‹ Voyages aux îles du Grand océanChapitre 12 sur 99 · ILES AUSTRALES · texte numérisé non relu

ILES AUSTRALES

Les premières îles qu on rencontre en quittant Râpa , lorsqu'on se dirige vers l'ouest , sont celles que les Anglais appellent îles australes.

Ces îles sont au nombre de quatre : Laïvavaî ^ Touhouaï , Rouroutou et ÎUmatara,

LAÏVAVAÏ.

Nous avions quitté Râpa , le 28 février i834, par une forte brise , nous dirigeant sur Laïvavaï.

Vers le matin, le vent avait diminué et nous ne fîmes que peu de chemin. Bientôt il tomba presque tout-à-fait et resta ainsi jusqu'au soir, où il reprit un peu. Le lendemain , dans la matinée , nous nous croyions par environ 2^^ de lat. sud, et par 148° de long. occ. Nous vîmes une grande quantité d'oiseaux , fait qui semblait indiquer le voisinage de quelqu'île , quoiqu'il n'en fût pas marqué sur la carte , et quoique nous n'en vissions point à plusieurs milles à la ronde. Nous continuâmes à courir par une petite brise; et, vers cinq heures, nous nous estimions. environ à quatre-vingtsmilles de Laïvavaï,

quand cette île se montra tout à coup, dans la direction ouest- sud-ouest, à la distance de quinze à dix-huit milles. Ainsi , en moins de quarante-huit heures , le courant nous avait jetés d'au moins soixante milles à Touest , y compris les quinze milles dont l'île se trouve plus à l'est qu'elle n'est indiquée sur les cartes ; car sa position est par 23" 5o' de lat. sud, et par i49° 55' de long, occ, au lieu de i5o° lo' , comme on l'a marquée.

L'île de Laïvavaï n'a guère que douze milles de ^^^CTiXionférence ; mais elle est entourée d'un rescif qui s'étend du nord-est à l'ouest , à la distance de quatre à six. Du côté oriental , ce rescif est indiqué par plusieurs îlots; mais, dans ses autres parties, l'île est presque nue et à peine au niveau de la mer. La partie nord-ouest , encore ouverte , offre une passetjui mène dans l'intérieur du rescif, et par où l'on peut gagner la terre élevée; mais cette passe, ainsi que toute la distance à parcourir pour atteindre la terre , étant parsemée de rochers cachés sous l'eau , sur lesquels pourrait toucher un bâtiment même de moyenne grandeur, on ne saurait prendre trop de précautions, quand on entre dans la baie. Il faut nécessairement , pour éviter ces écueils, choisir un beau temps et veiller du haut des mâts. Les productions de Laïvavaï 4iffèrent déjà considérablement de celles des tropiques. On n'y trouve presque point de fruit à pain. et l'on n'y vit, pour ainsi dire , comme à Râpa, que de poisson , de taro ( caladlum esculentum ) et

de ti ( draccenœ species ). Le taro se cultive sur une espèce d'isthme, quj sépare une petite partie deTîle de la portion principale. Cet isthme étant très bas , on a dû le protéger par des digues contre les efforts de la mer , qui , en de très-gros temps , a souvent rompu ces barrières; et leshabitans de Laïvavaï conservent le souvenir d'affreuses disettes , causées par des inondations.

Cette île est une de celles où Ton a trouvé de ces singuliers monumens, vus, pour la première fois, dans 1 île de Pâques , puis à Pitcaïrn , puis à Lybouaï, où l'on a encore reconnu plusieurs de ces statues colossales , montées sur des plates-formes , aux extrémités des terres basses. C'est par les habitans de Laïvavaï qu'on a su que c'étaient les tii oni et les tii papa de la cosmogonie polynésienne, génies du sable et des rochers du rivage , protégeant la terre contre les usurpations de la mer.

