VI INTRODUCTION
besoin, comme le faisaient les empereurs romains, par ses ateliefrs d'esclaves. Une règle d'étiquette sans doute fort antique, mais qu'on retrouve au nord du lac Victoria, dans le Pays de Ganda, ne permet pas qu*on puisse avoir d'autre licence que celle de voir la reine, lors d'une première présentation. De même que les chefs de l'Afrique équatoriale réclament le hong-o et que les rois de Tlnde exigeaient leur nu:^:^a^ on doit, dans la même circonstance, remettre à Ranavola une pièce d'or ou d'argent.
Les pierres levées de Madagascar rappellent les menhirs de la Gaule; mais elles y ont encore une signification, étant ou des monuments funéraires, ou l'indication des lieux où se peuvent tenir les marchés (n. p. 293).
Les années Malgaches sont, comme celles des anciens Hébreux, composées de mois lunaires.
On remarquera (n. p. 227) la description du cérémonial au milieu duquel on lime les dents de la jeune reine de Barou. C'est une coutume assez répandue en Afrique, où quelques tribus conservent toutes leurs dents, mais où d'autres se distinguent soit en s' arrachant les incisives inférieures, soit en se limant les dents de devant d'une certaine façon, moyen de se reconnaître assurément, pour âes gens qui n'ont pas d'uniforme à revêtir.
Bien que madame Pfeififer ne s'occupe guère d'observations ethnologiques, elle a noté que, parmi les Malgaches des castes inférieures, il y a des hommes qui, mieux que les Sioux, mériteraient d'être appelés des Peaux-Rouges.
INTHODUCTIOH Vil
Enfin, les seuls points sur lesquels on ait accusé madame Pfeiffer de partialité, c'est le jugement qu'elle porte sur l'utilité qu'ont, pour le fait de la diffusion du christianisme, les savants missionnaires envoyés en Asie ou dans TOcéanie par l'Angleterre et par les Etats-Unis; ce sont les critiques, malsonnantes à quelques oreilles, que lui inspire l'observation sabbatique du dimanche; les désordres qu*elle reproche à quelques ministres hollandais, et le blâme indigné dont elle flétrit les odieuses trahisons imputées aux missionnaires anglais et à M. Ellis, livrant les catholiques et toute la population malgache à la barbarie de l'infâme Ranavola plutôt que de permettre qu'ils en soient délivrés par l'influence du catholicisme et de la France.
Voilà de ces passions que nous avons de la peine à comprendre.
En France, nous nous piquons d'être impartiaux jusqu'à l'indifférence et nous avons la politesse de ne dire la vérité que quand elle blesse notre foi, notre nationalité ou notre patriotisme. La plupart de nos livres sont écrits dans des sentiments qu'on appelle libéraux dès qu'ils critiquent le catholicisme, voire le déisme, et dès qu'ils attaquent le gouvernement , quel qu'il soit, quitte à regretter et à vanter un jour ce qu'on aura contribué à jeter à bas. C'est là peut-être ce qui explique l'espèce de surprise et de méfiance que nous éprouvons contre tout livre qui manque des caractères que nous prétendons libéraux.
On oublie en France que chaque peuple a ses inimitiés particulières, qu'il y a de l'intolérance dans tous les cultes et même dans les négations, qui souveut