‹ Voyages au Canada [microforme]Chapitre 13 sur 26 · PES · texte numérisé non relu

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Sherbrooke, le 14 décembre 1882,

Mon cher Directeur,

Je vous ai dit au cours de ma dernière lettre que j'ai fait la connaissance de la neige canadienne. Je m'avançais trop : je ne possédais encore que la théorie. Aujourd'hui je connais la pratique. J'ai vu la neige chez elle, dans son domaine, en pleine campagne, dans les ravins et les chemins creux, au milieu des plaines immenses où le vent la ramasse en tas de cinq à trente pieds de profondeur.

Ne craignez pas que je vous envoie un chapitre des mémoires de M. le baron de Munckhausen, alias de Crac... Je n'ai pas marché sous la neige, mais bien dans la neige. J'ai même failli y laisser mon paletot.…. avec son contenu,

Le 8 décembre dernier, deuxième anniversaire de la première messe célébrée à Channay, sur la frontièredes Etats-Unis, les membres de la Colonie devaient se r'éunir dans la demeure de M. Bécigneul pour assister au service divin célébré par le R. P. Jérôme, trappiste de Bethléem. M. Chicoyne, directeur de la Colonie, et le Rév. abbé Cousineau, curé de la paroisse et missionnaire pour tout le canton, voulurent bien m'envoyer une invitation.

J'ai parlé longuement de Channay dans ma lettre du

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18 octobre dernier. J'avais visité ce village naissant au commencement de septembre, On y voyait abrs quelques rares cabanes. Aujourd'hui il y a bien des changements. De belles habitations, un hôtel et un beau magasin y ont été construits. Une vaste grange, des écuries et des étables superbes prouvent que la laiterie et la fromagerie pourront fonctionner au printemps prochain.

Nous quittûmes Sherbrooke le mercredi 6 décembre. La neige couvrait la terre et à chaque instant sa couche protectrice devenait plus épaisse,

A Scotstown, le R. P. Jérôme vint nous rejoindre, Son couvent est situé à environ huit milles de la gare, Le bon Père avait fait ce trajet en raquettes ou souliers à neige, qui permettent de passer sur le tapis blanc sans s'y enfoncer,

Ceux qui font la chasse au gros giblier sont forcés, pendant lhiver,de se servir de raquettes pour traverser la forêt où la neige s'entasse parfois à des hauteurs prodigieuses. Les sauvages parcourent ainsi de grandes distances et courent sur la neige avec une telle rapidité qu'on ne pourrait s'en faire une idée, C'est ce que nous raconta un chasseur écossais qui avait pris place dans notre compartiment et qui, en co npagnie d'un superbe

+ ‘ ‘ " ‘ Li 11 * 6 chien aux allures belliqueuses, allait chasser l'orignal

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