Ces monumens sont ici, comme partout où l'on en a trouvé , dans un état de ruine complète; moins grands que ceux de l'île de Pâques; mais , d'ailleurs, exactement les mêmes, sous tous les autres rapports; les traits de la figure assez bien exécutés , des oreilles énormes et percées , et tout le bas du corps difforme et monstrueux. D'autres îles plus à l'ouest ont offert les mêmes images , mais construites en bois au lieu de l'être en pierre, et bien moins ancienne.-.

D'après tous les rapports, il paraît certain que, vers 1822 , le nombre des habitans à Laïvavaï était

encore au moins de douze Ci3nts; mais, Ix l'époque où j'y touchai , en 1 83o , il n'y en avait plus que cent vingt environ. En mars i834, il n'en restait guère que quatre-vingt-dix à cent; et il y régnait une maladie qui, chaque semaine , en enlevait quelquesuns ; de sorte que cette île si florissante et si peuplée, il n'y a guère que douze à quatorze ans, n'est peutêtre plus, à l'heure où je parle, qu'un triste désert, où l'on trouverait à peine un être vivant.

TOUEOUAÏ.

DeLaïvavaï nous nous portâmes directement sur 0-taïti , et ne vîmes pas Toubouaï; mais comme, dans mes précédens voyages , j'ai plusieurs fois visité cette île , je placerai ici , sur sa position et sur son état, quelques détails encore , je crois, peu connus, quoiqu'elle ait été souvent revue.

L'île Toubouaï est située par 23* 24^ de lat. sud, et par i5i° 4^' ^^ long. occ. , et si exactement à l'extrémité du tropique, qu'elle possède la majeure partie des productions d'O-^taïti , quoiqu'en moindre quantité; mais, en somme , la végétation y est moins riche , en raison de la moindre fertilité du sol et du manquedepluie. Toubouaï , comme plusieurs autres des îles de ces mers , possède , dans son intérieur , des montagnes et des plaines spacieuses, couvertes de verdure, depuis le pied des hauteurs jusqu'au

rivage; mais l'intérieur même ny est que d'une élévation médiocre ; et les plaines , consistant , en partie , en marécages d'une eau bourbeuse et saumâtre' ne sont pas aussi productives que celles d'0-taïti et de tant d'autres lies ; aussi les habitans de Toubouaï ne font -ils qu'une récolte de fruits à pain, et ne vivent -ils guère que de taro ( caladlum esculentum) et de poisson. Comme je l'ai dit à l'article où je traite de la formation des îles , il est k Toubouaï un rescif qui l'entoure à quelque distance; mais , en plusieurs endroits , encore si peu élevé, qu'il ne protégerait qu'imparfaitement la terre , si , plus près du rivage , ne se trouvait un autre lit de corail de plus ancienne formation , qui la défend mieux des fureurs de la mer. Au nord-ouest se trouve une passe assez profonde pour quelque navire que ce puisse être ; peu sûre, à cause des masses de corail qui s y élèvent de toutes parts , toujours plus menaçantes , à mesure qu'on avance ; et, comme la mer y est très-grosse , les bâtimens entourés de rochers, s'y voient, par un vent de nord ou d'ouest, d'autant plus exposés qu'ils ne peuvent avoir que peu de chaîne dehors.

J'arrivai , pour la première fois , devant Toubouaï, au mois de mai i83o. Ne pouvant gagner le port par le vent qui régnait, je m'embarquai dans le canot , pour aller à terre. En courantle long durescit afin de gagner la passe, qui est beaucoup à l'ouest du village, nous distinguâmes une petite ouverture,

par où nous essayâmes d'entrer , quoique la mer fut grosse et qu'il y eût du danger; mais le timonier prit si bien ses mesures , qu*en moins de rien nous fûmes en dedans du rescif , ce qui nous épargna du travail et du temps; car, par-là , le chemin était plus court; et la mer, beaucoup plus belle, nous permit d'accélérer notre marche.

