XVIII PRÉFACE
toujours exacte, ce religieux étant, selon toute apparence, plus familiarisé avec l'idiome parlé qu'avec la langue savante. Mais le plus grand défaut de sa traduction, c'est de présenter de très-nombreuses suppressions. À la vérité, l'interprète portugais en a quelquefois averti son lccteur, mais, le plus souvent, il a négligé de le faire. Il ne s'est pas contenté de passer sous silence, sans le moindre avertissement, tous les vers qu'offre l'original et dont plusieurs sont, il est vrai, des hors-d'œuvre, comme il l'a fait aussi pour toutes les citations d'Ibn Djobeir, etc., etc. Mais il a souvent omis des chapitres entiers, tels que celui relatif aux savants d'Alexandrie (p. 33 à 44 ci-dessous), se bornant à dire dans une note (p. 12) : « L'écrivain arabe fait ici une énumération étendue et ennuyeuse des kädhis, savants et docteurs existant alors à Alexandrie. Comme je l'estime sans profit pour l'histoire, je l'omets. » 11 a également passé, sous le même prétexte, l'article des émirs du Caire, celui des kâdhis, des savants et des notables de cette métropole (P- 85 à 53 ci-dessous). Enfin, il y a çà et là des omissions, même dans la description de Médine et dans celle de la Mecque. Calcul fait, les suppr essions opérées par Moura, dans les chapitres de l'Égypte ct de la Syrie seulement, équivalent à plus d'un quart de la relation originale de ces deux contrées. Il résulte d'une note sur les pages 14 et 15 de Moura, que son manuscrit indiquait souvent la prononciation des noms propres et de ceux des localités. Malgré cela, la plupart des noms d'hommes et surtout de lieux sont fort incorrectement écrits dans la traduction portugaise, ainsi que MM. Reinaud et Dozy en ont déjà fait l'observation.
Plusieurs morceaux importants de la relation originale
PRÉFACE. xIX
ont été traduits en français dans ces dix dernières années. Le premier, contenant le voyage dans le Soudän, est dû à M. le baron de Slane, qui y a joint des notes, et l'a fait suivre d'une lettre à M. Reinaud, sur 16 manuscrit autographe !. Cet extrait a été l'objet de plusieurs observations, de la part de M. Fulgence Fresnel 2.
M. Édouard Dulaurier a donné, dans le Journal asiatique, le texte et la traduction, accompagnés de notes savantes, du chapitre relatif aux îles de l'archipel indien.
L'un de nous a traduit, à plusieurs reprises, des portions étendues de l'ouvrage original. 11 a publié, en premier lieu, les Voyages d'Ibn Batoutah dans la Perse ct dans l'Asie centrale“; puis , le Récit du voyage en Crimée et dans le Kiptchak®; puis encore, les Voyages dans l'Asie Mineure‘; et, enfin, le chapitre relatif au sultan mongol des deux Irâks et du Khorâçcân, Abou 30107. Tous ces extraits sont accompagnés de notes; ils seront reproduits dans le second volume de la présente publication, avec les changements que pourront nécessiter la suppression
Journal asiatique, numéro de mars 1843, p. 181-246. ؟
* ‘Ibid. janvier 1849, .م 61-63.
* Février, mars 1847. 11 y en a cu des exemplaires tirés à part. Paris, Imprimerie royale, mai 1847, in-8°, de 86 pages.
* Nouvelles annales des voyages, janvier, avril, juillet 1848. Il en a été fait un lirage à part. Paris, E. Thunot, 1848, in-8°, de 162 pages.
* Journal asiatique, juillet et septembre 1850. (Reproduit dans l'ouvrage intitulé : Fragments de géographes et d'historiens arabes et persans, inédits, relatifs aux anciens peuples du Caucase et de la Russie méridionale, par M. Defrémery , .م 137-208.) . * Annales des voyages, décembre 1850, janvier, mars, avril
, 1851. Il y en aeu des exemplaires tirés à part. Paris, E. Thunot,
1851, in-8° de 96 pages.
* Journal asiatique, février-mars 1851. Reproduit dans 5
FFragments de géographes, etc., .م 255-264.
xx PRÉFACE.
du commentaire et une nouvelle étude du texte arabe, faite sur un plus grand nombre de manuscrits.
Enfin, au commencement de l'année dernière, M.Cherbonneau, professeur d'arabe à Constantine, a donné une traduction libre et un peu abrégée du commencement de l'ouvrage, jusqu'au départ d'Ibn Batoutah pour la Syrie, moins toutefois la préface!.M. Cherbonneau n'a eu à sa disposition qu'un seul manuscrit, très-moderne et assez peu correct. Aussi sa version laisse-t-elle quelquefois à désirer ; mais il y a joint des notes, dont plusieurs offrent de l'intérêt. Cette version a été revue en quelques endroits sur l'original arabe et augmentée d'un petit nombre de notes, par l'un des auteurs de la présente traduction.