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ans avec des quakers, propriétaires de deux vaisseaux destinés au commerce du charbon. Presque tout le temps dé son apprentissage fut employé sur l’un de ces vaisseaux, et, après cet apprentissage, il continua à naviguer en qualité de simple matelot, jusqu’au moment où l’un des propriétaires lui donna la place de contre-maître ou patron d'un de ses navires. Les premièresannées de lanavigation de Cook n'offrentaucune particularité remarquable, si ce n’est qu’on distinguait déjà son esprit attentif et sa grande sagacité en tout.
Au printemps de 1755, la guerre étant déclarée entre l'Angleterre et la France, il y eut une presse de matelots. Le navire où était Cook se trouvait par hasard dans la Tamise. Le jeune matelol commença par se cacher ; mais, réfléchissant ensuite qu'il lui serait presqu'impossible d'échapper à la presse, il se détermina tout de suite à entrer volontairement au service de la marine royale. Peut-être eut-il alors quelque pressentiment secret que, par son aclivité et son application, il pourrait s'élever au point où il est parvenu depuis.
En conséquence, il marcha droit à Wapping, quartier de Londres où était un rendez-vous de marins. Il s’adressa à un officier de vaisseau qui l'agréa. Au mois d'octobre 1755, ce vaisseau passa sous le commandement de Palliser, qui ne tarda pas à remarquer en Cook un homme de mer intelligent , actif et brave.
Le 10 mai 1759, Cook fut nommé maitre d'équipage d'une frégaté, et puis d'un vaisseau destiné pour le Canada. Pendant le siége de Québec les Anglais eurent besoin de faire sonder le canal du fleuve Saint- Laurent, entre l'île d'Orléans et la rive septentrionale,
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précisément vis-à-vis du cap de Monimorenci et de Beauport, où l’armée française était fortifiée. L'amiral anglais voulait par ce moyen savoir s’il pourrait placer des vaisseaux pour attaquer les batteries francaises, afin de couvrir l’armée du général Wolf, qui devait surprendre le camp.
Le capitaine Palliser, qui connaissait l'habileté et le courage de Cook, le proposa pour sonder le fleuve, Il ne pouvait exécuter cette entreprise que la nuit: il y travailla donc sept nuits de suite. A la fin il fut découvert par les Français, qui rassemblèrent plusieurs canots avee un grand nombre de sauvages pour l'attaquer et l’arrêler. Il eut beaucoup de peine à leur échapper. Obligé de forcer de rames il alla s’échouer sur le rivage de l'île d'Orléans, près de la garde de l'hôpital des Anglais, Plusieurs sauvages s’élancaient dans sa chaloupe par un bout, tandis qu'il sautait à terre par l'autre, et ils s'emparèrent de la chaloupe qu'ils ramenèrent en triomphe. Cependant Cook porta à l'amiral une carte du canal aussi exacte et aussi complète que s'il l'avait sondé après que les Anglais furent maîtres de Québec. Le capitaine Palliser était bien instruit qu'avant ce temps-là Cook n'avait jamais manié le pinceau, et qu'il ne savait pas même dessiner; mais telle était l'aptitude de notre marin, qu’il réussissait promptement dans tout ce qu'il voulait entreprendre.
Cook rendit encore aux Anglais un autre service important pendant que l’escadre britannique resta dans le fleuve Saint-Laurent. La navigation de ce fleuve est extrêmement difficile et dangereuse : elle l'était encore plus pour les Anglais qui, jusqu'alors, étrangers à cette partie de l'Amérique, n'avaient aucune carte exacte à laquelle ils pussent se fier, L'amiral Saunders ordonna que Cook fût employé àexaminer les passages de la rivière au-dessous de Québec, qui offraient trop d’écueils aux navigateurs, Cook exécuta cette opération avec la même activité et la même intelligence que la première.
Après l'expédition de Québec, Cook fut nommé maître d'équipage à bord d'un vaisseau de guerre faisant partie d'une escadre en station à Hallifax. Pendant celle campagne, sa conduite lui mérita l’estime et l’amitié du chef, et les loisirs qu’il eut lui permirent d'acquérir des connaissances qui lui ont beaucoup servi depuis. C’est à Hallifax qu'il commença à lire Euclide et à s'appliquer de lui-même à l'étude de l'astronomie. Il avait peu de livres, mais son esprit le rendait capable de suppléer à beaucoup de choses, et de faire des progrès bien au-dessus de ceux qu’on pouyait attendre de la pénurie où il se trouvait.