Quand nous fûmes à environ un mille du rivage , les Indiens nous aperçurent et vinrent aussitôt au devant de nous , le long de la côte , en agitant des pavillons blancs. Un peu plus loin , nous vîmes une large pirogue qui débouchait du côté de la passe , par laquelle ils avaient cru que nous devions entrer> Nous ayant joints, les hommes qui la montaient se tinrent lé long de notre canot , et forçaient de rames {pagaies) , pour nous suivre, tandis que les hommes du rivage nous suivaient également, en courant, et en agitant leurs pavillons; scène assez piquante , mais qui fut de courte durée; car , en peu de minutes , nous fûmes près des maisons, au devant desquelles flottaient , aussi , partout , des pavillons blancs.

A notre débarquement, nous fûmes reçus par toute la population, qui ne monte pas aujourd'hui è deux cents personnes. On nous conduisit, de suite, à la maison des missionnaires, deux Indiens d'0-taïti qui avaient <léjà fait commencer les préparatifs de notre diner, et qui nous accueillirent de la manière la plus amicale, avec cette franche hospitalité caraevoY. AUX Iles. t. i. lo

téristique des indigènes des îles de la Société , et de presque tous ceux de la même race , dans TOcéanie. En attendant quele repas fût prêt, j'allai voir une goélette commencée par des Européens ,. mais dont la construction avait été, depuis , abandonnée , çt que voulaient vendre les Indiens, qui n'avaient reçu le prix nideleur bois, ni des provisions par eux fournies. Je trouvai ce bâtiment en meilleur état que je ne l'avais espéré; et, jusque-là, j'avais réussi dans une entreprise assez hasardeuse. De l'endroit où j'avais débarqué , au chantier de la goélette, il j a au moins une demi -lieue. Le chemin , le long du rivage , est agréable et pittoresque , couvert à'aïto ( casuarina equisetifolia ) , de tomana ( calophfllum inophjllum ), de miroX thespesia populnea), de houraau ( hibiscus tiliaceus ) , tous arbres magnifiques, dont le premier a souvent jusqu'à cent pieds de haut. On marche donc , là , toujours à l'ombre; l'air y est généralement frais et sans cesse embaumé des fleurs du pandanus , qui abonde en ce lieu ; mais ce qu'on y voit aussi, et ce qui ne peut manquer d'affliger tout ami de l'humanité , ce sont les ruines partout répandues d'un grand nombre de cases, habitées, il y a peu d'années encore y par un peuple aussi nombreux que prospère, qui, là, comme en tant d'autres endroits , a disparu de la manière la plus mystérieuse , du moment où nous y avons apporté notre religion , nos habitudes et nos mœurs. Assis dans l'une de ces demeures , encore entière et presque neuve , mais

déserte, entourée des tombeaux de ceux doiitla présence leur donnait , jadis , un air de vie qu'elles nont plus, je cherchai, pour la première fois , la cause de ce fatal et singulier phénomène moral. Je la trouvai bientôt dans le changement trop brusque des coutumes de ces peuples, à qui notre folle manie de leur inculquer , partout, sans mesure et sans choix , comme sans modifications aucunes , nos préjugés et nos idées si exclusifs en religion comme en politique , arrache bientôt les simples et pures jouissances qu'ils devaient à la seule nature , pour les plonger dans l'inaction et dans l'indolence d'une vie purement contemplative , genre de vie auquel se refusent, à la fois , et leur constitution physique , qui a besoin de mouvement , et leurs facultés intellectuelles , plus appropriées à la satisfaction des besoins matériels qu'aux spéculations de notre vaine métaphysique.

Les Indiens raie tirèrent de ma rêverie , en me montrant le brick qui s'était approché de la passe. La mer était très-haute, et il y avait de la témérité à tenter le passage par un temps pareil; aussi accompagnai-]* e des yeux, avec inquiétude , le bâtiment, jusqu'au moment où je le vis à l'ancre dans une des places le moins dangereuses. Je retournai alors à la maison des missionnaires, où était aussi le chef, avec qui je pris un repas très-bon et assez copieux , consistant en poissons, poules , cochons , légumes , etc.

