‹ Voyages d'Ibn Batoutah texte arabe, accompagné d'une traductionChapitre 3 sur 115 · OT TR امح · texte numérisé non relu

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l'ouvrage qu'à l’aide de la traduction de M. Lee, faite sur un abrégé, Or quoique, pour ce qui regarde la péninsule en deçà du Gange, cet abrégé soit beaucoup moins défectueux que pour ce qui concerne d’autres pays, tels que l'Asie Mineure, le Kiptchak, et surtout le 7 et l'Arabie centrale , si étrangement passés sous silence par l'abréviateur, il est loin, surtout pour les détails historiques, de pouvoir remplacer l'original !. Cependant, deux juges bien compétents ont rendu pleine justice à l'intérêt que présente cette seconde partie de l'ouvrage, même dans l’'abrégé. «Il est fort à regretter, dit feu Sir H. M. Elliot, que nous ne possédions pas un exemplaire complet du livre de ce voyageur entreprenant..... L'époque où Ibn Batoutah visita l'Inde (A. D. 1332-1342) est fort intéressante, etnous fait regretter davantage que les détails géographiques aient été rendus avec autant de confusion par l'abréviateur?. »

* On se fera une idée de la différence qui existe entre les deux rédactions, quand on saura que ce qui, dans le présent volume, occupe {rois cent cinquanle-six pages, n’en remplit, dans le volume de M. Lee, que cinquante-deux, sur lesquelles il faut en déduire huit pour un extrait d’un ouvrage persan relatif à l'histoire de 19 forteresse de Gualior, et au moins deux. fois autant “pour les notes du traducteur, parmi lesquelles il y en a de fort utiles, mais aussi d'inexactes. L'abrégé traduit par M. Lee paraît avoir été rédigé avec beaucoup de négligence. En effet, on y voit l’histoire du cheïkh Hoûd (et non Häâd, comme on lit, .م‎ 146 de M. Lee) mélée, de la manière la plus étrange, avec celle de Behâ eddin Guchtasp (ou Guerchasp), cousin germain du sultan de l'Inde. (Cf: ci-dessous, .م‎ 302 à 307 et 318 à 321.) La rébellion d’Aïn Almolc est aussi racontée de la façon la plus incomplète et la plus inexacte. (Voyez Lee, p. 147)

3 Supplement to the Glossary of indian terms, by H. M. Elliot, Agra, 1845, in-8°, p. 70, note.

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AVERTISSEMENT. IX Le savant et judicieux historien de linde, Mountstuart Elphinstone, après avoir tracé le récit du règne de Mohammed ibn Toghlok châh, ajoute ces paroles : « Beaucoup de particularités concernant ce règne: sont rapportées par Ibn Batoutah, natif de Tanger, qui voyagea dans toute l'Asie, et visita la cour de Mohammed vers l'année 1341, et qui n'a pu avoir aucun intérêt à farder la vérité, puisqu'il a écrit après son retour en Afrique. I confirme, dans toute leur étendue, les récits des indigènes touchant les talents et les crimes du roi, et trace, de sa magnificence mélée de ruine, un tableau absolument tel qu'on peut.se le figurer, quand il s'agit d'un pareil souverain 1». : | Notre intention n’est point de suivre pas à pas Ibn Batoutah dans la partie de son récit qui concerne l'Inde; une pareille tâche nous entrainerait fort au delà des bornes qui nous sont prescrites; elle n'aurait pas, d'ailleurs, une bien grande utilité au point de vue géographique, puisque, dans ce volume, nous ne faisons que conduire notre auteur jusqu'à Dihly, et qu'on n'y trouvera mentionnées qu'un assez petit nombre de localités. C’est surtout par ce qui regarde les régions centrales de la péninsule et les villes du littoral, que la relation de l'Inde, par Ibn Batoutah, se recommande aux géographes; or ces différents morceaux sont réservés pour le prochain volume. L'intérêt de celui-ci est plus principalement historique. Nous devons donc nous attacher à signaler et À éclaircir, autant qu'il est en nous, es principaux points des annales de l'Inde dont il y est question.

* History of India, t. If, p. 66.

x AVERTISSEMENT.

Ibn Batoutah dit (p. 101) que, dans une grande et belle ville, située sur le bord oriental du Sind, et qu'il appelle Djénäny, 11 rencontra une peuplade nommée les Sémirah, qui formait la population de cette localité. 11 ajoute qu'elle y était fixée depuis l'époque de la conquête de cette ville, du temps de Heddjädj (vers le commencement du vim° siècle de .ل‎ C.). Gette réflexion de notre auteur paraîtrait indiquer qu'il regardait la tribu en question comme d’origine musulmane. Mais des dé- ' tails qu'il donne plus loin sur quelques coutumes singulières observées par elle, prouvent qu’elle appartenait, au moins pour la majeure partie, à la religion brahmanique. Or Firichtah raconte que la portion inférieure de la vallée de lIndus obéit, pendant un siècle, à une famille de Zémindér, ou « tenanciers hindous, » nommés les Soëmarah, سومرة‎ ١. 11 dit plus loin ? que Nâssir eddin Kabâtchah, le premier souverain musulman du Sind, après la mort de Kothb eddin Aïbec, affaiblit tellement les Soûmarah, dont les uns étaient musulmans et les autres infidèles, qu'il ne resta plus entre leurs mains que la ville de Tatta xtys, les jungles et les places frontières. Aussi se résignèrent-ils à se livrer à l'agriculture

* Firichtah, édit. lithogr. Bombay, 1831, in-fol. t. II, p. 609, lg. 2 et suiv. (Cf. M. Reinaud, Mémoire géographique, historique et scientifique sur l'Inde, p. 256.)

