DE L’AVÉNEMENT
664 (février 1266). 10 |Ghiyâth eddin Balaban, gendre d’Alt-
mich.
685 [fin de] (commencementde 1286): 11 Mo’izz eddîn Keï Kobäd, petit-fils du précédent.
687 [fin de]. Selon Firichtah, t.}, p-153,1 dern.
ou plutôt de 688 (premiers jours de janv.
1290). 12 [Djéläl eddin Firoûz châh Khïldjy.
695 (1296). 13 [Rocn eddin Ibrähim, son fils. 695 (1296). 14 | فلخ eddin Mohammed châh, neveu et
gendre de Djélâl eddin.
725 (janvier1316).| 15 |Chihäb eddin ‘Omar, fils d'Alà eddin. 716 (avril 1316). | 16 /Kothb eddin Mobârec châh, fils d’Alâ
eddin.
720 (1320). 17 [Nässir eddin Khosrew.
720 (1320). 18 |Ghiyâth eddin Toghlok châh meurt en
Des dix-huit souverains inscrits sur cette liste, trois (le 3°, ie 7° et le 8°) ont été omis par [bn Batoutah. Notre voyageur n'a pas fait mention non plus d’un enfant de trois ans, fils de Mo’izz eddin Keï kobâd, et qui fut placé sur le trône, sous le nom de Chems eddin Keïoumors, lorsque son père se vit atteint de paralysie!.
١ Khondémir, t. 111, fol. 103 r°; Firichtah, t. I, p. 152, 158.
Nous ne croyons pas nécessaire d'indiquer les différences de détail qui existent entre le récit d'Ibn Baioutah, et ceux des historiens persans, la plupart plus récents!. Outre que ces différences ne sont généralement pas d’une grande importance, elles ont été en partie signalées par M. Lee, dans ses notes ?. Le même savant a eu soin de faire remarquer d'autres points sur lesquels notre auteur est parfaitement d'accord avec Firichtah #. [1 nous serait facile de multiplier ces rapprochements. Mais nous croyons qu'il suffit, pour faire sentir toute l'importance du récit d'Ibn Batoutah, de rappeler que celui-ci a puisé ses renseignements sur les lieux mêmes, et quil cite commeson principal garantle grand jugede l'Hindoustan.
D'ailleurs, il est probable que, pour ce qui concerne les événements accomplis depuis la mort du sultan Balaban, c’est-à-dire pendant la période d'environ un demisiècle qui précéda son entrée dans l'Inde, Ibn Batoutah a pu en recueillir les détails de la bouche de témoins oculaires. 11 lui arrive plus d’une 1015 de rapporter les. propres paroles de témoins de cette espèce“. Un détail qui peut prouver combien notre auteur a été, en général, exactement informé, c'est ce qu'il ajoute (p. 178)
* Alminhädj ibn Sirâdj Aldjoüzdjäny, auteur des Thabakâti Nässiry, écrivait en 1259; Khondémir mourut en 1534, et Firichtah vivait encore en 1626.
* Voyez .م 113 et 118. Nous devons faire observer que le fils de Chems eddiîn Altmich, qui fut mis à mort par l’ordre de son frère Rocn eddin, s'appelait Kothb eddin et non Mo'izz eddin, comme le dit Ibn Batoutah (p. 166). (Cf. les Thabakâti Nâssiry, fol. 325 r° et Firichtah, t. I, .م 116, ligne avant-dernière.)
* Voyez .م 119, n. 3; 120,n. 2,124, n. 2 et 3, et, surtont. P- 129, 130. |
* Voyez p. 193 et 215.
à propos de l'entrevue qui eut lieu entre le sultan 7 eddin et son père, Nässir eddin, à savoir, qu’elle fut appelée la rencontre où conjonction des deux astres heureux, et que les poëtes la célébrèrent en foule. Or Kirichtah, qui place, il est vrai, cette entrevue sur le fleuve Sérou (Sareyou ou Gog ggrah), et non sur le Gange, et qui la met deux années après l'époque que semble PE Ibn Batoutah, cite un poème qui fut composé à cette occasion par le célèbre émiîr Khosrew Dihiéwy, et qui porte ع1 titre de Mesnéwy de la conjonction des deux astres heureux *.
