, cependant, une rupture se produisait, l'aérostat continuerait

sa route en guide-ropant sur son guide-rope loueur dans les mêmes conditions que l'aérostat long-courrier de noire précédent ouvrage dans sa traversée des montagnes, et de plus utiliserait ses hélices comme nous l'avons expliqué pour rectifier cette roule de façon à atteindre l'observatoire.

II est infiniment probable que le roulement de la poulie sur le câble de terre s'effectuera constamment sans accroc, et que, vu Télat du temps au jour choisi pour le voyage du petit ballon, il marchera avec une vitesse modérée sensiblement égale à celle du vent qui l'emportera, soit à une vitesse de S5 à 35 kilomètres à Theure. Dans ces conditions il mettra moins d'une heure h atteindre l'observatoire.

Tant que l'aérostat restera relié au câble de terre, sa manœuvre consistera simplement à le délester suffisamment pour lui permettre de soulever 200 mètres de ce câble. Quand une cause quelconque, augmentation de Tallitude du sol ou autre, viendra diminuer sa force ascensionnelle en faisant sortir une partie de son gaz par la manche d'appendice qui sera toujours ouverte, on jettera du lest pour le relever; mais la quantité de lest jetée à la fin du voyage, c'est-à-dire h l'arrivée à l'observatoire, ne pourra^ dépasser la valeur du délestage nécessilé par les différences d'altitudes des deux points terminus de cette première partie du voyage, car, le temps étant beau au départ, restera beau pendant l'heure que durera, au maximum, l'ascension et, par suite, aucune cause d'alourdissement autre que les différences d'altitudes ne se produira.

Si une cause quelconque vient à augmenter la force ascensionnelle de l'aérostat, il sera inutile de jouer de la soupape, car l'aérostat ne saurait monter très haut, vu que, au fur et à mesure de sa montée, il soulèvera une plus grande longueur du câble de terre, dont le poids aura vite fait de rétablir son équilibre. Il est môme à prévoir que l'influence réchauffante du soleil, plus grande sur le gaz contenu dans la capacité du ballon au fur et â mesure de son ascension, causera une augmentation progressive de sa force ascensionnelle entraînant, pour les raisons susdites, une économie de lest et, par conséquent, augmentant le poids du lest conservé, ce qui sera tout avantage.

On peut donc affirmer que le poids de lest prévu parle petit ballon comme sien â son départ de l'observatoire (392 à 5S9 kilogr.) est un minimum.

su PLEUVBS AÉRIENS.

Si Taérostat était obligé de se séparer au cours de son voyage» soit du câble de terre, soit de son guide-rope, si celui-ci se brisait oq s'accrochait, éventualités fort improbables, il continuerait sa navigation au guide-rope ou en ascension libre; or, en une 1/2 heure un ballon de ce volume dépense en ascension libre 21 kilogr. de lest, et, au guide-rope, un poids moyen de 15 kilogr.* en une heure, pour combattre les causes extérieures de rupture d'équilibre; son lest disponible à Tobservatoire serait donc diminué de ce fait dans une proportion insignifianie, largement équilibrée par le bénéfice résultant de l'action du soleil dont nous venons de parler.

De plus, il est à remarquer que ce lest a été calculé pour une altitude de 7,300 mètres, si donc Tobservatoire est à une moindre altitude, le lest conservé sera plus considérable de 12 kilogr. environ par 100 mètres d'altitude en moins.

Itinéraires du petit ballon. — Les itinéraires suivis par le petit ballon seront exactement ceux suivis par le gros puisqu'il sera guidé par le câble de terre ou que, en cas de séparation d'avec ce câble, il rectifierait sa route au moyen de son moteur, de façon h eSectuer le môme parcours.

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