Pendant que Cook était maître d'équipage du Northumberland, sous le commandement de lord Colwill, ce vaisseau se rendit à Terre-Neuve au mois de septembre 1762, pour aider à reprendre cette île dont les Français s'étaient emparés. L'île reprise, la flotte anglaise séjourna quelque temps à Placentia, pour fortifier cet endroit. Cook fut chargé de lever le plan du hâvre et des hauteurs de la place; et la manière dont il s'en acquitta attira sur lui l'attention de l'amiral Graves, gouverneur de Terre-Nevve, qui ecnçut la plus haute idée de son habileté.
Vers la fin de 1762, Cook retourna en Angleterre, et, le 21 décembre, il épousa miss Elisabeth Batts, femme aimable et digne de la tendre affection qu'il eut toujours pour elle : mais son genre de vie et les devoirs auxquels il s'était consacré ne lui permirent pas de goûter les douceurs du mariage sans de longues interruptions,
Au commencement de l’année 1763, Cook fut de nouveau envoyé à Terre-Neuve pour lever le plan de Saint-Pierre et de Miquelon, qui avaient été cédés aux Français par le traité de paix, et dont ils devaient prendre possession à une époque fixe. La mission remplie, Cook revint en Angleterre, et, l'année suivante, il repartit avec son ancien ami et premier protecteur, sir Hugh Palliser, nommé commodore et gouverneur de Terre-Neuve, dont il parcourut l'intérieur. Il fut
constamment employé à titre d'ingénieur de la marine depuis 1764 jusqu'à 1767, excepté la saison de l'hiver qu'il venait passer en Angleterre. Pendant son séjour à Terre-Neuve, il eut une occasion de donner à la Société royale de Londres une preuve de ses progrès dans l'étude de l'astronomie, en publiant l'observation d'une éclipse de soleil.
Le goût des découvertes se ranimait ; Wallis et Carteret venaient d'accomplir leur voyage autour du monde : on résolut d'en entreprendre un nouveau, et Cook fut choisi pour l’effectuer, comme on le verra dans la relation.
C'était le premier voyage de Cook : il passa le cap Horn et arriva devant Taïli, le 41 juin 4769. C'est là que notre navigateur observa le passage de Vénus. Il reconnut dans les Taïtiens un peuple bon, mais voleur; religieux, mais plein de superstitions ; respectant les morts, mais leur immolant quelquefois des vivants. Le séjour des Anglais dans cette île dura trois mois.
On visita ensuite les îles voisines, formant l'archipel auquel Cook donna le nom d'êles de la Société.
En le quittant, Cook visita beaucoup d’autres îles dans la partie australe de l'océan Pacifique, et alla faire une reconnaissance exacte de la Nouvelle-Zélande, d’où il revint pour exécuter le même travail sur la côte orientale de la Nouvelle-Hollande, partie qu'il nomma Nouvelle-Galles méridionale. C'est dans la relation même qu'il faudra lire les détails de ces savantes opérations. .-
Le retour de Cook en Angleterre fit concevoir de grands doutes sur l'existence d’un continent austral, existence qui préoceupait les esprits. La Société royale de Londres voulutrésoudre le problème, età sa demande le gouvernement britannique ordonna une seconde expédilion. Cook en reçut le commandement. Il était engagé non-seulement à faire le tour du globe, mais à le faire dans les plus hautes latitudes sud.
Il partit le 43 juillet 1772, passa la ligne le 8 septembre, êt arriva, le 17 janvier suivant, au 47e degré 45’ latitude sud, où la glace lui ferma le passage. Quoique ce fût le milieu de l’été pour les parages où il naviguait, le froid était extrêmement violent et tout l'équipage en souffrit beaucoup.
Cook résolut, le 47 mars, d'abandonner ces hautes latitudes sud, et de se rendre à la Nouvelle-Zélande, Il visità en passant la côte orientale de la terre de Van- Diémen, et arriva, le 25, à sa destination.
Dans ce deuxième voyage Cook apprit que les Nouveaux-Zélandais, loin de contenir leursfemmes, comme il l'avait cru d'abord, les forçaient au contraire à.se prostituer pour un clou ou quelque autre bagatelle, et qu'ils bravaient impudemment toute espèce de décence, lorsqu'au premier voyage il n’y avait eu cependant qu'un commerce en cachette. Le capitaine se convainquit de plus en plus de la férocité des naturels, chez qui l’anthropophagie est une coutume invétérée,.