Après dmer , je proposai d'acheter la goélette. Les conditions furent Incntôt faites avec le chef, qui

lU.

— i48 — exigea une somme roûde pour lui - même , et le payement de ceux qui avaient fourni le bois, les provisions; tous comptes établis d'après des billets qu on leur avait laissés et un livre où tout se trouvait noté. La nuit vint au moment où l'affaire se terminait, et l'on soupa. Le reste de la soirée se passa , comme chez tous les autres insulaires chrétiens, en conversations qu'ils tenaient, les uns assis, les autres couchés, et dont une prière annonça la fin. Les bois de lit sont déjà en usage h Toubouaï; mais couverts de nattes au lieu de matelas. Celui qu'on me donna avait heureusement des rideaux, ou plutôt on y en avait mis, pour me garantir des moustiques, qui fourmillent à Toubouaï, de manière à ce qu'on en soit couvert h l'approche de la nuit , et qui empêchent toujours les étrangers de dormir , dans les premiers temps ; mais on finit par s'y habituer.

Pendant la nuit, le vent augmentant de violence et soufflant plus directement du nord , avait rendu la mer plus difficile. Le matin , à peine pouvaiton communiquer avec le brick , quoiqu'il eût remonté jusqu'en face du village. Dans l'après-diner, le temps devint plus mauvais encore, et la mer fut si grosse qu'elle mit le bâtiment en danger. 11 avait, pourtant, deux chaînes dehors; mais, entoure de lochers , il devait les tenir si courtes , qu'il étuit à craindre que les ancres ne tinssent pas.

Je passai quatorze jours à Toubouaï, et j'eus, cjepnii . ilenx fois , l'occasion d'y retourner ; aussi ai-je

— i49 — pu rexamiiter en détail. Cette île n'ofîrc rien de bion curieux. Toutes les parties en sont très-semblables ; seulement on y trouve encore les restes du fort qu y construisirent Christian et les autres révoltés de là Bounty. Un vieillard se souvenait de cette visite , mais ne put me donner aucun détail sur la cause de leur querelle avec les étrangers. Seulement il me dit que les habitans croyaient que les Anglais étaient venus là pour s'emparer de leur pays et de leurs femmes. Le port de Toubouaï est décidément mauvais. Deux fois le brick faillit être poussé sur le rocher; mais, pour qu'on juge mieux de IMl,»! des choses , je joins , à cette indication générale j an extrait de mon journal.

12 MAI i83o. — « Le temps était devenu, hier, de plus en plus mauvais. Le vent soufflait avec force du nord-ouest; et la nuit s'annonçait de manière à donner des inquiétudes pour le brick; car le rescif est si bas, qu'il ne garantit nullement de la mer, qui est épouvantable ; tandis que les rochers ou les masses de corail, dont la rade est remplie , ne permettent point de filer de la chaîne. Pendant la nuit le temps était vraiment affreux; il tonnait sans interruption, elle vent soufflait à tout renverser. Je sortis plusieurs fois pour voir le brick , que je pus à peine distinguer, quoiqu'il fût en face de mon logement et à peu de distance. Il était extrêmement agité et semblait , quelquefois , porté sur les rochers , tant les vagues le battaient avec violence. Les vergues en étaient abattues;

on l'avait presqu entièrement dégréé. Prft le mouvement qui régnait à bord, il m était facile déjuger qu'on n y était pas sans craintes ; et , en effet , quand l'orage se fut un peu calmé le matin, la première nouvelle que j'en reçus fut qu'il avait éjprouvè plusieurs avaries plus ou moins graves. »