Si, pour les temps antérieurs à lavénement de Mohammed ibn Toghlok châh, le récit d'Ibn Batoutah, quoique intéressant et souvent plus détaillé que ceux des historiens dont les ouvrages sont à notre disposition, ne peut passer cependant que pour un écho fidèle des bruits qui avaient cours parmi les personnes instruites, à l'époque où il visita l'Inde, 11 en est tout autrement d’une grande portion de ce qu'il nous apprend touchant le règne de ce second empereur de la HE toghlokide. Notre Le passé plusieurs années dans Îles États, ou même à la cour de ce souverain; les importantes fonctions 9 judicature dont 11 fut investi par lui le mirent en relation avec la piupart des personnages influents de l'empire; enfin, il accompagna le camp impérial dans plus d’une circonstance mémorable. On ne peut donc refuser à la plus grande partie de ce qu'il nous raconte sur les actions de ce prince, la confiance due à tout témoin fidèle et désintéressé.
D. Loi ا Khondémir, t. ILE, fol. 102 v°. Le snéme ouvrage d'émir Khosrew est encore cilé sous ce mème litre, dans un passage du Khilâcet attépé-st h, transcrit par M. Ed.
Thomas, op. supr. laud., p. 127,1. 5.
Ibn Batoutah a prévu le sentiment d’incrédulité que pourraient exciter certains de ses récits touchant la munificence extraordinaire de Mohammed. Mais il a eu soin, à deux reprises, de protester de sa véracité, et cela dans les termes les plus forts, les plus énergiques !. D'ailleurs ce qu'il dit à ce sujet est pleinement confirmé, tant par les témoignages de Khondémiîr et de Firichtah, que par celui d'un historien arabe contemporain, dont nous avons parlé dans la préface du premier volume (p. xu et x). On remarquera même que l'auteur du Mécälic alabsér, écrivain judicieux et exact, mais qui, n’ayant jamais visité l'Inde, tenait ses renseignements de VOyageurs et de marchands, peut-être portés à l'exagération, se montre beaucoup moins modéré qu'ibn Batoutah dans les chiffres qu'il assigne aux largesses du sultan, et dans les descriptions qu'il tracé de la magnificence de ce souverain 2. 7
Nous nous bornerons à deux ou trois remarques pour ce qui concerne cette portion de l'ouvrage. Ibn Batoutah atteste qu'il a été présent à la rentrée de Mohammed dans sa capitale, au retour de quelques voyages; que, dans ces circonstances, trois ou quatre petites balistes, dressées sur des éléphants, lançaient aux assistants des pièces d'argent et d'or, que ceux-ci ramassaient. «Cela, ajoute notre auteur, commença au moment de l'entrée du sultan dans la ville, et dura jusqu’à son arrivée au chàteau 3». Une telle prodigalité peut paraître bien extraordinaire; et cependant Khondémir affirme, d’après Dhiyaï
+ Voyezci-dessous, p. 217 et 243.
* Voyez les Notices et extraits des mss., t. XIII, p. 181 à 210 el
* Ci-dessous, .م 238, 399 , 396.
Berny, auteur: contemporain de Mohammed, que le jour où ce prince fit son entrée à Dihly, six semaines après son avénement au trône, ses trésoriers ayant chargé, d’après ses ordres, de robustes éléphants, de pièces d’or et d'argent, répandirent celles-ci sur l'assistance, et cela durant tout l'espace compris depuis la porte de Dihly jusqu'à celle du palais impérial !. Firichtah, qui répète ces détails, ajoute de plus qu’on jetait ces pièces de monnaie jusque sur les toits des maisons.
