Ghiyâth eddin Toghlok châh meurt en
Des dix-huit souverains inscrits sur cette liste, trois (le 3°, le 7° et le 8°) ont été omis par Ibn Batoutah. Notre voyageur n'a pas fait mention non plus d'un enfant de trois ans, fils de Mo'izz eddin Keï kobäd, et qui fut placé sur le trône, sous le nom de Chems eddin Keioumors, lorsque son père se vit atteint de paralysie!.
* Khondémir, t. II, fol. 103 r°; Firichtah, t. I, .م 152, 153.
AVERTISSEMENT. © xv
Nous ne croyons pas nécessaire d'indiquer les différences de détail qui existent entre le récit d'Ibn Batoutah, et ceux des historiens persans, la plupart plus récents. Outre que ces différences ne sont généralement pas d'une grande importance, elles ont été en partie signalées par M. Leë, dans ses notes?, Le même savant a eu soin de faire remarquer d'autres points sur lesquels notre auteur est parfaitement d'accord avec Firichtah. [1 nous serait facile de multiplier ces rapprochements. Mais nous croyons qu'il suffit, pour faire sentir toute l'importance du récit d'Ibn Batoutah , de rappeler que celui-ci a puisé ses renseignements sur les lieux mêmes, et qu'il cite commeson principal garantle grand jugede l'Hindoustan.
D'ailleurs, il est probable que, pour ce qui concerne les événements accomplis depuis la mort du sultan Balaban, c'est-à-dire pendant la période d'environ un demisiècle qui précéda son entrée dans l'Inde, Ibn Batoutah a pu en recueillir les détails de la bouche de témoins oculaires. 11 lui arrive plus d'une fois de rapporter les propres paroles de témoins de cette espèce. Un détail qui peut prouver combien notre auteur a été, en général, exactement informé, c'est ce qu'il ajoute (p. 178)
' Alminhädj; ibn Sirädj Aldjoüzdjäny, auteur des Thabakâti Nässiry, écrivait en 1259; Khondémir mourut en 1534, et Firichtah vivait encore en 1626.
5 Voyez .م 113 et 118. Nous devons faire obsérver que le fils de Chems eddin Altmich, qui fut mis à mort par l’ordre de son frère Rocn eddin, s'appelait Kothb eddin et non Mo'izz eddin, comme le dit Ibn Batoutah (p. 166). (Cf. les Thabakäti Néssiry, fol. . ar et Firichtab, 1. 1, .م 116, ligne avant-dernière.)
* Voyez .م 119, n. 3; 120,n. 2:124,n. 2 et 3, et, surtout, P- 129,130. .
؛ Voyez .م 193 et 213.
à propos de l'entrevue qui eut lieu entre le sultan Mo'izz eddin et son père, Nâssir eddin, à savoir, qu'elle fut ap- . pelée la rencontre ou conjonction des deux astres heureux, et que les poëtes la célébrèrent en foule. Or Firichtah, qui place, il est vrai, cette entrevue sur le fleuve Sérou (Sareyou ou Goggrah), et non sur le Gange, et qui la met deux.années après l'époque que semble indiquer Ibn Batoutah, cite un poëme qui fut composé à cette occasion par le célèbre émir Khosrew Dihléwy, et qui porte le titre de Mesnéwy de la conjonction des deux astres heureux !.
Si, pour les temps antérieurs à l'avénement de Mohammed ibn Toghlok châh, le récit d'Ibn Batoutah, quoique intéressant et souvent plus détaillé que ceux des historiens dont les ouvrages sont à notre disposition, ne peut passer cependant que pour un écho fidèle des bruits qui avaient cours parmi les personnes instruites, à l'époque où il visita l'Inde, il en est tout autrement d'une grande portion de ce qu'il nous apprend touchant le règne de ce second empereur de 1a dynastie toghlokide. Notre voyageur a passé plusieurs années dans les États, ou même à la cour de ce souverain; les importantes fonctions de judicature. dont il fut investi par lui le mirent en relation avec la plupart des personnages in-. fluents de l'empire; enfin, il accompagna le camp impérial dans plus d'une circonstance mémorable. On ne peut donc refuser à la plus grande partie de ce qu'il nous raconte sur les actions de ce prince, la confiance due à tout témoin fidèle et désintéressé.
' 1. I, .م 148, 149; Cf. Khondémir, t. ,آلآ fol. 108 v°. Le même ouvrage d'émir Khosrew est encore cité sous ce même titre, dans un passage du Khildcet attéwdrikh, transcrit par M. Ed. Thomas, op. supr. laud., P- 127, 1. 5.
Ibn Batoutah a prévu le sentiment d’incrédulité que pourraient exciter certains de ses récits touchant la munificence extraordinaire de Mohammed. Mais il au soin, à deux reprises, de protester de sa véracité, et cela dans les termes les plus forts, les plus énergiques !. D'ailleurs ce qu'il dit à ce sujet est pleinement confirmé, tant par les témoignages de Khondémir et de Firichtah , que par .celui d'un historien arabe contemporain, dont nous avons ‘parlé dans la préface du premier volume (p. xu et xx). On remarquera même que l'auteur du Mécälic alabsär, écrivain judicieux et exact, mais qui, n'ayant jamais visité l'Inde, tenait ses renseignements de voyageurs et de marchands, peut-être portés à l'exagération, se montre beaucoup moins modéré qu'Ibn Batoutah dans les chiffres qu'il assigne aux largesses du sultan, et dans les descriptions qui trace de la magnificence de ce souverain ?.
Nous nous bornerons à deux ou trois remarques pour ce qui concerne cette portion de l'ouvrage. Ibn Batoutah atteste qu’il a été présent à la rentrée de Mohammed dans sa capitale, au retour de quelques voyages; que, fans ces circonstances, trois où quatre petites balistes, dressées sur des éléphants, lançaient aux assistants des pièces d'argent et d'or, que ceux-ci ramassaient. « Cela, ajoute notre auteur, commença au moment de l'entrée du sultan dans la ville, et dura jusqu'à son arrivée au chàteau °». Une telle prodigalité peut paraître bien extraordinaire; et cependant Khondémir affirme, d'après Dhiyaï
' Voyezci-dessous, .م 217 et 243.
* Voyez les Notices et extraits des mss., t. XTIT, .م 181 à 210 et 217 à 221.
* Ci-dessous, .م 238, 399, 396.