25 MAI. — « Nous avons enfin réussi à sortir de ce mauvais port. Nous y étions retenus depuis quatorze jours, tant pou'^ réparer les avariies quie par les vents contraires. Le 22 ,1e capitaine , impatient de partir, avait fait lever Tancre et était venu mouiller près de la passe, af r d'- re plus à portée de profite^du premier bon vent; mais cette manœuvre faillir lui coûter son navire ; car , le 23 , le temps s'éleva de nouveau du nord-ouest; et, augmentant par degrés, il devint si fort, qu'hier, pendant quelque temps, le bâtiment dériva peu à peu , entraînant ses ancres. Le soir, au moment le p^us critique, le navire n'étant déjà plus séparé des rochers que de sa longueur, il se présenta un grain de l'espèce la plus effrayante, venu de l'ouest , et qui semblait annonce- un naufrage inévitable. Néanmoins , il changea tout à coup les vents, qui sautèrent au sud; ce qui nous aurait permis de sortir de suite , s'il n'eût pas été trop tard, et si la mer avait été moins mauvaise. Il fallut donc encore attendre. Heureusement , ce matin, les vents n'avaient pas changé. Avant le jour , on avait commencé à lever les ancres; et , à six heures et demie , nous étions en pleine mer et hors de tout danger. On

trouva qu'une des pâtes de rancre-niaîtresse avait plié et s'était redressée. Il est certain que si ce t^mps eût duré une demi-heure de plus , nous étions k la côte. »

On conclura de ce qui vient d'être dit , que Toubouaï n'est pas un port à fréquenter , tant à cause des hauts-fonds ou masses de corail semés dans la passe et dans tout l'intérieur du port, qu'à cause des vents qu'on y peut avoir mauvais en toutes saisons; car, depuis mai jusqu'en septembre , on y éprouve les gros temps des hautes latitudes; et , souvent , de forts coups de vent du nord et de l'ouest ; tandis que , depuis novembre jusqu'en avril , on y reçoit les coups de vent de la mousson de l'ouest , qui y sont même plus forts qu'à 0-taïti. C'est près de Toubouaï , qu'en janvier i832, un bâtiment fut engagé et obligé de couper ses mâts , dans un coup de vent de l'ouest. Je donnerai donc ici , aux bàtimens , le même conseil que je leur ai donné pour Râpa, de tâcher de s'y procurer ce dont ils pnt besoin , par leurs embarcations , sans mouiller. On trouve à Toubouaï , de l'eau , des végétaux , tels que des pommes-de-terre douces , des choux , des ognons , du taro ; et , enfin , des cochons et des poules.

ROUROOTÔU ET RIMATARA.

Rouroutou et Rimatara sont situées , toutes deux , au N.-O. de Toubouaï , la première à Test de 1»

seconde.

Rouroutou a environ quinze milles de circuit. On la distingue à vingt-cinq milles de distance. On y trouve des ignames , des patates et des cochons. Cette île est fort difficile à aborder , même pour les plus petites emÊarcations. Elle n offi-e aucun refuge aux navires , qui ne peuvent même en approcher sans courir les plus grands dangers, les côtes n'en étant rien moins que 'sûres, à cause des coraux qui commencent à les cerner de toutes parts. Rouroutou est située par aS» 27' de lat. sud , et par iS^ & de long.

occ.

Rimatara est petite , mais très - fertile , et peut fournir en abondance , aux navires , de l'eau et des provisions; mais elle n'a pas d'ancrage. Elle est située par 22- 38' de lat. sud , et par 1 54» 22' de long. occ.

Ces deux îles, toutes deux chrétiennes , depuis quelques années , ont éprouvé le sort commun à toutes celles qui ont subi, dans VOcéanie , des changemens de mœurs et d'habitudes, amenés par ladoption du christianisme; mais d'une manière plus funeste encore. Leur dépopulation a été telle que, de mille à douze cents habitans qu avait cha-

cune d'elles, il leur en reste à peine aujourd'hui deux cents; et, pour comble de malheur, par une singularité fatale , la maladie ayant frappé Fun des deux sexes plutôt que Vautre dans les deux îles, il ne 6e trouve presque plus que des hommes à Rouroutou , tandis qu'à Rimatara il n*y a guère que des femmes qui aient échappé au fléau.

SECTION IX

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