‹ Voyages d'Ibn Batoutah (volume 3)Chapitre 3 sur 47 · IV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IV AVERTISSEMENT

bid , une des principales places du Yaman; il mentionne ensuite les villes de Djoblah et de Ta'izz, dont la dernière était alors la résidence du roi de cette contrée, et il consacre plusieurs pages à retracer le cérémonial suivi par ce souverain dans ses audiences. De Zebid 11 se rend à San’â, l'ancienne capitale du Yaman, puis à 'Aden, dont le port était alors très-fréquenté par les marchands indiens. C’est là qu'il s'embarqua pour la ville de Zeïla’, située sur la côte de l'Abyssinie, et d'où il entreprit cette excursion à Makdachaou (Magadoxo), à Mombase et à Quiloa, dont nous avons déjà parlé dans la préface du premier volume.

À Quiloa, Ibn Batoutah s'embarque pour la ville de Zhafär, à laquelle il attribue un surnom que nous n'avons rencontré dans aucun autre ouvrage, celui d'Alhoumoûdh (aux plantes amères). D'après notre auteur, Zhafâr était située à l'extrémité du Yaman. Mais c'est donner à cette province une trop grande extension du côté de l'est, et Zhafàr était, en réalité, placée dans la province de Mahrah, souvent comprise elle-même dans celle de Hadhramaout. Ge qu'ajoute notre voyageur, touchant la distance de seize journées de marche qui séparait Zhafàr de Hadhramaout, doit s'appliquer à la ville de Chibâm, encore actuellement capitale du Hadhramaout , et qui, à ce titre, et d'après un usage trèsrépandu dans les pays musulmans, a pu être désignée par le nom de cette province. Selon Ibn Batoutah, les habitants de Zhafär nourrissaient leurs bêtes de somme et leurs brebis avec des sardines, lesquelles, en ce pays, sont extrêmement grasses. Édrici dit de même ! que la

' Géographie, trad. de M. Jaubert, t. [, .م‎ 150. Cf. aussi Marco Polo, édition de la Société de géographie, p. 243.

vi . AVERTISSEMENT.

dent exactement à la description qu'en a donnée Ibn Batoutah au x1v° siècle !. »

Après être resté un jour en vue de l’île de Massirah, le navire à bord duquel était monte notre voyageur reprend sa marche et arrive à Soûr, le premier port de lOmän. De cette rade Ibn Batoutah se rend par terre à Kalhôt, situé à quelques heures de distance. Ibn Batoutah ne fait commencer l'Omäân qu'à six journées de marche de Kalhât; mais on voit qu'il n'a voulu parler que du canton proprement appelé de ce nom. L'illustre géographe allemand Carl Ritter, qui n'a cependant connu ce chapitre de notre auteur que d'après la traduction du docteur Lee, faite sur un abrégé souvent fort sec, a hautement apprécié l'importance de ce morceau. « [bn Batoutah, dit-il, est le seul, parmi les anciens géographes arabes, qui ait fourni, comme témoin oculaire, une relation de l'Omäân. Les anciens auteurs ne disent presque rien de ce pays, ou bien ‘ils n'ont laissé à ce sujet que des données insuffisantes ?. »

Du temps de notre voyageur, Kalhât, ainsi que la majeure partie de l'Omän, était soumise au roi de Hormouz. Ce fait, attesté à deux reprises différentes par Ibn Batoutah (p. 226 et 236), est confirmé par Marco Polo, qui s'exprime ainsi, à propos des habitants de Calatu ou Kalhäât : « 11 sunt sout Cormos © toutes les foies «que le Melic de Cormose a ghere con autre plus poi- «sant de lui, il s'en vient à ceste cité, por ce qe mout est « fort et en fort leu, si qe il ne doute puis de null. »

De T'Omän, Ibn Batoutah part pour le royaume de

' Journal of the royal geograph. Society of London, t. XV, p. 129. . * Erdkunde, XI, 3; t. 1 de l'Arabie, .م‎ 373. : * Marco Polo, Voyages, édit. de la Société de géographie, p. 245.

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