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Dans les pages précédentes nous avons essayé d'apprécier l'importance de l'ouvrage que nous publions, et nous avons énuméré tous les travaux dont il a été jusqu'ici l'objet, tant sous sa forme originale que dans les deux rédactions abrégées qui l'ont d'abord fait connaître à l'Europe savante. Nous devons maintenant exposer quels secours nous avons eus à notre disposition pour établir notre texte.
La Bibliothèque impériale possède cinq manuscrits d'Ibn Batoutah, dont deux seulement renferment tout l'ouvrage; deux autres peuvent, par leur réunion, former un troisième exemplaire, enfin, le cinquième présente plusieurs lacunes considérables.
Le premier de ces manuscrits porte 16 n° 907 du fonds supplémentaire arabe, mis en ordre par M. Reinaud. Il
' Nouvelles annales des voyages, février, mars, avril, mai 1852. 1
y en a eu des exemplaires tirés à part. Paris, Arthus Bertrand,
1852, in-8°, de 88 pages.
nous offre, comme l'a démontré M. le baron de Slane, l'autographe d'Ibn Djozay. On a vu plus haut que tel était le nom, ou plutôt la désignation patronymique du rédacteur des Voyages d'Tbn Batoutah. Cet écrivain, dont le vrai nom était Abou Abd Allah Mohammed, fils d'Abou'kâcim Mohammed, avait vu le jour à Grenade, en l'année 721 de l'hégire (1321 de .ل C.). 11 appartenait à une branche de la tribu arabe de Kelb, qui s'était établie en cette ville, lors de la conquête de l'Espagne . par les musulmans. Son père, Mohammed ibn Ahmed, mort en l'année داج (1340-1341), s'était fait remarquer par son savoir et ses écrits !. Notre auteur entra au service d'Abou'lhaddjädj Yoûcef, roi de Grenade, et fut employé dans les bureaux du gouvernement: Mais ayant été puni injustement par son maître et déchiré même à coups de fouet, il abandonna sa patrie et passa à la cour du sultan de Maroc, Abou Inân, qui le nomma son 006 (secrétaire). C'était un homme d'une grande érudition et un calligraphe du premier ordre. Ilse distingua dans plusieurs branches de la littérature : poésie, histoire, philologie et théologie. Ces diverstitres le désignèrent au choix d'Abou Inân, pour rédiger les voyages d'Ibn Batoutah, tâche qu'il acheva en moins de trois mois, à l'aide des notes dictées par notre voyageur. Il ne survécut que huit mois à ce travail, et mourut en 1356. Quant à Ibn … Batoutah, il prolongea sa carrière jusqu'en l'année 779 : (1377-1378) *.
Ledit manuscrit 907 est de format in-4°, et revêtu