CONCLUSION
Arrivé à la dernière page de ces aperçus, de ces croquis, je me demande si j'ai trop forcé le trait, — et je me réponds : Non !
J'y vois la vie de Londres, telle qu'elle paraît et apparaît à un Continental fait à d'autres mœurs, à d'autres usages; façonné par d'autres goûts ; animé par d'autres instincts.
Je n'ai certes pas songé à contester à ce pays sa grandeur politique, sa puissance industrielle, sa force financière, et la rare nationalité de son esprit.
Mais je le proclame stérile en toutes ces choses qui font la vie intellectuelle, élégante, artistique, de notre continent, — et je le déclare tout fer et charbon !
Hors de là il n'est que copiste sans conviction : il n'a ni yeux ni oreilles pour entendre et pour voir. U paye fort cher les musiciens et les peintres, — mais il n'achète ainsi que le vaniteux plaisir d'avoir l'air de les comprendre.
VOVAGKS ÇA KT L\ 333
Par ailleurs, son pays est déplorable à habiter pour qui n'y a pas recule jour. — On n est bien là ni pour le corps^ ni pour l'esprit. — Je n'en veux qu'une preuve, plus éloquente que tout ce que j'essayerais dédire : cette preuve, c'est un fait:
Vous ne trouverez pas un Français, pas un Allemand, pas un Russe, pas un Oriental, un Continental enfin, fixé en Angleterre pour son agrément...
Le continent au contraire regorge d'Anglais, qui, leur fortune faite, s'empressent de fuir leur patrie, pour venir par ici goûter les douceurs de l'existence...
Que ceux qui ont pu trouver mes boutades trop sévères répondent à cela !
FTX