De la Nouvelle-Zélande notre navigateur fit voile pour Taïli, passa près de l'archipel Dangereux, et mouilla dans la baie de Matavaï, au mois d'août 1773, puis à l'île de Huaheine, une des îles de l'archipel de la Société, Pendant cette seconde visite le capitaine Cook eut occasion de bien connaître les lois et les mœurs du pays. Il s’assura que les femmes mariées et les jeunes filles se livraient moins facilement qu'on ne l'avait pensé aux plaisirs des sens. Il vit que presque tous les habilants élaient privés de leur petit doigt.
En quittant l'archipel de la Société, Cook visita les îles de Middlebourg et d'Amsterdam, et revint à la Nouvelle-Zélande pour y renouveler ses provisions. De là il essaya encore une navigation vers les hautes latitudes sud ; puis il se rapprocha de l'équateur, visita l'ile de Pâques, ou autrement la terre de Davis ; puis encore l'archipel des Marquises, d'où il revint une troisième fois à Taïli,
Il en repartit, le 6 juin 4774, pour explorer d’autres îles, notammènt Anamocka ou Rotterdam. La première chose qu’on vint lui présenter fut une jeune
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fille, qu'on mettait à sa discrétion. La vicille femme qui la lui offrait se fâcha de ce qu’il refusait une si belle créature. Elle était effectivement très jolie; mais notre navigateur trouva plus facile de résister à tant de charmes que d’endurer les injures de la vieille, et il se rembarqua.
Anamocka est l'une des îles que Tasman découvrit : ce navigateur hollandais la nomma Rotterdam. Elle est environnée de petites îles qui, avec celles de Middlebourg et de Pilsiart, forment un groupe que le capitaine Cook appela l'archipel des Amis, à cause de la constante amitié qui règne entre leurs divers habitants, et à cause de leur conduite généreuse envers les étrangers.
Cook vint ensuite à Mallicollo, que le commandant d'Urville nomme Vanikoro : Île qui, peu d'années après le passage de Cook, allait devenir la tombe de l'infortuné La Pérouse.Cook explora ensuite l’archipel des Grandes-Cyclades, qu'il fit mieux connaître que Bougainwille, et qu'il appela du nom collectif de Nouvelles-Hébrides.
Il découvrit ensuite une terre qu'il appela Nouvelle- Calédonie ; puis une île déserte, qu'il nomma île de Norforlk, et qui a depuis été peuplée par des matelots anglais.
De l’île de Norforlk le capitaine Cook dirigea sa course vers la Nouvelle-Zélande, où il relâcha dans le canal de la Reine Charlotte. Il en repartit dans l'espoir de résoudre enfin la question sur l'existence d’un continent austral ; mais il dut bientôt renoncer à cet espoir. I doubla le cap Horn, et entra dans l’océan Atlantique. Il avait vu et nommé la Thulé australe comme étant la terre la plus avant au sud qu’il eût encore découverte. Il avait alors fait le tour de la mer du Sud dans les plus hautes latitudes, et il la traversa de manière à ne plus laisser croire qu'il y existât un continent, à moins qu'il ne fût sous le pôle et hors de la portée des navigateurs. En parcourant deux fois l'Océan qui s'étend sous les tropiques , il avait confirmé plusieurs anciennes découvertes, en avait fait beaucoup de nouvelles, et laissé peu de choses à ses successeurs. Enfin, il retourna en Angleterre par le cap de Bonne-Espérance, après avoir parcouru plus de vingt mille lieues de mer, ce qui est presque égal à trois fois la tirconférence de la terre.
entré dans sa patrie, le capitaine Cook saisit avec empressement l'occasion de se distinguer dans un troisième voyage autour du monde, voyage qui devait avoir D objet de découvrir un passage au nord. Mais, au lieu de chercher à entrer de l'océan Atlantique dans * Jocéan Pacifique, on voulut essayer de venir des mers australes dans notre océan , et le capitaine Cook eut ordre dé traverser dans la mer Pacifique la chaîne des nouvelles îles qu'il avait déjà vues vers le tropique du Capricorne ; de passer sous l'équateur dans le nord de cet océan, et de suivre ensuite la roule qui lui paraitrait la plus convenable pour trouver un passage,
Le 12 juillet 1776, Cook fit voile de Plymouth, passa devant Ténériffe et cingla vers le cap de Bonne-Espérance après avoir vu le Brésil. Il repartit du cap et prit la route du sud, visita l'île Kerguelen, d’où il se rendit à la terre de Van-Diémen, et de là à la Nouvelle- Zélande, où il arriva le 30 janvier 4777. Il y resta un mois ; il en fepartit pour aller prendre terre à l'île de Mangia, puisà l'île de Palmerston, et à celle de Tongatabou qu'ilratieignit au commencement de mai.
