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quetées en obélisques bizarres et d’aspect surnaturel.
A mesure que nous approchons du cap Stakken, les rafales deviennent plus violentes, la mer est blanche autour de nous et, bien que nous n'aylons que la voile de cape, il faut loffer à tout instant.
Tout à coup, à quelque distance au vent, la mer se couvre d’une sorte de vapeur et une rafale tellement violente tombe sur le bateau que celui-ci gîte jusqu'à avoir de l’eau à mi-pont, et c’est à grand’peine que nous ne glissons pas à la mer. Pendant quelques inoubliables secondes, nous craignons que le bateau n'engage ; mais il se relève et nous en sommes quittes pour l'émotion, sauf toutefois le domestique qui, projeté violemment contre le «plafond» du salon, a eu la lèvre fendue. Il grimpe sur le pont, les cheveux hérissés, suivi de notre ï caniche effaré qui pleure comme un enfant. Le fait ii est que nous venons de passer par un terrible moment. Seul, Magnus Heinessen, bien qu’un peu pâle, est souriant et répète : « Bon bateau, fort bateau ».
Les rafales se succèdent coup sur coup, nous renonçons à entrer dans lg Eide-fjord et nous restons pendant la nuit à la cape.
Le 15 août, l'apparence du temps est toujours aussi mauvaise, le baromètre baisse et nous décidons de gagner le Leervigs fjord pour tâcher d'aller mouiller en rade de Klaksvig. À 3 heures du matin, nous nous rapprochons de terre et les rafales deviennent terribles comme la veille; de plus, d'épais bancs de brume cachent à chaque instant la côte, nous obligeant à mettre en panne. C’est du louvoyage dans des conditions désastreuses, car la mer est courte et dure, le fjord est
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étroit, et sans compter le risque perpétuel de démâter, le moindre manque à virer peut nous envoyer sur les falaises à pic.
Un homme est à chaque drisse et un homme à chaque écoute. Pendant douze heures nous luttons et, dix-huit fois, il a fallu amener la voilure en pagale. La force du vent était telle que la manille de l’écoute de la voile de cape et celle du tourmentin ont cassé. J’ai pu me rendre compte que les récits sur la violence du vent aux Féroë n'avaient rien d’exagéré et pourquoi, malgré le beau temps dont nous jouissions au départ, on nous avait conseillé de caler nos mâts de flèche.
Enfin nous mouillons à 3 heures du soir dans l’excellente rade de Klaksvig, après une exténuante journée de vent, de pluie et de brume.
Le Leerwigs ford, dans lequel nous venions d’effectuer une si pénible navigation, est relativement large à son entrée Nord, puis va en rétrécissant vers le Sud. Trois baies s’y ouvrent : le Fundings fjord, l’Auda:fjord et le Fugle:sfjord. La première et la dernière offrent un mouillage ; mais notre pilote nous avait déconseillé de nous y rélugier, craignant que nous ne chassions, avec le temps qu'il faisait.
Le Leervigs fjord sépare Osterge de Kalsge. Le Klak, ou rade de Klaksvig, est formé par la réunion de quatre fjords et fermé par les îles de Kalsge, de Kunge et de Borge. C’est une rade absolument sûre et très pittoresque. La ville de Klaksvig a à peu près la même importance :que Westmanhawn et, comme elle, est constituée par des groupes de maisons.
À Klaksvig, se trouvent un mur fabriqué avec des