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Ruines à deux milles de Tezcuco,
Le 28 septembre nous remîmes à la voile; mais des |
vents contraires et des calmes nous forcèrent de relàcher à l'île de Saint-Michel, une des Açores, où nous restâmes deux jours, et où nous renouvelâmes notre approvisionnement d'eau, de viande et de quelques légumes. Saint-Michel est réellement un endroit délicieux , et sa principale ville compte un certain nombre de familles anglaises. Le climat ressemble à celui des plus belles parties de l'Italie, et les marchés abondent de tout ce qui peut rendre la vie agréable. Je visitai avec admiration plusieurs des vastes jardins qui produisent les fameuses oranges de Portugal. Les vins qu’on récolte valent presque ceux de Madère. J'entrai dans beaucoup de couvents et de monastères portugais. Les nonnes sont célèbres pour fabriquer des fleurs artificielles, qui sont entièrement faites de plumes d'oiseaux ; nos jeunes gens en achetèrent en quantité s'amusant fort de débattre le prix avec les saintes
sœurs, qui recevaient très gaillardement leurs plaisanteries un peu crues sur le vœu de perpétuel célibat.
En quiltant Saint-Michel, nous passâmes sur l'ile de Sabrina, qui, il n’y a que peu d'années, sortit tout d’un coup du sein de la mer, et s'éleva à une hauteur considérable , puis bientôt après disparut. Elle est maintenant couverte de quarante brasses d'eau. Un Anglais, qui habitait Saint-Michel à l'époque de l'apprailion de Sabrina, m'a dit s'être approché dans une chaloupe de cette île pendant qu’elle surgissait, et que la chaleur de l’eau était alors si intense, qu'on voyait flotter dans toutes les directions une multitude de poissons qu'elle avait évidemment tués.
Nous atteignimes Spithead, et débarquâmes à Portsmouth le 8 novembre 1833, après un délicieux voyage durant lequel nous ne perdîimes pas un seul homme.
ALBERT-MONTÉMONT.