11 est question dans Ibn Batoutah {page 343) d'espions domestiques, que le souverain de l’Inde avait coutume de placer près de chaque émiîr, quel que fût son rang. Firichtah nous apprend, en effet, que tel était l'usage d’un des prédécesseurs de Mohammed ibn Toghlok. «Le sultan ‘Al eddin, dit l'historien persan, établit des espions, de sorte que tout le bien et le mal commis par les habitants de la ville et du pays lui était parfaitement connu. Ce fut au point, que les conversations que les émirs et les hommes distingués de Dihly tenaient, la-nuit, dans leurs maisons, avec leurs femmes et leurs enfants, l'empereur en avait connaissance dès le matin suivant.? Quand un de ces personnages paraissait en sa
خازنان ان يادماة حاتم نشان حسب الفرمان تنكهان طال ' ونقرة بر فيلان كردون ol باركردة بودنه واز درواز» ذهلى نادر دولكانه سلطاى در alé أن ماقت نقود G معد ود بو مغارق خاص ples- Habib assiyer,:t. 111 , fol. 109 v°, 110 r°. Cf. نثار فى DIS Firichtah t.1,p 236.
? Nous ne pouvons nous empêcher de faire observer qu'un fait particulier, raconté par Ibn Batoutah dans le passage cité plus fhaut,-semble confirmer d'avance cette assertion de l'historien persan, postérieur de plus de deux siècles et demi à notre voya-
geu r.
présence, قله eddin lui remettait un écrit comprenant les propos de la nuit!».
On remarquera dans ce volume .م) 258-270) un long et piquant récit des aventures d’un descendant de l'avant-dernier khalife abbâcide de Bagdad, et du traitement magnifique qu’il éprouva de la part du sultan de l'Inde. Ici encore les assertions de notre auteur sont pleinement confirmées par Firichtah, dans lequel nous lisons ce qui suit : « Makhdoûüm Zäâdeh?, de Bagdad, 16quel, en apparence, était de la famille d'Abbäs, étant arrivé dans l’Inde, l'empereur sortit à sa rencontre jusqu'à la petite ville de Pâlem, lui donna deux cent mille tengah, un district, le kiosque de Siri, tout le revenu des terres comprises dans l'enceinte dela citadelle, et, enfin, plusieurs jardins. Toutes دعا fois que Makhdoûm Zäâdeh venait le voir, le sultan descendait de son trône, et après être allé quelques pas au-devant de lui, il le faisait asseoir à son côté sur ce trône, et lui témoignait la plus grande politesse ? ».
Un reproche que l’on est en droit d'adresser à Ibn Batoutah, c'est d’avoir raconté à peu près au hasard, et sans suivre la succession chronologique des événements, les révoltes et les calamités auxquelles l'Inde fut en proie sous le règne de Mohammed. Ce manque d'ordre est d'autant plus regrettable, que nulle part on ne trouve de date qui vienne aider le lecteur à se reconnaître au milieu de ce récit, d'ailleurs si curieux. Pour remédier, autant que possible, à ce défaut, nous avons cru devoir
' Firichtah, .ا I, .م 190, ligne 2 et suiv.
? On voit dans Ibn Batoutah, .م 244, que tel était le titre honorifique de ce personnage.
TE; p. 249,246.
x AVERTISSEMENT.
retracer dans un résuméchronologique, les faits les plus importants du règne de Mohammed, depuis son avénement, jusqu'a l'époque où Ibn Batoutah quitta l'Inde pour la dernière fois, à la fin de l'année 747 de l’hégire (commencement d'avril 1347). |
Mois de rébi premier 725 (février-mars 1325). Avénement de Mohammed.
727 (1326-1327). Mohammed se rend à Diouguir, et forme ie dessein de prendre cette ville pour capitale, en place de Dihly. (Khondémir, t. [1], fol. 110 r°. Cf. Ibn Batoutah, .م 314.)
Fin de 727 (novembre 1327). Mélic Behrâm Abiah, gouverneur de Moultän, et plus connu sous le nom de Cachloù khân, se révolte. (Khondémir, ibidem; Firichtah, t. 1, .م 243 '; Ibn Batoutah, p. 322 et 323.)