Il en sortit le 10 juillet suivant; et après un séjour de trois mois aux îles des Amis, il se rendit dans celles de la Société pour aborder à Taïti, le 42 août 4777.
Dans ce dernier voyage, Cook fut témoin de plusieurs sacrifices de victimes hu 1esique les Taïtiens immolaient à leurs dieux, et il eut la preuve que cette horrible coutume était suivie dans presque toutes les îles semées au milieu du vaste océan Pacifique, notamment aux îles des Amis. On se rappelle combien les sacrifices de sang humain étaient autrefois communs dans notre ancien monde. Il n'y a presque point de
nation qui en ait été exempte. Comme la réforme des pratiques religieuses est un des derniers efforts de l’esprit humain, la superstition peut exister encore après que les peuples sont éclairés. Il a fallu bien du temps pour que la civilisation enlevât au fanatisme sa cruauté, et le réduisit à des cérémonies, qui, quoique souvent ridicules, sont douces et innocentes quand on les compare aux rits barbares dont nous venons de parler. Au reste ces rits ont déjà cessé à Taïli, où le christianisme a été récemment inoculé.
Ce qui étonna le plus les Taïtiens fut de voir le capitaine Cook se promener à cheval dans la plaine de Montavaï. C'était assurément la première fois qu'ils jouissaient d’un pareil spectacle. La mère du roi de l'île, ses trois sœurs et huit autres jeunes femmesguérirént d’un rhumatisme le capitaine en l’étendant sur un lit et le pressant de la tête aux pieds avec leurs mains caressantes, opération qui dura environ un quart d'heure, et qui fut répétée le lendemain. Ce remède, appelé romée, est ici généralement pratiqué : les hommes le font quelquefois eux-mêmes, mais plus souyent ce sont les femmes.
Notre navigateur fit ses derniers adieux à Taïli, afin de voguer en octobre 1777 pour visiter l’île de Bolabola, d’où il sortit le 8 décembre, et continua de s'avaucer vers le nord.
Au mois dejanvier 4778, il atteignit un groupe d'îles qu'il appela ê/es Sandwich, en l'honneur du comte de Sandwich, lord de l’amirauté, son protecteur et son ami. Nous renvoyons à la relation Les détails qu'il présente sur ces Îles pittoresques. Le 2 février, poussant toujours vers le nord, il alla mouiller dans la baie de Noutka, dont le climat fut trouvé incomparablement plus doux que celui de la côte orientale de l'Amérique ne l'est dans la lalitude parallèle. Après avoir avancé davantage , il jeta l'ancre d'abord auprès d'une île nommée Ounalashka, puis au cap du Prince de Galles {cap oriental), situé par 650 46’ latitude nord, et 1950 45’ longitude est, pointe la plus orientale de la Sibérie, où il eut la gloire de vérifier le rapprochement des deux continents, rapprochement qui était encore à celte époque un sujet de doute. .
De là il revint, par une navigation sinueuse, aux îles Sandwich. Ici une querelle pour vol commis par
les sauvages termina ses jours à Owhyhée, où il tomba
lâchement frappé par derrière de plusieurs coups de poignard. On ne put ravoir qu’une partie de ses membres auxquels on rendit les derniers devoirs. Le vaisseau revint, le 4 octobre 1773, en Europe, et y rapporta cette triste nouvelle, qui causa en Angleterre un deuil universel.
À un grand génie Cook unissait l'application, qui est le partage des hommes supérieurs. Ces qualités étaient accompagnées de connaissances très étendues. Il écrivait purement sa langue et était d’une persévérance à toute épreuve, grâce à la force invincible de son âme. Il savait se maîtriser dans les circonstances difficiles, et paraissait d'autant plus calme que le péril était plus grand. À desi beaux titres il joignait les plus aimables vertus : il était bon époux, tendre père, franc et con stant ami, et possédait cette discrétion, cette réserve de caractère qui embellit tout le reste. Il avait plus de six pieds de haut, était bien fait, et son regard élincelait d'expression. Il avait six enfants, dont l'aîné a marché noblement sur les traces de son père, et la veuve obtint une pension proportionnée aux services de son illustre époux.
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