5 Page 610, lignes 3 et suiv.

* L'émir Ounâr Assämiry, dont parle notre auteur (p. 105), avait aussi embrassé l’islamisme. Plus loin (p. 137), Ibn Batou-

tah mentionne un prince musulman appartenant à la tribu des

Samirah du Sind.

et au soin des troupeaux, et vécurent-ils dans la retraite. Mais, après Nässir eddin Kabâtchah (mort en 622— 1220), ils ressaisirent par degrés le pouvoir, et arrachèrent le Sind aux sultans de Dihly. Firichtah parle d'un radjah de Tatta, qui s'appelait Habéchy, et qui appartenait à la peuplade des Soûmarah !. Plus loin, il atteste que les Zémindärs du Sind étaient divisés en deux troupes appelées, lune Soémarah, et l'autre Satmah (alias Samma ou Soumana); qu’à la fin du règne de Mohammed Ibn Toghlok, grâce aux efforts et à l’aide des musulmans, la puissance passa de la famille des Soûmarah à celle des Satmah, qui donnait à son chef le nom de Djâm?. Enfin, dans son récit du règne de Mohammed ibn Toghlok*, Firichtah rapporte que la peuplade des Soùmarah, laquelle habitait Tatta, avait donné asile à un rebelle. Un auteur persan du xvir siècle a mentionné une secte hindoue dont le nom et les usages offrent de grands rapports avec ceux des Sâmirah, dont parle notre auteur #.

À l'article عل‎ Dibly, dont il donne une description fort détaillée et pleine d'intérêt, Ibn Batoutah dit (p. 146) que cette ville fut prise par les musulmans dans l'année 584 (1188 de J. C.). Plus loin (p. 161), il répète la même date, en citant comme son garant le kâdhi suprême de l'Inde, à l'époque où il s'y trouvait.

© Page 613, lignes 4 et 3 « fine.

? Tome If, .م‎ 615.

* Tome I, p. 257.

* On peut voir ce passage du Dabistân, cité et traduit dans une note de M. Lee, p. 100.

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Ilajoute même qu'il l'a vue retracée sur le nuhräb {chœur ou autel) de la grande mosquée de Dihly. Mais nous devons faire observer qu'un auteur persan qui vivait dans la première moitié du xm° siècie, et dont le témoignage a été admis par Firichtah, atteste que Dibly a été conquise par Kothb eddiîn Aïbec, en l’année 588 seulement (1192 de J. C. !). y 0 Ibn Batoutah consacre plus de cinquante pages à retracer l'histoire des souverains de Dibly, depuis Kothb eddin Aïbec, jusqu'à Mohammed ibn Toghlok châh, sous le règne duquel il visita l'Inde. Nous avons eu soin de comparer son récit avec ceux de l’auteur des Thaba- 1017 Nässiry, de Khondémir {dans son Habib assiyer) et de Firichtah, et nous l'avons généralement trouvé d'accord avec ces écrivains. Mais comme il ne donne pas une seule date, et qu'on pourrait être embarrassé , dans la lecture de cette partie de son ouvrage, par ce défaut d'indications chronologiques, nous croyons devoir insérer ici un tableau offrant l’époque de l’avénement de tous les empereurs de Dihly antérieurs à Mohammed

ibn Toghlok?.

+ Thabakäti Nâssiry, ms. persan 13, Gentil, fol. 292 r° ct 300 v°; Firichtah, t. 1, .م‎ 102, lig..5, et 106, ligne 15.

* Pour dresser le tableau suivant, nous avons fait usage des rois hisloriens persans cilés plus haut; nous avons de plus mis à profit un savant travail de M. Edward Thomas (On the coins of the patan sultans of Hindustan, London, 1847, avec un supplément, tbidem, 1852), qui a rectifé, à l'aide des médailles, plusieurs des dates donnéés par Firichtah. (Voy. surtout.les pag. 41, 45,122 et 129.) Nous devons faire observer que, dans son premier travail (p. 37, note), M. Thomas a fait dire à Ibn Batoutah une chose qui ne se trouve pas dans notre auteur. Il s’agit de la mort de Nâssir eddin, fils de Balaban et gouverneur du Bengale, mort

AT 7 Q DANSE Nes, NOMS DES PRINCES.

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