Même année. Thermachirin khân, souverain de T'Oloës de Djaghataï, envahit l’Indoustan et s’avance jusqu'aux portes de Dihly. Mohammed achète de lui la paix; mais la crainte de cet ennemi le retient trois ans dans Dihly. (Khondémiîr, ibidem ; Firichtah, t. I, .م 238.)
738 (1337-1338). Mohammed envoie, dans les montagnes de Karâtchil, que l’on appelle autrement Hémadjil فياجل (Himalaya), une armée de cent mille cavaliers, commandée par le fils de sa sœur, Khosrew Mélic. (Firichtah, t. 1, .م 239 à 241; Ibn Batoutah, .م 325-327.)
Date inconnue. Béhä eddin Guerchäsp, cousin germain du sultan
١ Firichtah retarde cet événement jusqu’après l'échee qui atteignit l’armée indienne dans son expédition au delà de l'Himalaya, en l’année 738 (1337-1338). Ici, comme plus bas, nous avons suivi de préférence la chronologie de Khondémir, auteur plus ancien, et, en général, plus exact, M. Ed. Thomas a déjà fait observer, à propos de l’époque où Diouguir fut choisi comme capitale par Mohammed ibn Toghiok, combien peu les dates données par Firichtah méritent de confiance. (Op. sup. laud. .م 61, n. 18. Cf. ibid. .م 7, note.)
“et gouverneur de la province de Sâghar ,ينا ف dans 16 Dekhan,
se révolte; il est défait par Khodjah Djibän et se réfugie près du radja de Canbila, dans le Carnatic; puis près de Bill Déo, radja de Déhoüresmend (Dwarsamoudra), qui le livre au vainqueur. (Firichtah, t. 1, .م 241; Khondémir, fol. 110 r°; Ibn Batoutah, p. 318 à 321.)
739 (1338-1339). Mélic Fakhr eddin, serviteur de Mélic Bidär Kadr khâän Khildjy, gouverneur de Lacnaouty, se révolte dans le Bengale, tue Kadr khän, s'empare de Lacnaouty, de Sonärgânou et de Chittagong. (Firichtah, t. I, .م 244; t. IT, .م 574, 575; Khondémir, fol. 110 r°.)
...Seyid Ahçan, père de Seyid Ibrahim Kharîthah Dâr, se révolte dans le Ma'bar. (Firichtah, 1. I, p. 244; Khondémir, fol. 110 v°; Ibn Batoutah, .م 328.)
742 (1341-1342). Le sultan se dirige vers le Ma'bar; après être arrivé à Diouguir ou Daoulet Abäd, il renvoie Khodjah Dijihân a Dihly et part pour le Ma bar, par le chemin du Tiling, afin de combattre le rebelle. Il séjourne dix jours à Warangol; une épidémie se met parmi ses troupes; lui-même tombe malade et retourne à Daoulet Abäd, puis à Dihly, qu'il trouve en proie à la plus extrême famine. (Firichtah, ibidem; Khondémir, fol.
110 v°; Ibn Batoutah, p. 333, 334, 372 et 373.)
Chahoù l’Afghän se révolte à Moltän et tue Bihzâd, vice-roi de cette ville. (Firichtah, t. I, .م 245; Ibn Batoutah, p. 362.)
743 (1342-1343). Mélic Djender (probablement le Kuldjund d'Ibn Batoutah, :م 332), chef des Cakers, arbore l'étendard de la révolte et tue le gouverneur de Lahore, Mélic Tatar khân. Le sultan fait marcher contre lui Khodjah Djihän, qui le met en déroute. (Firichtah, tbidem.)
Le sultan reconnaît la suprématie du khalife abbâcide résidant en Égypte. (Firichtah, t. I, p. 246; Khondémir, fol. 110 v°. Cf. Ibn Batoutah, t. I, .م 363.)
1١ Il est démontré, par une monnaie d’or du sultan Mohammed, décrite par M. Thomas, p. 50, n° 85, que cet événement doit être plus ancien d'au moins une année.