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mer. C'est à bord de ce bâtiment que se trouvait l'infortuné Bertero, membre de l'académie de Turin , botaniste des plus distingués , qui serait devenu , sans doute, un botaniste célèbre, si ce malheureux voyage ne lui eût enlevé, avec la vie, plus que la vie même , puisqu'il y perdit, aussi , en partie , le fruit de plusieurs de ses ti'avaux , etlaglon^e qui devait si légitimement lui en revenir (i). Le troisième était une barque de deux cents tonneaux, qui fut prise à l'île de l'Arc par les sauvages habitans et parles cannibales de l'ile de la Chaîne; mais l'équipage et M. Doursther, consul hollandais à Valparaiso , eurent le bonheur de leur échapper. Le quatrième, enfin, se perdit dans le port même de Valparaiso , le surlendemain de son arrivée , et avant d'avoir pu être déchargé. Tant de traverses et d'autres encore, que je ne puis détailler ici, mais qui ne cessaient de se succéder , devaient , sans doute , occuper beaucoup mon esprit , et ralentir d'au-
(i) Les détails que je me propose de donner sur cet homme, aussi intéressant par les lumières de son esprit que par les vertus de son coeur, ne seront pas un des épisodes les moins intéressans de l'ouvrage.
tarjt mon ardeur pour des travaux dont l'attrait y quelqu ilfùt, ne faisait pas toujours complètement diversion à des préoccupations plus sérieuses. Les résultats obtenus ne sont donc pas , en tout, aussi satisfaisans qu'ils auraient pu 1 être, avec une vie moins tourmentée et des affaires moins mal heureuses. Je dois ajouter que je ne m'étais appliqué, d'abord, qu'à la partie ethnographique, bornant , alors , toutes mes recherches aux faits et observations qui sV rapportent Ce n'est qu*à mon retour en France, ou, plutôt, depuis quatre mois seulement, qu'à la sollicitation de mes amis , j'ai commencé la rédaction de mes observations géographiques et historiques sur les mêmes lieux. A défaut de journal régulier , j'en ai dû tirer les matériaux de notes épar:,es ou écrites de mémoire ; et cela au milieu de nouvelles occupations commerciales, comme l'aflfréte ment d'un navire, l'achat d'une cargaison, des voyages à Bordeaux, à Anvers, etc. Cet ouvrage, il faut bien le répéter , n'est donc pas , à beaucoup près , ce qu'on l'aurait vu , dans ses détails , comme dans son ensemble , s'il eût été composé avec plus de temps , au milieu de distractions moins
multipliées, et à laide des secours littéraires qui m'ont manqué dans les îles (i) ; mais si le public indulgent accueille avec laveur cet essai , premier tribut de mon zèle pour la science , prêt à retourner dans ces mêmes localités, j'espère en rapporter , sous peu , des documens plus nombreux, plus explicites, qui rendront une sorte d'existence à une nation dont le souvenir même s'est perdu, et dont l'ancien asile sert probablement aujourd'hui de bassin au plus vaste des Océans.
La distribution générale de cet essai ressort tout naturellement des réflexions qu'on vient de lire.
L'ouvrage se divise en trois parties- Dans la première , sous le titre de Géographie , je présente l'ensemble de mes observations les plus importantes , faites sur les lieux , dans le cours des voyages successifs dont il a été question plus haut.
(i) Je n'y avais £»uère à ma disposition que les ouvrages des missionnaires, dontquekjues-uns, il est viai , offrent des faits intéressans. Celui de M. EHis , entr'autres, m'a souvent indiqué les points les plus dignes de mes rechercbes.